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I. Fibres d'association et Fibres commissurales

On entend par fibres d'association les fibres d'union homolatérales qui naissent et se terminent dans un même côté de la moelle, et par fibres commissurales, les fibres d'union croisées qui relient les deux moitiés droite et gauche. Cette distinction, bien nette dans le cerveau, l'est beaucoup moins dans la moelle, car nous avons vu que bon nombre de fibres de cordons se bifurquent et fournissent une branche au cordon homolatéral, et l'autre au cordon opposé (fibres bilatérales ou hécatéromères). En dehors de ce cas, les premières naissent des cellules de cordon homolatéral et les autres des cellules commissurales.

Ces voies d'association intersegmentaire sont toutes constituées par les fibres du faisceau fondamental antérieur, latéral et postérieur, ainsi que par les fibres endogènes que nous avons indiquées au milieu du cordon postérieur et peut-être encore dans le faisceau de Gowers. Ces fibres sont fines et leur développement est précoce chez l'embryon humain, comme dans la série animale. Leur direction a lieu dans les deux sens, ascendant et descendant, tantôt par la bifurcation du cylindre-axe primitivement unique, tantôt par le trajet opposé que peuvent suivre deux cylindre-axes voisins. Dans le cordon postérieur, le faisceau fondamental est principalement ascendant; le faisceau do Schultze et de Hoche est surtout descendant. Enfin, d'une manière générale,

[CHARPY.]

NEVROLOGIE.

ce sont des voles courles, qui n'embrassent qu'un ou plusieurs segments de moelle, bien qu'un certain nombre méritent, par leur longueur, d'être rangées dans les voles moyennes.

Les fibres d'association directe ou commlssurale sont situées profondément contre la substance grise, à laquelle elles forment une première écorce, tandis que les voles longues sont rejetées à la périphérie ; cette excentricité des voies longues porte le nom de loi de Flatau. C'est en quelque sorte une nécessité de construction ; si l'on veut relier les portions d'une tige, comme est la substance grise, par des fils parallèles de longueur différente, il faut placer les plus courts

au centre, contre la tige, et les Rac. post. pi^g longs au dehors, où ils peuvent s'étendre sans interruption.

Ce ne sont pas seulement les extrémités des fibres de ces cordons qui établissent des communications d'étage en étage; ce sont aussi les innombrables collatérales de ces libres qui, en tous sens, de la corne antérieure à la corne postérieure et d'une moitié de la substance grise à l'autre, relient entre eux tous les éléments et font qu'aucun d'eux ne peut rester indifférent aux impressions qui atteignent les autres. Si donc il est vrai de dire que dans les centres nerveux chaque cellule est anatomiquement une et indépendante, de par son embryogénie et la terminaison libre de ses expansions, il faut ajouter, comme correctif, qu'elle n'est jamais isolée, mais toujours prise dans les liens d'une immense association, comme l'est l'homme lui-même dans une société civilisée. Plus l'animal est élevé comme organisation, plus ces liens sont multipliés ; mais en même temps les voies courtes se réduisent et s'effacent devant les voles longues prépondérantes, qui annoncent l'intervention des centres supérieurs.

FiG. 148. — Territoire des fibres courtes d'association.

Fibres courtes occupant la partie la plus concentrique des faisceaux fondamentaux.

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