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FiG. 532.
Disposition générale d'un nerf rachidien. — Schéma.
Un nerf intercostal est pris comme type.
Nerf sinu-vertébral. — L'union de la l)ranclie rachidienne et du filet sympathique qui constituent le nerf sinu-vertébral s'effectue au niveau du ganglion spinal ; le nerf se place ajors entre le tronc des racines antérieures et les plexus veineux antérieurs, tantôt accolé aux artères spinales, tantôt directement appliqué contre le squelette. Dès qu'il a franchi l'orifice interne du trou de conjugaison, le nerf sinu-vertébral se divise en deux branches, l'une ascendante plus forte, l'autre descendante plus grêle, qui s'unissent avec les branches homologues des nerfs situés au-dessus et au-dessous, et embrassent dans leur concavité le pédicule de la vertèbre (fig. 53.3). De chacune de ces branches se détachent
...Gangl.symp.
.Rameau communia.
Gangl. rach.
FiG. 333. — Nerf sinu-vertébral de la région sacrée. D'aj^rès Luschka.
Vue latérale de deux trous sacrés montrant la constitution du nerf.
des filets transversaux, les uns antérieurs, les autres postérieurs, qui se rendent aux vaisseaux (fibres vaso-motrices venues du sympathique), aux diverses parties de la vertèbre et aux méninges (nerfs méningiens de Rûdinger). Les fibres postérieures, les plus fines, suivent de préférence le trajet des artérioles qui aboutissent aux lames et aux arcs vertébraux, il n'en est pas de même des fibres antérieures qui cheminent isolément dans le tissu adipeux de l'espace épidural (fig. 534). Ces deux ordres de fibres s'anastomosent sur la ligne médiane avec celles du côté opposé en formant, soit sur les méninges, soit sur les lacis veineux intra-rachidiens, un réseau fibrillaire très fin et très riche. Au point de vue de leur origine, les fibres qui se distribuent aux méninges et aux parties osseuses doivent provenir plus particulièrement des racines postérieures, tandis que les fibres à distribution vasculaire paraissent plutôt dépendre du sympathique. La description précédente se rapporte surtout aux nerfs de la région dorso-lombaire. Dans la région cervicale, le nerf sinu-vertébral passe en arrière de l'artère vertébrale qu'il embrasse dans sa courbe ; il reçoit des fibres du sympathique non seulement par le filet détaché du rameau communicant, mais encore par une toute petite branche émanée du plexus de l'ar-
NERFS RACHIDIENS.
1ère vertébrale. Dans la région sacrée, les nerfs sinu-vertébraux se constituent dans les trous sacrés antérieurs (fig. 333). Il n'est pas rare de voir la branche rachidienne et la branche sympathique du nerf sinu-vertébral pénétrer séparément dans le trou de conjugaison, pour s'unir ensuite en un réseau anastomotique à l'intérieur du canal rachidien. Le nerf sinu-vertébral n'est pas le seul nerf méningien ; en effet, Hilbert a décrit des filets nerveux qui se détachent de la moelle, soit directement, soit par l'intermédiaire des racines, et qui, le long des ligaments dentelés, parviennent dans la dure-mère où ils donnent leurs arborisations terminales.
Le rôle des nerfs sinu-vertébraux s'explique facilement par leurs origines mêmes. Les fibres provenant du sympathique sont régulatrices de la tension sanguine, elles accompagnent les rameaux des artères spinales, soit dans le
Gangl. symp.
R. communie.
FiG. 534. — Nerf sinu-vertébral de la région dorsale. — D'après Luschka.
Vue de la face postérieure des corps vertébraux montrant la distribution du nerf.
canal rachidien, soit dans les méninges, soit encore dans la moelle; celles qui émanent des racines postérieures sont de nature sensitive. Parmi ces dernières, les unes vont se perdre dans la dure-mère, et c'est à l'excitation de leurs terminaisons qu'il faut attribuer la douleur dans la méningite rachidienne ; les autres se répandent sous le périoste ou même dans le tissu osseux des vertèbres, et représentent les voies de conduction douloureuse dans les cas de fractures de la colonne vertébrale.
Bibliographie. — Lusciika: DieNervendes menschlichen Wirbelkanales.lnb'm^en, 18o0. — RuDiNGER : Ueber die Verbreitung des Sympathicus in der animalen Rôhre dem Riickenmarke und Gehirne. Mûnchen, 1863.
H. Plexus rachidiens. — En général, les branches postérieures des nerfs spinaux cheminent vers les muscles et vers les territoires cutanés auxquels elles sont destinées sans contracter d'union entre elles ; il n'en est pas de même des branches antérieures. En effet, sauf dans la région dorsale, celles-ci s'envoient de multiples anastomoses dont l'ensemble très complexe donne heu
à des formations particulières de l'ordre des plexus radiculaires, et que l'on désigne sous le nom de 'plexus raclddiens. Il faut rechercher la cause initiale de leur formation dans la présence des membres qui, par leur développement et par leur changement ultérieur de position, ont bouleversé le type métamérique primitif que l'on peut encore retrouver dans la région dorsale. C'est parce que les membres antérieurs ont tout d'abord été céphaliques, puis se sont déplacés en arrière, en entraînant avec eux une partie de la musculature de la tête et en s'adjoignant de nouveaux métamères, que l'on rencontre des plexus dans toute la région cervicale. Mais il importe de faire remarquer avec Gegenbaur que, dans tous les cas, les membres n'ont pris naissance qu'aux dépens de la portion ventrale des métamères, et qu'ainsi s'explique l'absence de plexus sur les branches dorsales. « Si les branches ventrales seules forment des anses, c'est que leur musculature (et par suite leurs nerfs) n'appartient primitivement qu'à la région ventrale, bien que plus tard les ceintures des membres deviennent partiellement dorsales » (Gegenbaur).
La constitution des plexus peut se concevoir de la façon suivante : chaque branche antérieure se divise en deux rameaux, l'un ascendant qui s'unit avec le rameau descendant de la branche située au-dessus, l'autre descendant qui se fusionne avec le rameau ascendant de la branche placée au-dessous. L'union deux à deux des branches antérieures ainsi effectuée a pour conséquence la formation de nouveaux troncs nerveux dits troncs primaires des plexus (Schwalbe). Ces troncs primaires peuvent à leur tour s'unir deux à deux par des anastomoses quelquefois très compliquées et former des troncs secow/mVes desquels se détachent les nerfs périphériques ; le plexus brachial est construit sur ce type. Il résulte de ces échanges multiples de fibres que, dans un nerf périphérique émané de pareils plexus, on trouve des fibres provenant d'au moins deux troncs radiculaires. La tendance actuelle est de chercher à connaître d'une façon rigoureuse quelles sont les fibres radiculaires qui prennent part à la formation de chaque nerf, et de déterminer les territoires de distribution musculaire ou cutanée des fibres issues de chaque tronc radiculaire. On comprend toute l'importance que présente cette connaissance, à cause de la précision qu'elle apporte dans le diagnostic des lésions néoplasiques ou inflammatoires de la moelle, et des traumatismes de la colonne vertébrale, à une époque où la chirurgie médullaire tend à entrer déplus en plus dans la pratique journalière.
Nous avons vu qu'au point de vue de l'anatomie comparée, les plexus sont la conséquence du développement des membres. On doit donc en considérer deux principaux, en rapport avec chaque paire de membres des vei-tébrés, ce sont le plexus cervico-brachiaret le plexus lombo-sacré. Ces plexus contractent d'ailleurs des relations étroites avec les nerfs voisins, ainsi que le montrent les anastomoses multiples du plexus cervico-brachial avec les nerfs crâniens (facial, pneumogastrique, spinal et hypoglosse) d'une part, avec les premiers nerfs dorsaux d'autre part, et celles du plexus lombo-sacré avec les derniers nerfs dorsaux et avec le nert coccygien. Dans l'ensemble, le volume et le nombre des nerfs (troncs radiculaires) qui participent à la formation d'un plexus sont en raison directe du volume du membre, c'est-à-dire des territoires musculaires et cutanés à innerver (Fûrbinger, 1880). Les nerfs du plexus lombo-sacré, pris isolément, sont plus volumineux que les nerfs du plexus cervico-brachial ; leur
NERFS RACHIDIENS.
nombre est également plus considérable, puisqu'il y en a neuf destinés au membre inférieur, et cinq seulement pour le membre supérieur. Peut-être pourrait-on dire aussi que les plexus sont d'autant plus compliqués que les fonctions des membres sont plus considérables. Les primates paraissent présenter en effet les anastomoses plexiformes les plus nombreuses et les plus capricieuses parce que, sans doute, leurs membres sont adaptés à toute une série de mouvements inconnus chez les vertébrés inférieurs.
Émergences des racines rachidiennes, leurs rapports avec le squelette. — Il est facile de comprendre, d'après ce qui a été dit précédemment sur l'obliquité des racines rachidiennes, que l'émergence médullaire des fibres radiculaires se fait à une assez grande distance du trou de conjugaison par lequel sort le nerf correspondant. La connaissance exacte de l'origine des racines et de la longueur de leur trajet intrarachidien ayant une grande utilité pratique, on conçoit ([u'elle ait tout d'abord attiré l'attention et suscité les recherches des anatomistes. La plupart des auteurs qui se sont occupés de la question ont essayé d'établir des relations précises entre l'origine radiculaire des nerfs rachidiens et la partie de la colonne vertébrale la plus facile à explorer, c'est-à-dire la saillie des apophyses épineuses. C'est ce que firent Jadelot (1798) et Niihn (1847); et leurs observations, bien qu'elles n'aient porté que sur un sujet, ont été suffisamment précises pour servir longtemps de base aux cliniciens.
En 1884, Pfitzner a repris cette étude sur 36 sujets d'âge et de sexe différents, sur quelques jeunes enfants et sur quelques fœtus; il a exposé le résultat de ses observations dans un long et consciencieux mémoire. ¥jIï premier lieu, il remarque que le repère des apophyses épineuses, le seul pratique au point de vue chirurgical, doit être abandonné à cause de la longueur essentiellement variable, suivant les sujets, de ces protubérances osseuses. Il a constaté, en second lieu, que la différence d'origine entre la racine antérieure et la racine postérieure d'un môme nerf est insignifiante et peut être pratiquement négligée. Finalement, il établit ses résultats en mesurant la distance qui sépare les fibres radiculaires les plus élevées de chaque nerf, du trou de conjugaison par lequel sort le tronc radiculaire correspondant. L'obliquité des racines s'explique, pour lui comme pour ses prédécesseurs, par une inégalité de croissance entre la moelle et la colonne vertébrale; toutefois, cette obliquité ne croît pas avec l'âge, elle est au contraire plus accusée chez le fœtus et chez le nouveau-né que chez l'adulte. La moelle épinière, et sa portion dorsale en particulier, présente d'ailleurs un allongement très sensible, postérieur à celui de la colonne vertébrale, comme semble l'indiquer ce fait que, chez l'adulte, certaines racines descendent à un niveau inférieur à celui du trou de conjugaison, par lequel elles doivent sortir, pour prendre ensuite une direction légèrement ascendante. Les résultats de Pfitzner, bien que d'une rigueur scientifique indiscutable, n'ont
FiG. 533. — Rapports des émergences des nerfs rachidiens avec les apophyses épineuses.
Figure schématique construite d'après les données des auteurs et en particulier de Reid. Les chiffres arabes indiquent les numéros des apophyses épineuses, les chiffres romains les numéros des nerfs rachidiens; c, le nerf coccygien.