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L. olf

Lobe hipp.

FiG. 228. — Lobe limbique du chien : faces externe et interne. Type d'un cerveau de Carnivore.

Le lobe limbique et le lobe olfaclif sont ombrés. Le lobe frontal est teinté en rose, le gyrus sigmoïde en bleu.

CiRCOiWOLUTIONS CÉRÉBRALES. 331

godronné et le trigone cérébral; là serait le lobe limbique réel, et la scissure limbique devrait être cherchée dans le sillon de l'hippocampe.

Cette manière de voir soulève deux objections : d'abord, elle suppose que la circonvolution du corps calleux ne se continue pas avec celle de l'hippocampe, ce qui est pourtant indéniable, ensuite elle fait terminer le corps godronné sous le corps calleux au lieu de le prolonger sur cette commissure par les nerfs de Lancisi.

Au même moment Schwalbe, pour les mêmes raisons, distinguait dans sa Névrologie deux lobes limbiques concentriques : un lobe limbique externe, qui n'est autre que celui de Broca, et un lobe limbique interne, constitué par le corps godronné, le trigone cérébral et le septum lucidum.

Giacomini admet lui aussi un second limbe autour du grand limbe de Broca. Ce limbe intérieur est représenté par le corps godronné, la fasciola cinerea avec les circonvolutions ou éminences sous-calleuses, et les nerfs de Lancisi qui passent sur le corps calleux, toutes parties qui sont continues, arquées, et s'étendent du lobule de l'hippocampe à l'espace perforé antérieur, comme le grand lobe limbique lui-même.

Zuckerkandl reconnaît dans l'appareil olfactif une disposition intermédiaire entre celles qu'ont indiquées Schwalbe et Giacomini. 11 y a, suivant lui, trois cercles concentriques : le plus extérieur est le grand lobe limbique de Broca (circonvolutions de l'hippocampe et du corps calleux, auxquelles il ajoute les circonvolutions sous-calleuses des animaux, rudimentaires chez l'homme); le second est Yarc marginal externe, qui comprend le corps godronné et les nerfs de Lancisi, et qui passe par conséquent au-dessus du corps calleux; le troisième est Varc marginal interne, que forment la limbria, le trigone cérébral et le pédoncule du septum lucidum, et qui est situé sous le corps calleux.

Enfln plus récemment, Trolard et Bole ont soutenu des opinions à peu près analogues, Nous reviendrons d'ailleurs sur ces questions à propos des origines olfactives.

Quelle conclusion tirer de ce rapide exposé? Broca, malgré ces objections qu'il connaissait, a maintenu son nom et sa description du lobe limbique, et tous les auteurs étrangers que j'ai cités ont fait comme lui. Cette question ne touche d'ailleurs qu'indirectement l'anatomie de l'homme et des primates chez lesquels on ne décrit pas un lobe limbique, mais un lobe du corps calleux et Une circonvolution de l'hippocampe; elle l'intéresse toutefois pour la dérivation et la comparaison des parties analogues. Mais qu'il s'agisse d'un lobe limbique typique (osmatiques) ou transformé (anosmatiques), il n'y a rien à changer ni à la terminologie ni à la conception de Broca. Le mot lobe limbique a un sens acquis et précis qui désigne un organe déterminé; y toucher serait produire la confusion. D'autre part, ce mot lobe ne peut vraiment s'appliquer qu'aux grandes circonvolutions qui entourent le corps calleux et non à ces productions atténuées, même chez les osmatiques, qui sont les nerfs de Lancisi et le corps godronné. Il reste seulement entendu qu'il existe, en dedans du grand limbe de l'hémisphère, un limbe cortical secondaire représenté par la formation godronnée.

Voy. sur la question du lobe limbique : Broca, Le grand lobe limbique, Bévue d'anthropologie, 1878. — ScinvALBE, Neurologie, 1881. — Giacomini, Fascia dentata du grand hippocampe. Archives italiennes de Biologie, 1884. — Zuckerkandl, Das Riechcentrum, 1887, et Das Riechbundel des Ammonshornes in Anatom. Anzeiger, 1888. — Trolard, Appareil central de l'olfaction, 1889. — Bole, Le lobe limbique, thèse de Lille, 1893.

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