‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 64 sur 368 · C. dentelé · texte numérisé non relu

C. dentelé

Noy. centr.

Lmmelle

Lame

Olive

FiG. 172. — Arbre de vie latéral du cervelet.

Coupe antéro-postérieure latérale intéressant simultanément l'olive cérébelleuse (c. dentelé) et l'olive bulbaire.

(D'après Sappey.)

dans le nombre des lobules. L'ensemble figure, avons-nous dit, l'arborisation d'une feuille de thuya ou encore une roue verticale à rayons un peu courbes. Une couche grise corticale de 2 à 3 mm. d'épaisseur recouvre toute la surface sans interruption, aussi bien la surface cachée que la surface extérieure; elle constitue en épaisseur les deux tiers de chaque lamelle ou circonvolution. L'écorce grise étant continue, toutes les lamelles se touchent et passent de l'une dans l'autre, comme les circonvolutions du cerveau ; il en est de superficielles, extérieures, et de profondes, enfouies dans les sillons ; un certain nombre, situées au point le plus bas des sillons de premier ou de deuxième ordre, font la transition entre deux lames ou deux lobules. La substance grise du cervelet est donc une lame extrêmement plissée, 600 à 800 fois, dont chaque petit pli constitue une lamelle de circonvolution ; les petits plis se groupent en plis plus grands qui sont les lames et les lobules. Toute la surface des lamelles est recouverte par la pie-mère qui y enfonce ses vaisseaux et ses entonnoirs conjonctifs, et qui par conséquent pénètre au fond de tous les sillons même les plus ténus. La lingula et le nodule présentent les formes simples du plissement cérébelleux.

2'' Coupe antéro-postérieure latérale (fig. 172). — Cette COupe, qui partage

[CHARPY.]

on deux moitiés un des hémisphères, donne une figure appelée arbre de vie des lobes latéraux. Elle ressemble beaucoup à celle du lobe médian, car, après tout, ](îs circonvolutions du vermis passent sur l'hémisphère, mais en diffère à certains points de vue. D'abord on ne trouve plus la tente ventriculaire ni la lingula ni le nodule; le noyau central est beaucoup plus grand; il y a un plus grand nombre de sillons profonds, quinze à seize ; les lobules supérieurs sont les plus petits, les postérieurs ou circonférentiels sont les plus gros, les inférieurs de volume moyen. En outre dans le no3^au blanc on reconnaît le coriDS dentelé.

Corps dentelé (Svnonymie : corps denté, ganglion du cervelet de Gall, corps ciliaire, corps rhomboïdal de Vieussens, olive cérébelleuse). — La coupe antéropostérieure (fîg. 172) le présente sous forme d'un anneau fermé; mais pour en avoir une idée complète, il faut pratiquer une coupe horizontale rasant la valvule de Vieussens et les pédoncules cérébelleux supérieurs (voy. Striict. du cervelet, fascic. n). On distingue alors dans chaque hémisphère, au sein de la substance blanche, un espace irrégulièrement ovoïde, limité par une lamelle dense, jaunâtre, plissée en feston ou en zig-zag, et figurant une bourse chiffonnée dont l'ouverture regarde en avant et en dedans. Elle a la plus grande analogie avec l'olive du bulbe. Le corps dentelé a 15 ou 20 mm. de long en sens sagittal ou même plus, sur 10 de largeur transversale et 12 en hauteur; ces chiffres sont d'ailleurs un peu variables. Son ouverture ou hile laisse passer des vaisseaux et des fibres nerveuses; il correspond aux angles latéraux du quatrième ventricule et au hile des lobes latéraux du cervelet.

Le volume du corps dentelé est proportionnel à celui des hémisphères cérébelleux, et comme ceux-ci atteignent chez l'homme leur maximum, c'est chez lui que ce ganglion est le plus développé. Plus on descend dans la série animale, plus il est simple. Chez le singe, ce n'est déjà plus qu'une bandelette arquée et non froncée ; il est fréquemment interrompu et décoloré chez le chien, réduit à une légère teinte grisâtre chez le chat, le cobaye.

Noyaux gris accessoires. — Nous les décrirons plus loin à propos de la structure du cervelet.

PÉDONCULES CÉRÉBELLEUX.

De la face inférieure du cervelet, au niveau de son échancrure antérieure ou hile, partent trois paires de prolongements dont l'ensemble a été comparé à un limaçon sortant de sa coquille. Tous, rétrécis à leur point d'émergence, s'élargissent et divergent pour se diriger les uns en avant ou mieux en haut, les autres transversalement sur le côté, les derniers en bas et en arrière; ce sont les pédoncules cérébelleux supérieurs, moyens et inférieurs. Ils mettent le cervelet en relation avec le cerveau, la protubérance et le bulbe (processus ou crura cerebelli ad testes, aut ad cerebrum, aut ad corpora quadrigemina — ad pontem — ad medullam oblongatam).

1» Pédoncules cérébelleux supérieurs. — Ces cordons un peu aplatis partent du centre médullaire du cervelet, au-dessus de l'origine des pédoncules Ultérieurs, et se dirigent presque verticalement en haut et un peu en avant, se

rapprochant de plus en plus l'un de l'autre, le long des bords supérieurs du quatrième ventricule ; puis ils s'engagent sous les tubercules quadrij . postérieurs sous lesquels ils semblent se perdre. Leur extrémité inférieure passe au-dessus du pédoncule inférieur qu'elle croise à sa sortie du cervelet; leur extrémité supérieure, large et mince, se croise avec celle du côté opposé sous les tubercules testes. Leur face antérieure (ou inférieure) est en partie adhérente à la protubérance et au pédoncule cérébral, en partie libre par sa moitié interne et appartient au toit ventriculaire. Leur face postérieure (ou supérieure), libre aussi, au moins en arrière, est recouverte par le cervelet. Le bord externe.

Péd. cérébr.

Sill. lai.

Ped. céréb. su'p- Péd. céréb. moy.

Péd. ceréb. inf.

Stries acoiist. -

Corps resiiforme

FiG. 173. — Pédoncules cérébelleux.

A gauche, les trois pédoncules sectionnés à leur entrée dans le cervelet ; à droite, leur pénétration dans l'hémisphère cérébelleux. On remarquera, sur ce dessin d'après nature, le développement insolite des barbes du calamus ou stries acoustiques sur le plancher du quatrième ventricule.

épais, est séparé de la protubérance par le sillon latéral de l'isthme. Le bord interne, mince, au contact de l'autre pédoncule en avant, en est séparé en arrière par la valvule de Vieussens.

2'' Pédoncules cérébelleux moyens. — Ce sont les plus volumineux. Destinés à la protubérance, ils descendent de la partie antérieure du cervelet et se dirigent en bas et en dedans à la rencontre l'un de l'autre, en formant un cordon aplati de haut en bas. Leur face inférieure, qui regarde aussi en dehors, est arrondie ; on y remarque les touffes du lobule du pneuuiogastrique et une gouttière oii aboutit le grand sillon circonférentiel du cervelet. La face supérieure, très courte, se perd dans le noyau blanc cérébelleux, au-dessus des autres pédoncules. Une ligne tirée de l'émergence du nerf trijumeau à celle du facial

[CIIARPV.]

NÉVROLOGIE.

marque It'iii- liinilc iiilV'rieiire; à ce niveau ils se confondent avec la prolul)érance annulaire.

:]" Pédoncules cérébelleux inférieurs. — Ces pédoncules cylindroïdes, destinés ail bulbe, se portent d'abord en bas et en avant à leur sortie du cervelet, puis s'indécliissent à angle droit en se dirigeant en bas et en dedans pour longer et i)order la partie inférieure du plancher ventriculaire et enfin se juxtaposent au V du cala mu s, point où ils se confondent avec les cordons postérieurs du bulbe. Leur face externe et supérieure est contournée par l'amygdale cérébelleuse;

Ped. cérébr.

Flocndus (pnemno.)

Plexus choroïde

Ped cucb moyen

Sill.civeonf

Acoust. fac.

Péd. cérébel. inf.

. Olive.

Fie. 174. — Pédoncules cérébelleux.

Les pcdonciiles cérébelleux inférieurs et moyens vus en place sur la face antérieure du bulbe et de la piotubérance.

au-dessous du coude elle est croisée par les stries acoustiques et par la ligula antérieure. Leur face profonde adhère au bulbe dans lequel elle épuise successivement ses fibres.

Quelques auteurs distinguent le pédoncule céréb. inférieur du corps restiforme ; d'autres emploient ces deux termes comme synonymes. Si l'on veut conserver une distinction, il faut fixer la limite au coude du pédoncule, coude marqué par un rétrécissement ou col et par les stries acoustiques ; tout ce qui est au-dessus du coude est le pédoncule céréb. inférieur; ce qui est au-dessous, c'est-à-dire le long du ventricule et continu avec le bulbe, est le corps restiforme.

QUATRIÈME VENTRICULE

I-,e quatrième ventricule (ventricule du cervelet de Galien, sinus rhoinijoïdal des Allemands) est une cavité située entre le bulbe, la protubérance et le cervelet. Ancienne cavité du cerveau postérieur et de Tarrière-cerveau, il fait

QUATRIEME VENTRICULE

suite au canal de répendyme de la moelle et se continue à son extrémité supérieure avec l'aqueduc de Sylvius, cavité du cerveau moyen.

Le quatrième ventricule est un espace losangique très aplati. Il mesure .3 cm. en longueur et 2 en largeur, sur les deux axes du losange. Sa direction est à pic, presque verticale; il est incliné de 10° seulement sur la ligne verticale qui passe en arrière de lui, en sorte que les termes de plancher et de voûte ou toit, employés pour désigner ses parois antérieure et postérieure, sont complètement inexacts chez l'homme et ne se justifient que chez les animaux.

Pour bien comprendre la constitution des parois ventriculaires, il est nécessaire de se reporter à leur développement embryologique. La troisième et dernière vésicule primitive du cerveau embryonnaire forme en se dédou-

1" stade. 2' stade.

FiG. 175. — Formation de la voûte du quatrième ventricule.

Dessins schématiques montrant deux stades successifs. La pie-mère en rouge.

blant deux vésicules secondaires, qui sont le cerveau postérieur et l'arrière-cerveau. Le cerveau postérieur donne par sa base très épaissie la protubérance annulaire, par ses parties latérales les pédoncules cérébelleux moyens, par sa voûte énormément accrue le cervelet tout entier. L'arrière-cerveau produit par sa base le bulbe, par ses côtés les corps restii'ormes; sa voûte au contraire reste inféconde, et c'est à peine si au-dessus de l'épithélium de la vésicule primordiale se forme une mince lamelle nerveuse (membrana tectoria). Malgré les progrès du développement, le cerveau postérieur et l'arrière-cerveau sont loin de se différencier l'un de l'autre aussi nettement que les autres parties de l'encéphale; ainsi le bulbe et le pont de Varole ne sont séparés que par un faible sillon, et cette distinction disparaît même chez les animaux qui n'ont pas de protubérance; la cavité élargie et aplatie de l'ancienne vésicule postérieure reste commune aux deux vésicules secondaires et devient le quatrième ventricule. Le quatrième ventricule appartient donc par sa moitié supérieure au cerveau postérieur (protubérance), par sa moitié inférieure à l'arrière-cerveau (bulbe); le point de jonction de ces deux moitiés est dilaté, loin d'être resserré.

A cette période fœtale reculée, le quatrième ventricule est d'une constitution simple et légulière. Son plancher uni est la paroi basale de la cavité vésiculaire; sa voûte en forme de tente est composée d'une partie antérieure très épaisse, le cervelet, ténue seulement en avant et en arrière au niveau de la valvule de Vieussens et de celle de Tarin, et d'une partie postérieure très mince, la lamelle nerveuse de la membrana tectoria que tapisse la piemère en dessus. Mais, dès les derniers mois de la vie fœtale, les changements suivants s'accomplissent dans la voûte : i' Le cervelet s'accroissant en arrière surplombe par son

[CHAnPY.]

NÉVROLCHilE.

v.Minis ix.-^liTioiir la voûlc moiiilnuncuse ot rorinc .lu-dcssus d'elle un second étape, sépare par la lenle cérébrale j)oslérieure; la pie-inère se trouve ainsi repliée et invaginée, et ses 'linix feuillels accolés, plus tard fusionnés, deviennent la toile clioroïdienne; 2° la ineml.mna lecloria (pii lormail la voûte membraneuse, s'atrophie et se résorbe dans sa partie «•iMilrale- il n'en reste que des lambeaux sur les bords (ligula), et là où elle a disparu la voûte n'est plus représentée que par l'épithélium à une seule couche, invisible à l'œil nu, qui tapisse la toile clioroïdienne; 3" la pie-mère elle-même finit par se résorber en certains points, crevant la voûte à son angle postérieur et a ses angles latéraux, et produisant le trou de Magcndie et les' trous de Luschka.

Nous décrirons successivement clans le quatrième ventricule la vovite, le plancher, les hords et les angles.

\" Voûte du quatrième ventricule. — La voûte ou toit, en réalité paroi postérieure chez l'homme debout, montre sur la coupe antéro-postérieure

Aqueduc Syl. Vieusscns et iingula

Prolub.

Noyau central

Bulbe

Tarin et nodulus

FiG. 176. — Quatrième ventricule.

Coupe antéro-postérieure, montrant la direction verticale de la cavité et la voûte en forme de tente.

comme sur la coupe transversale deux plans inclinés, convexes du côté de la cavité ; au centre, à la jonction des deux plans, la disposition est celle d'une lente à sommet angulaire, faîte ou angle de la tente. Les deux parties antérieure et postérieure sont bien différentes.

La partie antérieure, extrêmement épaisse, est constituée parle cervelet et les pédoncules céréb. supérieurs. Elle n'est amincie que tout à iait en avant et au milieu, où elle est représentée par la valvule de Vieussens que renforcent à peine les stries grises de la Iingula ; c'est là en effet une formation nerveuse avortée, à la jonction du cerveau moyen et du cerveau postérieur.

La partie postérieure, qui s'étend du sommet de la tente à la face postérieure du bulbe, présente deux étages supei'posés. L'étage inférieur qui est la voûte réelle, primordiale, est extrêmement mince ; il est formé sur la périphérie par des lamelles nerveuses atrophiées, la valvule de Tarin, la ligula, l'obex, au centre par l'épithélium épendymaire seul. L'étage supérieur, qui s'est établi

QUATRIEME VENTRICULE

ultérieurement par accroissement du cervelet en arrière, est épais; car ce sont le verrais postérieur, la luette et les amygdales, toutes masses cérébelleuses, qui le constituent. Entre ces deux plans, et les unissant entre eux, la pie-mère invaginée, en double feuillet, s'étale sous le nom de toile choroïdienne et se pelotonne au milieu autour d'un lacis vasculaire (plexus choroïdes).

Revenons à la voûte membraneuse, voûte vraie qui couvre la partie bulbaire du ventricule, et qu'on observera en relevant avec beaucoup de précaution la partie postérieure du cervelet. Dans toute sa partie centrale, elle a perdu tout caractère nerveux, elle est réduite à l'épithélium invisible qui tapisse la i'ace inférieure de la pie-mère et qu'on arrache en arrachant celle-ci ; dans sa partie médiane et inférieure, à la pointe du bulbe, elle n'existe même plus.

Valv. de; Tarin

Luette

Ligula post.

Ligula ant. [Corne d'abond.)

Lob. d. pneumo.

~ Plexus cl Mr.

Protub

Obex

Bulbe--

FiG. 177. — Les liaula.

Dessin d'après nature montrant sur la face postérieure du ventricule des restes nerveux ou ligula, taenia. Ces membranes nerveuses, désignées ici en bleu, sont de couleur blanche. — La pie-mère cjui les recouvrait n'est pas figurée.

car, par résorption de la pie-mère et de son épithélium, s'est formée une surface fenêtrée ou un trou véritable, trou de Magendie, qui fait communiquer la cavité du ventricule avec les espaces sous-arachnoïdiens extérieurs. A la partie antérieure, la voûte est représentée par une formation cérébelleuse rudimentaire, tout à fait comparable à la valvule de Vieussens, c'est la valvule de Tarin, lame blanche continue de droite à gauche, excavée de chaque côté en godets, recouverte au milieu par la substance grise du nodulus. Son bord libre marque le point de réflexion de la pie-mère et se continue avec l'épithélium de la voûte. Sur les parties latérales se voient d'autres formations nerveuses atrophiques, mais d'origine bulbaire. Recouvertes en dessus par la pie-mère, à travers laquelle on les aperçoit, adhérentes par leur bord externe aux bords du plancher ventriculaire, elles ont un bord interne libre et déchiqueté ; leur forme est celle de minces lamelles blanchâtres. Toutes sont variables dans leur présence, leur forme et leur étendue. Ce sont l'obex et la ligula.

Vobex ou verrou est une lamelle impaire et médiane, située à l'angle inférieur du qua-

ICHARPV.]

250 NÉVHOLOOIE.

IriiMiic vciiliiciilc. S,i [\>n\\r csl lri;iri^iilaii(\ deux do ses ('01^8 sont (ixos nu rcnnement oit cliiva (les pyramides iioslcricurcs tloiil ils (:oml)lciil l'écarlpinenl ; sa hase concave et libre ref;arde eu hinil. Il iiiaiu|ue parl'ois lolaleuient.

l.ii lifjula, ianpuelte, ou Lvnia, hniulelelle, ou ponliculus de llenle (le ponticulus d'Arnold et' de In plupart des nuleurs cMnnt le l'aisceau de fibres arciformes qu'on voit dans le Irou borgne du bulbe), est une membrane composée de deux feuillets coudés l'un sur l'autre ii angle droit, de là une liguln postérieure et une ligula antérieure.

La ligula poslérieurc, ([uadrangulaire, épaisse d'un demi-millimètre, longue de o mm. en moyenne, fait suite à l'nbex. Son bord externe est ndbérent nu bord du plnncber vcntriculaire; son bord interne, décbifiuelé, s'avance plus ou moins loin sur la ligne médiane à la rencontre de In liguln opposée, à Inquelle elle s'unit pnrfois en formnnt à elles deux une porte cintrée par-dessus le trou de lAIagendie. Elle est recouverte par In pie-mère qui contient à son niveau un petit plexus choroïde indépendnnt (Merkel).

l-n liguln antérieure est continue avec l'extrémité supérieure de In précédente, et, comme elle, elle est rubannée et cintrée; mais elle s'en dislingue par sa direction transversale. Au lieu d'être longitudinale dans sa ligne d'insertion et de s'étaler du côté interne, elle se porte horizontalement en dehors, croise In face externe du corps restiforme et atteint la ligne d'insertion du pneumogastrique et du glosso-pharyngien. Dans cette partie antérieure, en dehors et en nrrière de ces deux nerfs, la liguln forme la pnroi postérieure et inférieure du récessus venlriculnire dont nous parlerons plus loin, et engnine les plexus choroïdes (|ui sortent pnr l'orilice de ce récessus. Rnrement (2 fois sur 54, Hess) elle les enveloppe lolnlement et ferme par conséquent l'orifice; le plus souvent elle ne les couvre que partiellement, en bas et en nrrière; enfin dnns certnins cas, elle s'enroule en hélice autour de leur pédicule et laisse sortir de son cûne leur extrémité frnngée, disposition qui lui n fait donner le nom de corne d'abondance ou de corbeille de fleurs.

Outre la ligula, Hess signale une petite membrane assez constante, de 2 ii 3 mm., qui va nu lobule du pneumogastrique, parallèlement au bulbe.

Il est important de remnrquer que les termes liguln et tœnia ne sont pas pris par tous les auteurs dnns le même sens. Les uns confondent ces deux membranes nerveuses sous le nom comnmn de ligula, les autres sous celui de tœnia; d'nutres gardent le nom de tœnin pour un des feuillets et celui de ligula pour l'nutre. De même le terme de voile médullaire inférieur est nppliqué par les uns à la liguln, pnr d'autres au tœnin. On se rnppelle que le voile médullaire nntérieur est In valvule de Yieussens et le voile postérieur. In vnlvule de Tarin.

2'^ Plancher duquatrième ventricule. — Nous avons déjà fait observer que chez l'homme ce plancher est presque vertical, et représente en réalité une paroi antérieure. Il est tantôt long et étroit, tantôt court et large. Sa surface losangique est d'un gris cendré dû à la présence d'une couche grise générale sous-épendjanaire (lame cendrée, stratum cinereum) sur laquelle tranchent certaines parties plus blanches. La moitié supérieure du losange appartient à la protubérance, la moitié inférieure au bulbe.

On remarque sur le plancher :

Le .sillon médian, grand axe du losange qu'il parcourt dans toute sa longueur; à l'angle supérieur il se continue avec l'aqueduc de Sylvius, à l'angle inférietir avec le canal de l'épendyme, qui s'engage dans le bulbe très près de la face postérieure. Une dépression en cul-de-sac, ventricule (rArantius, placée en avant de l'obex, marque la jonction du sillon avec le canal épendymaire. La partie bulbaire ou inférieui*e du sillon médian est connue depuis Hérophile sous le nom de tige du calamus scriptorius (roseau à écrire); son extrémité inférieure en est le bec ou V, et les stries acoustiques transversales en sont les barbes.

De chaque côté du sillon médian court une bande longitudinale, saillante, le f'uniculus teres (cordon rond, eminentia medialis des Allemands). Il commence au bec du calamus par une extrémité blanche triangulaire (aile blanche interne), d'un blanc un peu grisâtre, qui tranche cependant sur les parties

QUATRIÈME VENTRICULE

voisines grises et déprimées; il s'efface en partie sur le milieu du losange, à cause des stries acoustiques qui le coupent à angle droit, et se renfle au-dessus d'elles en une saillie blanche arrondie, oblongue, parfois irrégulière, Veminentia teres {teres, ronde) qui correspond au noyau d'origine du moteur oc. externe ; un peu aminci, il atteint l'extrémité antérieure du plancher qu'il a parcouru dans toute sa longueur parallèlement à celui du côté opposé. Il disparaît sous les tubercules quadr. postérieurs. — Le funiculus teres est longé en dehors par le sillon limitant qui s'étend jusqu'à l'aqueduc de Sylvius et se déprime pour

Funiculus leres

Locus cie^'uteus

Péd. cér. sup.

Stries ascend.

■ Emin. teres

Foss. anlér.

Tuberc. acoust.

Aile bl. exf.

Aile bl. inl.

Corps restif.

Tige du ealam.

Aile grise

'Obex

FiG. 178. — Plancher du quatrième ventricule.

Topographie d'après nature. On ren^arquera le grand développement des stries ascendantes sur cette pièce.

fournir les fossettes antérieures et postérieures dont nous parlerons plus loin ; il sépare les noyaux moteurs qui sont en dedans, sous le funiculus teres, des noyaux sensitifs qui sont en dehors.

Les stries acoustiques ou barbes du calamus. Ce sont des faisceaux blancs en relief qui, partant de l'angle latéral, s'étendent transversalement sur le plancher, dont ils marquent la division en deux moitiés, et s'épanouissent en éventail dans le sillon médian ou du moins près de lui. On les prenait autrefois pour des racines du nerf auditif, mais elles n'ont aucun rapport avec ces racines qu'elles croisent ; on les suit en dehors jusqu'à la face externe du corps restiforme, et quand elles sont bien développées, jusqu'au cervelet, au voisinage du flocculus. Rien de plus variable que ces stries. Elles peuvent faire complète-

[CHARPY

252 NEVROLOGIE.

mont (lôlauL ou atleintlrc le chiffre de douze, être grêles ou volumineuses, parallèles ou croisées ; rarement celles de droite et de gauche sont semblables. Il on est une qui se distingue par son trajet oblique en haut et en dehors ou vertical ; elle est inconstante, presque toujours unique, ordinairement plus volumineuse à gauche, traversée quelquefois par les stries transversales ; c'est la strie asren'lfinlc ou oblique ou baguette (Vharmonie.

Étudions maintenant chaque triangle isolément.

1° Dans le triangle supérieur nous trouvons : le sillon médian, la partie supérieure du funiculus teres, dans ce funiculus et près de la base du triangle l'ominentia teres, les stries acoustiques les plus élevées, la baguette d'harmonie. En dehors de Feminentia teres, la partie supérieure saillante du tubercule aeoustique, une des origines du nerf auditif. Entre ce tubercule et Féminence, et un peu en avant, le sillon limitant se creuse en une dépression triangulaire : \a. fossette antérieure (fovea anterior), où Fon voit presque toujours ramper ou s'irradier en étoile une veine superficielle. — Tout à fait en haut et en dehors : une tache ou une traînée tantôt gris bleuâtre, tantôt brun sombre nommée le locus cœruleus, tache bleue, substance ferrugineuse, pi"ès des origines du trijumeau. On la suit plus ou moins facilement jusqu'à l'angle supérieur. Elle correspond à un groupe de cellules nerveuses très pigmentées, étendu sur une longueur de 4 à G mm. ; c'est cette tache noire qui, vue à travers la couche blanche superficielle, produit une teinte bleuâtre ; sur certains cerveaux on ne la distingue qu'après avoir gratté la couche la plus superficielle. Il est bon de savoir que quelques anatomistes, à l'exemple d'Arnold, ont appelé locus Cceruleus la fossette antérieure avec la veine bleue.

2° Le triangle inférieur ou bulbaire nous présente : le sillon médian, tige et bec du calamus et ventricule d'Arantius, — l'origine du funiculus teres, disposée en un triangle à base supérieure ou V du calamus, aile blanche interne, dite encore trigone de V hypoglosse, parce qu'elle correspond au noyau d'origine de ce nerf, — en dehors de Faile blanche, un second triangle qui diffère du premier par sa couleur gris foncé, sa surface déprimée et sa direction en sens inverse. Le sommet du triangle, plus excavé et plus foncé que le reste de la surface, regarde en haut, au niveau des stries acoustiques ; la base est tournée vers le boi'd inférieur du plancher; le grand côté est interne, l'angle externe est obtus. On appelle ce triangle Fai^e grise (synonymie : aile cendrée, fossette postérieure, fovea posterior, trigone des nerfs mixtes, à* cause de ses rapports avec Forigine de ces nerfs). Retzius a montré que la base de Faile grise est séparée du bord postérieur du plancher par un cordon blanc (funiculus separans) et par un Hséré de substance grise (area postrema). — Enfin, tout à fait en dehors, un troisième triangle, disposé comme le triangle interne et blanc comme lui, c'est Vaile blancfie externe, trigone acoustique (area acustica), qui correspond au nerf auditif. Cette aile blanche forme une saillie arrondie ; sa base, que limitent uniquement lés stries acoustiques, se continue sans démarcation avec une saillie plus renflée encore qu'on voit au-dessous et en dehors de Feminentia teres, au-dessus des stries acoustiques, saillie connue sous le nom de tubercule acoustique. Elle empiète donc sur la partie supérieure du plancher et se prolonge en dehors dans le pédoncule céréb. inférieur. Ces trois parties, l'aile blanche externe, le tubercule acoustique et son prolongement latéral, ne forment qu'une

QUATRIÈME VENTRICULE

Aqueduc

fiecessus

seule masse, un cordon arqué plus renflé à son coude ; il est tout entier du . domaine de l'acoustique.

En résumé, la moitié inférieure du plancher ventriculaire comprend deux triangles ou ailes blanches, séparés par un troisième triangle ou troisième aile, l'aile grise ; chacun d'eux correspond à l'origine d'un nerf crânien et acquiert ainsi l'importance d'un repère précieux.

Bords du ventricule. — Les quatre bords sont obliques comme les côtés du losange et légèrement curvilignes. Les bords supérieurs correspondent à la jonction des pédoncules cérébelleux supérieurs avec la protubérance. Les bords inférieurs longés par les pyramides postérieures et les corps restiformes sont au point de réunion du plancher et de la voûte (ligula postérieure et toile choroïdienne), le long du bord interne du corps restiforme sur lequel s'insère la ligula.

Angles du ventricule. — H y a quatre angles, un supérieur, un inférieur et deux latéraux. A l'angle supérieur, la cavité ventriculaire, large de 3 mm., se continue avec l'aqueduc de Sylvius qui aboutit plus haut au troisième ventricule ; le sillon médian du plancher se poursuit

Lui Ile

Sommet

FiG. 179. — Cavité du 4= ventricule.

INIoule d'après Welker. — Comparez avec la fig. 265.

Valv. deTarin

Recessus

Loh.d.pneum.

Bulbe

FiG. 180. — Recessus latéral du quatrième ventricule.

, Coupe transversale passant par le recessus, au niveau de la base du bulbe.

dans l'aqueduc en formant l'arête inférieure excavée de ce canal prismatique, sillon médian de l'aqueduc. L'angle inférieicr présente le débouché du canal épendymaire de la moelle, sur le plancher la fin du sillon médian ou bec du calamus, sur la voûte l'obex et au-dessus de lui un trou ovale ou une surface fenètrée, le trou de Magendie, dû à une résorption de la pie-mère et de l'épithélium sous-jacent. Par ce trou, véritable rupture du toit ventriculaire, le liquide de la cavité communique avec celui de l'extérieur.

254 NÉVROLOCHE.

Les angles latéraux sont remarqual)les par les prolongements creux qu'ils envoient en bas et en avant, et qui, sur les moules de la cavité, ont l'air de cornes ou d'appendices ; on leur donne le nom de recessus latéraux ou diverticules latéraux. Les recessus sont situés cà la jonction des deux moitiés du ventricule, mais appartiennent surtout à la moitié antérieure. Ils s'étendent derrière l'angle de rétlexion du corps restiforme et s'ouvrent sous l'arachnoïde par le trou de Luschka, situé à la jonction du cervelet et du bulbe, en dehors des racines des nerl's mixtes. Leur cavité est remplie par les plexus choroïdes latéraux, qui sortent en touffe à travers l'orifice extérieur.

Membrane ventriculaire. — La cavité est tapissée par une membrane lisse et polie, dense surtout à la face postérieure du |îulbe. Cette membrane, épen- <ltj)n(> du quatrième ventricule, se continue avec l'épendyme de la moelle et de l'aqueduc de Sylvius ; elle comprend, sur le plancher et la partie antérieure de la voûte, une couche d'épithélium cylindrique cilié et une couche névroglique, sur la partie postérieure de la voûte un simple épithélium plat que couvre la pie-mère.

Le quatrième ventricule renferme une très faible quantité de liquide céphalorachidien.

Sur le quatrième ventricule, voyez Retzius, qui en a donné une description minutieuse et (le nombreuses photographies dans son ouvrage : Das Menschenhirn, 1896.

§ IV. — PEDONCULES CEREBRAUX ET TUBERCULES QUADRIJUMEAUX

(cerveau moyen ou mésencéphale)

Nous décrirons successivement : les pédoncules cérébraux et les tubercules quadrijumeaux, base et voûte du cerveau moyen, puis l'aqueduc de Sylvius, cavité de ce même cerveau.

Pédoncules cérébraux. — Les pédoncules cérébraux sont deux troncs nerveux qui relient la protubérance annulaire au cerveau.

Leur direction est ascendante ; leur bord supérieur est presque vertical, leur bord inférieur oblique à 4o degrés. Ils reposent en avant sur la lame quadrilatère du sphénoïde et sur les bords de la selle turcique que garnit la dure-mère ; le bord concave de la tente du cervelet les entoure sur les côtés et en arrière, en sorte qu'ils occupent la plus grande partie du trou de Pacchioni, et passent de la loge inférieure ou cérébelleuse de la cavité crânienne à la grande loge supérieure ou cérébrale.

Leur forme est celle d'un cylindre aplati, de couleur blanche, à disposition fasciculée. Leur volume est proportionnel à celui du cerveau ; ils sont égaux de droite à gauche. Ils mesurent en longueur 18 mm. en dedans, 15 en dehors; en largeur 12 à 15 mm. à leur origine et 18 à 20 mm. à leur terminaison cérébrale ; en épaisseur 20 mm. — La coupe montre que ces tiges, d'aspect général arrondi, sont comprimées dans le sens de l'épaisseur et qu'on peut y distinguer quatre faces, qui sur leurs limites se fondent les unes dans les autres : une face inférieure et une face externe, toutes deux libres, une face supérieure conventionnelle confondue avec les tubercules quadrijumeaux, une face interne

PEDONCULES CEREBRAUX.

qui dans sa moitié supérieure est unie à celle du côté opposé et n'est libre et appai-ente à l'extérieur que dans sa partie basse.

1" Face inférieure. — Cette face est aussi bien antérieure qu'inférieure. Elle est convexe, d'un blanc mat, et se compose de faisceaux séparés par des stries où se voient de gros trous vasculaires. Ces faisceaux sont parallèles ; quelque-

Tige ^3'(7in7.

Tuber

Tub. mamiU.

SiU basil

Bourr. j^yi'

Faisc. obliq

Band. optiq

Péd. céréb.

N. trijuin.

Pyr. ani.

FiG. 181. — Protubérance annulaire, bulbe et pédoncules cérébraux.

Tace antérieure (d'après Hirschfeld).

fois deux sillons plus profonds délimitent trois groupes qui correspondent à des systèmes distincts de fibres conductrices.

Comprimé à sa naissance, le pédoncule s'élargit en éventail dont la base pénètre dans le cerveau ; en même temps il se dirige en dehors, en avant et en haut, de telle sorte que les deux pédoncules sont divergents et interceptent MnÎTe eux un angle qui est de 80' entre leurs bords internes et de 90'^ entre ^eurs bords externes. La limite postérieure de l'éventail pédonculaire, du côté delà moelle, est marquée par le sillon 'protubérantiel supérieur, et la limite antérieure, vers le cerveau, par la bandelette optique sous laquelle le pédoncule disparaît.

[CHARPV.]

■X iA Protub.

-—42i Trijum.

256 NÉVROLOGIE.

2» Face interne. — Cette face n'est libre que dans une petite étendue, visible extérieurenicat sur la Jiase du cerveau; partout ailleurs elle est fusionnée sur la ligne médiane avec celle du côté opposé.

La partie libre de cette face, faiblement arrondie, est divisée en deux étages par un sillon antéro-postérieur, remarquable par sa couleur noirâtre qu'il doit à la présence du locus niger et par l'émergence du nerf moteur oculaire commun : delà son nom de sillon du moteur oc. commun. Les racines de ce nerf, disposées en série fasciculée et dirigées d'abord en arrière et en dedans, s'unissent bientôt en un seul

Corps qen. int. Couche opl. ■ i ■ •• i

. . - tronc qui décrit un de-

Tuh.quad.p. ^.g^^ nii-tour d'héllce autovir

— v^sî^wA Pé'^- céréb. de ses faisceaux d'ori-

\ J^<''w#™ \ gme, en contournant le

^^^^^» ji pédoncule, et prend son

"^^ 3^ '^"^ '-" ^^^^ ■^""'- trajet définitif en sens

antéro-postérieur. Il est fréquent de voir une racine latérale émerger très en dehors au milieu des fibres du pép. car. moy. (Joncule, séparée des autres racines par un vaisseau ; elle rejoint Olive pjyg Q^^ moins loin le

tronc commun. L'étage sous-jacent au sillon du mot. commun est fascicule comme la face inférieure qu'il continue et '•I termine ; l'étage supé-

FiG. 182. — Pédoncules cérébraux; face latérale. rieur est occupé par la

Les pédoncules cérébelleux supérieurs et les pédoncules cérébraux séparés ^, i „.„,^„^ t^ûvF/->vÔo mio par le sillon latéral de l'isthme. Le triangle de Reil en bleu. SUiDStance pei 101 ee que

nous décrirons plus loin.

30 Face externe. — La face externe, que recouvre la cinquième circonvolution temporale et que contournent le nerf pathétique ainsi que des vaisseaux, est, elle aussi, divisée en deux étages d'égale hauteur par un sillon longitudinal, le sillon latéral de Visthme, percé en avant de trous vasculaires et livrant passage à des fibres blanches ascendantes. Ce sillon a une étendue de la mm. ; il commence en arrière dans le domaine du cerveau postérieur, où il sépare le pédoncule cérébelleux moyen du pédoncule cérébelleux supérieur, tandis qu'en avant il est creusé sur la face du pédoncule cérébral et se termine en arrière du corps genouillé interne ; ces deux parties du sillon sont réunies par un coude.

Dans cette portion antérieure, que seule nous considérons ici, on a donc à distinguer deux étages. L'étage inférieur ou ventral est la continuation de la face inférieure du pédoncule et garde sa structure fasciculée. L'étage supérieur ou dorsal est un espace triangulaire, dont la base est dans le sillon latéral et le sommet regarde en haut; le côté postérieur croise obliquement le pédoncule cérébelleux

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