III. — NERF MOTEUR OCULAIRE COMMUN. — 3- paire
Le nerf moteur oculaire commun est un nerf e.fclusivemeni, moteur qui se distribue à tous les muscles de l'œil, excepté au grand oblique, innervé par le pathétique, et au droit externe, innervé parle nerf moteur oculaire externe. Comme le nerf pithétique, il appartient au cerveau moyen. Ces deux nerfs ainsi que le moteur externe font défaut, eux et leurs nny.uix d'origine, chez la taupe, animal à peu près aveugle (Gudden).
Noyau d'origine. — Son noijaa d'origine est situé au niveau des tubercules
Aqueduc T. qii. aiit.
Fig. 307. — Origine du Nerf moteur oc. commun. Coupe (lu pédoncule cérébi-al, passant par les Tub. quadr. antérieurs.
quadrijumeaux antérieurs. Il est près du raphé, par conséquent très rapproché du noyau opposé, en avant de l'aqueduc de Sylvius et dans le plancher de sa substance grise, en arrière et en dedans du faisceau longitudinal postérieur
STRUCTURE DU TRONC CKIVKBIÎAL 313
l('(|U('l csl roi'hMiii'ii I |)i>m' le rr(T\ ni r. Sun cxl riMii 1 1 ('.' su jMTirii l'c ci iitcs-
pDiidà la commissure blanche postérieure, un [)eu en arriére d'elle. Son extrémité inférieure est tangi^ite au plan de sé|)aration des tubercules qu. antérieurs d'avec les post(''ri(uirs ; elle se continue pres(|ui> sans démai'catiou avec le noN'au ilu palliéti(| ue,(|ii I se dis! i n l: ne d'ai I leu rs par s(>s faibles dimensions! ran s versa les. I.a cou|ie du imyau a l i rurmi' d'un I rlan^le éqii i lali'iM I a base supérieure ; les lieux iit)yau\ di'oil el nauchc se Inuclienl |)ar le bord interm,' de leur Iriaiiylequi est occup!' par le ra|)lii'', el s(>ml)leii 1 s'enfoncer en coin entre lesfaisceaux I. postérieurs.
Le noyau du muleur comniiin mesure. "i miu.de long-, si l'on ne tient compte (|ue du nos aii pniici|);il, ,i signilical inn mronlesti'e, et |() mm. si un \ joint les iiOi'aux an liTieii is découverts récemmeiil, donl la nature raduu Lu re n'est d'ailleurs pas démunlrée. Sa largeur es I de i mm. Il c(mliiMit de nombreuses cellules muUi|)olaires, de taille moyenne, un peu muins grosses que celles du palbéti(|ue ; elles sont légf'remeni pigmentées en jaune. Outre les fortes et nombreuses racines des Cusceaux nei'seux, on remarque dans l'épaisseur du novau, principalement dans sa p:trtie jii isl i'imcii re et jusque dans la sul)staiice grise venlriciilalre un plexus serré d(^ libres iier\-euses Ones, qui rejirésentent sans doute les terminaisons des fibres cérébrales motrices, des libres sensitives (le la voie l'éflexe el des fibres d'association des autres noyaux du plancher, mais à vrai dire ce ne snni la que des ])rob;ibi li li's.
Trajet des racines. — Les racines naissent suiinul de la face externe ou N'enirale du Iriangle, un certain nombre de sa lace médiane, l^lles se dirigent |iresi|m' hori/.oiilalement en a vaut en décrivant des courbes à concavité interne, pl us prononcées sur les libres externes, parims mèm(> arf(uées en S;elles convergent vers leur point d'i'mergence. Dans ce trajet inira-cérébral, elles traversent successivement le faisceau longitudinal ])0stérieur, la calotte dn pédoncule avec le noyau rouge el le locus niger. On compte en moyenne dix à douze fascicules sur la coupe.
Ces fascicules se rasseniljlent dans la p iiiie externe du pied du pédoncule céi'ébral et sortent (émergence, origine a|i|iarrnle) par le si linn de l'ocuio-inotiMir, creusésiii' la l'ai'c interne d:i |)r'di)iicii le léri'bial . Il n'<'>t pas rare qu'un 1111 plusi(Mirs faisceaux IraversenI le |i(''d(Miciilr' cérébral en dehors d ii I rniic commun (d ne n^joigiienl t'idui-ci qu'a une certaine distance ; c'esi ceqiioii
a|)pelle la mi les ri>chu's bilt'ralcs ou cxtcrties. Scinvallje |)résu qu'elles
vieniieiil d(;s |iar[ies d(H'sales du no\au el (|n'elles sont peut-éire de nature seiisilive.
Entrecroisement. — Les libres railiculaires du moteur cummiin ne sdiil |ias joutes directes, un certain nombre sonl crnisi'es. Lette (l('ciiss(il ion jmrticlle, l'on pouvait |)ré\'oir à cause de la sviiergi(> Ijilalérale des muscles
de l'œil, a été conslatée non seulement idie/. rbomme, mais encore chez les mammiféri^s, les mseaux, les am|)liibies ; c'est donc un fait Iri-s général. l;observation directe et l'expérimentation parla mélhodeiles atnq)liies ont établi les points suivants : rentrecroiseinent est constant chez les animaux: — il esl toujours partiid. les liiires directes étant de beaucoup les plus nombreuses: — les
NÉVROLOGIE
fibres croisées appartiennent bien au moteur oc. commun et non au moteur oc. externe; — ces fibres proviennent surtout de la partie dorsale du noyau, c'est-à-dire de celle qui est le plus prés de l'aqueduc.
Fibres d'association. — Les mouvements du globe oculaire, mouvements si précis et si bien coordonnés, supposent des fibres multiples d'association reliant entre eux les ditférents groupes cellulaires du noyau, et ce noyau tout entier avec les autres nerfs moteurs de l'œil, pathétique et abducens, avec le cerveau, la moelle et les autres nerfs crâniens. Mais toutes ces voies sont ignorées. Le seul faisceau d'association que l'on connaisse est le faisceau longitudinal 'postérieur. Il court en avant des noyaux des trois nerfs moteurs de l'œil et plus bas se prolonge jusqu'à l'hypoglosse; on lui voit abandonner d'abondantes collatérales ou des fibres elles-mêmes à chacun de ces noyaux, mais surtout au noyau du moteur commun qu'il remplit de ses arborisations. Il représente très probablement la voie de la réaction réflexe et de la synergie motrice ; et pour la plupart des anatomistes actuels, cette voie est directe, homolatérale ; les noyaux droits sont reliés entre eux, mais non avec les noyaux gauches. Le croisement n'existe que pour les fibres radiculaires.
Noyaux accessoires et subdivisions du noyau principal. — Le noyau d'origine que nous venons lic ilécnre est le noyau classique connu depuis les travaux de Stilling (1846), noyau principal, noyau inférieur ou postérieur d'autres auteurs. Depuis lors, on en a découvert d'autres dans son voisinage immédiat et on l'a lui-même décomposé en groupes distincts.
Observons pour l'intelligence de ce cjui va suivre que les termes d'antérieur et de supérieur, de postérieur et d'inférieur sont souvent pris l'un pour l'autre par les auteurs, la direction oblique en haut et en avant du pédoncule cérébral justifiant en partie cette double terminologie. Antérieur ou supérieur signifient donc l'extrémité qui est tournée vers le cerveau, postérieur ou inférieur celle qui est tournée vers la moelle ; ventral, la partie qui regarde le pied du pédoncule: dorsal, celle qui regarde les tubercules quadrijumeaux.
1° Noyau delà commissure ou de Darkschewitsch. — Ce noyau a été découvert par Darkschewitsch, qui l'a nommé «0(/aM supérieur (noyau antérieur, pour Edinger; noyau latéral antérieur, pour Perlia). 11 est situé en avant et on dehors du noyau principal, au débouché de l'aqueduc de Sylvius dans le ventricule, et empiète sur le plancher ventriculaire ; il est en avant de tous les autres noyaux. Il est composé de petites cellules et son rapport avec la partie profonde ou ventrale de la commissure blanche postérieure parait bien démontré; aussi Kœlliker l'a-t-il nommé le noyau profond de la commissure postérieure. Ma.\s ses relations avec le moteur oculaire commun sont incertaines; on ne lui voit pas émettre de fibres radiculaires, et si Darkschewitsch en a fait un centre pupillaire en considérant la commissure postérieure comme une voie lumineuse réilexe qui transmet les excitations rétiniennes au noyau moteur, ce n'est encore qu'une hypothèse.
Presque au même niveau, mais en dedans et un peu en arrière, Perlia signale un second noyau analogue qu'il appelle le noyau médian antérieur.
2" Noyau d'Edinger-Westphal. — Situé en arrière du précédent et près de la ligne médiane, en di;dans du noyau principal, ce noyau a été découvert par Edinger chez le fœtus, plus tard par Westphal chez l'adulte. Il se compose de deux groupes, un médian et un latéral, fusionnés par un de leurs côtés, et noyés dans un plexus libriUaire serré. Les cellules qui le composent sont remarquables par leur petitesse, plus marquée encore que pour le noyau antérieur; d'où son nom de noyau à petites cellules. Westphal, qui l'appelle le noyau médian, ayant observé un cas d'ophthalmoplégie externe dans lequel toutes les grandes cellules du moteur commun avaient disparu, alors que les petites étaient conservées, en a fait le centre des muscles lisses internes de l'œil (sphincter pupillaire et muscle ciliaire), opinion qui manque encore de contrôle.
Noyau central. — Ce noyau occupe la ligne médiane et sépare à son niveau les noyaux droit et gauche; il est impair, à grandes cellules. Perlia l'a signalé le premier; Edinger (noyau médian) et Kœlliker reconnaissent son existence.
STRUCTURE DU TRONC CÉRÉBRAL
Noyaux secondaires du noyau principal. — Le 1103 prinripal, noyau posl('rieur par rapport à ceux de Darksclicwilseli ut d'Kdinger, noyau classique à jurandes çellulos, pl'ésonte, d'après Perlia, chez le fœtus humain et chez h.'s grands niamniilères adultes une dissociation en groupes indépendants, qui ne se retrouve plus chez l'honinie adulte ni chez les petits nianiniilëres. l'erlia distingue quatre groupes ou noyaux secondaires, deux noyaux dorsaux, l'un antérieur, l'autre postérieur, et deux noyaux venti'aux, également antérieur et postérieur. Le noyau ventral posté'rieur confine au noyau du pafli(''ti(pie. l'erlia ligure ainsi de chaque côté six noyaux alignés sur deux rangs, en direction sagittale, sur i cm. de longueur (y conqjris les noyaux accessoires), et en plus le noyau central impair.
Cette subdivision du noyau principal n'a ]ias paru aussi nette aux autres observateurs (Bf'c/ik'reir. Edinger, KœUiker), qui se bornent à distinguer une partie dorsale et uue partie ventrale, sans liuiite précise. Kd'lliker fait remarquer en outre qu'il existe, soit dans le noyau du moteur commun . soit dans celui du pathétique, 1° de iiomlireuses cellules isolées, de grosseurs diverses, disséminées entre les groupes micléaires : 2o des ilôts cellulaires, grands nu yiolits, infiltrés en grand nombre dans l'i'paissiiur ilu faisceau longituilinal postérieur et jusque sur sa face ventrale, ilôts (pi'il rattache aux noyaux d'origine de ces deux nerfs.
Rn résumé, le lieu d'ori^'inc du mofeui' oculaire commuu cmuprend : un lerriloire antérieur (cérébral ou proximal) nouvellement découvert, occupé par deux noyaux ;i petites celluli^s, le noyau de Darliscbewitsch et celui d'Edinger-Westphal, ilont la signification est incertaine: Tin territoire postérieur (caudal ou distal), d'égale longueur, 5 mm., dans lequel le noyau classi(]ue à grandes cellules montre une tendance à le noyau centi-al et les novaux ilnrsal et ventral.
N . de la coin.
N. E<l. Wcsi.
N. princip.
N. ccpirat
Farlie dors.