Nerf grand hypoglosse
10 ... . Nerf sous-occipital on 1"" cervical. Dans les deux séries on compte, comme pour les nerfs rachidiens, de haut en
Fig. 287. — Origine apparente des nerfs crâniens à, la base de l'encéphale. D'après Hirschfeld.
bas, c'est-à-dire dans l'ordre d'origine à partir du point le, plus élevé ; le premier nerf est celui qui naît le plus haut et ainsi de suite; on est toutefois
STRUCTURE DU TRONC CEREBRAL
obligi'ilo suivre un ordre un peu con ven I iniuicl , car le facial et. l'audilif naissent sur la même ligne transvei'sah' et le s|iinal {il") descend lieuucoup plus i)as ([ue l'hypoglosse (12'^). Siemmcring a rejeté dans les nerfs rachidiens le nerf sous-occipital, devenu le iircmier cervical, et séparé le facial de l'auditif. I^a huitième paire de Willis a été dédouhh'O et a fourni trois nerfs ([ni se suivent par ordre alphabétique (glosso-phar\ iigien, pneunm-gastrique et spinal) et se succèdent sur une même ligne d'émergence. Ce dédoublement n'est pcut-èti-e pas au fond suffisamment jusl ilié, car ces trois nerfs, comme nous le verrons, ont le même noyau niDlcur d'origine, les mômes noyaux sensitifs lermiiwnix; mais il est incontestablement comuuide.
Quoi ([u'il en soit, laclassiiicalion de SoMumerin^ a depuis longtemps prévalu, sans avoir même subi aucune modilicalion ; celle de U'illis n'est plus ipi'un souvenir. Ilécemment Sapolini aci'u devoir considérer h' iieiT intermédiaire de Wrisberg, qui naît entre le facial et l'auditif, comme un lUM-fà part dont il a fait le treizième nerf cérébral; mais il est, pour li' mnmenl. plus simjile de le regarder comme une dé[)endanci' du nerf l'ai-ial, dont il ligure la porlioii sensitive.
Origine embryologique. — Cliai unc des cin(| vésicules (pii com|)Osenl |>riinilivement lecerveau total est rori^ine d'une ou de plusieurs paires nerveuses (|ui s(^ répartissent de la fai;on siiivanie :
Cerveau antérieur (hémisphère) .... Nerf olfactif.
Cerveau intermédiaire (couches opliijues) . Nerf optique.
t Nerf moteur commun.
Cerveau moyen (pédoncules (éiébraiix) . ; ,. ,, ...
^' i Aerl pathétique.
l Nerf trijumeau.
\ Nerf moteur oc. exiei ne.
Cei'vcau postérieur (protubérance annul.) ' Nerffici il
' Nerf at oustii|ue.
i N. glosso-pharyngien.
* N. i)neumo-gaslri(nie.
.Vrrière-cerveau (bulbe) ■( nt • i
^ N. spinal.
N. bvpoglosse.
Les limites ne sont pas absolues; c'est ainsi (pie le nei'f aconsliiiue est à cheval sur le territoire du cerveau iiostérieur et sur celui du bulbe, le s|)iiial sur celui du bulbe et sur celui de la moelle.
Disposition générale. — Vm principe b^s muTs crâniens sont les homologues des nerfs rachidiens ; ils ont C(jmme eux une double racine antérieure et postérieure, et sortent par des trous comparables aux trous interiransversaires ; ils ont une disposition métaméri(iue, c'est-à-dire ipie chaque paire est alTectée à un segment transversal du corps. Mais l'a|)i)lication de cette loi générale rencontre les plus grandes diflicultés ; la moelle se inodihe profondément à son passage dans le bulbe et la protubérance ; le nombre et la position des vertèbres crâniennes ne sont pas nettement déterminés, et les nerfs crâniens |)rimitivemenl simples ont jierdn, soit par fusion, soi! |)ar dissociation, leur régularilc originelle. Nous exposerons plus tard la ipic-lion de la mélamcrie des nerfs encé-
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phaliques et de leur assimilation aux paires rachidiennes. Pour le moment, nous indiquerons seulement les affinités qui unissent leurs origines, soit à l'état embryonnaire, soit dans l'état définitif.
1» Disposition embryonnaire. — His et Kœlliker ont montré que les origines des nerfs crâniens et rachidiens sensitifs ont lieu e?i dehors des centres, dans les ganglions spinaux, qui d'abord situés en arrière de l'axe cérébro-spinal et près de la ligne médiane, s'écartent peu à peu et se placent en avant. Les ganglions de Gasser, géniculé, pétreux, jugulaire, de Scarpa, représentent dans le crâne les ganglions rachidiens ; ils ont la même origine et la même structure. Les nerh moteurs dans la moelle et dans le cerveau ont leur origine en dedans de ces centres ; ils naissent de la moitié antérieure ou ventrale du canal médullaire, sur deux colonnes, l'une interne ou médiane, Tautre externe ou latérale. Dans la moelle, la colonne cellulaire médiane est le groupe antéro-interne des cellules motrices, la colonne latérale est le groupe antéro- externe ; les racines
Fig. 288. — Disposition embryonnaire fies nerfs crâniens. t)'après His.
Colonnes médioventrale et dorsolatérale. Les petits cercles représentent l'émergence
des racines.
motrices nées de ces deux chaines se réunissent dans le sillon collatéral antérieur et sortent en même temps, elles n'ont qu'une émergence. Dans la région cervicale supérieure, les racines commencent à se dissocier; les racines motrices médianes continuent à sortir par le sillon collatéral antérieur et constituent les premiers nerfs cervicaux, tandis que les racines latérales qui forment le spinal se dirigent en dehors et en arrière et viennent émerger près des racines sensitives. A partir du bulbe, la dissociation ne porte plus seulement sur les racines motrices, elle affecte aussi leurs colonnes cellulaires d'origine. La colonne médiane ou interne, colonne antéro-interne de la moelle, devient le noyau d'origine, de bas en haut, de l'hypoglosse, du moteur oc. externe, du pathétique et du moteur oc. commun; la colonne latérale, prolongée sous forme du noyau ambigu, est la source du spinal, de la portion motrice du pneumogastrique et glosso-pharyngien ; elle émet encore le facial et la portion motrice du trijumeau. 11 importe de remarquer que non seulement la corne antérieure de la moelle s'est dissociée, niais qu'à partir de la protubérance, chacune des
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deux colonnes est (lisconlinue, seyincnici' (mi noyaux isolés (|ui sont le moteur externe, le facial, le trijumeau moteur, et |)his haut la rangée continue du pathétique et du moteur commun.
Si donc nous partons de la moelle dorsale, qui nous présente la forme sim- |)le d'une corne antérieure ù une seule colonne cellulaire, nous observons de bas eu haut cette complication croissante dans sa jtorlion moti ice :
Moelle cervicale inférieure : une seule corne à dmix colonnes, une seule émerçence.
Moelle cervicale supérieure : une seule corne à deux colonnes, deux émergences (spinal).
Bulbe : deux colonnes distinctes mais continues, deux émergences.
Protubérance : deux colonnes discontinues, deux émergences.
Ïj origine apparente ou émergence des nerfs crâniens se fait aussi sur deux lignes, une ligne interne ou médiane qui comprend les nerfs moteurs de la colonne interne, une ligne externe (}ui est atfectée non seulement aux nerfs moteurs de la colonne latérale, mais encore aux nerfs sensitifs, et le long de laquelle s'échelonnent, de haut en bas, le trijumeau, le facial, l'auditif, les nerfs mixtes et le spinal. En outre toutes ces émergences ont lieu sur la face antérieure ou ventrale du cerveau, ce qui concorde avec la position des trous de sortie qui sont situés à la base du crâne; une seule exception a lieu pour le pathétique dont l'émergence présente cette double [larticularilé d'être tout à fait dorsale, sui- la ligne médiane du cerveau moyen, et com[)létement croisée.
i" Disposition définitive. — Les nerfs crâniens sont moteurs, sensitifs ou mixtes.
Les nerfs moteurs naissent de la substance grise motrice du bulbe, de la protubérance, des pédoncules cérébraux, substance (jue Stilling et Schrœder van der Kolk ont depuis longtemps reconnue chez l'adulte comme la continuation de la corne antérieure de la moelle, t'ette substance grise motrice est segmeniéeen masses distinctes, dites noyaux moteurs; les noyaux sont constitués essentiellement par un assemblage de cellules radiculaires dont le cylindre-axe devient fibre delà racine du nerf moteur. La disposition est donc identique à celle de la moelle.
Les nerfs sensitifs ont pcmr )W)iaux d'origines des ganglions en tout semblables auxgauglions rachidiens, c'est-à-dire àcellules primitivement bipolaires, plus tard unipolaires à libre en T. Ces ganglions sont le ganglion de Casser [)Our le trijumeau, le ganglion pétreux ou d'Andersch pour le glosso-pharyngien, les ganglions jugulaire et i»l('xiforme pour le pneumo-gastrique, le ganglion géniculé pour le nerf de Wrisberg (jui est accolé au facial. La branche |iéri[)hérique du ganglion est celle (jui vient des organes ; la branche centrale, étenilue entre le ganglion et le cerveau, est identiijue à la ra( ine ]iostérieure des nerfs rachidiens, Comme celle-ci, elle aboutit dans la substance cérébi'ale à un noyau, terminal, assemblage de cellules nerveuses, autour des(]uelles la racine finit librement; ces cellules, comparables àcelles de la corne postérieure, conduisent à leur tour vers le cerveau les impressions (|u'elles ont reçues du nerf péri{)héri(jue. Les noyaux Icrniinaux sensitifs pcuveul être considérés comme le prolongement cérébral tle la corne postérieure; ils sont fragmentés.
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comme les noyaux moteurs, et le même nerf crânien peut tivoir plusieurs noyaux terminaux.
La disposition des racines sensitives au point de leur terminaison est analogue à celle des racines postérieures rachidiennes. Elles se bifurquent en branches ascendante et descendante, et émettent des collatérales à terminaison arborisée. Seulement cette forme typique se modifie sur plusieurs nerfs. Tandis que dans les racines rachidiennes, la branche descendante est très courte, l'ascendante très longue, c'est la disposition inverse qu'on observe dans les racines
Fig. 289. — Les nerfs crâniens vus par la l'ace postérieure du tronc cérébral.
D'après Merkel.
crâniennes. Ainsi le trijumeau, les nerfs glosso-pharyngien et pneumo-gastrique, et le nerf acoustirjue, ont une branche descendante très longue et très forte, tandis que, le trijumeau excepté, leur branche ascendante est courte, presque horizontale et à fibres disséminées.
Les nerfs sensoriels, olfactif, optique et acoustique sont construits sur le même plan que les nerfs de sensiljilité générale, mais avec des modifications profondes dans le dispositif de détail. Le nerf olfactif n'a pas de ganglions ; ses cellules d'origines sont complètement périphériques, intercalées dans la muqueuse olfactive, et sa racine postérieure est représentée par les nerfs olfactifs qui vont de la pituitaire au bulbe ethmoïdal ; celui-ci équivaut au noyau
Ti-ij. {Casser)
- Wrisb. (G. (jén.) Acoust. [Scnrpa) 01. pli- {Atwlersch) Pn. g. {G. jilex.)
terminal. F^e nerf optique est dans le même cas : ses cellules soni dans la rétine, seulement elles y sont réunies et non plus dispersées, et forment une couche continue, un ganglion étalé ; comme il y a plusieurs couches cellulaires superposées et articulées entre elles, les racines postérieures n'existent que virtuellement, sous forme de cylindre-axes très courts; le nerfopti(|ue est déjà une voie centrale et non un nei f périjdu'i ique. En fin le nerf acousti([ue présente la forme la ])lus simple. Son ganglion est dans l'intérieur de l'oreille, et sa racine postérieure s'étend depuis l'aqueduc de Fallope jusqu'au hiilhe; en etfet sa hranche cochléaire traverse le ganglion spiral ou deCorti qui occupe la hase du limaçon, et sa hranche veslibulair-e, le ganglion de Scarpaqui est au fond du conduit auditii' interne. Ces deux ganglions ne sont pas seulement remarquables par leur éloignement du centre et leur ])ro\imih'' de la surface sensitive, mais encore |iar la forme bi|)oIaire de leurs cellules adultes; ce douhie caractère les l'approche des formes primordiales qu'on observe chez les vertébrés les plus inférieurs et chez les invertébrés.
Les nerfs mixtes se comportent en tous points comme les nerfs moteurs et les nerfs sensilifs crâniens, ou comme les nerfs rachidiens complets. D'ailleurs, les nerfs sensoriels mis ;i pari, il n'existe dans les nerfs crâniens <jue des nerfs moteurs et des nerfs mixtes.
Topographie des noyaux d'origine et de terminaison. — La figure ci-jointe (f. 291) a pourl)ul de monirer les rajiports ([ui existent entre les origines des nerfs crâniens et la surface extérieure du tronc cérébral, bulbe, protubérance et pédoncule. Le lecteur voudra bien se reporter à la description délaillée (pie nous avons donnée du ]ilancher du quatrième ventricule, à la page 2UT.
On remanpiera que les novaux d'origine des nerfs moteurs sont disposés sur deux colonnes, une médiane et une latérale, suites des colon nés cellulaires interne et externe de la moelle ; en bleu sont figurés les noyaux de terminaison des nerfs sensitifs, qui occupent la partie externe du plancher, tandis que les origines motrices sont confinées dans la partie centrale. L'aile grise correspond à la double origine, motrice et sensitive, des nerfs mixtes, glosso-pharyngien et pneumogastrique ; l'aile blanche interne aitparticnl à riiypoglossc, l'émi-
— I)is|Misilioii si'liL'iiiaUqnc ncrls sonsilil's.
fies
Leurs canprlions, leurs racines et les branches ascendante et descendante de ces racines.
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neiitia teres au uioteur oc externe, l'aile blanche externe à Tacoustique et au trijumeau. 11 ne faut point croire que tous ces noyaux sont superficiels, qu'ils affleurent le plancher; les noyaux moteurs du spinal, du pneumo-gastrique et du glosso-pharyngien, le noyau du facial, ceux du trijumeau moteur et sensitif, et enfin autour de l'aqueduc de Sylvius, les noyaux du pathétique et du moteur oculaire commun, sont tous profonds, à plusieurs millimètres de distance de la surface libre dont ils sont séparés par des faisceaux de fibres ou par des groupes cellulaires mal définis. Ils ne seraient donc pas atteints
par une lésion superficielle. Au contraire les noyaux moteurs de l'hypoglosse et du moteur oc. externe, les noyaux sensitifs des nerfs mixtes et deux des noyaux acoustiques sont tout à fait superficiels.
Je ferai encore observer que tous les noyaux de terminaison sensitive ne sont pas représentés dans ce dessin qui eût été trop compliqué. 11 y manque des noyaux acoustiques et quelques origines accessoires.
Nous décrirons les nerfs crâniens de bas en haut, du dernier au premier, afin de les rattacher plus aisément à la moelle qui nous est connue. Une première étude compren-
Fig. 291. — Topographie des noyaur des nerfs crâniens sur ^^"'^'i^^ P^" pl^é-
le plancher du 4" ventricule. rique, de leur émergence
Les noyaux moteurs en rouge ; les noyaux sensitiFs en bleu OU origine apparente à (comp. avec fig. 192). , . . , ,,
leur origine réelle ; une
seconde, leurs voies centrales, c'est-à-dire les faisceaux encore mal connus qui relient les noyauxautomatiques des nerfs avec le cerveau conscient et volontaire.
Sur les nerfs crâniens en général, l'olfactif et l'optique exceptés, consulter : Mathias Diival, Recherches sur l'origine réelle des nerfs crâniens. Journal de VAnatoynie, 1876 à 1880 ; — Schwalbe, Neurologie, 1881 ; — His, Die Entwickelung der ersten Nervenbahnen, Arch. f. Anat., 1887; — Held, Die Eniigungsweise der sensiblen Nerven in Gehirn, Arch. f. Anatomie, 1892; — Â'œiii/cer^ Gewebelehre, 1893; — Cramer, Reitrage zur feineren Anatomie der MeduUa oblongata... 1894.
N. mixtes {sens.) Pn. g.
Hyp.
Spin. biilb.
Sp. méd.
STRUCTURE DU TRONC CÉRÉBRAL
Voyez aussi les traités gonéraux de Bcchtcveiv, Edlngcr, v. Gelmcliten, Obersteincr.