NERF DU MUSCLE SOUS-CLAVIER
Syn. : Nerf Ihoracique supérieur, Valentin; n. sub-clavius, Anat. Nom.
Le nerf du muscle sous-clavier est la plus grêle des collatérales du plexus brachial. Il naît ordinairement de la branche antérieure du tronc primaire supérieur, toujours en dehors du nerf sus-scapulaire ; ses fibres radiculaires proviennent des 3'^ et 6'= nerfs cervicaux. Il descend sur la face antérieure du scalène antérieur, en avant du plexus, et en dehors du phrénique ; il se divise bientôt en deux rameaux, l'un musculaire ou externe, l'autre anastomotique ou interne.
Le rameau musculaire passe tantôt en avant et un peu au-dessus de la veine sous-clavière, tantôt, au contraire, il chemine en arrière et forme une anse qui supporte ce vaisseau, avant de pénétrer dans la partie moyenne du muscle sous-clavier. Le rameau anastomotique se porte en dedans vers le phrénique avec lequel il a été décrit (Voy. p. 980). D'après Ilenle, ce rameau anastomotique donnerait un filet très grêle qui irait s'unir au nerf thoracique antérieur. ïurner a vu, dans quelques cas, un petit ramuscule du nerf du sousclavier innerver le chef claviculaire du sterno-mastoïdien.
2° NERF DU GRAND PECTORAL OU NERF GRAND THORACIQUE (Sappey).
Sijn. : Nerf thoracique antérieur, Cruveilhier; nerf thoracique externe, Ilyrtl.
Le nerf du grand pectoral tire son origine, derrière la clavicule, du tronc
brachial secondaire supérieur; ses fibres constitutives lui sont fournies par les
3% 6'3 et 7*= nerfs cervicaux. Il descend d'abord verticalement devant l'artère
axillalre entre ce vaisseau et la veine homonyme, puis, parvenu dans le creux sous-claviculaire, il se divise en deux branches, l'une antérieure ou musculaire, et l'autre postérieure ou anastomotique c|ui se porte vers le nerf du petit pectoral. — La description que Cruveilhier et Schwalbe donnent de ce nerf, dans la première partie de son trajet, est sensiblement différente. D'après ces auteurs, il naîtrait plus en dehors et plus en avant que nous l'avons indiqué, son tronc principal passerait entre les vaisseaux axillaires en arrière, et le muscle sousclavier en avant, et ce serait seulement son rameau postérieur qui s'insinuerait entre l'artère et la veine axillaires.
La branche musculaire s'épanouit à la face profonde du grand pectoral en 7 ou 8 rameaux qui se perdent dans le corps charnu du muscle ; quelques-uns le perforent, et se rendent à la peau de la région antérieure de la poitrine (Meckel, Arnold). Luschka décrit quelques filets qui vont innerver les faisceaux claviculaires les plus internes du deltoïde ; ces filets, l'etrouvés par Turner, sont formellement niés par Henle. Bock et Valentin ont en outre signalé un petit rameau qui se rendrait à l'articulation acromo-claviculaire ; ce rameau doit être rare, car il est passé sous silence par Rûdinger. C'est peut-être un filet analogue qu'a observé Cruveilhier, mais, pour cet auteur, il longe la clavicule et va se perdre dans les insertions sternales supérieures du grand pectoral.
Le nerf du grand pectoral innerve, quand il existe, le 4'= pectoral ou l'arc axillaire (Birmingham). On trouve quelquefois chez l'homme un fin filet qui se perd dans le pannicule adipeux de l'aisselle, ce filet n'est autre que le nerf du 4" pectoral ou de l'arc axillaire représenté uniquement par le tissu cellulaire de la base de l'aisselle (Voy. Myologie, p. 499).
3° NERF DU PETIT PECTORAL OU PETIT NERF THORACIQUE (Sappey).
Syn. : Branche thoracique postérieure, Cruveilhier; nerf thoracique postérieur ou inférieur Valentin; nerf thoracique interne, Hyrtl.
Le nerf du petit pectoral se détache du tronc secondaire inférieur, et reçoit ses fibres radiculaires des 7" et S'^ branches cervicales et de la 1''^ dorsale. Il passe d'abord en arrière de l'artère axillaire, puis il s'insinue entre ce vaisseau et sa veine satellite, et s'unit alors au rameau du grand nerf thoracique, de façon à former avec lui une anse dont la concavité supporte l'artère axillaire. De cette arcade anastomotique se détachent un certain nombre de branches musculaires. Les unes descendent entre le petit et le grand pectoral dans lequel elles se distribuent jusque vers ses insertions inférieures (Cruveilhier) ; les autres passent sous le petit pectoral c^u'elles innervent. Quelques-uns des filets destinés à ce dernier muscle le traversent parfois pour aboutir au grand pectoral. Les rameaux nerveux du petit pectoral contractent des rapports intimes avec une branche de l'artère thoracique inférieure. Cette artère descend au côté externe du nerf, et envoie vers le petit pectoral une grosse branche musculaire qui passe entre les mailles du lacis nerveux d'où naissent les nerfs du petit pectoral, tandis que la veine comitante reste toujours plus en dehoi-s. Valentin a signalé des rameaux du nerf du petit pectoral qui traversent le grand pectoral, et vont se terminer dans la peau de la région mammaire ; ces filets cutanés font très souvent défaut, ce qui explique que la plupart des classiques les passent sous silence.