ET GÉNÉRALITÉS
A. Le tube nerveux ou médullaire. — Le tube nerveux se présente, ainsi qu'il est dit au tome P"" de cet ouvrage (p. 28), d'abord comme un
Fig. .3.
Coupe du tube médullaire d'un embryon humain de 6,9 mm. de long (d'après His).
1)1% plaque recouvrante. — pb, plaque basale. — jri, couche ou plaque interne. — ce, couche engainante ou manteau. — e, canal de l'épendyme. — Ra, racine antérieure. — /ÎJ5, racine postérieure. — ca, rudiment de la corne antérieure. — fa, formation arquée — co, ébauche de la commissure antérieure. — sp, neurosponge.
Fig. 4.
Coupe demi-schématique du tube médullaire passant par la moelle allongée, montrant la forme de la cavité et de la paroi et la division de celle-ci en deux zones, dorsale et ventrale (selon IIis).
pr, plaque recouvrante. — pb, plaque basale. — pi, couche ou plaque interne. — e, canal de l'épendyme. — fa, formation arquée. — sp, neurosponge. — ^rf, zv, zones dorsale et ventrale des parois latérales (plaque alaire et plaque du fond). — Ra, racine antérieure motrice (nerf hypoglosse). — Rp, racine postérieure sensitive (racine sensitive du nerf pneumogastrique). — rm, racine motrice du nerf pneumogastrique. — ts, tractus solitarius. — g, ganglion du pneumogastrique.
épaississement, puis comme une invagination de l'ectoderme (gouttière nerveuse), bientôt fermée en un tube.
Le tube nerveux s'étend longitudinalement, suivant l'axe de l'embryon. Il
[PRENANT
NEVROLOGIE.
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est recouvert par répiderine, du cùté dorsal; du coté ventral, il est contigu à la corde dorsale. Sa forme générale est celle d'un cylindre creux comprimé latéralement, de telle sorte que sa lumière est beaucoup plus étendue dans le sens dorso-ventral que transversalement. Les parois du tube sont d'épaisseur
très inégale. La paroi dorsale, qui résulte de l'occlusion des lèvres de la gouttière médullaire, est très mince ; elle s'appelle plaque du toit ou plaque recouvrante (His) (fig. 3 et 4, pr). La paroi ventrale est également amincie ; on la nomme plaque du planclier ou plaque basa le (His) (job).
Les parois latérales au contraire sont épaisses et font saillie dans la lumière du tube.
Chacune d'elles se décompose typiquement en deux zones, zones dorsale et ventrale, qui sont effectivement séparées parfois par un sillon visible sur la face interne de la paroi (fig. 4, z-d, zv).
De l'inégalité d'épaisseur des parois dorsale et ventrale d'une part et des parois latérales d'autre part il résulte que, sur la coupe tji'ansversale, l'axe nerveux apparaît composé de deux moitiés parfaitement symétriques c[ui représentent les parois latérales du tube médullaire, réunies par deux étroites commissures, qui forment les parois dorsale et ventrale du tube. La constitution bilatérale symétrique du tube médullaire s'harmonise avec la théorie de la concrescence, actuellement en faveur, qui veut que l'em- ])ryon se forme par la juxtaposition et la soudure de deux moitiés semblables.
Fig. :j.
Embr)-on de poulet à la 29'* heure de rincubation
(d'après Duval.')
1'', vésicule cérébrale anlérieure, encore largement ouverte en avant (neuropore antérieur) et prolongée latéralement par les vésicules primitives. — V-, vésicule cérébrale moyenne. — F', vésicule cérébrale postérieure. — Vom, veine omphalo-mésentérique. — pv, protovertèbres. — Lp, ligne primitive encadrée à son extrémité antérieure par la partie postérieure du canal médullaire largement ouverte et dilatée en un « sinus rhomboïdal ».
B. Moelle épinière et cerveau. Les grandes divisions du cerveau. — Avant déjà que la gouttière médullaire se transforme en un tube, ■elle se dilate à son extrémité antérieure ; cette région dilatée est l'ébauche du ■cerveau; le reste constitue l'ébauche de la. moelle épinière.
La dilatation cérébrale ne fait défaut à aucun Vertébré. L'Amphioxus luimême, que l'on oppose aux Vertébrés crâniotes sous le nom d'Acrâniote, et qui n'a pas de tête, possède, au moins dans la période larvaire, un cerveau qui devient ensuite rudimentairc pendant la métamorphose. Les Tuniciers sont dans le même cas ; leurs larves ont également un tube médullaire, dont la région antérieure se dilate en un cerveau, qui subit plus tard une régression chez la plupart des t\'pes.
Le cerveau de l'Amphioxus, comme celui des embryons de Vertébrés inférieurs et même supérieurs, est décomposé primitivement en deux grandes régions : l'une, antérieure, vésicule cérébrale antérieure ( « ventricule du cerveau » de l'Amphioxus, « précerveau » ou « grand cerveau » des Vertébrés), correspond au cerveau proprement dit de l'anatomie descriptive, et se caractérise par la dilatation notable dont sa cavité sera le siège; l'autre, postérieure, vésicule cérébrale postérieure ( « fosse rhomboïdale » du cerveau de l'Amphioxus, « postcerveau » ou « cerveau rhomboïdal» des Vertébrés), se distingue par l'amincissement considérable de la paroi qui forme la voûte de sa cavité et représente principalement la moelle allongée de l'encéphale adulte. A ces deux régions cérébrales initiales il s'en ajoute bientôt une troisième, interposée entre les précédentes, qui est prise aux dépens de la vésicule cérébrale antérieure et c[ue l'on appellera vésicule cérébrale moyenne.
Dans ce stade donc, longtemps considéré comme le plus primitif, il existe trois dilatations de la cavité du cerveau, trois vésicules, que l'on distingue en antérieure, moyenne et postérieure, et que l'on appelle aussi respectivement cerveaux antérieur , moyen ei postérieur (fig. 5 et 6, V, V^ V^).
Chez les Tuniciers et l'Amphioxus, la division régionale du cerveau n'est pas poussée plus loin. Chez les autres Vertébrés, avi contraire, l'organisation du cerveau se complique grâce à ce que deux des trois vésicules primitives se subdivisent en deux compartiments secondaires. L'antérieure, en effet, se partage de cette façon en une vésicule cérébrale antérieure définitive et en une vésicule cérébrale intermédiaire interposée à la première et à la vésicule cérébrale moyenne. La postérieure se divise à son tour en un cerveau postérieur proprement dit et un arrière-cerveau ou moelle allongée. On obtient de la sorte, en dernière analyse, cinq vésicules cérébrales distinctes, cinq cerveaux secondaires ou définitifs (voy. le tableau suivant). Il ne faudrait pas considérer ces subdivisions comme dues à des étranglements du tube primitif; elles proviennent en réalité d'une inégalité de croissance entre les diverses parties de ce tube.
/ / / Cerveau antérieur définitil'
ou prosencéphale.
Grand cerveau ou Précerveau.
Cerveau antérieur primitif.
Cerveau intermédiaire ou llialamencépiiale.
Cerveau moveu ou mésen-
Cerveau moyen. <^ Cerveau moyen. ^ céphale.
Cerveau postérieur définitif
Cerveau rhomboïdal OH Postcerveau.
Cerveau posléi rieur primitif.
ou métencéphale.
Moelle allongée ou arrièrecerveau, ou myélencéphale.
{PRENANT
12 NÉVROLOGIE.