‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 102 sur 194 · CONTINUITÉ DE LA SUBSTANCE GRISE MOTRICE ET SENSITIVE · texte numérisé non relu

CONTINUITÉ DE LA SUBSTANCE GRISE MOTRICE ET SENSITIVE

i" Substance grise motrice. - Dans la moelle épinière, c'est la portion ventrale de la substance grise qui est motrice, celle qui est en avant du canal de l'épendyme. Les cellules motrices se groupent en deux chaînes ou colonnes qui occupent la tête de la corne antérieure et sont placées l'une en dedans, l'autre en dehors, groupes ou colonnes interne et externe ou latéral ; le reste de la corne et notamment sa base contiennent des cellules disséminées, la corne latérale exceptée, qui sont surtout des cellules de cordon et très accessoirement des cellules radiculaires. Les racines antérieures sortent de ces deux groupes.

A partir du quatrième ou du cinquième nerf cervical, il se fait une disjonction anatomique et fonctionnelle. Le groupe interne est réservé aux racines antérieures motrices des quatre premiers nerfs cervicaux, tandis que la plupart des cellules du groupe externe ou latéral sont affectées aux origines du nerf spinal. Il en est ainsi jusqu'à l'extrémité supérieure de la moelle.

Enfin dans le tronc cérébral, la séparation et la fragmentation des deux colonnes sont complètes. Le croisement des pyramides a pour elfetde décapiter la corne antérieure ; la base se confond avec la substance grise des cavités ventriculaires, la tête isolée est refendue en sens longitudinal et laisse ses deux groupes cellulaires se poursuivre indépendamment. Ainsi la colonne cellulaire interne et la colonne cellulaire externe ne sont plus ni rattachées entre elles, ni rattachées à la base de la corne. La colonne interne (groupe antéro-interne de la moelle), fragmentée en trois tronçons, donne successivement le noyau du grand hypoglosse, celui du moteur oculaire externe, et les deux noj'aux con-

SrRUCTlIRE DU TRONC CÉRÉBRAL

Mot, CODI.

tinus du pathétique et du moteur oculaire coiniuun.lous nerfs i\ui sortent près de la ligne médiane. La colonne externe (groupe externe ou latéral de la moelle), divisée elle aussi en trois segments, présente de bas en haut le novau ambigu, origine du spinal bulbaire, du pneumo-gastriipie et du glosso-pharvngien, le noyau dul'acial et celui du trijumeau moteur (nerf maslicaleur) ; tousces nerfs émergent sur les parties latérahvs.

La substance motrice de la moelb' finit en pointe à l'extrémité antérieure de l'aqueduc de Sylviusetpar consé(pieiit du cerveau nmven. C'esten décrivant les origines des nerfs crâniens que nous exposerons la structure des dillerents noyaux cellulaires.

La dislocation de la corne aniérieure ne se borne pas à l'isolement de ses deux colonnes cellulaires ; ou en trouve encore deux aut]'es |)ortions bien moins importantes et la corne est par suite divisée eu quatre tronçons ou segments. De ces deux portions, limitées au bulbe, la première est le reste de la corne antérieure, petite traînée cellulaire qu'on voit au niveau de l'cMitrecroisement sensitif dans le champ latéral, en dehors du faisceau fondanKMiial antérieur; ce reste atteint à peine l'extrémité inférieure de l'olive ; à ce niveau la parolive interne

le remplace ; il représente peut-être la base de la corne aniérieure de la moelle. Le second fragment est le noyau du cordon latéral ou noijua latéral du bulbe.

Ce noyau occupe l'épaisseur du faisceau latéral du bulbe, et s'étend àj)euprès sur la hauteur de l'olive, saufqu'il commence et (initun peu j)lus ])as. D'abord arrondi, puis disposé en un feuillet qui peut être arqué ou même divisé en deux parties, il se prolonge en dedans jusqu'à la parolive externe. Les cellules (|ui le constituent sont rondes ou anguleuses, de moyenne grosseur. D'après Véjas etBechterew, il envoie des fibres au cerveletpar le corps restiforme, libres qui s'adjoignent à celles de Goll ou de Burdach ; Kœiliker pense qu'il reçoit au contraire des fibres cérébelleuses descendantes par la voie de l'olive bulbaire et qu'il unit ainsi le cervelet à la moelle. Ce dernier auteur considère ce noyau comme étant en partie un reste de la portion latérale de la corne antérieure, en partie une formation nouvelle.

Vlfr. 28G.

— Continuation de la suljstance grise motrice de la moelle dans le tronc cérébral.

Séparation en deux chaînes ou colonnes, correspondant aux groupes homonymes de la moelle et constituant les origines des nerfs crâniens moteurs.

NÉVROLOGIE

2° Substance grise sensitive du tronc cérébral. — Dans la moelle, la partie grise sensitive, celle dont les cellules reçoivent les fibres terminales ou collatérales des racines postérieures et les continuent à leur tour vers le cerveau, est représentée par la moitié postérieure de l'axe gris ou corne postérieure, et surtout par la tète de cette corne. Dans le tronc cérébral, la substance grise sensitive est plus profondément transformée que la substance motrice. Trois faits saillants se produisent : lo l'isolement de la tête de la corne postérieure, 2" la formation des noyaux de Goll et de Burdach, aux dépens de la base de cette même corne, 3" l'apparition de noyaux sensitifs indépendants.

1» Isolement de la tète de la corne postérieure. — Dès le commencement du bulbe, immédiatement au-dessus du plan de l'entrecroisement pyramidal, la corne postérieure est décapitée par le passage des cordons postérieurs qui se dirigent en avant pour subir dans le rapbé le croisement dit sensilif. La tête isolée se continue presque sans changement sous forme decolonne volumineuse, arrondie, entourée de sa substance de Rolando. On la suit jusqu'au niveau de l'émergence du trijumeau, c'est-à-dire jusque vers le tiers supérieur de la protubérance ; à ce niveau, elle présente un renflement terminal, appelé noyau sensitif de la cinquième paire. Mais en réalité toute la colonne est un noyau sensitif terminal, affecté au trijumeau sensitif dont elle reçoit la longue branche descendante ou spinale, de même que dans la moelle elle recevait les branches de bifurcation des racines postérieures et notamment leurs branches descendantes. Elle contient des cellules nerveuses grandes et petites, beaucoup de névroglie et de fines fibres nerveuses, les unes longitudinales, les autres transversales.

Dans la partie inférieure du bulbe, la tête affleure la surface ; elle est couverte d'une mince couche médullaire et fait saillie extérieurement sous le nom de tnhercule cendré de Rolando.

2" Formation des noyaux de Goll et de Burdach. — En même temps que la corne postérieure est spécialement réservée aux fibres du trijumeau, il se produit sur la face postérieure de la base de cette même corne deux excroissances, deux cornes accessoires, destinées à suppléer la corne principale, et à recevoir la terminaison des cordons postérieurs. Ces deux excroissances se dirigent d'avant en arrière dans l'épaisseur des faisceaux de Burdach et de Goll ; elles portent le nom de noyau de Burdach et de noyau de Goll. Les deux noyaux commencent au niveau du croisement des pyramides, par conséquent au collet du bulbe, et finissent à quelques millimètres au-dessus du bec du calamus ; le noyau de Goll commence et finit un peu plus bas que l'autre. En avant, ils sont toujours rattachés par un pédicule à la base de la corne postérieure ; en arrière, ils sont toujours séparés de l'extérieur par une couche blanche d'épaisseur variable suivant le point considéré. Sur les bords du plancher ventriculaire, ils sont progressivement rejetés en dehors par l'écartement des branches du V et l'arrivée sur la ligne médiane des noyaux de l'hypoglosse et des nerfs mixtes.

Le noyau de Goll (noyau du cordon grêle, noyau postpyramidal, clava) a une forme de massue; un mince pédicule le relie à la base delà corne. Son plus grand développement correspond à la saillie que nous avons décrite près du V du calamus, sous le nom de clava (massue) ou de pyramide postérieure

STRUCTURR DU TRONC CÉRÉBRAL

(v, p. 271). Il csl coiii|)()S('' d'îlols (le libres cl de (■(■lliil(>s assez rrgiiiK'TCinciil répartis; les cellules (>xternes sdiii, les plus grosses et sont destinées aux voies cérébelleuses.

Le noyau de Burdach (noyau cunéiri)ruie) est pyrifornie, atlacbé à la corne |)oslérieure |»ar un large pédicu le ; il atteint son plus grand développement en dehors di^ laidava,dans le reiiflenieiit (|ue nous avons désigné, avec Seliwalbe, du nom di> lubercule ciDiéiformc (p. '212). Il est composé d'amas de cellules nerveuses séparés par de gros paquets de fibres.

Uluniunau .'i ilislingin/ dans le iieyau ilr Uiinlacli deux parties : une partie interne [noyau interne île Burdach ) qui ruiiteriiie des cellules plutôt petites, de 23 à 40 fi et un petit nombre de grosses cellules ; une partie externe ou noyau externe, composé de vastes cellules multipolaires de 50 a 80 p, et engagé par son extrémité supérieure ou téte dans le corps restil'orme. Les deux noyaux de Burdach sont séparés par les fibres ascendantes du faisceau de même nom et reliés entre eux par des ponts de substance grise.

On ne confomlra pas le noyau externe de Burdach avec le noyau ou ganylion resli- /b/'we, amas do cellules nerveuses qui semble le continuer plus haut, au milieu des fibres du corps restil'orme ou à leur péripliérie ; ni avec le noyau accessoire inconstant qu'on voit isolé dans le cordon postérieur en dehors du noyau principal et qu'on a appelé aussi noyau externe.

L'est parmi les cellules des noyaux de Goll et de I5urda(di que les cordons postérieurs viennent se terminer et déployer leurs arborisations. Quant aux cylindre-axes des cellules, leur destination est double. Les libres des noyaux externes, à grandes cellules, de Goll et de lîurdach vont au cervelet par la voie du corps restiforme ou pédoncule cérébelleux inférieur, ainsi que le montrent les atropliies et les dégénérations ; les libres des noyaux internes à petites cellules vont au cerveau et constituent la voie centrale sensitive ou ruban de lieil.

3' Apparition de noyaux sensitifs indépendants. — Tout le long du tronc cérébral se montrent des colonnes ou îles amas de substance grise destinés ù recevoir la terniinaisou des nei'fs crâniens sensitifs, cl qui, dans la forme hautement dilTérenciée du bulbi^et de la |>rolubérance ( hez les vertébrés supérieurs, ont perdu toute analogie avecuue corne postérieure. Ce sont : le nt»3'au de l'aile grise, pour les nei'fs glosso-pharyngien et ])neumo-gastrique, la bandelette solitaire pour ces mêmes nerfs et le nerf de Wrisberg, les nombreux noyaux acousti(jues, el le novau île la branche ascendante du trijumeau.

§ 2. — ORIt^.IXKS DES DIX OERNIRRS NERFS CRANTEXS

Les nerfs crâniens naissent de l'encéphale et sortent par les' Irons de la base du crâne, tandis que les nerfs rnchidiOiS naissent de la moelle et sortent par les trous d(^ cmijugaison.

Classification. — Il v a -Il ])air(>s rachidiennes. il n'y a que 11' paii'cs crâniennes. Willis, dans son Anatoiiiie dnccrvcnu ( lOlii), avait distingué dix paires crâniennes, et sa classilication a été conservée longtemps par les auteui-s anglais. Sœmmering(l788) en reconnut douze, dont les six premiers seulement concordent avec ceux de \\'illis, ainsi qiui le montre le tableau suivant :

474 NÉVROLOGIE

CLASSIFIC. CLASSIF.

DE WILLIS NERFS CRANIENS DE SŒMMERING

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