‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 121 sur 194 · FAISCEAU PYRAMIDAL · texte numérisé non relu

FAISCEAU PYRAMIDAL

Le faisceau pyramidal est la véritable voie motrice directe, celle qui transmet à tous les noyaux moteurs des nerfs crâniens ou racliidiens les excitations cérébrales volontaires. Nous avons déjà suivi ce faisceau sur toute la longueur de la moelle (voyez p. 221 et243). Nous avons vu qu'il se compose de deux faisceaux inégaux : un principal, dit f. pyramidal latéral ou croisé, ([ui occupe le cordon latéral do la moelle sur toute sa longueur; un accessoire, f. pyramidal antérieur, direct ou deTiirck, f|ui ne(lé|)asse pas le haut de la région dorsale et suit dans le cordon antérieur la lèvre du sillon médian.

Entrecroisement des pyramides. —

Au collet du bulbe, ces deux faisceaux se rejoignent pour constituer les pyramides antérieures. Le faisceau de Tiirck, (jui s'est déjà croisé fibre à fibre tout le h)ng de la oonimissure blanche antérieure, n'a plus à subir de nouvelle décussation ; il reste sur le même côté au Face antérieure du Bulbe. Fig. schémalisée bulbe et ;i la moelle, et se dévie seulement un peu en dehors pour occuper la partie externe de la pyramide. Il n'en est pas tle même du faisceau latéral qui n'étant pas croisé dans ré|)aisseur de la moelle se croise tout d'un cou[i et en bloc à la partie inférieure du bulbe; c'est ce ipi'on appelle \'cntrecj'oise)}ient ou décu^satioi} des j')i/raw}tles, ou encore le croisement inférieur, |)ar opposition au croisement supérieur ou sensitif, qui se fait au-dessus de lui, aux dépens des cordons postérieurs. III 34

NÉVROLOGIE

Pour s'entrecroiser, les faisceaux pyramidaux laléraux, abandonnant la partie postérieure du cordon latéral qui est leur siège normal, se dirigent obliquement en haut, en avant et en dedans, passent en pleine corne antérieure, entre la tête et la base qu'ils séparent, et atteignent ainsi le voisinage du sillon médian. Le faisceau fondamental antérieur très réduit à ce niveau est repoussé fortement en dehors. ^Le faisceau pyramidal se dissocie en 5 ou 6 fascicules plats, étagés sur une hauteur de 8 mm. environ, qui se nattent en se croisant et comblent le sillon médian antérieur. En examinant avec soin une pyramide antérieure durcie dans l'alcool, on retnarquera que son sommet tronqué ou extrémité inférieure laisse échapper un chevelu de petits faisceaux d'abord ronds, puis aplatis qui se dirigent obliquement en arrière et en dedans à travers le sillon médian, puis en arrière et en dehors.

L'entrecroisement terminé, les deux faisceaux latéral et antérieur confondus en une masse unique constituent la pyramide antérieure ; parfois un léger sillon vertical permet de distinguer en dehors le faisceau antérieur deTûrck, et c'est ainsi que Longet avait depuis longtemps reconnu son existence. La pyramide présente sur la coupe une forme triangulaire à base extérieure convexe ; elle est composée de gros faisceaux de fibres nerveuses séparés par des cloisons de névroglie. Elle reçoit un certain nombre de fibres arquées du bulbe et des fibres émanées du noyau arciforme.

Trajet du faisceau pyramidaL — Après avoir constitué les pyramides, le faisceau pyramidal se ramasse en un cordon arrondi et pénètre dans la protubérance qu'il traverse daus toute sa longueur, passant sous sa couche superficielle comme sous un pont, pour sortir au bord supérieur et réapparaître extérieurement à la surface du pédoncule cérébral. Dans ce passage, le faisceau occupe l'étage inférieur ou pied de la protubérance ; il est recouvert par la couche superficielle des fibres transversales du pont, et côtoie la ligne médiane sans la toucher toutefois ; des fibres radiculaires du moteur oc. externe traversent sa partie latérale. Deux particularités doivent être signalées; tout d'abord la dissociation de ses fibres dans la partie supérieure de la protubérance, où les fibres horizontales du pédoncule moyen, devenues de plus en plus nombreuses, envahissent le cordon pyramidal jusque-là compact, isolent ses fascicules et les éparpillent sur un large espace ; puis l'accroissement progressif de volume, par adjonction de fibres nouvelles, que ce cordon subit en traversant le mésocéphale.

Au sortir de la protubérance, les fibres dispersées du faisceau pyramidal se rassemblent et reconstituent un faisceau unique, compact, cunéiforme, qui s'étale en éventail à la surface du pédoncule cérébral, dans son pied, et avec lui pénètre dans le cerveau où nous le retrouvons plus loin, traversant la capsule interne et se terminant dans les circonvolutions motrices des lobes frontal et pariétal. Dans le pied pédonculaire, il occupe avec les fibres bulbaires les 3/4 ou les 4/5 internes, toute la surface, excepté la partie externe où passe le faisceau de Meynert.

Nous venons de suivre le faisceau pyramidal en sens ascendant, à contrecourant par conséquent, pour pouvoir opérer son raccord de la moelle au cer-

STRUCTURE DU TRONC CÉRÉBRAL

veau; mais il osl inaiiileiuiiil iirressairo do rp[iromlic son Irajotcn sens inverse du cerveau à la inoelli', qui est son véritable sens, |)nisque ses fibres sont centrifnges et ont leurs cellules d'origine dans l'écorce cérébrale.

Né des lobes frontal et pariétal, plus particulièrement des circonvolutions rolandiques, le faisceau moteur descend par la capsule interne, et émerge à la base du cerveau, où il traverse le pied du pédoncule. A cette émergence, il se présente dans sa plénitude, n'ayant encore perdu aucune fibre ; il contient toutes les fibres motrices des nerfs crâniens et des nerfs rachidiens. Les observations de dégénéralion ont permis de reconnaître que les fibres des nerfs

i\. ,le Gnll

... .V. de Dard.

Fi;,'. 312. — Entrecroisement moteur.

Cdupe transversale de la partie inlerieiiro du Bulbe. On remarque à ne niveau l'écartement do la tete postérieure (tubercule de Rolande), le noyau de GoU et le eommcucemcnt du noyau de Burdach.

crâniens constituaient un faisceau secondaire distinct, qui remplit le quart ou le cinquième interne du pied pédonculaire ; comme ce faisceau occupe le genou de la capsule interne, Brissaud l'a appelé le faisceau gcnicidé, et quand on dit que le faisceau pyramidal occupe seulement le tiers ou les deu.\ quarts moyens du pédoncule, c'est qu'on fait abstraction de ce faisceau. Mais au fond il n'y a qu'une voie motrice avec une partie crânienne (faisceau géniculé) et une partie racbidienne (faisceau pyramidal pro[)rement dit).

Dans l'épaisseur de la protubérance, le faisceau moteur diminue considérablement de haut en bas, car il émet un grand nombre de fibres collatérales destinées aux noyau.x ganglionnaires du pont de Varole, collatérales protubéranlielles qui le mettent peut-être en relation indirecte avec le cervelet ; et sur-

NÉVROLOGIE

tout il perd une partie de son faisceau crânien ou géniculé. Le faisceau géniculé en effet, à mesure qu'il passe devant la chaîne des noyaux crâniens moteurs, leur envoie les fibres qui leur sont destinées ; les dernières sont celles de l'hypoglosse. Toutes ses fibres sont croisées ; elles traversent le raphé et se dirigent obliquement vers les noyaux opposés pour y déployer leurs arborisations terminales, dont les plus riches sont celles du noyau de l'hypoglosse. Kœlliker dit que ces fibres centrales motrices s'échappent au fur et à mesure du faisceau pyramidal et surtout de sa face ventrale pour aller immédiatement en dedans traverser le raphé. Bechterewau contraire croit que le faisceau géni-

r'. gcnic.

^- pyr-

F. de Meynert

— Fibres crtin

Entrée, pyr.

F. de Tûrc/c

Fig. 313. — Le Faisceau pyramidal.

Le faisceau géniculé ou crânien et le faisceau de Tùrck sont entrecroisés fibres à fibres, le faisceau pyramidal antérieur s'entrecroise en masse. P'igure scliématique.

culé, quittant la région du pied pour celle de la calotte à son entrée dans la protubérance, conserve son individualité jusqu'au bout ; il le figure près de la ligne médiane, en dedans du ruban de Reil, en arrière du faisceau pyramidal ordinaire : c'est le faisceau accessoire médian de la couche de Reil, ruban médial de Flechsig et Hœsel, dont Spitzka aurait constaté le puissant développement chez les cétacés qui sont dépourvus du faisceau pyramidal rachidien.

Il est bon d'ajouter qu'on n'a pas encore observé les fibres pyramidales destinées aux noyaux du moteur commun et du pathétique, et qu'on ignore leur trajet, ces noyaux étant situés dans la calotte du pédoncule. On a quelque rai-

STRUCTURE DU TRONC CÉRÉBRAL

son (le croirp que celles du ]);iLlii';lii[iie ne sont |)as croisées, car ce nerf, comme nous l'avons dit |)liis haiil, simiI de Ions les nerfs ci'âaiens, subit nn croisement complet dans ses libres |)érij)liérifjues.

Au-dessous de la protubéiance, le faisceau moteur, diminué de ses fibres crâniennes supérieures, devient la pyramide antérieure; il s'auntindrit encore, en abandonnant ses fibres crâniennes inférieures aux no\aux de l'Iiypoglosse et du spinal, et d'autres fibres aux centres ganglionnaires du bulbe. Au collet du bulbe, devenu faisceau purement rachidien ou spinal, il prend la disposition typique qu'il conservera dans la moelle. Sa partie externe (faisceau de ïurck ou pyramidal antérieur) descend tout droit dans le cordon antérieur, et ne croise ses fibres qu'au fur et à mesure qu'elles arrivent à leur destination^ comme cela a lieu pour les fibres des nerfs crâniens. Sa partie interne se croise en masse, en une seule fois, et devenue le faisceau pyramidal latéral ou croisé, va rejoindre sa place définitive dans le cordon latéral, iju'elle atteint au niveau du deuxième nerf cervical.

Entrecroisement des pyramides. — L'enlrccroiscment dos pyramides a été di^couvcrt en 1700 par MisLiclielli. Un a vérilié son existence chez tous les mainniilëres observés ; les niaiiimii'éres seuls du reste possèdent un raisccau pyramidal, encore paraît-il l'aire tlél'aiit cliez quelques-uns, l'éléphant, le tatou, les cétacés. Chez un certain nombre d'animau.v, les pyramides sont petites relativement au cerveau, mal limitées, et leur croisement n'est pas lasciculé ; chez d'autres, chez ceux qui possèdent des voies pyramidales bien développées, et l'homme en est le type, les pyramides sont fortes, nettes, et émettent des fascicules distincts. Nous avons l'ait remarquer déjà que le développement du faisceau pyramidal marche de pair tout à la fois avec la supériorité du cerveau d'où il procède et l'activité des membres qu'il tlessert; nous avons dit aussi que chez le plus grand nombre des animaux, il n'y a pas de faisceau antérieur ou de Turck, et seulement un faisceau latéral, de sorte que le croisement du faisceau est nécessairement total et se fait dans le bulbe (voyez p. 224|.

Chez l'homme même , on constate de nombreuses variations indiquées par Flechsig. Déjà sur le nouveau-né on peut observer que les pyramides sont tantôt très grosses, lantôt très petites, ou bien que l'une dépasse l'autre en volume d'un tiers, la gaucb.c étant ordinairement la plus grosse; c'est elle d'ailleurs qui dessert le cùté ih'oil du corps. Le type ordinaire, normal, celui de la semi-décussation (faisceau antérieur direct égal au tiers de la surface totale des voies pyramidales, faisceau latéral croisé, et cela des deiix côtés), se rencontre dans 7o p. lUO des cas ; mais dans quinze cas sur ce chilîre, le type est asymétrique: sur un des deux côtés, le faisceau dcTiirck est plus volumineux ou plus étroit que du côté opposé. Dans 2S pour 100, on constate une véritable anomalie, symétrique ou asymétrique d'un côté à l'autre. Ces anomalies sont de deux sortes: lo absence lolale de décussation ; il n'y a pas ou à peu près pas de faisceau latéral croisé ; le faisceau de Tûrck élargi, contenant la totalité ou les 9/10 des fibres pyramidales, descend tout le long du sillon médian antérieur ; la pyramide n'a pas son sommet pointu: au siège habituel de l'entrecroisement on n'observe que quelques lins faisceaux croisés, le cordon antérieur se continue sans changement de la moelle à la protubérance, et le cordon latéral est d'une petitesse anormale. — 2o Décussation lolale; lo faisceau de Ti'irckfait défaut ou est réduit à quelques fibres, et le faisceau latéral absorbe la presque totalité' des voies pyramidales.

Quelles sont les conséquences physiologiques que peuvent entraîner des anomalies aussi importantes et aussi fréquentes ? Peut-on leur rapporter certaines irrégularités observées dans les paralysies cérébrales? Si l'on pense que le faisceau latéral est seul croisé et que le faisceau antérieur reste direct jusqu'à sa terminaison, on devra logiquement déduire de ces anomalies la possibilité de graves perversions physiologiques et pathologiques. Mais pour nous qui admettons le croisement total du faisceau ])yrauddal. des libres de ses deux faisceaux, ces anomalies sont sans conséquences : ce ne sont que des variations morphologiques, des dilTérences momentanées de trajet qui ne sauraient rien changer aux terminaisons définitives des nerfs cérébraux dans la moelle.

Marchi {.\eurol. Centrnlbl. 18S3) a rapporté un cas jusque-là unique d'entrecroisement double du faisceau pyramidal. Sur un homme de 73 ans, mort quelques mois après une attaque d'hémiplégie gauche, on pouvait suivre un ruban de dégénération secondaire

NÉVROLOGIE

qui s'entrecroisait une première fois clans la partie initiale de la protubérance, et une seconde fois au collet du bulbe. Unverricht [Neurol. Centralbl. 1890) soutient même que le double entrecroisement est la règle. Il l'ait remarquer que la loi de croisement n'est pas absolue, car l** dans beaucoup d'hémiplégies, le côté sain est affaibli, et chez les anciens hémiplégiques la contracture tardive est bilatérale, surtout dans les membres inférieurs; 2" les observations de paralysie prouvent que si l'innervation est surtout unilatérale pour les muscles des membres et de la face, elle est bilatérale à degré égal pour les muscles de la déglutition, de la mastication et de la parole. De ses expériences sur le chien il conclut que les fibres destinées aux muscles du tronc, après s'être croisées dans les pyramides, se recroisent de nouveau plus bas, sans doute à différents étages; car l'excitation d'un hémisphère produit toujours l'incurvation de la colonne du môme côté.

Est-ce encore par un double entrecroisement ou bien par un entrecroisement unique audessus du bulbe, qu'il faut expliquer les faits nombreux rassemblés par Brown-Sequard et qui nous montrent que dans la moitié des cas de lésions isolées des pédoncules, de la protubérance ou du bulbe au-dessus de l'entrecroisement, les phénomènes paralytiques ou autres sont directs, non croisés, quel que soit le siège de la lésion,^ en avant, en arrière ou latéralement. Toute lésion cérébrale au contraire donne lieu à des phénomènes croisés. Ces observations lui ont fait supposer qu'il y a d'autres entrecroisements que ceux du bulbe, qu'il s'en produit sur toute la longueur du tronc cérébral et de la moelle.

L'explication de ces faits paradoxaux nous échappe pour le moment et peut provoquer encore d'autres hypothèses ; la loi du croisement des fibres pyramidales n'en reste pas moins une loi générale solidement établie.

Nerfs vaso-moteurs. — La physiologie a reconnu 1° l'existence dans le tronc cérébral et plus particulièrement dans le bulbe, sous le plancher ventriculaire, d'un centre vaso-constricteur, d'un centre vaso-dilatateur et d'un centre sécréteur , sudoral du moins; 2" l'existence de centres semblables dans l'écorce cérébrale, qui commandent à ces centres bulbaires et qui nous expliquent les phénomènes de pâleur, de rougeur, de sueur et autres sécrétions dans les émotions psychiques. Les fibres des centres bulbaires sortent en petite partie avec les nerfs crâniens, en grande partie descendent dans la moelle et s'échappent avec les racines antérieures pour pénétrer en masse dans les ganglions de la chaîne sympathique.

Mais au point de vue anatomique nous ne savons rien sur ces centres ni sur leurs faisceaux. Faut-il les identifier avec les noyaux d'origine des nerfs crâniens, ou bien ont-ils leurs cellules spéciales? Quelles voies suivent les fibres cérébrales vaso-motrices, et les fibres bulbaires qui descendent vers la moelle? Helweg, qui croit avoir déterminé le trajet des nerfs vaso-moteurs à travers le tronc cérébral et qui les fait passer dans la calotte pour aboutir aux tubercules quadrijumeaux et à la couche optique, me paraît avoir eu en vue ce que l'on considère aujourd'hui comme la voie sensitive centrale, et surtout la voie acoustique et les fibres olivaires.

Voyez : Helweg, Ueber die centrale Verlauf der vasomot. Nervenbahnen in Arcli. f. Psych. 1894 et Landais, Traité de physiologie humaine, 1893.

§ TV. — VOIES SENSITIVES CENTRALES RUBAN DE REIL ET FAISCEAU ACOUSTIQUE

Les voies sensitives centrales, ou de second ordre, conduisent au cerveau les excitations apportées à leurs noyaux par les voies périphériques. Les voies périphériques, ce sont les nerfs sensitifs extérieurs et leurs racines qui viennent

se terminer librement dans leurs noyaux correspondanis, corne j)nslérieure, noyaux de Gollet de Bnrdacli, noyau de l'ailo grise, bandeieUc solitaire, racines descendantes. Les voies centrales, ce sont les cylindre-axes des cellules de ces noyaux qui vont poricr à l'écorce de l'héniisphèri' une inipiession destinée à devenir consciente.

Ces voies centrales sont jjcaucoup |)liis couij)lii[U(''es que les voies motrices analogues; car un bon nombre de libres u'ari'ivent jias d'un seul Irait au cerveau ; elles s'intei'rompent une ou plusieurs fois à travers les centres ganglionnaires échelonnés sur leur passage, comme cela arrive même pour la moelle, beaucoup de fibres ascendantes des racines postérieures ne parvenant pasdir(>ctement jusqu'aux noyaux de GoU ou de Burdacb. Dès lors il y a lieu de distinguer dans les fibres centrales des fibres directes (ruban cortical, deKIecbsig et llu'sel), qui vont sans interruption du noyau sensilif à l'écorce cérébrale^ et des fibres indirectes qui s'arrêtent dans une ou plusieurs stations intermédiaires. Ces dernières sont composées de deux ou plusieurs neurones, accouiilés en chaîne, qui s'actionnent successivement dans laconduction de l'excitation centripète. On ignore la proportion des fibres directes par rapport aux fibres indirectes. Enfin il est possible que certaines voies sonsitives soient totalement directes, et n'empruntent pas de voie centrale, en ce sens que des fibres des racines postérieui'es de la moelle ou des nerfs crâniens se prolongeraient sans interruption jusqu'à l'écorce cérébrale et seraient des fibres de toute longueur. De là trois catégories de voies pour la conduction sensitive.

Directes ou non, la totalité des fibres sensitives connues au joui d'bui, à l'exception du nerf acoustique, passent par un faiscean décrit sous le nom de ruban de Reil. Ce terme sert déjà à désigner un faisceau triangulaire qui recouvre la face externe du pédoncule cérébelleux supérieur (v. page .303), et qui n'appartient même pas au cordon principal, car nous verrons plus loin qu'il représente la partie terminale de la voie acoustique centrale.

Le ruban de Reil porte aussi le nom de lemnisque (vuhan), de laqueus (lacet). On le qualifie également de ruban supérieurou de ruban interne (médial)pour le distinguer de la voie acoustique centrale appelée ruban inférieur, ruban externe ou latéral. On dit ruban supérieur, parce qu'il monte plus haut (dans le cerveau) que le faisceau acoustique qui s'arrête aux tubercules quadrijunieaux ; et ruban interne, j)arce que dans son trajet à travers le tronc cérébral il se tient plus près delà ligne médiane. Encore ces termes de snpérieur et de médial sontils parfois appliqués à d'autres systèmes de fibres. Toutes ces dénominations, variables avec chaque auteur, augmentent la confusion dans un exposé déjà assez obscur par Ini-même. Pour y cou[)er court, api'ès avoir établi la synonymie, je réserverai le molde ruban de Reil ou ruban tout court, à la voie sensitive centrale des nerfs crâniens et racbidiens, et celui de faisceau acoustique à la voie centrale du nerf acoustique et plus spécialement de sa branche cochléaire.

Dans tout son parcours, le ruban de Reil occupe la région de la calotte, (lojuiis le niveau de l'olive bulbaire où il se constitue, jusqu'à la base du cerveau où il s'enfonce au-dessous de la couche optique. Dans la calotte même, il a pour siège la région la plus ventrale, sur les confins du pied ; il semble séparer ces deux portions l'une de l'autre.

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