‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 101 sur 194 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

STRUCTURE DU TRONG CÉRÉRRAL

Le tronc cérébral est la partie des centres nerveux qui est intermédiaire à la moelle et au cerveau proprement dit, et qui contient les origines des nerfs crâniens, le premier ou olfactif excepté. Il comprend donc le bulbe, la protubérance avec le cervelet, le pédoncule cérébral et la couche optique, c'est-à-dire Tarrière-cerveau, le cerveau postérieur, le cerveau moyen et le cerveau intermédiaire. En deçà est la moelle, au delà l'hémisphère. Toutefois, pour la clarté de l'exposition, nous rattacherons la couche optique au cerveau et nous ne suivrons, pour le moment, les faisceaux nerveux que jusqu'à leur entrée dans la base de l'encéphale, au-dessous de la couche optique.

Il est d'usage, dans nos auteurs classiques, d'adopter pour la description un ordre topographique ; on étudie une série de coupes transversales successives, depuis le collet du bulbe jusqu'à l'extrémité du pédoncule cérébral. Cette méthode, excellente pour un ouvrage de laboratoire, a de grands inconvénients pour l'enseignement ; les élèves ne peuvent se repérer et superposer exactement les coupes l'une sur l'autre ; ils n'ont ni l'image, ni la mémoire de la continuité des organes. Aussi suivrons-nous l'ordre de l'anatomie descriptive, étudiant la substance blanche et la substance grise dans leur continuité de la moelle au cerveau, et nous nous bornerons à donner à la fin, sous forme de résumé d'anatomie topographique, les régions typiques du tronc cérébral vues en coupes transversales.

Les grandes difficultés que comporte l'étude de cette partie des centres nerveux tiennent à trois causes : au changement dans la disposition des éléments constitutifs de la moelle, à l'introduction d'éléments nouveaux (faisceaux de substance blanche, masses grises ganglionnaires), enfin à l'énorme accroissement des éléments cérébelleux.

Nous passerons successivement en revue :

1° la continuité de la substance grise motrice et sensitive ;

2° les origines des dix derniers nerfs crâniens ;

3° les voies centrales des nerfs moteurs ;

4° les voies centrales des nerfs sensitifs;

0" les origines et voies centrales des nerfs olfactif et optique ;

6" les voies cérébelleuses;

7° les voies d'association et la substance grise ganglionnaire.

Auparavant il est nécessaire d'indiquer les couches constitutives du tronc cérébral et de définir les termes qui les désignent.

Une coupe verticale antéro-postérieure nous montre d'arrière en avant quatre couches ou régions superposées :

STRUCTURE DU TRONC CÉRÉBRAL

1" F,ii arrière et en hiiut, la voùle du qualriéiiie venlriciile réiluilc ù l'ôlal d'obex, de ligula et d'épithéliuiii é|)p,iidyiuaire, toutes formations atrophiques que nous avonsdéjà décrites ; jilus haut, le cervelel et la valvule de Vieusseus, puis les tubercules quadrijuiueaux et la couche opti([ue avec réi)ithcliuni ilc la voûte du troisième ventricule.

2° Au-dessous de cette région dorsale, les cavités centrales, quatrième ventricule, af[ueduc de Sylvius, ventricule moyen.

3° Au-dessous des cavités ventriculaires, la masse nerveuse, ])leino et subdivisée en deux étages, l'étage jjostérieui'ou dorsal ( r appeions-nousque le ti'onc cérébral est [)resque vertical), apiielé courammiMit la caloLle ;

4" L'étage antérieur ou ventral, ou basai, <iue nous ap|)ellerons le ])ied ou la base.

Le terme de calotte (tegnœntuni) a d'abord été ap|iliqué exclusivemenl à

r. upt.

Triijoiie

Pied pi'donc.

Prnhih

7'. saisit. .

2S,"i. — Réj{i()il ilu ti'Diic ri'ii'Ijral.

Le pied en l'ouge. la calotte en bleu. — Le l'aisceau pyramidal d'après nature, le faisceau sensitif (ruban de Heil) seliématisé. — La coupe est médiane au-dessus des cavit('s ventriculaires ; au-dessous, elle est un [jcu latérale pour permettre de voir le passage des faisceaux.

l'étage dorsal du pédoncule cérébral (voy. p. iîO'J) ; mais, avec h'orel, on l'élend aujourd'hui à toute la partie postérieure du tronc cérébral. La calotte s'étend donc depuis le bec du calainus sous le quatrième \ entricule jusqu'à la couche optique ; elle comprend une partie du bulbe, toule la pnrtie postérieure sousventriculaire de la protubérance el du pédoncule cérébral, cl la région sousoptique. ]'Ai arrière, elle est nettement limitée, au milieu du moins, par les cavités ventriculaires; en avant, sa limite est également assez nette, et constituée j)ar la face postérieure des pyramides, les libres transversales les plus

NÉVROLOGIE

profondes du pont de Varole et le locus niger de Sœmmering. Dans toute son étendue, la région sous-optique exceptée, elle contient : 1° la formation réticulée, disposition en mailles de la substance nerveuse ; 2° les origines ou terminaisons des dix derniers nerfs crâniens ; seul des onze nerfs du tronc cérébral, le nerf optique a ses centres ganglionnaires dans la voûte du tronc cérébral, au-dessus des cavités centrales, c'est-à-dire dans les tubercules quadrijumeaux et la concile optique ; 3' les voies sensitives.

La parh'e ventrale est aussi simple que la calotte est compliquée. Toute sa face antérieure est superficielle et libre. Dans le pédoncule cérébral, elle a été désignéesous le nomde pied, et comme pour celui de calotte, ce terme, à cause de sa commodité, s'applique aussi à l'étage antérieur de la protubérance. Ce n'est qu'un lieu de passage pour les faisceaux nerveux et ceux-ci appartiennent essentiellement aux voies motrices. Ces faisceaux sont longitudinaux; ils sont croisés par des fibres transversales extérieures qui sont les fibres arciformes externes du bulbe, les fibres protubérantielles, et dans le pied du pédoncule, le tœnia pontis et le tractus pédonculaire transverse.

On peut dire que la calotte est un cliamp de substance grise traversé par des faisceaux blancs, tandis que le pied est un champ de substance blanche parsemée de quelques noyaux gris.

Page 1