L. fu.nf
Fig. 326. — Contre cortical ojitiiiue ou splirre visuelle. Face interne de l'héniisphère droit. — La région visuelle en bleu.
en avant la scissure occi|)itale ou |ierpendiculaire interne qui l'isole du lobe pariétal, plus spécialement du précuneus. Beaucouj) d'auteurs le rc^sti'eignent au cuneus ou huitième circonvolution occipitale. Viaict conclut de ses recherches d'anatoniie pathologique que le terri toi le visuel ciun|)rend loule la face interne du lobe, c'est-à-dire le cuneus 0^, la |)ai lie occipitale du lobule lingual 0'' et du lobule fusiforme 0\ et le pole occi|)ilal. Le centre de ce centre serait la scissure calcarine remarquable par sa |)rofoudeur, la précocité deson apparition ontogénique et phylogénique, et la riche vascularisalion (pi'elle doit à l'artère calcarine, rameau de la cérébrale postérieure.
Les relations établies (uitre l'écorce visuelle, centre su|)i''rieui-, et lesganglions des cerveaux intermédiaire et moyen, centres inférieurs, ont été exjiérimentalement démontrées par iMonakow. l/ahlation du lobe occipital l'ait atrophier les trois novaux ganglionnaires, dans le pulvinai- cl li' corps genouillé externe la totalité des cellules, dans les tubercules quadrij umeaux antéi iours la substance blanche moyenne. La nature de ces relations est la suivante :
NÉVROLOGIE
1° Les fibres directes et les fibres croisées, ou du moins les fibres ganglionnaires qui les prolongent, se mélangent intimement dans les radiations optiques et se terminent dans toute l'étendue de la spbère corticale.
2" Les fibres qui vont de l'écorce aux tubercules quadrijumeaux antérieurs sont des fibres centrifuges a dégénération descendante, c'est-à-dire le prolongement cylindraxile de cellules pyramidales qui se termine au contact des cellules nerveuses du tubercule quadrijuineau, lesquelles envoient leurs fibres en petite partie dans la rétine, en grande partie dans les no3'aux moteurs du tronc
— Ec. cérébr,
•-- Réline
Pulvinar
— C. gen. ext.
— T. qu.
N. mot.
Schéma.
Fig. 327. — Voies optiques ganglionnaires. —
cérébral. Les fibres des autres ganglions sont des fibres centripètes h dégénération ascendante ; leur cellule d'origine est dans le pulvinar et le corps genouillé, leur terminaison libre dans l'écorce cérébrale. Les données expérimentales de Monakovv sont confirmées sur ce point par l'observation des dégénérations ascendante et descendante des radiations optiques (Vialet).
3° Le centre cortical visuel est relié aux autres lobes et aux autres centres corticaux par le faisceau longitudinal inférieur. Il est surtout uni à fécorce de la face externe du lobe occipital par des faisceaux d'association qui sont le faisceau du cuneuset le faisceau transverse du lobule lingual. Or il se peut que la face interne du lobe occipital soit le centre des perceptions simples, et la face externe, le centre des souvenirs visuels, celui dont la destruction entraîne la cécité psychique, l'impossibilité d'interpréter les images perçues (Wilbrand). Et si le lobe occipital est dans sa presque totalité un centre visuel, on peut penser que son grand développement chez l'homme tient à ce que le sens de la vision est devenu chez lui vraiment supérieur et intellectuel, autant que s'est
STRUCTURE DU THONC CEREBRAL
amoi lulrie l'impoiTaiice de sa voie réflexe, auloinalique (liiberciile quadrijuineau).
Hémianopsie. — Cliaqiie lobe occipital, recevant la bandelette de son côté, reçoit, [)ar là même le faisceau direct et le faisceau croisé, et a pour domaine extérieur la portion externe ou temporale de la rétine, de la rétine du même côté que lui, et la portion interne ou nasale de la rétine ()p|)osée, disposition qui nous rappelle le mécanisme nerveux dans le rej,'ard latéral associé. Et comme les fibres des deux faisceaux se distribuent à la fois dans le même œil au point
CInas'na
flanii. opt.
Pulv.
T. rjii.
Fig. 328. — l)is]iosilioii il'cnscintjlc ilcs voies oiitiqiics, — Srhi'iaa.
central de la vision, il s'ensuit i[ne cliaiiue lobe a sous sa dépendance les points centraux des deux rétines.
On comprend dès lors que toute lésion qui, au delà du chiasma jusqii'au point terminal, interrompra la conduction, toute lésion de la bandelette oj)tique, du corps genouillé externe, du pulvinar, du bras postérieur de la capsule interne, du centre ovale occipital, et enlinde l'écorce occipitale elle-même sur une étendue suffisante abolira la vision dans la moitié externe de la rétine du même côté et la moitié interne de Tautre rétine. C'est ce qu'on appelle hémiopie, liéniianopsie latérale ho)nony))ic. [/héinian()psi(> bétéronymc relève au contraire de lésions du cbiasma.
Le travail si com])lct et si apiirol'omli de Viali'l (les eonlres céréliraux île la vision, Thèsi' de Paris, 1803), auquel j'ai beaucoup emprunté, me dispense de donner la bibliograpliie des origines optiques. Je ne puis qu'y renvoyer le lecteur.
NÉVROLOGIE
§ VI. - VOIES CÉRÉBELLEUSES
Le cervelet, par ses trois pédoncules, est en rapport non seulement avec le tronc cérébral, mais encore avec la moelle et le cerveau. Les pédoncules supérieurs et inférieurs plongent dans la région de la calotte, ses pédoncules moyens ou protubérantiels dans la partie ventrale de la protubérance. Tous contiennent des voies centrifuges et des voies centripètes. Leur étude se rattache naturellement à celle du cervelet. Nous nous bornerons ici à la description du faisceau cérébelleux direct que nous avons déjà suivi dans la moelle et dans le bulbe (v. pages 225 et 272).
Faisceau cérébelleux direct. — Né dans la région lombaire et la fin de la région dorsale, ce faisceau monte sur la périphérie du cordon latéral, en accroissant progressivement son volume; au bulbe, vers l'extrémité inférieure de l'olive, il se coude pour se porter en bautet en arrière, sur le corps restiforme; il traverse ainsi la ligne d'insertion du spinal, passe en avant du tubercule de Rolando,et contournant la racine descendante profonde du trijumeau, se place successivement sur la face externe, puis sur la face postérieure du corps restiforme. Jusque-là il est superficiel, et chez le nouveau-né, grâce à sa blancheur qui tranche sur les parties grises voisines , il peut être suivi à l'œil nu jusqu'à son entrée dans le cervelet; quand au contraire il est dégénéré, il se distingue par sa teinte grise sur le fond blanc qui l'entoure. En pénétrant dans le cervelet, il se place avec les fibres de Burdach dans la partie centrale du pédoncule cérébelleux inférieur (c. restiforme prolongé), passe en dedans de la partie antérieure du corps dentelé et aboutit au vermis supérieur, par quelques fibres au vermis postérieur. La terminaison se fait essentiellement dans la partie dorsale du vermissupérieur, du même côté ou homolatéral ; le faisceau est donc direct, non croisé, dans la totalité de son parcours, de son origine dans la cellule de Clarke à sa terminaison dans l'écorce du cervelet. Ces faits ont été reconnus par Monakow, qui a ainsi complété le parcours du faisceau que Tiirck et Foville n'avaient pu suivre au delà de son entrée dans le cervelet ; ils ont été confirmés par les observateurs qui se sont servis de la méthode embryologique.
Lœwenthalen 1885 a découvert un second faisceau cérébelleux dans le tronc cérébral. H est dès lors nécessaire de distinguer le faisceau classique que nous venons de décrire, ou du moins sa portion bulbaire et cérébelleuse, portion principale, sous le nom de faisceau dorsal ou restiforme, et de désigner comme faisceau ventral la portion accessoire nouvellement connue.
Faisceau cérébelleux ventral. — Ce faisceau se sépare du faisceau dorsal dans la partie inférieure du bulbe, se dirige en haut et en avant, pendant que le faisceau restiforme se dirige en arrière, traverse la protubérance annulaire en passant dans le corps trapézoïde, puis entre le nerf facial et le moteur ocexterne, et arrive un peu en arrière du tubercule quadr. postérieur, à côté du ruban de Reil. Là il se coude brusquement pour prendre un trajet rétrograde; il s'adjoint au pédoncule cérébelleux supérieur autour duquel il s'enroule en
STRUCTURE DU TRONC CÉRÉBRAL
occupant sa face externe, puis sa face dorsale et sa face interne ; il va se terminer dans le vermis supérieur, dans la partie ventrale de ce vermis, et principalement du côté opposé.
Ainsi les deux j)orlions du l'aisceau cérébelleux abouLissenl au même centre, au vermis supérieur ou lobe médian du cervelet, le faisceau dorsal à la partie dorsale du vermis, le faisceau ventral à la partie ventrale. L'un passe jjar le pédoncule cérébelleux inférieur, l'autre par le j)édoncule supérieur ; Auerbacli admet que quelques fibres de ce dernier faisceau suivent le pédoncule moyen. Le faisceau dorsal ayant une terminaison principalement directe, le faisceau ventral une terminaison essentiellement croisée, l'équilibre serait rétabli pour la totalité des fibres cérébelleuses.
1-,'origine intra-médullaire du faisceau ventral est incertaine. 11 semble bien qu'il ne doit pas être confondu avec le faisceau aberrant du cordon latéral, de
Trij.
F. ventral
Fig. 329. — Terminaison du Faisceau cérébelleux direct. D'après Mott (schéma).
Monakow, qui dans la protubérance passe plus en dehors que le faisceau cérébelleux, entre le noyau du facial et l'olive supérieur, et a été suivi jusqu'au no} au rouge du pédoncule cérébral. Mais faut-il, d'après Molt et quelipies autres neurologistes, l'identiReravec le faisceau de Gowers, de (elle sorte que le faisc(^au ventral ne serait que la portion supérieure du faisceau antéro-latéral de Gowers, et que celui-ci se rangerait dans les voies cérébelleuses ? c'est ce qu'on ne saurait décider actuellement.
Quoi qu'il en soit le faisceau cérébelleux direct, dans ses deux portions, est un groupe de fibres de gros calibre et de grande longueur, qui dégénèrent en sens ascendant; c'est par suite un système centripète, dont f origine estdans la moelle et la terminaison dans le cervelet. Pour le faisceau dorsal au moins, nous savons que les cellules d'origine sont les cellules de la colonne de Clarke, ellesmêmes en rapport avec les collatérales des racines postérieures. Le faisceau cérébelleux apporte donc à l'écorce du vermis des impressions sensitives, d'es-
NÉVROLOGIE
pèce indéterminée. Il ne faut pas oublier que, par un autre chemin, les cordons postérieurs cominunii|uent encore avec le cervelet; les noyaux de Goll et de Burdach, dans le bulbe, émettent des fibres qui vont au cervelet par la voie du corps restiforme.
Fibres cérébelleuses descendantes. La iiioello contient des fibres cérébelleuses descendantes centrifuges, encore mal connues et que nous nous bornerons à indiquer. C'est ainsi que Marchi en a signalé dans le cordon antéro-latéral et surtout dans le faisceau intermédiaire (v. page 227) ; elles proviendraient du lobe médian et passeraient par le pédoncule cérébelleux moyen, le ruban de Roil et le faisceau longitudinal postérieur du bulbe pour entrer de là dans le cordon antéro-latéral de la moelle. Le même observateur ainsi qu'Auerbacli ont constaté des fibres à dégénération descendante, par conséquent centrifuges , dans le faisceau cérébelleux direct, dans ses deux portions dorsale et ventrale. Bechterew au contraire croit trouver la voie descendante dans des fibres qui suivent le pédoncule moyen, abordent la formation réticulée de la partie inférieure du pont, et par son intermédiaire passent dans le cordon antéro-latéral. Enfin Kœlliker indique un autre chemin, celui de l'olive bulbaire. L'olive reçoit parle faisceau olivaire du pédoncule cérébelleux inférieur la terminaison d'un certain nombre de fibres du corps dentelé et des cellules de Purkinje ; à leur tour ses cellules enverraient leur cylindre-axe dans le cordon latéral du bulbe et de la moelle, et par les fibres de ce cordon, qu'elles constitueraient en partie, pourraient agir sur les cellules des cornes antérieures.