LOBE OU CIRCONVOLUTION DU CORPS CALLEUX
Le lobe du corps calleux (gyrus cinguli, circonvolution du corps calleux), ou par abréviation le lobe calleux, entoure le corps calleux qui lui est concentrique. Il est réduit à une seule circonvolution, qui présente cette particularité
s. intral. L'
Se. s. -front. L
Pli fr. limb.
S. sus-orb.
S. access.
Band. diag. Incis. arquée
FiG. 226. — Origine du lobe calleux C et carrefour de riiémisphère.
La surface du carrefour est teintée en rose. L'incisure arquée est dédoublée sur ce cerveau.
de passer au-dessous de deux autres lobes, du lobe frontal et du lobe pariétal, et d'aboutir à la limite du lobe occipital.
Cette circonvolution C, est limitée en dessus par la scissure sous-frontale ou calloso-marginale, et à partir du lobe pariétal, par le sillon sous-pariétal ; ce dernier n'est souvent qu'une incisure et la sépare si imparfaitement du lobule quadrilatère de P ' que Rolando réunissait le lobe calleux et ce lobule sous le nom de circonvolution crêtée, par analogie avec une crête de coc[. En dessous, la limite est nettement tracée par le sillon du corps calleux, dont la circonvolution forme la lèvre ou paroi supérieure (fig. 231).
Le lobe calleux naît en avant du bec du corps calleux par une languette étroite et courte, pli de passage qui l'unit avec la première frontale; puis, suivant un trajet arqué, contourne successivement le genou, la partie moyenne et le bourrelet du corps calleux, et sous ce bourrelet, s'unit à la circonvolution de l'hippocampe T'. Le point de jonction est un pont étroit, large de 5 mm. à peine, appelé quelquefois isthme, et qui est un véritable pli de passage ; c'est sur lui que finit en encoche la scissure calcarine, plus exactement la branche
CIRCONVOLUTIONS CEREBRALES.
commune de la calcarine et de l'occipitale interne. — L'isthme est le pli tem- 'poro-limbique de Broca. Il est constant, mais souvent profond, petit, lisse, effilé à sa partie antérieure et partiellement recouvert par le lobule lingual.
La surface de la circonvolution, c'est-à-dire sa face interne, est en général simple. On y rencontre parfois des sillons, parallèles à la direction générale, notamment le sillon intra-limbiqice qui semble la dédoubler, et plus souvent des incisures transversales ou étoilées, dont un certain nombre paraissent être des nervures vasculaires. Elle possède aussi une face inférieure très étroite qui surplombe le corps calleux en formant le toit de son sillon ou ventricule ; cette face est en rapport avec l'artère cérébrale antérieure qui n'y marque pourtant aucune empreinte, et avec les prolongements du corps godronné décrits sous le nom de tractus gris de Lancisi. L'écorce cérébrale au fond du sillon calleux se termine, en apparence du moins, d'une façon simple, en biseau que rase horizontalement le plan transversal du corps calleux.
LOBE LIMBiaUE
Tous les cerveaux de mammifères, y compris l'homme, qu'ils aient ou non des circonvolutions, présentent à la face interne de l'hémisphère, autour du corps calleux, un anneau cortical distinct affecté en principe à l'organe de l'olfaction. Cet anneau fermé en arrière parait ouvert en avant, mais là aussi il est complété par l'union de son extrémité supérieure avec la racine interne du pédoncule olfactif, de son extrémité inférieure avec la racine externe. Broca, dans un de ses plus mémorables travaux (1878), en a donné une étude approfondie; il l'a appelé lobe limbique, parce qu'il forme le limbe ou limite de la cavité générale de l'hémisphère, du hile de la vésicule hémisphérique.
Etudié chez un animal osmatique (chien, loutre, renard), c'est-à-dire doué d'une olfaction puissante, l'appareil olfactif, cérébral, est composé de deux parties, du lobe olfactif qui correspond à notre bulbe olfactif, et du lobe
limbique. Le lobe olfactif est attaché à ^°'"' '^i'^hique Arc sup.
un volumineux pérfo«fiit/e, qui, par deux racines olfactives externe et interne, véritables circonvolutions, se soude aux extrémités du lobe limbique; d'oii l'aspect d'une raquette, dont le lobe olfactif est le manche, et le lobe limbique le cercle.
Le lobe limbique est circonscrit en dedans, sur son bord interne et concave, par le sillon de l'hippocampe et le sillon du corps calleux qui sont les deux moitiés du sillon d'Ammon embryonnaire; en dehors, sur son bord externe convexe, par la scissure limbique, scissure profonde qui sépare la circonvolution d'avec le lobe pariétal et le lobe frontal, les
seuls qui existent chez les non primates. Cette scissure n'est pas continue, des plis de passage la coupent, surtout le pli fronto-limbique, qui isole un tronçon antérieur ou scissure sous-frontale. Dans le lobe lui-même, on peut topographiquement distinguer deux parties ou arcs, un arc supérieur ou sus-calleux, qui entoure le bourrelet, la face supérieure et le genou du corps calleux; un arc inférieur ou sous-calleux, ou lobe de l'hippocampe, qui répond à la face inférieure du corps calleux et à la partie latérale de la fente de Bichat. Ces deux arcs, séparés en avant par un écartement que comblent les racines divergentes du pédoncule olfactif, sont continus en arrière; tout au plus, un pli de passage rélro-limbique, profond ou superficiel suivant l'animal considéré, situé au niveau du bourrelet du corps calleux, indique-t-il le point de la séparation future.
Ce vaste appareil, qui occupe sur la face inférieure et sur la face interne du cerveau une place considérable, est tout entier affecté à l'olfaction chez les animaux osmatiques,
FiG
Arc înf
Pédonc. Lobe olf.
Schéma du lobe limbique.
Type en raquette.
[CHARPY.\
NEVROLOGIE.
Rolando
.Lobe olf.
Lobe hipp. Sylvius
Se. s. pariéi.
8c. limb.
S. crue.
pour (jui rodorat est le sens capital, que détrônera plus tard le sens de la vue chez les mamniilères supérieurs.
Chez les animaux anosrnatiques, à odorat peu ou pas développé, tels que sont les cétacés et les singes, le lobe limbique s'atrophie dans certaines de ses parties, se transforme dans d'autres, et surtout ses deux arcs se dissocient. Considérons l'homme, que l'on ne peut dire anosmatlcjuc au sens littéral du mot, mais qui est au moins microi^matique (Tnvner). Nous reconnaissons chez lui l'ancien lobe limbique à cette circonvolution qui entoure le corps calleux et va par ses deux extrémités aboutir à l'espace perforé antérieur, où là aussi son ouverture est fermée par les grêles racines de l'olfactif. Cette circonvolution, Foville l'appelait circonvolution de l'ourlet; Gerdy, cire, annulaire; Arnold, gyrus fornicatus. Seulement nous l'avons dissociée; nous avons décrit son arc supérieur comme lobe
du corps calleux, son arc P^ (sagiltale) S. crucial inférieur comme circonvo-
lution de l'hippocampe T^; les deux arcs sont toujours continus en arrière, mais non pas à plein jet et seulement par un pli de passage étroit, Visthme, qu'entaille plus ou moins profondément la scissure calcarine. La limite interne n'a pas changé, c'est toujours le sillon de l'hippocampe et le sillon du corps calleux. La limite externe, lascissurelimbique, n'existe plus sous ce nom et dans sa forme typique; elle est coupée en tron(;ons dont chacun est rattaché à un lobe voisin, mais on peut sans peine la reconstituer malgré ces interruptions; on la retrouvera dans la scissure sous-frontale, le sillon sous-pariétal, le quatrième sillon temporal l''-, qui est constant et profond, enfin le sillon limbique temporal.
Les deux circonvolutions du lobe ont divorcé anatomiquement, et physiologiquement elles ont changé de fonction, et c'est cette adaptation à un autre travail, inconnu d'ailleurs, il faut bien le dire, qui a empêché ou amoindri leur atrophie. Ainsi la circonvolution du corps calleux, arc supérieur, est restée volumineuse et plissée chez les cétacés dont l'appareil olfactif est atrophié et la racine interne nulle; chez l'homme, elle semble, comme nous 'avons vu, devoir être absorbée par le lobe frontal. Seule son extrémité antérieure, qui reçoit des origines olfactives au niveau du carrefour, est peut-être encore un centre cortical de l'olfaction, La circonvolution de l'hippocampe 7"*, n'est plus qu'une partie du lobe temporal, et là encore on ne peut plus chercher de centres olfactifs que dans son extrémité antérieure ou lobule de l'hippocampe, et dans les formations anmioniennes et godronnées de son bord interne. Les deux extrémités de l'anneau limbique seraient donc seules restées olfactives.
On a objecté à la magistrale description de Broca d'être incomplète, par omission d'un autre anneau cortical olfactif, et de comporter une appellation inexacte. M. Duval, considérant le corps godronné comme une circonvolution véritable et rappelant que certains animaux possèdent des circonvolutions sous-calleuses, pense qu'il existe un second limbe, concentrique au premier, le vrai limbe de la cavité hémisphérique, représenté par le corps
Se. limb.
PUJr. limb.
-Se. s.fr.