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DEVELOPPEMENT DE LA MOELLE

la libre radiculaire postérieure ; la totalité des fibres radiculaires issues d'un ganglion abordent la moelle, accolées en un faisceau qui est la racine postérieure, dorsale ou sensitive d'un nerf cérébro-spinal (fîg. 2, Rp). Ces fibres, entrées dans la moelle, se bifurquent en deux brandies qui deviennent longitudinales, et constituent un petit cordon longitudinal qui se délimite de mieux en mieux et s'agrandit de plus en plus; c'est le faisceau ovale, rudiment du cordon postérieur de la substance blanche (fîg. 9, fo).

Entre le lieu de sortie des racines antérieures et le point d'entrée des racines postérieures règne une étroite bande de myélosponge renfermant quelques fibres longitudinales ; plus tard on voit s'y ajouter des fibrilles qui partent de la corne grise antérieure ; cette bande est le rudiment des cordons latéraux de la substance blanche.

En somme, chez les embryons humains de la 4'^ semaine, les parties constituantes primitives du tube nerveux et en particulier de la moelle sont :

1" En fait d'ébauches cellulaires : la plaque interne, formée principalement de cellules dirigées radialement (spongioblastes épend3'maires) ; — la couche engainante du manteau, ou substance grise proprement dite, formée de cellules nerveuses (dynamoneures et zygoneures) et de spongioblastes névrogliques, et décomposable anatomiquement en une corne antérieure, une corne postérieure, et un segment intermédiaire reliant les deux cornes.

2° En fait de formations fibrillaires : la racine antérieure issue des dynamoneures ou cellules motrices de la corne antérieure ; — la racine postérieure, fournie par les esthésioneures superficiels ou ganglionnaires avec le faisceau ovale ou ébauche du cordon postérieur; — la formation arquée, la commissure antérieure, le rudiment du cordon antérieur, et les premières traces du cordon latéral, dus les uns et les autres à des cellules motrices ou à des cellules de cordon.

§ 3. — DÉVELOPPEMExNT DE LA MOELLE.

A. Développement anatomique. — Des deux parties de l'axe nerveux, la moelle est celle qui conserve la forme la plus voisine de l'état primitif. Elle demeure en effet un cordon cylindroïde, renflé en deux endroits, là où naissent les nerfs des membres supérieur et inférieur; il y a donc un renflement supérieur ou cervical, correspondant à la partie inférieure du cou, et unren/ïement inférieur ou lombaire, situé dans la région des lombes.

Extérieurement, les seuls changements qu'a éprouvés la moelle consistent dans l'apparition, sur la ligne médiane de ses faces antérieure et postérieure, d'un sillon profond, le sillon antérieur ou ventral et le sillon postérieur ou dorsal. La formation du premier est due au puissant développement qu'ont pris à droite et à gauche de la ligne médiane les cornes antérieures, qui proéminent de plus en plus en soulevant la couche de substance blanche qui les recouvre; de là une dépression, qui, avec le temps, devient plus profonde et plus étroite et se transforme finalement en un sillon. La genèse du sillon postéi-ieur se fait par un mécanisme tout différent, du reste encore mal connu ; ce sillon parait résulter de l'oblitération de la partie dorsale du canal épendymaire ; il correspondrait à la suture des bords de ce canal.

[PREXAA'T.]

Les rapports de la moelle se modifient beaucoup avec Tàge. Cet organe ne s'allonge pas aussi rapidement que le reste du corps et particulièrement que le canal vertébral dans lequel il est situé.

De là une sorte d'ascension de la moelle à l'intérieur du canal racbidien, et un déplacement apparent de son extrémité inférieure. L'extrémité de la moelle, qui primitivement correspondait à la terminaison même de la portion caudale de la colonne vertébrale, arrive de la sorte à se trouver en rapport avec la troisième vertèbre lombaire à la fin de la vie fœtale. Le mouvement ascensionnel débute alors que la colonne vertébrale commence à se développer plus rapidement, c'est-à-dire cliez l'embryon du quatrième mois. Cette ascension amène un allongement progressif et une inclinaison des racines nerveuses destinées à fournir les nerfs du membre inférieur; ces racines, qui sont très longues, deviennent en même temps très obliques, presque parallèles à l'axe de la moelle, au lieu de s'en détacher à peu près perpendiculairement, comme c'était le cas auparavant et ainsi que cela a persisté dans les autres régions médullaires ; le puissant faisceau de nerfs ainsi formé prend, en raison de son aspect, le nom de « queue de cheval » .

Ce qui montre bien qu'il ne s'agit pas d'une ascension réelle de la moelle, c'est que celle-ci persiste dans toutes les régions, coccygienne, sacrée et lombaire qu'elle paraît au premier abord avoir abandonnées; mais elle persiste, atrophiée ou plutôt arrêtée dans son développement, ou bien encore profondément déformée. C'est ainsi que l'extrémité la plus reculée du tube médullaire, logée dans la portion terminale de la queue, oii elle est adhérente à l'ectoderme et ne s'en est d'ailleurs jamais séparée, se transforme en une vésicule épithéliale de forme irrégulière que l'on a nommée vestige sacro-coccygien de la moelle et qui peut être le point de départ de diverses tumeurs. Depuis cet endroit, en remontant jusqu'à la terminaison de la moelle proprement dite, l'axe nerveux est représenté par un filum terminale, dont la ténuité msntre, par contraste avec le reste de la moelle, combien cette région est demeurée rudimentaire. La moelle se continue graduellement avec le fd terminal en s'atténuant en une pointe, le cône médullaire .

Les changements survenus dans l'intérieur de la moelle nous occuperont dans un instant. Nous pouvons dire déjà qu'ils consistent essentiellement dans l'augmentation en épaisseur toujours croissante de la paroi cellulaire et fibrillaire du tube médullaire, c'est-à-dire de la substance grise et de la substance blanche. Par contre la cavité se réduit toujours davantage, d'une façon relative au diamètre que prend la moelle. Cette réduction est due aussi à ce que toute la portion dorsale du canal épendymaire s'efface, par soudure des bords du canal, la partie ventrale persistant seule ; il y a donc également une diminution absolue de la cavité médullaire. Nous verrons que dans le cerveau il en est autrement et que le canal épendymaire se dilate énormément dans la plupart des régions cérébrales, pour donner lieu à des cavités spacieuses appelées ventricules cérébraux. Dans la moelle, le canal de l'épendyme n'acquiert un calibre un peu considérable que dans la région du cône médullaire ; il existe là une dilatation de ce canal que l'on appelle le ventricicle terminal ou ventricule de Krause.

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