CHIFFRES EXTRÊMES MOYENNE
l''^ paille cervicale 3 — 3,5 . 3
1''= 2^'^'''''''"^ dorsale 24—33 29
1"'<= paire lombaire 68 — 113 91
1''^ paire sacrée 170 — 192 185
Coccygienne .~ . 266 266
Les variations que l'on peut observer entre le niveau d'origine de a racine antérieure et de la racine postérieure d'un même nerf, dépendent des courbures de la colonne rachidienne, elles sont d'ailleurs peu prononcées. Nous avons obtenu, comme moyenne, sur trois sujets dont la taille était comprise entre lm,62 et lm.65, une différence de :
2 à 3 millimètres dans la région cervicale, I à 1,5 — — dorsale,
0,5 à 1 — — lombaire.
NERFS RACHIDIENS. 939
au profit des racines postérieures; aussi, les mensurations précédentes prises par rapport à ces racines ont-elles un caractère d'exactitude suffisant pour les applications pratiques.
La hauteur de la surface d'implantation des fibres radiculuires sur la moelle est à pcin près la même pour les racines antérieures et postérieures, elle paraît constante pour unerégion déterminée; mais elle augmente sensiblement au niveau du renflement cervical el du renflement lombaire. Nos mensurations, portant sur quatre sujets d'âge et de taille peu différents, nous ont donné une moyenne
De 4 à 6 millimètres pour les 4 premières cervicales.
De 8 à 12 — pour les 4 dernières cervicales (renflement cervical).
De 5 à 7 — pour les dorsales. •
De 6 à 9 — pour les lombaires et les 2 premières sacrées (renflement lombaire).
De 4 à 5 — pour les 3 dernières sacrées.
î,e parcours extra-dural des racines, qui ne dépasse guère 3 millimètres pour les pairescervicales et les dix premières dorsales, s'accroît rapidement à partir de la onzième; i! est de 8 à 12 millimètres pour les premières lombaires et atteint jusqu'à G centimètres pour les dernières sacrées.
Chez les sujets dont la courbure dorso-lombaire devient exagérée, certaines racines présentent une direction extra-durale ascendante. Nous avons vu, chez une vieille femme, cette particularité se produire entre la 4° et la 8" dorsale :
La 4*= dorsale remontait de 1 millimètre \
La 5'= — de 3 millimètres ( en dehors de la dure-mère pour atteindre le
La 6° — de 4 — ( trou de conjugaison correspondant.
La 7= — de 8 — )
La 8" était horizontale et les suivantes devenaient de plus en plus obliques et rentraient dans les conditions normales.
Pfitzner considère ce trajet récurrent comme normal du 6° au 12" nerf thoracique et évalue' à 90 degrés l'angle formé par la portion intra- et extra-durale des nerfs dorsaux du 7= cm 10= ; le sommet de cet angle correspond à la dure-mère et son ouverture regarde en haut et en dehors. Une telle disposition, qui fait défaut chez le nouveau-né et chez l'enfanl, nous paraît exceptionnelle chez l'adulte, et, si dans la plupart des cas observés, Fobliquité extra-durale des racines est peu prononcée dans la région dorsale inférieure, elle n'en existe pas moins d'une manière indiscutable.
Variétés. — Absence des racines. — On signale l'absence de la racine postérieure ûw 1" nerf cervical dans 8 pour 100 des cas observés; quelquefois elle naît en totalité ou eiii partie du nerf spinal. Adamkiewicz a observé que les fibres radiculaires antérieures et postérieures manquaient souvent sur les nerfs intercostaux et principalement du 2" au 10°. Sur seize sujets examinés à ce point de vue, trois possédaient toutes leurs racines, trois présentaient un manque absolu des racines antérieures et postérieures d'un nerf; les racines postérieures d'un seul nerf faisaient défaut dans trois cas, et les racines antérieures dans sept. On ne trouvait donc les deux ordres de racines que 19 fois sur 100. Cette absence de racines paraît beaucoup moins fréquente que l'auteur semble le croire; sur les 36 sujetsadultes qu'il a examinés, Pfitzner ne l'a observée qu'une seule fois, et pour les racines postérieures d'un nerf supplémentaire. La plupart des auteurs, Kadyi entre autres, considèrent le manque des fibres radiculaires comme exceptionnel; nous n'avons pas eu l'occasion tlel'observer sur les S sujets qui ont servi à nos différentes mensurations.
Bibliographie. — Jadelot. — Description anatoniique d'une tête humaine extraordinaire suivie d'un essai sur l'origine des nerfs. Paris, Fuchs, an Vil, 1799. — NtJuN. Beobachtungen und Unlersuchungen aus dem Gebiete der Anatomie. Heidelberg. 1849, p. H. — Pfitzner. Ueber W achsthumbeziehungen zwischen Riickenniark und Wirbelkanal. Morphologisches .lahrbuch. 1884, p. 99. — M. Reid. Relations between the Superficial Origins oj" the Spinal Nervs from the Spinal C or d and the Spinous Process ofthe Ferieèrœ. Journal of Anatomy and Physiology, avril 1889, p. 341. — Gowers. A manual of Diseases of the Nervous System, London, 1892, p. 162. — Chipaujlt. Rapports des apophyses épineuses avec la moelle, les racines médullaires et les méninges. Tli. Paris, 1893-1894. — ■ Id. Chirurgie opératoire du système nerveux. T. I, Paris, 1894. — Adamkiewicz. Ueber den haiifigen Mangel dorsaler Riickenmarkivurzeln bei Menschen. Virchow's Archiv, 1882.
Métamérie. — La moelle est primitivement constituée par une série de segments superposés, les myélomères, dont on retrouve la trace chez l'Amphioxus et chez les Sélaciens^ , mais qui ont complètement disparu chez les types supérieurs de la série des vertébrés. Chez; l'embryon humain, le type segmentaire, qui s'est encore assez bien conservé dans le dévelop-
POIRIER ET CIIARI'Y. — 111. 61
iiemonl de lii imisculnlme piiiiiilive (inyomères), n'npparaîL pas dans révolution du syslèmc nerveux central; mais les relations mêmes des myomèies avec le système neiveux implique l'exislence de myélomères contemporains des segments musculaires. La présence de "an^lions spinaux régulièrement échelonnés le long- de l'axe médullaire semble également iHre la trace indéniable de la segmentation ancienne d'une partie importante du système nerveux central. La disposition métamériffue, qui a persisté presque entièrement dans les nerfs tlioraciques, est plus dilTicile à mettre en évidence pour les nerfs des membres. En effet, les recherches déjà anciennes de Huxley et de Geg'enbaur ont montré que les bourgeons, aux dépens desquels les membres se développent, résultent de la fusion de plusieurs segments protovertébraux ; ceux-ci ont empiété les uns sur les autres, de telle sorte que, comme Sherrington l'a nettement indiqué, il n'existe plus un seul territoire MUisculaire ou sensitif qui appartienne à un métamère isolé, et qui corresponde par suite (ï une racine médullaire unique. Les recherches physiologiques de Sherrington sont démonstratives sur ce point que : tout territoire nerveux reçoit des fibres de trois racines consécutives, conclusion qui paraît contradictoire avec le principe de la métamérie d'après equel chaque myomère. possède un nerf et un seul. Mais il est évident que la disposition primitive : un neuromère correspondant à un myomère, a dû être fortement modifiée par l'apparition des membres, par les adaptations du corps à ces nouveaux organes, et enfin par la synergie des mouvements et raffinement de la sensibilité, toutes causes qui ont nécessité le concours de plusieurs segments nerveux. De plus, certaines affections, comme le zona des membres, qui occupe toujours le territoire d'une racine et non d'un nerf unique (Head), accusent encore ce caractère métamérique.
Enfin, comme le fait remarquer Brissaud, il importe de ne pas confondre la métamérie spinale avec la métamérie radiculaire, surtout chez les vertébrés supérieurs. En effet, si, chez les êtres dont l'organisation définitive ne s'écarte pas sensiblement du type métamérique idéal, l'étage spinal et l'étage radiculaire sont superposés, chez les autres, on ne retrouve la trace de cette superposition que dans les relations que plusieurs étages radiculaires affectent avec un môme étage de la moelle, soit par les collatérales des cylindraxes, soit par les voies commissurales. Dans ces conditions, comme les membres représentent des segments ou métamères de métamères, on doit considérer le renflement cervical et le renflement lombaire comme formés de segments radiculaires d'une moelle secondaire dans lesquels se trouvent des étages disposés perpendiculairement à l'axe du membre et parallèlement à Taxe de la moelle. Cette hypothèse a reçu un commencement de confirmation par les observations de dégénérescence localisée à des groupes cellulaires, faites sur le renflement lombaire par Van Gehuchten et Buch.
Nerfs segmentaires. — La conséquence à tirer de la métamérie nerveuse est qu'à chaque segment de l'axe spinal et même à chaque groupe cellulaire correspond un territoire déterminé du corps, conclusion à laquelle iMasius et Vanlair étaient arrivés par des recherches physiologiques. Une conséquence tout aussi importante est l'unité de type sur lequel sont construits tous les nerfs rachidiens, type qu'il doit être possible de retrouver même dans les plexus où des modifications spéciales se sont produites qui ont profondémcnl transformé la disposition primitive.
Schématiquement un nerf segmenlaire comprend (piatre branches de division dont trois (branches somatiques de Gaskell) sont destinées aux parois du corps (muscles, tégument externe et squelette) et dont une (branche viscérale) se rend aux viscères. Cette dernière contient évidemment quelques fibres somatiques puisqu'elle fournit les nerfs vaso-moteurs du tronc; elle est représentée par le rameau communicant du sympathique. Les trois branches de division destinées aux parois du corps sont : la branche antérieure d'un nerf rachidien, sa branche postérieure, et le nerf sinu-vertébral. Cette disposition est caractéristique, en quelque sorte, de presque tous les nerfs du tronc du 2" dorsal au l"" lombaire; elle est plus difficile à retrouver dans les nerfs des membres. Aussi existe-t-il à ce sujet deux opinions principales : i= celle de Paterson (1887), et d'Eisler (1892) d'après les- ([uels le nerf périphérique détaché du plexus doit être assimilé à la branche antérieure du nerf segmentaire tout entière; et 2" celle de Goodsir (1889), d'après lequel le nerf périphérique ne représenterait qu'une partie de la branche antérieure, et serait l'analogue de la perforante latérale dont le volume aurait augmenté proportionnellement à l'étendue du territoire à innerver. La fusion de plusieurs segments protovertébraux pour la constitution des membres a entraîné pour les muscles, provenant de deux ou d'un plus grand nombre de myomères, une innervation multiple; c'est ce que l'on exprime en disant que les muscles des membres sont à la fois polym3'omériques et polyneuraux.
La distribution sensitive des nerfs a paru, pendant longtemps, concorder avec la distribution motrice, et Meyer (1835) avait établi comme loi que le tégument cutané et les muscles sous-jacents recevaient leur innervation de la môme source. On verra que, d'après les recherches récen tes des physiologistes anglais, cette loi souffre quelques exceptions; les
NERFS RAGHIDIEN^
limites de certains territoires cutanés se sont étendues, auxdépens de leurs voisins, sur des territoires musculaires dont l'innervation est d'origine différente.
Le caractère métamérique est facile à mettre en évidence pour tous les ganglions nerveux. Les neurones constitutifs de ces ganglions, ainsi que Onodi et Mis l'ont établi, se détaclient de la crête neurale; ceux qui doivent participer à la formation des ganglions spinaux subissent des déplacements insignifiants au cours de leur développement. Gaskell propose de désigner les ganglions qu'ils forment sous le nom de ganglions stalionnairen. Au contraire, les neurones qui vont constituer les ganglions sympathiques sont entraînés le long des nerfs segmentaires jusque dans la partie ventrale du corps, les ganglions sympathiques sont donc des ganglions migrateurs (Gaskell). Quant aux ganglions intra-viscéraux, leur
Gançjl. rachid.
-- F. splanch. e/]".
... Gangl. symp.
F. splanch. alj.
Fio. 536. — Constitution d'un nerf segmentaire.
En partie d'après les données de Gaskell.
évolution n'a pas été suivie, mais on peut, d'après cette façon de concevoir les choses, les considérer comme des groupes de neurones détachés des ganglions migrateurs.
Constitution intrinsèque d'un nerf segmentaire. — Fig. 336. — D'après les conceptions récentes de Gaskell, de Sherrington, etc., un nerf segmentaire se compose : 1" de fibres somatiqiies, 2" de fibres spla^ichniques.
i" Les fibres somatiques sont de deux ordres : a) les unes, fibres somatiques efférentes inégalement répandues dans la branche antérieure et dans la branche postérieure du nerf rachidien, sont représentées par les fibres motrices destinées aux parois du corps ; b) les autres,/tores somatiques afférentes, dont les neurones se trouvent dans le ganghon spinal, correspondent aux fibres sensitives qui transmettent au centre médullaire les impressions recueillies à la périphérie du corps. Dans ce dernier groupe se rangent les fibres centripètes du nerf sinu-vertébral.
2» Les fibres splancliniques comprennent deux catégories : a) les fibres splanchniques efférentes qui se rendent aux muscles viscéraux, aux vaisseaux (fibres vaso-motrices) et aux organes glandulaires, (certaines d'entre elles, et en particulier les fibres centrifuges du nert sinu-vertébral, s'arrêtent dans les ganglions sympathiques); 6) les fibres splanchniques afférentes dont les neurones, situés dans les ganglions périphériques ou dans les ganglions du sympathique, sont chargés de conduire jusqu'à la moelle les impressions de la sensibilité générale des viscères.
, 11 résulte de cette manière de concevoir les choses que :
A. — La racine postérieure d'un nerf rachidien contient :