II. - PORTION SENSITIVE DE LA 7 PAIRE — NERF INTERMÉDIAIRE DE WRISBERG
On appelle ainsi un cordon nerveux de petit volume, inlerinédiaire coninie situation entre l'auditif et le facial, et ({ui s'étend de l'éniergonce bulbaire de ces deux nerfs au ganglion géniculé du facial.
Sa signification est restée longtemps douteuse. .\ idiisicurs reprises les anatomistes et les [)hysiologistes l'avaient considéré comme la portion sensitive du nerf facial, mais sans preuve précise, alors que Duval, en raison de ses origines centrales, le rattachait au glosso-pbaryngien dont il représentait une partie délachée ou aberrante. Une série de recherches, dont les premières remontent à Sapolini (t88i{), ont établi définitivement qu'il est l'équivalent d'une racine postérieure rachidienne; il est la racine postérieure du facial, dont le ganglion est
Figure schéni»ti([ue.
le rianriiwn gciiiciilc. Kn elîet ce petit ganglion qu'on voit accolé au tronc du facial, à son coude dans l'aqueduc, présente une origine indépendante et émet une double expansion, une centrale qui se dirige vers le bulbe, une périphérique qui se dirige vers l'extérieur. Il contient chez l'homme et chez les animaux des cellulesnerveuses primitivement bipolaires, plus tard unipolaires à cylindre-axe en T, tout comme un ganglion rachidien, le ganglion de Casser, le ganglion d'Andersh ou le ganglion jugulaire. La branche externe ou périphéri(|ue de la libre nerveuse passe dans la corde du lyin[)an, la branche interne ou centrale
NÉVROLOGIE
gagne le tronc cérébral. C'est cette branche centrale ou l'ensemble des branches centrales qui, véritable racine postérieure issue du ganglion, constitue le nerf de Wrisberg, nerf enibryologiquement et physiologiquement centripète.
Que deviennent les branches périphériques au delà du ganglion ? Elles passent dans la corde du tympan, dont elles sont sans doute les fibres sensorielles gustatives ; mais la corde du tympan ne contient-elle pas d'autres fibres, issues du facial, notamment les fibres sécrétoires? c'est un point encore en discussion, sur lequel nous n'avons pas à nous arrêter ici.
Revenons à la branche centrale afférente, au nerf de Wrisberg. Il pénètre dans le bulbe par la fossette latérale, et dissocié en fascicules, dans son trajet intra-médullaire, suit tantôt le facial et tantôt l'acoustique, se dirige comme eux en arrière et en dedans, en traversant la racine descendante du trijumeau, ou bien il passe entre cette racine et la branche vestibulaire de l'acoustique, et arrive à la partie dorsale et supérieure du bulbe.
Le noyau terminal du nerf de Wi-isberg est le même que celui du glosso-pharyngien. Seulement, tandis que Duval faisait aboutir le nerf au noyau dorsal ou noyau de l'aile grise du nerf de la neuvième paire, il paraît acquis, par les observations de His et de Kœlliker, que la terminaison a lieu dans l'autre noyau, dans celui du faisceau solilaire. Ce fait n'implique d'ailleurs ni identité anatomique, ni identité physiologique entre les deux nerfs. La colonne de cellules nerveuses du faisceau solitaire reçoit les terminaisons de trois nerfs dilTérents : en bas du pneumo-gastrique dont la racine postérieure émane du ganglion jugulaire ; au milieu et dans son plus grand territoire, celle du glosso-pharyngien qui vient du ganglion d'Andersch ; enfin à son extrémité supérieure celle du nerf intermédiaire qui arrive du ganglion géniculé. Toutes trois apportent ou peuvent apporter des impressions sensitives fort différentes, et les cellules du faisceau solitaire ne sont que des agents de transmission qui conduisent ces impressions au cerveau.
Voy. Sapolini, Journal de médecine de Bruxelles, 1884. — Les études de Sapolini sont des études macroscopiques, qui ont traita l'anatomie comparée. L'auteur a cru suivre une racine descendante jusque dans le cordon de Goll. Pour lui, le nerf de Wrisberg n'est pas la portion sensitive du facial, c'est un nerf indépendant, le treizième nerf cérébral.