‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 126 sur 194 · PARTIE EXTRA- CÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

PARTIE EXTRA- CÉRÉBRALE

(Lobe olfactif. Rhinencéphale).

I^a partie exti'a-céi'ébrale ou lobe olfactif est composée de ti'ois segmenis qui sont, d'avant en arrière, le bulbe olfactif, le pédoncule et la lubérosité avec le trigoni^; au trigono se rattachent les racines olfactives et l'espace perforé antérieur qui ont pour origine un second diverlicule du j)lancher de l'hémisphère.

1° Bulbe olfactif. — Le bulbe olfactif, bulbe ethmoïdal, crosse olfactive, est un l'enllemcnt o\ale d'aspect ganglionnaire, qui pai' sa face supérieure s'enchâsse dans le sillon olfactif, un peu l'u arrière de l'ext rémil('' de ce sillon, et par sa l'ace inférieure repose sur la lame criblée de l'iMlimoïde; l'apophyse ci'ista-galli le sépare du bulbe opposé; l'arachnoïde lui forme un manchon comjilet et se prolonge sur les nerfs olfactifs qui, au nombre de lu à '20 de chaque C('ilé, naissent de la face inférieure ; sa partie antérieure est sépari'e du lobe frontal par un repli durai inconstant, la tente olfactive. Sa couleur est gris-jau nàtre, sa consistance très molle ; sa longueur est de (S à 9 m. sur 3 à 4 en largeur ( Voyez fig. 322).

2" Pédoncule olfactif. — '.^e pédoncule olf(ctif, tractus olf.ictif, ruban olfactif, s'étend en direction sagittale, un pi'u ol)li([ue toutefois en arrière et en dehors, le long de la face inférieun^ du n'rveau ; il est logé dans le sillon olfactif, conti-e lequel il est appli([né |iar l'arachno de qui ne lui forme un manchon qu'au voisinage du bulbe ethmoïdal. Sa longueur est de oU à .'3j mm.; sa couleur, blanche sur la face inférieure, est plus ou moins grisâtre dans la |)artie dorsale. En l'écartant du sillon olfactif, on voit qu'il n'a pas la forme d'un ruban plat, mais celle d'un prisme (i-iangulaire dont rarét(> et les dfuix faces sont juxtaposées aux lèvres du sillon, tandis que la base est libre extérieurement. Celte base ou face inférieure est cannelée ; un sillon longitudinal, (|ui commence vers sa partie mo\enne, la dis ise eu deux s/ci't'squi s'écartent au niveau du trigone olfactif et C(jnstituent les racines externe et interne.

3° Tubérosité olfactive. — Racines olfactives. — La tuberosité olfactive, tuber olfaclorium, cai'oncule olfactive, est une petite saillii? conicpu^ ou plus exactenu^iit uni' |i\ ramide triangulaire, à laquelle abcjutit le j)édoncule. Elle s'élève sur le bord antérieur de l'espace perforé, |)ar conséipient sur la |)arlie terminale de la troisième circonvolution IVijulale ; une légère gouttière la sépare

NÉVROLOGIE

en arrière de l'espace ])erforé, taudis qu'en avant le sillon olfactif se termine par une dépression plus profonde, la fossette olfactive. Son sommet reçoit le pédoncule olfactif; sa base est implantée dans l'écorce orbitaire. Sa face supérieure ou dorsale, qu'on ne voit qu'en rabattant le pédoncule, estcouverte d'une couche de substance grise, ou racine grise olfactive, prolongement de l'écorce frontale sur l'arête du pédoncule. Sa face inférieure, que l'on aperçoit extérieurement sans préparation, a une couleur presque blanche, gris-jaunàtre, qu'elle doit à une extension de l'écorce de l'espace perforé ; elle est bordée de chaque côté par les racines olfactives externe et interne, nées de la divergence des stries inférieures du pédoncule ; c'est celte face triangulaire qu'on appelle le triangle ou trigone olfactif.

La tubérosité olfactive représente l'origine de l'évagination du lobe olfactif sur le plancher de l'hémisphère; elle est creuse chez le nouveau-né et laisse passer le diverticule olfactif du ventricule latéral ; chez l'adulte, sa base pleine n'est séparée de la partie déclive du ventricule latéral (corne frontale) que par un espace de 3 mm.

De la tubérosité émanent les racines olfactives. Le terme de racines serait évidemment impropre, si on l'entendait dans le sens qu'on lui donnait autrefois, d'origine cérébrale des nerfs olfactifs, analogue aux racines des nerfs crâniens ordinaires; mais il est justilié, s'il doit signifier les insertions du lobe olfactif sur le cerveau. C'est par ces prolongements en effet, restes bien amoindris chez l'homme et comme décortiijués de la jonction du lobe olfactif avec le lobe limbique chez les quadrupèdes, que l'appareil ganglionnaire du bulbe et du pédoncule entre en relation avec le manteau de l'hémisphère.

Il faut distinguer une racine fondamentale et des racines accessoires.

1" Racine fondamentale ou externe. — La racine externe, ou latérale, est la racine fondamentale, parce que seule elle est constante et que le centre auquel elle aboutit est le seul centre tropbique et fonctionnel qui soit pour le moment déterminé dans l'appareil olfactif. Sa couleur est blanche, le manchon cortical qu'elle possède chez les animaux osmatiques ayant disparu chez l'homme; sa longueur est de 13 à 20 mm. (racine longue) ; elle est forte et ses fibres sont de gros calibre. Elle part de l'angle externe du trigone olfactif, se dirige en arrière et en dehors en décrivant un trajet curviligne à concavité interne, parallèle à la bandelette optique; elle contourne le pli falciforme qui sépare l'espace perforé du pùle de l'insula, tantôt à découvert, tantôt sous une très mince couche de la substance grise perforée, et aboutit au bord antérieur du lobe temporal, en avant du lobule de l'hippocamjje. Chez les quadrupèdes, on la voit j)énéirer dans l'extrémité antérieure de ce lobule. Assez souvent un ou deux faisceaux secondaires, situés en dedans du faisceau principal, se perdent dans l'espace perforé.

2" Racines accessoires. — Je groupe sous ce nom d'autres racines dont plu- . sieurs sont inconstantes et qui au point de vue pratique, fonctionnel, sont peutêtre toutes oblitérées chez l'homme. On décrit une racine interne, une racine moyenne et une racine grise ou supérieure (voy. fig. 322).

La mcine interne est une racine blanche, grêle, courte, de 5 à 6 mm. de trajet, qui se détache de l'angle interne du trigone olfactif, se dirige en dedans et un peu en arrière dans la gouttière qui sépare le pôle frontal de l'espace per-

STRUCTURE DU TRONC CÉRÉBRAL

foré, piiis (lisparaît (laiis raiii^lc aiiir'r(j-liit(M'ii(' de col espace. Avec la racine ^ externe, elle Ibrino les deuxcùlés du triyoïie oUaclif cUoiites deux se conlinuiMit dans les sli'ies du pédoncule. Souvent elle est à peine apparente. Sa terminaison esl incertaine. On a indi([ué en elTet comme son aboutissant l'exlr émilé antérieure du lobe calleux [BrocaJ ,\a commissure blanclie antérieur e (Bechtercw, Obersteiner), le tractus gris de I^ancisi et le faisceau oll'aclif de la voûte à trois piliers [Zuckerkandl).

La racine inoijcnne, également blanche, naît de la base du trigone entre les racines externe et interne. J"]IIe se com|)ose d'un ou plusieurs lilets superficiels, très grêles, qui échap|ient souvent à l'observation, et de nombreux filets |)rofonds, déjà connus de Scarpa, que l'on ne voit bii^n qu'en faisant tomber un filet d'eau sur l'espace perforé ; ils se ré|)andeuteu divergeant ou en sérieparallèle (formation [)ectinée de Trolard) dans cet espace perforé et peuvent être suivis, d'après Cruveilhier, jusqu'à la commissure blanche antérieure.

La racine grise, décrite par Sœmmering, n'est autre f[ue la substance grise de la face supérieure de la tubérosité olfactive. Ace niveau, la mince écorce qui revêt l'arétedu pédoncule olfactif se continue avec celle de la tubérosité et celleci à son tour avec l'écorce frontale, notamment avec la substance grise de la fossette olfactive. Il faut donc pour la voir rabattre le trigone en arrière. Sous cette écorce grise, la substance blanche dorsale du pédoncule se continue avec celle de l'écorce frontale; Broca a donné à cette jonction des deux couches médullaires le nom de racine olfactive supérieure.

Structure du lobe olfactif. — Bulbe olfactif. — Le bulbe olfactif est composé d'un certain nombre de couches qui, chez les animaux dont le bulbe est bien développé, sont circulaires et concentri([ues autour d'une cavité centrale, mais qui chez l'homme n'existent qu'au-dessous de cette cavité et sont disposées en bandes parallèles, la partie dorsale étant occupée uniquement par une couche de substance blanche que cache à peine une écorce riidimentaire. Avec v. G 'huchten nous distingiiei'ons trois couches, «lui sont de dehors en dedans: la couche externe ou des libres périphériques, la couche moyenne ou des cellules mitrales, et la couche interne ou des libres centrales. Tout autour, le bulbe est revêtu |)ar la pie-mère et en reçoit de nombreux vaisseaux ; à son centre, chez riiomuie au-dessus de la troisième couche, il conti(!iit la cavil('' du ventricule olfactif.

1° Couche des fibres périphériques, couclie fibrillaire. — Su perHcielle, très mince, très molle, de couleur grisàti'e, elle est constituée par les libres olfactives qui se réuuissiMit sur la face inférieure du bulbe, s'entrecroisent, se subdivisent, et forment un phvvus serré avant de |)énélrerdans leurs glomérules terminaux.

2" Couche des cellules mitrales. — dette couche est ainsi nommée de ses éléments principaux ; mais elle se décompose en trois zones bien dilîérentes, une zone supérieure ou profonde qui contient les cellules mitrales, une zone inférieure périphérique caractérisée par les glomérules, et une zone intermédiaire polvmor|)he.

Le^icelhdes mitraleî^, décrites par Golgi, occupent la limite entre la couche

NÉVROLOGIE

moj'enneet la couche interne. Ce sont des cellules nerveuses géantes de 30 à 30 [X, en forme de triangle ou de mitre, disposées en série continue et sur une seule ligne, comme les cellules de Purkinje. Du sommet de la mitre ou pôle supérieur, qui regarde le centre du bulbe, émane un prolongement cylindraxile qui monte d'abord verticalement, puis se coude à angle droit pour devenir fibre constitutive du pédoncule olfactif et suivre comme lui une direction sagittale. Chemin faisant, ce

Subit, gr.

Ventric.

Fibres centr.

Crll. mitr.

Zone des pl.

fibrill.

prolongement nerveux émet de nombreuses collatérales dont les unes sont descendantes et vont se terminer entre les cellules mitrales, tandis que les autres entrent en relation avec les grains de la couche profonde, et avec l'écorce grise du pédoncule olfactif. Les prolongements protoplasmiquessont dedeux ordres : les uns latéraux, multiples, partent des angles de la cellule et se dirigent horizontalement pour aller, quelquefois jusqu'à de grandes distances, s'entrelacer avec les expansions semblables des cellules voisines; l'autre descendant ou basai , unique, volumineux, traverse toute

l'épaisseur de la zone intermédiaire et se termine en panache ou en bouquet dans un glomérule de la zone externe.

Les gf^ome'rtties , papilles de Broea , sont des masses sphéroïdales, d'aspect finement granuleux, épaisses de 0 mm. 1 (0,3 à 0,03), disposées en double ou triple rangée sur la limite de la couche fibrillaire. Des vaisseaux importants les entourent et les pénètrent. Ces corps sont des pelotes de fibres nerveuses, ou pour mieux dire, ils représentent l'entrelacement de deux arborisations compliquées, de l'arborisation terminale et nerveuse des fibres des nerfs olfactifs, et de l'arborisation initiale et protoplasmiqne des cellules mitrales. C'est donc là que la fibre olfactive, prolongement d'une cellule bipolaire de la muqueuse nasale, rencontre l'expansion que lui envoie la cellule mitrale sous forme de son prolongement protoplasmiqne descendant. Le glomérule est l'articulation entre ces deux cellules nerveuses.

Subst. grise

.Subit, bl.

. Xentric.

Fig. 319. — Bulbe et pédoncule olfactifs.

En haut, coupe transversale du bulbe olfactif; en bas, coupe, du pédoncule, nouveau-né. Le bulbe, en partie, d'après ScHWALBE. Le ventricule est déjà oblitéré.

STRUCTURE DU TRONC CÉRÉBRAL

La zone iiiteriiiL'diairo (jui sépare la rangée des cellules iiiilrales de la rangée des glomérules est linementgreniie (couc/tc moléculaire (]ajal).On y trouve, outre les prolongeuienls descendantsdes cellules mitrales, des cellules nerveuses éparses, en général de petite taille, qui se comportent coninie les cellules mitrales, c'est-à-diie (|ue leur cylindre-axe passe dans le traclus olfactif et que leurprincipale expansion proto[)lasnii(jue se termine dans un glomérule.

3° Couche des fibres centrales. — Cette couche, la plus ])rofonde et la plus épaisse, s'étend de la zone des cellules mitrales à la cavité ventriculaire. Elle renferme deux éléments bien dilîérents, d'abord les fibres mvélinées, prolongements des cellules mitrales, ainsi (jue leurs collatérales; puis les grains, cel-

Cl'II êpendijm.

l<'ig. 3:20. — Struclure du Imlbo dlfaclil'. ('oiipe lon!.;iludinale. Fig- scliémati(|ue.

Iules petites, très nombreuses, douée-; d'un double prolongement, l'un central, l'autre périphéri(jne ; enlin quelques ('(dlules nerveuses éloilées do graiule taille, à cvlindre-axe court. La nature des grains est incertaine; on ne leur connaît pas de cvlindre-axe; C-ajal les assimile aux spongioblasies de la rétine.

Cavité ventriculaire. — Au-dessus de ces trois couches, au-dessous d'une couche de substance blanche, est la cavité centrale, émanation du ventricule laléral. Cette cavité est réelle chez le nouveau-né, et |)ersisfe fdule la vie chez beaucoup d'animaux, le mouton notammenl. Chez l'homun^ adulle el chez un certain nombre de mammifères, elle est comblée |Kir du tissu gélatineux. Sa pai'oi est formée par l'épendyuie ventriculaire, c'est-à-dire |iar une rangée de cellules épithéliales cvlindriques dont les cils se prnjelient dans la ravilé, tandis ([ue leur pied émet un long lilament qui s'enfonce dans une couche gélatineuse de nature névroglique.

Pédoncule olfactif. — Dans sa forme normale, chez |)resqne tous les (|ua(lru-

NÉVROLOGIE

pèdes, le péJonciiIe olfactif est un cylindre régulier de substance cérébrale ; il comprend au centre la cavité ventricuiaire, autour d'elle une couche de substance blanche, etautourde celle-ci un manchon de substance grise corticale. Chez riiomme, l'écorce atrophiée ne fournit plus qu'une enveloppe très mince, disparaissant même par place ou au contraire présentant des renflements partiels ; elle ne forme une masse un peu notable, à cellules nerveuses petites, disséminées, que dans l'arête du tractus olfactif, au-dessus de la cavité ventricuiaire. La cavité centrale est oblitérée après la naissance ; le noyau gélatineux qui le remplace est entouré par une couchede substance blanche, elle-même revêtue par l'écorce extérieure, mais entourant le cordon dorsal de substance grise. Cette substance médullaire est formée par les fibres nerveuses émanées des cellules mitrales, des petites cellules nerveuses de la zone intermédiaire et des rares cellules de la substance grise du pédoncule.

Tubérosité olfactive. — La tubérosité olfactive ou tubercule olfactif possède une écorce cérébrale imparfaitement développée. Les cylindre-axes de ses cellules passent en direction horizontale à travers l'espace perforé et la partie inférieure du corps strié. Les cellules elles-mêmes sont entourées par des arborisations terminales de fibres qui viennent probablement du bulbe olfactif. Nous reviendrons sur ces particularités en déci'ivant la corne d'Ammon.

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