COMMISSURES DE LA MOELLE
protoplasmiques rayonnantes, qui s'entrelacent avec les collatérales ou les fibres terminales d'un certain nombre de racines postérieures; de là, un plexus très serré qui s'atrophie dans le tabès. Les fibres des racines postérieures suivent un trajet ascendant avant de pénétrer dans la substance grise ; car le plexus péricellulaire de la colonne de Clarke est atteint dans les lésions qui portent sur les racines lombaires inférieures ou môme sacrées, alors que cette colonne ne se constitue qu'à partir du 1" nerf lombaire. C'est à ce même niveau que commence le faisceau cérébelleux ; mais, comme nous venons de le voir, il entre dès cette origine en communication avec les parties inférieures de la moelle par les fibres radiculaires ascendantes.
Pour constituer le faisceau de Flechsig, les cylindre-axes des cellules de Clarke se portent horizontalement en dehors jusqu'à la circonférence de la moelle et s'y coudent pour prendre un trajet vertical et ascendant. Le faisceau occupe une situation périphérique dans le cordon latéral, en dehors du faisceau pyramidal direct et, suivant son volume, s'étend plus ou moins en arrière vers les racines postérieures, en avant vers le faisceau de Gowers. Arrivé au bulbe, il suit le corps restiforme et le pédoncule cérébelleux inférieur, qui le conduisent au cervelet.
C'est une voie longue, comme le montrent sa situation périphérique, la grosseur de ses fibres, son accroissement continu de bas en haut, l'étendue de ses dégénérations et sa terminaison dans le cervelet. Il représente, avec le faisceau de Gowers, les voies cérébelleuses ascendantes ou centripètes. Il apporte aux cellules corticales du cervelet les impressions que les cellules de Clarke ont reçues des racines postérieures.
V. Faisceau de Go'wers ou F. antéro-latéraL — Ce faisceau, découvert par Gowers (1880) à la suited'une lésion de la moelle lombaire qui avait produit sa dégénération, occupe la partie antérieure du cordon latéral. Situé en avant du faisceau pyramidal, en dehors du faisceau fondamental, en dedans et en avant du faisceau cérébelleux, avec lequel il est plus ou moins confondu, il commence à la région de transition lombo-dorsale, remonte tout le long de la moelle et, se séparant dans le bulbe du faisceau de Flechsig, s'engage, en grande partie du moins, dans le pédoncule cérébelleux supérieur pour se terminer dans levermis supérieur du cervelet. Ses^ origines sont incertaines; il naît des cellules de cordon ; mais on n'a pas établi s'il y a une région spéciale de la substance grise qui lui soit dévolue. On admet que la plus grande partie de ses fibres proviennent de cellules commissurales et sont par suite croisées ; les autres, prolongements de cellules homee"omères, sont directes.
Les dégénérations pathologiques ou expérimentales ont montré que le faisceau de Gowers est une voie ascendante, en partie directe, en partie croisée, voie longue, comme le prouve d'ailleurs son accroissement progressif dans son parcours. C'est certainenient une voie cérébelleuse centripète ; mais il contient probablement aussi un système de ftbres commissurales longueii, indépendant, qui reste intra-médullaire, car dans les altérations du renflement lombaire sa dégénération s'arrête à la régioii cervicale inférieure.
Commissures de la moelle. — Les deux moitiés de la moelle sont réunies par une bande transversale que l'interposition du canal central divise
[CHARPy.]
nevrologip:.
en commissures antérieure et postérieure ; la première se subdivise en commissures blanche et grise. Par ces ponts jetés d'un côté à l'autre passent des fibres issues des cellules de cordon hétéromères ou bilatérales, des collatérales de libres et les expansions protoplasmiques des cellules qui avoisinent le bord interne de la substance grise.
l» Commissure blanche antérieure. — Cette commissure, épaisse, est formée de grosses fibres myélinées ; on voit au fond du sillon médian sa face antérieure qui présente un raphé saillant et, de chaque côté, un aspect natté. Elle donne passage : 1" aux fibres des cellules commissurales de toute la substance grise,
Sill. méd, posl.
Cij)d jjOkl Coïiuniss gi post Subbl golat cnt.
Comm. gr. ant.
( ordon longii.
Sill. méd.' ant. Cordon ant.
Commiss. bl. ant.
FiG. 147. — Commissures de la moelle.
Les commissures antérieure et postérieure vues à un faible grossissement sur une moelle de bœuf colorée par la méthode de Weigert. — Coupe transv. d'artères (rouge).
y compris celles de la colonne de Clarke et de la corne postérieure ; 2° aux libres terminales du faisceau pyramidal direct ; 3" aux collatérales du cordon antérieur. Bechterew ajoute : « à quelques fibres des racines antérieures ». Outre ces éléments fondamentaux, la commissure blanche renferme encore : les expansions protoplasmiques internes des cellules marginales, les fibres périphériques des cellules épendy maires qui la traversent en sens sagittal, et des faisceaux longitudinaux de signification inconnue.
2" Commissure grise antérieure. — Située derrière la précédente, elle est très mince et, en dehors de nombreuses fibres de névrogiie, elle paraît renfermer surtout les collatérales du cordon latéral.
3" Commissure grise postérieure . — Cette commissure, placée en arrière du canal central, unit la base des deux cornes postérieures. Bien que très réduite chez l'homme, elle se compose de trois faisceaux que l'on distingue en antérieur, moyen et postérieur. Elle contient : 1" des fibres commissurales qui proviennent des cellules de la corne postérieure, notamment des cellules de Clarke et deRolando; 2^ des collatérales émises par les racines postérieures, qui y trouvent le lieu d'un entre-croisement sensitif accessoire et partiel; 3" des collatérales peu nombreuses fournies par le cordon latéral.