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BRANCHE AURICULAIRE

Sy7i. : Nerf auriculaire cervical ou postérieur; nerf sous-cutané supérieur du cou, Bock, Valentin; grand nerf auriculaire, Anat. Nom.

Origine. — La branche auriculaire, dans la majorité des cas la plus volumineuse du plexus cervical superficiel, tire son origine de la 3*^ anse cervicale ou de la 3*^ branche antérieure et quelquefois de l'une et de l'autre ; ce n'est qu'exceptionnellement qu'elle naît de l'anse de l'axis ou de la 2" cervicale. Il n'est pas rare de la voir se détacher d'un tronc qui lui est commun avec la cervicale transverse.

Situation et rapports. — Comme la précédente, la branche auriculaire chemine d'abord sous le sterno-mastoïdien, dont elle embrasse le bord postérieur dans une anse à concavité dirigée en haut et en avant ; elle se place ensuite sur la face antérieure de ce muscle qu'elle parcourt par un trajet obliquement ascendant pour gagner la région de l'oreille (fig. 554). Elle monte ainsi à quelques millimètres en arrière de la veine jugulaire externe (Valentin) parallèlement au bord postérieur du peaucier, d'abord dans la gaine du sterno-mastoïdien, puis entre l'aponévrose superficielle et le peaucier. A la hauteur de l'angle du maxillaire inférieur, elle se divise en deux rameaux, l'un antérieur grêle, l'autre postérieur plus volumineux, rampant l'un et l'autre entre le feuillet aponévrotique qui recouvre la glande parotide et le tissu cellulaire sous-cutané.

Distribution. — 1° Rameau auriculaire antérieur. — • (Syn. : Rameau auriculaire externe, Cruveilhier; R. A. inférieur, Krause ; R. facial, Arnold; R. auriculaire, Hyrtl). — Ce rameau se dirige directement en haut vers l'angle que fait le pavillon de l'oreille avec la paroi crânienne, puis, arrivé à la naissance du lobule, il le perfore d'arrière en avant en passant, entre la queue de l'hélix et l'antitragus, au travers du trousseau fibreux qui réunit ces deux cartilages. Il se subdivise alors en trois rameaux secondaires, l'un descendant vers le lobule et les deux autres ascendants. De ceux-ci, l'un monte en avant pour se perdre en filets terminaux dans la peau qui recouvre le cartilage de la conque et la portion initiale du conduit auditif externe oi^i ses dernières ramifications s'anastomosent avec celles du rameau auriculaire du pneumogastrique; quant à l'autre, il gagne en arrière la gouttière de l'hélix qu'il parcourt dans toute sa longueur en fournissant de fins ramuscules cutanés à toute la partie supérieure et externe du pavillon.

Le rameau auriculaire antérieur donne constamment, depuis l'angle de la mâchoire jusqu'à la hauteur du lobule de l'oreille, un certain nombre de filets qui se portent en avant vers la glande parotide ; on les désigne sous le nom de filets parotidiens. Ceux-ci proviennent quelquefois d'un rameau di^inct qui tire son origine de la branche auriculaire avant sa bifurcation. Ces filets nerveux, au nombre de quatre à six, croisent la parotide d'arrière en avant pour aller innerver la peau de la région qui recouvre cette glande ; quelques-uns s'en-

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foncent dans son intérieur et se mettent en rapport avec les culs-de-sac sécréteurs. Cruveilhier en a vu deux qui, avant de devenir sous-cutanés, se rendaient d'abord à un petit ganglion. Les filets parotidiens les plus inférieurs prennent une direction horizontale et s'unissent, soit aux ramifications terminales du plexus mentonnier, soit aux branches plexiforraes du cervico-facial (Valentin). Parmi eux, il en est un qui fournit, au moment où il passe sur la jugulaire externe, un fin ramuscule descendant le long de cette veine sur la paroi externe de laquelle il s'anastomose avec un filet ascendant venu de la branche cervicale transverse.

2" Rameau aunculaire postérieur. — (Syn. : Rameau auriculaire interne, Cruveilhier; R. mastoïdien, Hyrtl). — Le rameau auriculaire postérieur, après avoir perforé l'aponévrose cervicale superficielle, gagne l'angle de l'oreille, derrière laquelle il se trouve placé sur un plan plus superficiel, et à quelques millimètres en avant de l'artère auriculaire postérieure et de la branche auriculaire du facial. Il se divise bientôt en deux rameaux secondaires : l'un, antérieur, prend le nom à! auriculaire interne ; l'autre, postérieur, celui de rnastoïdien. Le rameau auriculaire interne se répand dans la peau de la surface interne du pavillon ; quelques-uns de ses filets atteignent par un trajet récurrent la gouttière de l'hélix, d'autres perforent ce cartilage, et presque tous vont s'anastomoser avec les branches terminales du rameau auriculaire antérieur. Le rameau mastoïdien, après être passé au-dessus de l'artère et du nerf auriculaire postérieur, se distribue à la partie antérieure de la région mastoïdienne où il s'unit aux dernières ramifications de la branche mastoïdienne. Depuis Valentin, quelques auteurs font anastomoser le rameau auriculaire interne avec la branche auriculaire du facial, et concluent que le muscle occipital et le muscle auriculaire postérieur sont innervés par le plexus cervical. Cette anastomose est formellement niée par Cruveilhier. Nous ne l'avons, pour notre compte, jamais rencontrée, et nous pensons que, si elle existe, elle se compose uniquement de fibres en relation avec le sens musculaire qui se rendent à ces deux muscles dont le facial est le seul nerf moteur.

3° BRANCHE CERVICALE TRANSVERSE

Syn. : Nerf cervical superficiel, Cruveilhier; nerf sous-cutané moyen du cou, Bock, Valentin; nerf cutané du cou, Anat. Nom.

Origine. — La branche cervicale transverse se présente, en général, sous une forme aplatie; elle se détache, comme la précédente avec laquelle elle naît quelquefois par un tronc commun, de la 3'= branche antérieure et plus souvent de l'anse de l'axis.

Situation et rapports. — D'abord dirigée de dedans en dehors et de haut en bas, la cervicale transverse chemine sous le sterno-mastoïdien, puis, lorsqu'elle atteint le bord postérieur de ce muscle, elle se recourbe brusquement vers la ligne médiane pour venir croiser, dans un plan horizontal mené par l'os hyoïde, la face antérieure du sterno-mastoïdien, décrivant ainsi une courbe dont la concavité regarde en avant et un peu en dedans. Les rapports qu'elle affecte avec la jugulaire externe dans la partie superficielle de son trajet varient suivant les sujets, Tantôt elle passe au-dessus de cette veine

tantôt elle s'insinue au-dessous, et leur point de contact se fait, en général, à l'union du chef sternal et claviculaire du sterno-mastoïdien. Dans tous les cas, elle fournit à ce niveau un petit filet qui monte le long de la jugulaire externe pour aller s'anastomoser avec le petit ramuscule descendant que nous avons vu se détacher de la hranche auriculaire. Il ne faudrait pas, d'une manière absolue, considérer ces filets comme des nerfs vaso-moteurs, ainsi que paraissent le croire quelques auteurs, car, dans un cas particulier, Cruveilhier a pu les suivre jusque dans la peau de la région sus-hyoïdienne.

Dans tout son parcours horizontal, la branche cervicale trans verse est recouverte par l'aponévrose superficielle et par le peaucier. C'est seulement en avant du bord antérieur du sterno-mastoïdien qu'elle perfore l'aponévrose, et qu'elle se divise, sous le peaucier, en une série de rameaux cutanés le plus souvent groupés en deux troncs principaux, l'un supérieur, l'autre inférieur.

Distribution. — 1° Rameait supérieur. — (Rameau sous-cutané moyen du cou. Bock, etc.). — Ce rameau représente le prolongement de la cervicale transverse et se place au-dessus de l'os hyoïde d'abord entre l'aponévrose superficielle et le peaucier, puis au-dessus de ce muscle. Ses filets très grêles se distribuent à toute la région sus-hyoïdienne jusque vers l'angle de la mâchoire; quelques-uns débordent le maxillaire inférieur dans sa partie antérieure et s'unissent aux fibres terminales du nerf mentonnier.

C'est l'usage d'enseigner que le rameau supérieur s'anastomose avec le cervico-facial. Langer a même décrit au-dessus du peaucier une anse cervicale superficielle dite anse de Langer résultant de l'union d'un filet descendant du facial avec un filet ascendant de la cervicale transverse, et de laquelle naîtraient des fibres motrices pour le peaucier. Cruveilhier avait émis au sujet de cette anse une opinion qui nous parait très rationnelle : il s'agit là, non d'une anastomose mais d'un accolement de fibres, et il importe de remarquer que les filets du facial et les rameaux plexiformes de la cervicale transverse restent à peu près constamment séparés par l'épaisseur du peaucier qui, quoiqu'on en ait pu dire, est innervé uniquement par le facial. C'est, en effet, ce qu'ont démontré les recherches de Volkmann et d'autres physiologistes.

2° Rameau inférieur. — (Rameau sous-cutané inférieur du cou, Bock, etc.). — Le rameau inférieur se divise presque aussitôt en un pinceau de filets qui se détachent le long du bord antérieur du sterno-mastoïdien et qui se perdent dans la région sous-hyoïdienne. Les plus internes n'ont aucun rapport avec le peaucier dont le bord antérieur reste situé en dehors d'eux. Les filets inférieurs s'anastomosent avec les rameaux sus-sternaux de la branche sus-claviculaire, quelques-uns traversent la ligne médiane et s'unissent avec ceux du côté opposé. Une pareille disposition s'observe également pour les divisions du rameau supérieur qui atteignent la région sus-hyoïdienne médiane.

4° BRANCHE SUS-CLAVIGULAIRE

Syn. : Nerfs sus-claviculcaires ou supra-claviculaires, llenle, Schwalbe ; hranche sus-acromiale et sus-claviculaire, Sappey.

A l'exemple de Cruveilhier et des anatomistes étrangers, nous réunissons sous ce titre, pour les raisons que nous avons données plus haut, les branches descendantes du plexus cervical superficiel.

NERFS RAGHIDIENS.

Origine. — La branche sus-claviculaire prend naissance de la 3^ anse cervicale ou de la 4° branche cervicale, et dans certains cas des deux à la fois. Elle se présente sous la forme d'un tronc unique, rubané, d'une largeur moyenne de 3 millimètres. On peut voir quelquefois le rameau de l'angulaire et une des racines du phrénique avoir avec cette branche une origine commune.

Situation et rapports. — La branche sus-claviculaire, après un très

FiG. 543. — Territoires cutanés du plexus cervical. D'après G. D. Thane simplifié.

court trajet sous le sterno-mastoïdien, se divise en plusieurs rameaux. Elle apparaît au niveau du bord postérieur de ce muscle, suivant un plan horizontal qui passe par le bord supérieur du cartilage thyroïde (Luschka). Les branches de bifurcation, le plus souvent au nombre de trois, se séparent du tronc principal à angle aigu, et prennent, au sein du tissu graisseux qui remplit la fosse sus-claviculaire une disposition rayonnante vers la clavicule. Dans ce parcours elles croisent successivement en avant le muscle omo-hyoïdien, la portion de la sous-clavière située en dehors des scalènes, les artères cervicale transverse et scapulaire postérieui"e ainsi que leurs veines satellites, mais elles restent séparées de ces organes par l'aponévrose cervicale moyenne;

l'aponévrose superficielle et le peaucier les recouvrent. C'est seulement vers la base du triangle sus-claviculaire, qu'elles s'insinuent entre l'aponévrose et le peaucier, puis au-dessus de ce muscle pour devenir sous-cutanées. Les rameaux internes passent sur la veine jugulaire externe et vont s'étaler au-dessus des chefs inférieurs d'insertion du sterno-mastoïdien, les rameaux -externes s'épanouissent en avant des insertions du trapèze à l'acromion et à la clavicule, et perdent bientôt tout rapport avec le peaucier.

Distribution. — Nous décrirons à la branche sus-claviculaire trois ordres de rameaux terminaux : 1° des rameaux internes ou sus-sternaux ; 2° des rameaux moyens ou sus-claviculaires proprement dits; 3° des rameaux externes ou sus-acrooniaux.

1° Rameaux internes ou sus-sternaux. — Ces rameaux proviennent d'un tronc unique, bifurcation interne de la branche sus-claviculaire, qui, aussitôt après être passé sur la jugulaire externe, se résout en un bouquet de 8 à 10 filets très grêles. Les uns se distribuent à la peau qui revêt le chef claviculaire du sterno-mastoïdien, les autres, situés en dedans du bord antérieur du peaucier, passent sur le chef sternal du sterno-mastoïdien. Ces derniers aboutissent au revêtement cutané qui recouvre la fourchette sternale au voisinage de laquelle se terminent les ramifications les plus inférieures de la branche cervicale transverse avec lesquelles ils s'anastomosent. Les deux ou trois rameaux les plus internes donnent constamment quelques filets très fins qui se rendent à la face antérieure de l'articulation sterno-claviculaire (Rûdinger, Hepburn).

2° Rameaux ■m,oyens ou sus-claviculaires propreinent dits. — Ces rameaux, les plus nombreux, se détachent de deux ou trois petits troncs distincts, et se répandent dans la peau qui recouvre la partie de la clavicule comprise entre les insertions du trapèze et celles du sterno-mastoïdien. Leurs ramifications terminales ne dépassent guère le 2<^ espace intercostal ; elles suppléent ou complètent les deux px'emières perforantes intercostales antérieures et latérales qui sont toujours très réduites. Luschka a toutefois pu suivre certains filets des rameaux sus-claviculaires dans la région mammaire jusqu'à la hauteur de la ¥ côte.

3° Rameaux externes ou sus-acromiaux. — Les rameaux sus-acrominaux naissent habituellement de la branche sus-claviculaire par un tronc commun que Sappey décrivait comme une branche distincte (Voy. page 963). Ce tronc descend d'abord le long du bord antérieur du trapèze, qu'il croise pour venir se diviser sur sa face antérieure en deux rameaux secondaires connus sous le nom de nerfs cutanés antérieur et postérieur de l'épaule. Le nerf antérieur passe en avant du deltoïde, et fournit des filets terminaux à toute la peau qui recouvre le moignon de l'épaule jusqu'au niveau du bord inférieur du tendon du grand pectoral. Le nerf postérieur perfore quelquefois le bord externe du trapèze, puis se porte en dehors et en arrière pour innerver les téguments de la région acromiale; certains filets arrivent jusqu'à l'épine de l'omoplate.

C'est par l'intermédiaire de la branche sus-claviculaire et en particulier des rameaux sus-acromiaux que se font les irradiations douloureuses si fréquentes dans les affections du foie. Ce phénomène est dû à la communauté d'origine des filets sus-acromiaux et des fibres sensitives du phrénique ; nous reviendrons sur ce point à propos du nerf phrénique.

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