CHAPITRE PREMIER MORPHOLOGIE DU TRONC CÉRÉBRAL
§ 1 . — BULBE RACHIDIEN
(ARmÈRE-CERVEAU OU MYÉLENCÉPHALe)
Définition. — Le bulbe est la partie renflée qui termine la moelle et l'unit à la protubérance annulaire. On l'appelle encore moelle allongée; ce terme comprenait autrefois toutes les parties blanches qui vont de la moelle au cerveau, et plus tard uniquement le bulbe et la protubérance; depuis Haller il s'applique au bulbe seul. Sa limite inférieure, mal indiquée, est à la naissance de la moelle au-dessus du premier nerf cervical; sa limite supérieure est marquée en avant par le sillon qui le sépare de la protubérance. Il est situé en partie dans le crâne, en partie dans le rachis, et mériterait autant d'être appelé bulbe crânien que bulbe rachidien.
Conformation extérieure. — Le bulbe a été comparé à un cône tronqué aplati d'avant en arrière, à une pyrarnide quadrangulaire à base supérieure, à un chapiteau de colonne. Placé à la jonction du crâne et du rachis coudés l'un sur l'autre, il se modèle sur .cette inflexion. Sa direction générale est presque verticale, il est incliné de 30 à 40 degrés seulement, en avant d'une verticale passant par le trou occipital (fig. 159).
Ses dimensions sont les suivantes : 25 mm. en longueur (22 à 30), 22 mm. en largeur maxima, c'est-à-dire au niveau de sa base, 13 à 15 mm. en épaisseur.
On lui décrit quatre faces, une antérieure, une postérieure et deux latérales, et deux extrémités.
Face antérieure. — On remarque sur cette face, après avoir enlevé sa piemère, le sillon médian anlérieur qui continue celui de la moelle ; des fibres arciformes peuvent le masquer en partie. Dans ce sillon, en haut, une fossette profonde, entonnoir vasculaire, troii borgne de Vicq d'Azyr, foramen ceecum inférieur de Schwalbe; au-dessous, le rap/ié de Stilling, formé de fibres transversales qui unissent les pyramides; tout à fait en. bas, V entrecroisement des
BULBE RACHIDIEN
pyramides, constitué par des faisceaux qui se croisent en forme de natte sur une hauteur de 8 mm. et comblent presque coniplètethent le sillon.
En dehors du sillon médian, la pyramide antérieure, continuation apparente mais non réelle du cordon antérieur de la moelle. Elle se présente sous la forme d'un faisceau arrondi, allongé, effilé en bas, point où il mesure 3 mm. et se perd en se bifurquant, élargi au milieu et atteignant 6 mm., et de nouveau resserré à la partie supérieure oi^i il se ramasse en un cordon compact qui s'enfonce dans la protubérance. Les pyramides droite et gauche sont juxtaposées
,•■ Sillon basil.
..-• Protubérance
, Trijwn.
Mol. ocul. cxt.
Péd. cér. inoy. ^-v, Aud. facial
9", 10°, ir HyiJoglo&se Fibres arcif.
Olive
Sillon hypogl.
Pyr anl.
Spinal (11°)
Entrée, pyram.
FiG. 135. — Bulbe rachidien et protubérance.
Face antérieure (d'après Hirschfekl).
l'une à l'autre, mais divergent à mesure qu'on se rapproche de leur extrémité supérieure. Dans quelques cas, un léger sillon longitudinal circonscrit aux dépens de leur tiers externe un faisceau distinct, le faisceau pyramidal dé" ïûrck.
Le sillon de l'hypoglosse, d'où émergent les racines de ce nerf. Appelé encore sillon interne de l'olive, sillon collatéral antérieur, il est souvent interrompu par des fibres arciformes; il se prolonge en bas jusqu'au premier nerf cervical et se confond avec le sillon collatéral antérieur de la moelle.
Tuolive, olive inférieure ou bulbaire, corps blanchâtre, ovoïde, placé en dehors et en arrîère de la pyramide à laquelle il est parallèle. L'olive mesure de 12 à lo mm. en longueur sur 3 à 6 mm. en largeur. Son extrémité supérieure est la
[CHARPY.]
NEVHOLOGIE.
plus grosse, elle se détache en relief et arrive à 3 ou 4 mm. de la protubérance;
son extrémité inférieure ou pointe, petite, effacée, est fréquemment couverte par
un faisceau arciforme. Les deux olives sont souvent asymétriques de volume;
une d'elles peut être bosselée, bilobée en long ou entravers; elles sont plus
nettes chez les enfants.
Un double sillon circonscrit Tollve : en avant le sillon de l'hypoglosse (s. oli-
vaire interne), qui la sépare de la pyramide ; en arrière un sillon vasculalre,
longé par une artère ascendante et perforé par ses rameaux, sillon olivaire
externe ou rétro-olivairr.
Ces deux sillons se réunissent à la pointe de l'olive en un seul qui descend vers la moelle et
f'edonc. ce)
Prolub
Pijr. anl
Tuberc. qnad.
Sillon laiér. aboutlt à la ligne d'émergence des racines aute-
ur ù't'
rieures. Ils peuvent être comblés par des faisceaux de fibres blanches, placés l'un en avant, l'autre en arrière et confondus en bas, de telle sorte qu'ils encadrent l'olive. Burdach, comparant l'olive à un fruit de crucifère et son cadre à une slllque ouverte, a appelé ces faisceaux, f. interne et externe de la silique. Mais on ne trouve que bien rarement la slllque complète ; elle peut faire totalement défaut ou n'être représentée que par un seul faisceau.
Fossette svs-oliv .
Corps restif.
. Pyram. jjos/.
Tuberc. cendre
fia. 136.
Bulbe, protubérance et pédoncules cérébraux.
Face latérale (d'après HirsciifeKl).
Face latérale. — La face latérale montre : la partie postérieure de l'olive, — le sillon rétro-olivaire, sillon vasculalre à surface perforée; — le faisceciK intermédiaire {{. olivaire, f. respiratoire, f. latéral), bandelette étroite et mousse masquée par l'olive. Souvent à peine saillant, il se perd en bas dans le cordon latéral de la moelle cervicale supérieure, en haut, où il est oi'dlnalrement plus large, dans la protubérance. La coupe montre que cette bandelette extérieure est l'arête tronquée d'un faisceau prismatique enfoui dans le bulbe ; — le sillon des nerfs mixtes, sillon collatéral postérieur, équivalent du sillon de même nom de la moelle, et d'où émergent les nerfs glosso-pharynglen, pneumo-gastrique et spinal; — la partie externe des corps restlformes.
Face postérieure. — La face postérieure présente deux parties bien distinctes, une partie inférieure, arrondie, semblable à la moelle, partie fermée du bulbe, et une partie supérieure, partie ouverte, dans laquelle les deux moitiés s'écartent et laissent à nu un vaste triangle central qui appar-
BULBE RACHIDIEN
tient au plancher du quatrième ventricule avec lequel nous le décrirons.
On observe sur la face postérieure :
Le sillon médian postérieur, suite du sillon de la moelle, mais si peu profond qu'il n'est plus qu'un simple trait en haut, où il finit à la pointe du plancher ventriculaire.
Le cordon de Goll, qui, arrivé à l'origine du ventricule, prend une forme triangulaire et constitue la pyramide postérieure, dont la base renflée (clava ou massue, éminence mamelonnée) contient le noyau de Goll, et dont le sommet finit sur le bord interne du corps restiforme. La P3'ramlde postérieure limite le ventricule, mais n'est pas libre en dedans, car de son bord interne part une mince lamelle blanche irrégulière qui se perd sous la pie-mère.
Le sillon intermédiaire postérieur, qui vient de la moelle et finit sur le corps restiforme.
Le corps restiforme (restis, corde) ou cordon cunéiforme, faisceau arrondi, volumineux, qui semble la continuation du cordon postérieur de la moelle ; il occupe une partie de la face latérale du bulbe et la presque totalité de la face postérieure. Vertical et étroit en bas, il s'élargit au milieu de son trajet, en même temps qu'il se dirige obliquement en haut, en avant et en dehors, le long du plancher ventriculaire, et, de nouveau étroit, se continue par un léger coude, mais sans ligne de démarcation, avec le pédoncule cérébelleux inférieur.
Sur sa face externe et inférieure, à 6 mm. au-dessous et en arrière de
la pointe de l'olive, se voit une faible saillie grisâtre, le tubercule cendré de Rolando. Celui-ci est oblong, de volume assez variable, plus net et plus gris chez l'enfant, à peine reconnaissable chez le plus grand nombre des adultes. C'est la tête de la corne postérieure qui fait en quelque sorte hernie à l'extérieur, recouverte seulement par une mince couche de substance blanche. Chez l'adulte, le tubercule cendré confine immédiatement au sillon des nerfs mixtes.
Le sillon des nerfs mixtes.
posl.
du bulbe
■don post.
Cordon de Goll Faisc. Burdach Cordon latér.
sut. méd. post.
SiU.interm.posl.
SM. coll. poster.
FiG. io7. — Moelle, bulbe, protubérance et pédoncules cérébraux.
Face postérieure. Plancher du 4» ventricule. (D'après Ilirsehfeld.)
NÉVROLOGIE.
iJ'aprc's Scliwallu", nn peut <-lio/. rciifaiit recoriiiaîlre trois ])artics distinctes dans le corps reslifornie : 1° le faisceau de RoUmdn, bande étroite située immédiatement en arrière du sillon des nerfs mixtes, élarf-ie au niveau du tubercule cendré (|uelle contient. Ce faisceau ne se prolouf-e pas jus(|u'au cervelet ; — 2° le faùrean de Burdarh, qui comprend la presque totalité du corps restifornie entre le faisceau de Holando et le cordon de Goll. Comme ce •lernior il se renlle au milieu de son trajet, renflement qui répond au noyau du cordon de Hurdach ou tubercule cunéifornie; —3» le faisceau cérébelleux direct, tractus étroit, reconnaissable ii cet àpe à son blanc éclatant. .Vu collet du bulbe il avoisine le sillon collatéral postérieur, est repoussé en avant par le tubercule cendré, traverse la ligne d'insertion du spinal, longe le sillon des nerfs mixtes, et vers l'extrémité inférieure de l'olive se coude pour se porter en arrière sur la face postérieure du corps restifornie où on le perd.
Sommet. — Lo sommet se continue directement avec la moelle épinière. Souvent un léger étranglement, collet du bulbe, marque le plan de jonction de ces deu.x organes ; mais souvent aussi le collet est à peine indiqué, et on est
obligé de prendre comme limite, proiubcr. soit le plan immédiatement sous-
jacent à l'entre-croisement des pvramides, soit celui qui passe au-dessus des racines du premier nerf cervical.
Base. — La base du bulbe se continue avec la protubérance annulaire ; en avant et sur les côtés, un sillon demi-circulaire, sillon bulbo-protubérantiel, marque la limite avec le pont de A^arole; mais en arrière le bull)e, par les corps restiformes, s'unit directement au cervelet et par le plancber ventriculaire à la face postérieure de la protubérance.
Le sillon bulbo-protubérantiel offre plusieurs particularités à signaler. Au milieu est le trou borgne (foramen cœcum, fossette médiane) que remplissent des vaisseaux et quelquefois des fibres arciformes; il est fermé en liaut par des fibres invaginées de la protubérance {collier des iryramides) et se continue en bas avec le sillon médian antérieur ; les pyramides divergentes et rétrécies à ce niveau le limitent de cbaque côté. Entre l'extrémité supérieure de l'olive et la protubérance est la fossette olivaire (ou sus-olivaire) d'où l'on voit sortir le nerf moteur oculaire externe. En arrière de l'olive, en avant du corps restifornie, une fossette plus profonde, fossette latérale, communiquant avec la précédente, reçoit la terminaison du sillon rétro-olivaire vasculaire et du sillon des nerfs mixtes ; elle laisse passer le facial et la racine antérieure de l'auditif.
Fibres arciformes externes. — On appelle fibres arciformes externes {slraiumzonale, transversale) un système de fibres curvilignes transversales qui couvre plus ou moins les faces antérieure et latérales du bulbe. Elles sont sujettes à de grandes variations comme situation et comme importance; sur certains sujets elles manquent complètement, sur il'autres elles se disposent en larges nappes. Ordinairement elles naissent des faces latérales du corps restiforme, surtout de son extrémité supérieure et antérieure, descendent obliquemont sur les côtés du bulbe, coupant et interrompant les sillons qu'elles croisent et vont se perdre en partie dans le sillon médian antérieur.
Olive
l'aisc. ant
Faisc. lai
FiG. 158.
Foss. s.-oliv.
Foss. loi.
Sill. rétro-oUv.
S.desnerfsmixl.
Faisc. de Goll F. de Burdacit,
F. de Rolando Faisc. ccrebell.
Bulbe rachidien de nouveau-né.
F;ice latérale, srossie
BULBE RACHIDIEN
Deux faisceaux de ces fibres paraissent avoir un siège et une disposition plus fixes. Le premier (avant-pont, ponticulus d'Arnold, propons) entoure l'extrémité supérieure de la pyramide et plonge dans le trou borgne qu'il comble en partie. Le second, faisceau arciforme de l'olive ouf. olivâtre inférieur, large de Q à 8 mm., vient du corps restiforme, longe le bord postérieur de l'olive, puis croise en la couvrant plus ou moins son extrémité inférieure et remonte ensuite sur son bord interne pour se perdre dans le sillon de l'hypoglosse. Quand ces fibres sont très rapprochées du bord postérieur de l'olive et qu'il en existe de semblables le long du bord antérieur ou interne, elles forment un demi-anneau allongé qui est la siliqne de Burdach. Ces deux faisceaux manquent fréquemment; ils n'existent souvent que d'un seul côté.
Rapports. — La limite inférieure du bulbe, le collet apparent ou non qui sépare Fentre-croisement pyramidal des racines du premier nerf cervical, cor-
Phai^nx
Fio. 159. — Rapports du bulbe, de la protubérance et du cervelet.
Coupe antéro-postérieure.
respond, sur un sujet dont la tête est d'aplomb, au bord supérieur de l'arc postérieur de l'atlas en arrière, au milieu du saillant de l'apophyse odontoïde en avant et par conséquent au milieu de l'arc antérieur de l'atlas. Ces rapports présentent quelques différences légères suivant les sujets, et des variations assez sensibles, suivant la position de la tête, d'aplomb, inclinée ou fléchie. La limite supérieure est au tiers inférieur de la gouttière basilaire, ou milieu du corps de l'occipital, sensiblement au-dessous de la suture occipito-sphénoïdale. Le bulbe est donc à cheval sur les deux cavités crânienne et rachidienne, mais sa plus grande partie est dans le crâne et il eût été plus juste de l'appeFer bulbe crânien.
1° Sa face antérieure est en rapport avec la moitié supérieure de l'apophyse odontoïde, l'espace occipito-atloïdien antérieur fermé par de forts trousseaux ligamenteux et la partie inférieure de la gouttière basilaire qu'elle ne touche pas d'ailleurs, car elle en est séparée par les artères vertébrales. Une luxation de l'apophyse odontoïde en arrière atteindra donc l'origine de la moelle et la partie tout à fait inférieure du bulbe. — 2" Les faces latérales sont contiguës aux articulations condylifennes de l'atlas et de l'occipital dont les sépare l'artère verté-
[CHARPY.]
NÉVROLOrilE.
hralc; plus haut elles sont recouvertes par le tvrvelet. — S» La face postérieure est, dans sa partie supérieure, située à l'intérieur du crâne et cachée par le cervelet (|ui l'embrasse dans une sorte de large gouttière, formée surtout aux dépens de ses lobules amygdaliens. Sa partie inférieure répond à l'espace sous- ..rcipilal intercepté entre" roccipital et l'arc postérieur de l'atlas. Cet espace a moins de I .m. de hauteur, sur certains sujets à peine quelques minimètres; la llexion iurcéede la tète en avant l'agrandit sensiblement ; c'est le point faible ou défaut du rachis. Un instrument piquant ou tranchant, rasant l'occipital, traversera les muscles de la nuque, puis les faibles ligaments atloïdo-occipitaux postérieurs et atteindra la ])artie inférieure du bulbe au-dessous du ventricule. Suivant l'inclinaison de la tète et suivant aussi celle de l'instrument, les lobules tonsillaires du cervelet et la pointe du quatrième ventricule en haut,
l'origine de la moelle en bas, pourront être aussi blessés. Ce point dangereux, par où l'homme ou l'animal peuvent être foudroyés, semble avoir été connu de tout temps. Il correspond principalement à Fo- ■ sm. dei'hypogi. rigine du pneumogastrique, ainsi que l'a montré Flourens dans ses expériences sur le nœud vital; toutefois la position horizontale de la tête chez les animaux permettant d'aborder plus facilement le plancher ventriculaire, les rapports anatomiques ne sont peut-être pas identiques.
Conformation intérieure. — Les coupes que Ton peut faire sur un bulbe frais et que l'on examine à l'œil nu ne donnent que des renseignements insigniflants sur la disposition de ses éléments. Il en est autrement des coupes préparées histologiquement et colorées au carmin ou à l'hématoxyline; celles-ci fournissent, même simplement à l'œil nu, des indications très détaillées sur la distribution topographique des différentes parties, nerfs, faisceaux, groupes cellulaires; mais leur étude sera mieux placée au chapitre de la structure.
La coupe faite sans préparation sur un bulbe frais, passant horizontalement à travers les olives, nous montre : le sillon médian, la pyramide antérieure s'enfonçant en coin en arrière (en haut sur le dessin) et en dedans, et sur le côté interne de sa face antérieure (jui est libre et arrondie une traînée grise, le noyau arciforme\ — une seconde saillie convexe, l'olive, qui présente sous une couche blanche extérieure un sac en forme de lame plissée, de couleur jaunâtre, ouvert par son bile vers le centre du bulbe. Elle est flanquée de chaque côté d'une bandelette grise, les parolives antérieure et postérieure. Les sillons (collatéral antérieur et rétro-olivaire se voient en coupe. On peut quelquefois suivre un filet hlanc qui traverse le bulhe pour sortir par le premier de ces sillons, c'est une racine de l'hypoglosse; — le faisceau intermédiaire plus ou moins net, avec ses deux sillons limitants, le sillon rétro-olivaire où se remarque la coupe de vaisseaux, le sillon des nerfs mixtes d'où émergent des filets nerveux; — une troisième saillie, le corps restiforme, qui aboutit sur son côté interne à une dépression, le plancher ventriculaire. ^ Cette coupe présenle donc trois arcs de cercle sur son contour, la pyramide antérieure, l'olive et le corps restiforme. Outre la lame jaunâtre de l'olive, les parolives et le noyau
- Cord. post.
-S. d. norfs tnixl.
-SUl. vascul.
- Olive
Noyau arci/'. Pyr. anlér.
Fio. 100. — Conformation intérieure du bulbe.
Coupe passant par l'olive et le plancher ventriculaire. — Dessin à l'œil nu, rossi.
PROTUBERANCE ANNULAIRE. 229
arciforme,on reconnaît encore la substance grise du plancher véntriculaire, une tache gris rosé pâle clans le champ postérieur (qui correspond ix la formation réticulée), et enfin le raphé.
§ n. — PROTUBÉRANCE ANNULAIRE OU PONT DE VAROLE
(liASE DU CERVEAU POSTÉRIEUR OU PARTIE VENTRALE DU M ETEN CÉPH ALe)
La protubérance annulaire est la partie intermédiaire au bulbe, aux pédoncules cérébraux et au cervelet. On l'appelle encore mésocéphale, ou pont de Varole, Varole l'ayant comparée à un pont sous lequel passeraient plusieurs bras de rivière représentés par le bulbe et par les pédoncules.
Je rappelle ici que pour les anciens anatomistes elle faisait partie de Visthme de V encéphale; mais, à l'exemple de Poirier, nous réservons ce nom aux seuls pédoncules cérébraux,
La protubérance occupe la partie antérieure et supérieure de la loge crânienne inférieure ou cérébelleuse, entre le cervelet et la gouttière basilaire. Sa direction est presque verticale, un peu plus droite encore que celle du bulbe, et inclinée seulement de 2 degrés en moyenne sur la verticale passant en arrière d'elle.
Sa longueur, diamètre vertical, est de 2 cm. 5 au milieu, 2 à 3,5 sur les côtés. La largeur, d'un trijumeau à l'autre, de 3 à 3,3 ; l'épaisseur, 2 cm. 5.
Elle est extrêmement développée cbez l'homme, et d'une manière générale, dans la série des mammifères, son volume est en rapport avec le degré hiérarçbique de l'animal. Elle dépend en effet essentiellement du cervelet, et accessoirement du cerveau. Comme elle représente surtout une émanation des hémisphères cérébelleux, elle fait presque complètement défaut chez les vertébrés non mammifères qui ont ces hémisphères rudimentaires; elle atteint son maximum chez les primates que caractérise la prépondérance des lobes latéraux sur le lobe médian du cervelet; elle redisparaît chez l'homme, quand ces mêmes lobes avortent.
En la libérant artificiellement avec le couteau, on obtient une masse blanche, ferme au toucher, de forme cubique. Elle a donc six faces; mais la face supérieure n'est que le plan de section entre le pont de Varole et les pédoncules cérébraux ; la face inférieure, le plan de séparation d'avec le bulbe ; les faces latérales, le plan de séparation d'avec les pédoncules cérébelleux moyens en dehors de l'émergence du trijumeau. Il n'y a que deux faces réelles, l'antérieure et la postérieure.
Face antérieure. — La face antérieure est en rapport avec la gouttière basilaire, mais en reste à distance, séparée d'elle par l'artère basilaire et un vaste canal sous-arachnoïdien. Elle est convexe dans le sens transversal et dans le sens longitudinal. On y remarque : sur la ligne médiane, le sillon médian ou basilaire, en dehors les bourrelets pyramidaux, plus en dehors encore les nerfs trijumeaux.
Le sillon basilaire est une gouttière qui s'étend de bas en haut, du trou borgne du bulbe ou foramen cœcum inférieur à une échancrure qui sépare les deux pédoncules cérébraux à leur naissance et qu'on peut appeler le foramen caecum supérieur. Il loge une grosse artère, le tronc basilaire, mais il ne
[CHARPY.]
NÉVROLOGIE.
semble pas être l'empreinte vasculaire de ce tronc ; car le sillon s'élargit de bas en haut, ce qui n'est pas le cas de l'artère; il se prolonge sur les faces supérieure et inférieure, ce que ne fait pas le vaisseau ; il conserve sa profondeur normale, alors môme que le tronc basilaire dévié, ce qui est fréquent, passe en dehors de lui sur un certain parcours. C'est donc probablement une dépression naturelle produite par le rai)hé médian de l'organe, rendue très sensible par
Tige piluil.
Tuber
SiU basil
Bvurr. pyr
Falsc. ohliq
Tub. mamill.
, Band. opl'u/.
. Péd. céréb.
. N. irijum.
. Péd. moy.
.. Tr. borgne
- Pyr. ant.
FiG. 161. — Protubérance annulaire, bulbe et pédoncules cérébraux.
Face antérieure (d'après Hirsclifeld). ,
la saillie latérale des deux bourrelets pyramidaux avec lesquels le sillon semble être en relation étroite, et peut-être aussi augmentée par l'artère qu'elle reçoit.
Les bourrelets pyramidaux sont les deux reliefs longitudinaux qui bordent de chaque côté le sillon médian et qui vont s'élargissant de bas en haut; ils sont produits par le passage des faisceaux pyramidaux sous les fibres transversales de la protubérance qu'ils soulèvent.
Plus en dehors, la face antérieure se continue sans transition avec le pédoncule moyen qui va au cervelet ; on peut, avec Henle, adopter comme démarcation une ligne menée de l'émergence du nerf trijumeau à celle du nerf facial. Toute cette face antérieure est striée transversalement par des paquets de fibres qui
PROTUBERANCE ANNULAIRE.
se dirigent du sillon hasilaire vers le cervelet, rappelant, d'après Foville, une chevelure à raie médiane dont les cheveux iraient se rassembler de chaque coté. On appelle faisceaux supérieurs ceux qui sont au-dessus du trijumeau; au-dessous sont les faisceaux inférieurs. Le faisceau moyen ou f. oblique est un large ruban saillant ou paquet de fibres, dont l'existence n'est pas constante, qui, d'abord horizontal à la naissance du sillon, descend ensuite obliquement vers le nerf facial et croise en bas les faisceaux inférieurs qu'il recouvre.
Lenhossék a rencontré deux fois et d'un seul côté un traclus arrondi de 1 mm. 5 de larg-e, courant en sens sagittal sur la face antérieure de la protubérance entre le faisceau oblique et le sillon basilaire, à 1 cm. en dehors de celui-ci. Il l'a appelé le faisceau droit (f. rectus).
On pouvait le suivre en bas jusqu'à la partie inférieure de la face externe de l'olive; en haut, après avoir passé sous la couche superficielle du pont, il se perdait dans le tiers du l)ied du pédoncule cérébral. Lenhossék pense qu'il s'agit d'un faisceau normal très amplifié et aberrant, détaché du ruban inférieur de Forel (Anatom. Anzeiger, 1887, 2 figures).
Pnd r.eréh
Band. opi.
Tub. quadr
Nerfirijum.
, Péd. moy.
Aconst.
Pyr. antér.
, Fibr. arcif.
Protubérance, bulbe et pédoncules cérébraux.
Face latérale.
Face postérieure. — Cette face se continue avec la face correspondante du bulbe et forme avec elle le plancher du quatrième ventricule ; nous la décrirons avec cette cavité. Le cervelet la recouvre complètement, soit par sa partie centrale soit par ses pédoncules supérieurs.
Bo7rl inférieur. — Le bord inférieur arqué est le sillon bulbo-protubérantiel déjà décrit; il répond à l'union du tiers inférieur avec le tiers moyen de la gouttière hasilaire, quelquefois à l'union des deux moitiés. Entre les deux pyramides, les fibres protubérantielles s'enfoncent pour tapisser leur face interne et constituer en quelque sorte le plafond du trou borgne. Cruveilhier appelle ces fibres ondulées le collier des pyramides ; c'est le seul point libre de la face inférieure.
Boï'd supérieur. — Ce bord, en arc plus cintré que l'inférieur, est aussi marqué par une rainure, le sillon protubérantiel supérieur, qui sépare le pont des pédoncules cérébraux. Il correspond au bord supérieur de la selle turcique, point le plus élevé de la gouttière hasilaire, tantôt à ce bord même, tantôt à quelques millimètres au-dessous. Ici, comme entre les pyramides, on voit les fibres les
[CHARPV.]
232 NÉVROLOGIE.
plus luuiU's (le la proliibôrance s'enfoncer entre les pédoncules cérébraux qu'elles entourent sur k'ur face interne, dans la fossette (foramen ctecum supérieur, échanciiire médiane) qui termine l'espace interpédonculaire; Cruveilhier
appelle ces fibres, le collier des pé-
Péd. corch. ,/fjnciiles. En tapissant l'échancrure
qui termine le sillon basilaire, elles
représentent l'unique partie visible
,,,,„,„,, de la face supérieure de la protubé-
Pijr. an/.
■ Olive
■ Enirecrois.
Conformation intérieure. — Une
coupe transversale passant par le milieu (Je la protubérance et examinée fraîche, ii l'œil nu, présente : sur son contour, le sillon basilaire, les bourrelets pyramidaux, la coupe des pédoncules céréb. moyens; et en arrière, la ligne sinueuse du plancher ventriculaire, où Ton remarque la saillie du funiculus teres de chaque côté du sillon médian.
Sur la surface on distingue, dans la partie inférieure de la coupe, des lignes blanches curvilignes striées de gris ([ui se dirigent parallèlement vers un raphé médian; — au milieu de ces libres arquées un gros faisceau unique ou à peine dissocié en deux ou trois faisceaux plus petits; il est coupé en travers et entouré ou même en certains points traversé par les fibres arquées. C'est le faisceau pyramidal, ou moteur, suite de la pyramide antérieure, dont le passage dans la protubérance détermine la formation des bourrelets extérieurs; — au centre de la coupe un champ triangulaire de fibres, qui répond au ruban de Reil ou faisceau sensitif; — dans le quart supérieur, une surface gris rosé ou gris jaunâtre qui comprend la substance grise ventriculaire et au-dessous d'elle la formation réticulée.
Une coupe à plat, c'est-à-dire parallèle à la face antérieure, comme celle de la flg. 163 montre la direction transversale des fibres protubérantielles et la direction verticale des. faisceaux pyramidaux.
- Passage des faisceaux pyramidaux dans la protubérance.
Coupfi frontale de la protubérance et du bulbe (d'après llii'schfeld).
§ m. — CERVELET
(VOUTE DU CERVEAU POSTERIEUR OU PARTIE DORSALE DU MÉTENCÉPHALe)
Le cervelet, petit cerveau, est la partie de l'encéphale qui occupe les fosses occipitales inférieures.
Il appartient par son origine au cerveau postérieur ou métencéphale, la quatrième vésicule cérébrale dont la base devient la protubérance, et la voûte le cervelet ; la cavité de la vésicule sera la partie supérieure du quatrième ventricule. La voûte prend donc un accroissement colossal. C'est d'abord sa partie médiane qui s'épaissit pour former le lobe médian ou vermis du cervelet, et plus tard ses parties latérales pour constituer les hémisphères cérébelleux. De même chez les vertébrés, le lobe médian existe seul chez les non-mammifères, les lobes latéraux sont nuls ou rudimentaires ; les lobes latéraux ou hémisphères n'apparaissent nettement que chez les mammifères et plus on remonte dans l'échelle zoologique, plus on voit ces lobes prendre de l'importance ; ils finissent par l'emporter sur le vermis, entraînant comme conséquence un développement considérable de la protubérance annulaire qui est leur prolongement ventral.
L'homme est caractérisé entre tous par la petitesse relative de son lobe médian, lobe cependant primordial et fondamental de l'organe, comme l'a fait remarquer Gall, et par l'énorme prépondérance de ses hémisphères cérébelleux que relie la puissante niasse de la protubérance annulaire.
Situation. — Le cervelet est enfoncé comme un coin à base postérieure entre la moelle et le cerveau. Il occupe la loge crânienne inférieure ou cérébelleuse, loge fibreuse dans sa voûte constituée par la tente du cervelet, osseuse dans sa base et ses parties latérales que forment la portion inférieure de l'écaillé occipitale, la face interne de l'apophyse mastoïde, la face postérieure du rocher et l'apophyse basilaire. Sur l'apophyse basilaire reposent le bulbe et la protubérance; partout ailleurs le cervelet est au contact des surfaces osseuses que je viens de nommer ou bien de la tente fibreuse qui le sépare du cerveau et l'empêche d'en sentir le poids. Cette situation encaissée l'expose, lui et ses vaisseaux, à la compression et à l'étranglement, quand une tumeur ou un abcès se développe dans la loge qui le renferme.
La grande circonférence descend obliquement en bas et en arrière et correspond par sa partie moyenne à la protubérance occipitale externe ou inion. Une ligne continuant le bord supérieur de l'apophyse zygomatique et aboutissant à l'inion marque cette circonférence et la limite supérieure des rapports osseux du cervelet. « On pourra donc aisément sur le vivant mettre le cervelet à nu, en trépanant au-dessous de la ligne précédente, ou mieux encore sur le milieu d'une ligne droite unissant le sommet de l'apophyse mastoïde à la protubérance occipitale externe ; l'ouverture répondra à la partie centrale du cervelet et au point déclive de la fosse cérébelleuse. C'est là l'incision de choix pour évacuer les abcès du cervelet » (Poirier).
Couleur. Consistance. Dimensions. — Le cervelet est de couleur gris tendre. Frais, il possède à peu près la même consistance que le cerveau ; cependant son écorce est un peu plus molle, ce qui peut tenir à sa plus grande épaisseur, et son noyau blanc est un peu plus dur. Mais il est commun de trouver à l'autopsie, dans les temps chauds principalement, une diffluence de la surface qui se déchire au moindre contact; ce ramollissement cadavérique, marqué surtout dans les parties postérieures les plus déclives, ne doit pas être confondu avec une lésion pathologique.
Les dimensions de l'organe, ellipsoïde à grand axe transversal, sont : en longueur, c'est-à-dire dans le sens antéro-postérieur, de 3 à 4 centimètres au milieu, de 5 à 6 centimètres sur les côtés ; — en largeur, grand diamètre transversal, de 10 centimètres (9 à 11); — en épaisseur, de 4 à 5 centimètres aux points les plus renflés.
Le poids moyen est d'environ 140 grammes (Voy. au chapitre : Poids de V encéphale).
Conformation extérieure. — Le cervelet a la forme d'un cœur de carte, dont le sommet tronqué est en avant, la base échancrée en arrière. On lui décrit une face supérieure, une face inférieure et une circonférence.
Face supérieure. — Cette face est tout entière située sous le cerveau chez l'homme, à cause du grand développement de l'hémisphère cérébral en arrière ;
NÉVROLOGIE.
la Iruiv (le la (liir('-iii('r(' sépan; les (l(uix organes. On reconnaît une crête longitudinale iiiédiaiic, saillante surloiit en avant où elle couvre les tubercules <|iia(li'ijiinieaiix postérieurs et striée transversalement comme un ver à soie avec ses anneaux, c'est le veï'iiiix supérieur, logé sons Farète de la tente. Les parties latérales sont inclinées en versant de toit, elles appartiennent aux hémisphères.
Face inférieure. — En rapport avec les fosses occipitales inférieures et avec le bulbe, cette face bombée présente sur la ligne médiane une fente profonde à bords très convexes qui s'étend d'arrière en avant sur toute la longueur; c'est la scissure médiane ou vallée de Reil. En arrière, profondément entaillée en
Tuher. quadr.
Verinis sxip.
■ Uémisph.
SiHon circonf.
FiG. 164. — Cervelet.
Face supérieure. Le lobe central et les lohes latéraux (vermis et némisphèresj.
échancrure, elle reçoit la fauXkdu cervelet; en avant, elle est plus superficielle et devient une simple gouttière qui encadre le bulbe. Si on écarte ses lèvres, on aperçoit la face inférieure du lobe médian ou ve^^mis inférieur, plus gros, plus détaché que le vermis supérieur. De chaque côté, la face inférieure des hémisphères. Près de leur forte convexité postérieure, on reconnaît quelquefois l'empreinte jugulaire de Henle, qui répond à l'apophyse jugulaire de l'occipital.
Circonférence. — La circonférence correspond à la gouttière transversale de l'occipital et au bord supérieur du rocher, occupés la première par Je sinus latéral, le second par le sinus pétreux supérieur. Elle présente : une échancrure anlérieure qui embrasse le bulbe et la protubérance, et qui sert de bile à l'organe pour l'émergence de ses six pédoncules; — une échancrure postérieure ou incisure marsupiale, partie postérieure de la scissure médiane ; elle reçoit dans son espace triangulaire la faux de la tente et la protubérance occipitale interne; ses bords sont arrondis et convexes; — entre les deux échancrures et de chaque côté, le bord externe du cervelet coudé à angle droit sur
lui-même, au point de jonction de Foccipital avec le rocher, et coudé ensuite à sa jonction avec les échancrures antérieure et postérieure. De là la division
Échancr. ant..
^.-^ I jP'f^iz Anqlo anl.
Angle cxl.
^^*" iini^^ ] ^^•m^stjvtf^z.. Angle posl.
Échancr. post.
FiG. 165. — Circonférence du cervelet.
de la circonférence en : échancrure antérieure, écliancrure postérieure ; angles antérieur, postérieur, et latéral ou externe; bord antéro-ex terne, bord postéroexterne.