‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 317 sur 368 · V. saph · texte numérisé non relu

V. saph

partie inférieure de la rotule. La direction de cette courbe est parallèle à celle décrite par le tendon du couturier (Sappey). Les ramifications terminales de cette branche aboutissent à la peau qui recouvre la partie inférieure et externe de la rotule et le tendon rotulien. Dans son parcours, elle envoie des filets ascendants qui vont se perdre dans les téguments situés sur la rotule, oîi ils s'unissent avec les rameaux inférieurs du musculo-cutané externe, et des filets descendants qui se distribuent à la partie inférieure du genou. I^armi ces derniers quelquesuns croisent la crête du tibia, et parviennent jusqu'à la région supéro-externe.

2" Branche jambière ou inférieure. — Sj/ii. : Brandie postérieure ou directe, (Iruveiliiier; branche A'erticale ou jambière, Sappey; brandie externe, Valentin; rameaux cutanés internes de la jambe, Henle, Schwalbe, Anat. Nom. — La branche jambière continue la direction descendante du saphène interne ; d'abord placée sur le tendon du droit interne, puis entre ce tendon et celui du couturier qu'elle croise d'arrière en avant, elle décrit, sous l'aponévrose du genou, et autour du condyle interne, une courbe concentrique à celle de la veine saphène interne, et comprise en dedans de cette dernière (Voy. Angéiologie, p. 1040). La branche jambière émerge de l'aponévrose jambière au niveau de la tubérosité interne du tibia ou un peu au-dessous; devenue sous-cutanée, elle se place tantôt directement en avant de la veine (Cruveilhier, Sappey), tantôt en arrière (Hirschfeld), tantôt enfin à côté et un peu en arrière (Charpy). En ce point, la veine et ses affluents sous-cutanés cheminent toujours dans un plan un peu plus superficiel que le nerf et ses ramifications. La branche jambière descend alors le long de la saphène interne soit en avant, soit en arrière; mais, dès le milieu de la jambe, il existe toujours derrière la veine un gros filet nerveux qui représente le tronc principal delà branche jambière ou sa subdivision la plus importante, En effet, dans la généralité des cas, la branche jambière se scinde toujours en deux rameaux secondaires à l'union du tiers moyen et du tiers inférieur de la jambe. Le rameau antérieur, le plus volumineux, chemine à côté de la veine sur la face interne du tibia, croise avec elle la malléole interne, et va s'épuiser sur le bord interne du pied en une série de filets cutanés qui atteignent, mais qui dépassent rarement, la base du premier métatarsien. Dans la région du

FiG. oTo. — Nerf saphène interne.

D'après Mirschfeid.

tarse, ce rameau reçoit une anastomose du musculo-cutané, branche du sciatique poplité externe ; cette anastomose, quelquefois double, traverse en sangle le dos du pied. Le rameau postérieicr descend à 2 ou 3 centimètres en arrière du bord interne du tibia, et se distribue dans la peau qui recouvre la malléole interne. Il existe souvent un rapport inverse entre ces deux rameaux, l'antérieur est parfois plus grêle, et se termine vers la malléole, tandis que le postérieur vient s'accoler à la veine qu'il accompagne sur le bord interne du pied. Dans leur trajet, ces deux rameaux, de même que la branche jambière, envoient de petits filets en avant et en arrière. Les filets antérieurs suivent une direction oblique ou ansiforme, analogue à celle de la branche rotulienne, et innervent la peau de la région interne de la jambe: les autres vont se distribuer à la partie postéro-interne du mollet où ils s'unissent au rameau tibial du saphène externe.

G. Branches anastomotiques. — Indépendamment des anastomoses terminales, la branche anastomotique la plus importante est celle que l'on rencontre entre le saphène interne et le nerf obturateur, tantôt à la partie supérieure, tantôt à la partie moyenne de la cuisse. Dans le premier cas, le rameau venant de l'obturateur se détache de la branche superficielle de ce nerf, se porte, de dedans en dehors et de haut en bas, dans l'angle de bifurcation de l'artère fémorale, et va s'unir avec le saphène interne assez près de son origine; dans le second, le filet anastomotique passe en avant des adducteurs, et vient s'accoler au saphène interne, lorsque celui-ci pénètre dans le canal de Hunter.

En résumé, le nerf crural, par ses branches motrices, est le nerf de la flexion de la cuisse sur le bassin (psoas-iliaque) et de l'extension de la jambe sur la cuisse (quadriceps fémoral) ; par ses branches cutanées, il donne la sensibilité à la région antérieure de la cuisse, et au côté interne de la jambe et du pied. La paralysie de ce nerf entraîne une gêne considérable dans la locomotion et dans la station debout.

Page 1