ARTÈRES CORTICALES OU PÉRIPHÉRIQUES
Les artères corticales sont représentées par les ramifications dernières des trois artères cérébrales, antérieure, moyenne et postérieure. Chacun de ces gros troncs, naissant de la carotide ou du tronc basilaire, rampe d'abord sur la substance blanche de la base, et dans cette partie initiale de son parcours qui mesure 15 à 30 mm., donne les artères centrales, au moins la plupart; puis il arrive au contact de la substance grise et de suite se divise en deux ou plusieurs branches. Ces branches, rectilignes chez le fœtus, flexueuses chez l'enfant et l'adulte, cheminent à la surface des circonvolutions, dans des directions radiées qui ne sont pas celles des sillons ou des scissures, les très gros troncs exceptés ; elles coupent souvent perpendiculairement plusieurs circonvolutions, tour à tour plongeant dans les sillons et reparaissant sur le sommet des plis.
1° A. cérébrale antérieure. — La cérébrale antérieure ou artère du corps calleux naît de la partie antéro-interne de la carotide. Son D. extérieur est de 2 mm. 8 à 2 mm. ri, et son D. intérieur de 2 mm. Son atrophie unilatérale est fréquente, à gauche surtout ; elle est alors suppléée |)ar l'autre.
Par une courbe à concavité interne, elle se dirige en avant et en dedans sur l'espace perforé, en longeant le pôle frontal et en passant au-dessus du nerf optique. A l'entrée de la scissure interhéinisphéri(|ue, elle envoie à la cérébrale opposée une branche transversale de 2 à 3 mm. de longueur, souvent moindre encore ; cette branche, unique anastomose entre les artères droite et ga,uc,he, estlii communicante antérieure, <iui ne donne qu'une seule collatérale destinée au bec calleux et au septum lucidum, exceptionnellement l'artère médiane du corps calleux. L'artère contourne ensuite le genou, s'engage dans le sillon du corps calleux dont elle occupe ordinairement l'entrée et non le fond, à côté de l'artère opposée, et, après avoir longé ce sillon d'avant en arrièi'e, se relève pour se terminer dans le precuneus, en avant de la scissure occipitale. Souvent la cérébrale se divise dès le genou du corps calleux en ses bran-
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elles terminales ; liiscons a vu une fois les brandies collaléi'ales naître» d'une grande brandie |KU'al[èIe <[iii lonij^cait la scissure suus-l'ronlale et deux fois les deux cérébrales fusionnées en un seul tronc à partir de la comuiunicante, elles ne se séparaient que pour donner leurs brandies terminales.
[^a cérébrale antérieure, outre les artères centrales nées de sa [)artie initiale, fournit des collatérales inicrnesel des collatérales ou terminales externes. Parmi ses collatérales internes, il faut signaler : 1" des rameaux pour le bec du corps calleux, ordinairement donnés par la communicante, et un peu plus loin les artères des piliers du trigone, artères assez volumineuses au nombre de une à deux, c[ui perforent le corps calleux, et vont irriguer son bec, les piliers antérieurs lie la voùie, la conmiissure blancbe antérieure et le septum Incidnm; — 2" une artère méningée (jui au niveau du genou se porte sur la faux du cerveau. Langer dit que cliezrenfantcllecommuni(|ue avec la méningée moyenne.
fait qu'Ileubner n'a pas retrouvé sur l'adulte; — 3° l'artère callriisr supérieiire o\i a. médiane du corps calleux. Celte artère noi niale chez certains singes est inconstante chez l'homme, et peut être remplacée par des rameaux isolés. (Juand (die existe, elle nait ou de la cérébrale aniérieiire ou de la communicante antér., suit la face supérieure du corjis calleux, près de la ligne médiane et ius(jn'à son bourrelet, ([uebjuefois jusqu'à la glande pinéale dans laquelle elle se termine. Ses branches vont, les unes à la circonvolution du corps calleux, les autres à la paroi supérieure du ventricule latéral, après avoir perforé lecorps calleux. Cette artère sert surtout à suppléer l'a. cérébrale antérieure, quand cette dernière est insuffisante.
Les collatérales exter'nes sont des artères corticales. La première et lapins constante se voit sur la l'ace orbilaire du lobe frontal : elle se distribue essentiellement à la première frontale (gyrus rectus), au nerf olfactif et à son trini 45
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gone , accessoirement à une partie variable de F% tantôt à toute sa face orbitaire, tantôt à la moitié interne de cette face. Elle mérite le nom d'artère olfactive ou de brandie orbitaire (F. interne et inférieure de Duret).
Suivant la manière dont se comporte la céréb. antér., les branches qui suivent sont terminales ou collatérales ; en tout cas il y a toujours une branche qui suit le sinus du corps calleux, tronc de l'artère ou sa branche terminale postérieure suivant les cas. Duret en reconnaît trois, qu'il appelle toutes frontales internes et qu'il distingue en F. antérieure, moyenne et postérieure ; mais ce nombre est des plus inconstants et varie de deux à quatre et plus. Toutes fournissent au lobe du corps calleux. Les branches antérieures ou frontales vont à la face de et contournent en haut le bord sagittal de l'hémisphère pour se distribuer à la face externe de F' et à une partie de F'^, son pied excepté. Les branches moyennes ou rolandiques vont au lobule paracentral et sur la face externe de la tète des deux rolandiques F' et P'. ha, postérieure ou pariétale, continuation du tronc principal, ré[)and ses ramifications sur la première pariétale, sur sa face interne ou lobule carré et sur sa face externe le long du bord sagittal.
2" A. cérébrale moyenne ou sylvienne. —C'est la plus grosse de toutes, 4 mm. T) de D. extérieur. Son volume et sa continuation directe avec lacarotide
A. de Fa A de Pn A '/e A. dit pli courbe
Fig. 383. — Artère sylvienne ou cérébrale moyenne. Face externe de l'hémisphère gauche. — L'insula est à découvert. — D'après Poirier.
en font un des chemins habituels des embolies. Elle se dirige en dehors sur l'espace perforé, et dans cette partie initiale donne les artères centrales sylviennes, quelquefois la communicante postérieure, auquel cas la céréb. moyenne fait partie de l'hexagone ; puis au bout de 20 à 2o mm., arrivée au pôle de l'insula, elle se divise en ses branches terminales. Cette division est variable : on observe tantôt un éventail de quatre branches, tantôt une bifurcation avec subdivision ultérieure d'une branche en trois, ou encore trois
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branches dont iiiH! sfi l):riiri[iio |>liis loin, nu mi'inc le Iconc so conliniio jnsqu'au bout énietlanl seulement des collatérales de ses bords sn|)érieiir et inierieur. Les terminales raninent d'abord dans les sillons divergents do l'insnia, [)uis se séparent pour pi'cndre des directions définies; comme leur trrinc d'origine, elles sont situées dans res|)aco sous-arachnoïdieu plein de li(juide qui porte le nom de canal sylvien.
Duret a décrit (|ualre branches et leur a donné des noms spéciaux ; mais soit par ladivisi(jn uliéi'ieure d'une iiranche de bifurcalion d'abord nni(|ue, soit par l'émission de collatérales, ce nombre est souvent changé; on peut trouver jusqu'à dix artères d(^ ([uclque volume se porlant istdéuKMit aux circonvolulions. Lautard observe que, chez le chien et chez la brebis comme chez l'homme, les collatérales sont iri'égnliéres et complexes. Nous aimons mieux les désigner d'a|)rès les circonvolutions où elles se rendent; celles-ci élantau nombre de cinq princi|)ales, nous décrirons donc les a. suivantes.
1" A, de la troisième frontale (Frontale ext. et inf. de Duret). C'est la première bi'anche de la sylvionne et c'est aussi une des |)lus constantes, (lharcot l'a vue [dusieurs fois oblitérée dans ra|)liasie. l*]lie (b'-passe en haut et alleint la partie inférieure de
2° A. de la frontale ascendante [i*dviéla.\e awU'v. Duret). Fournit à F", moins sa partie supérieure ipii est nourrie par la céiébr. antér., et au pied de F^.
3° yl. de la pariétale ascendante (Pariét. moy. AeDuret). Son territoire est d'abord la pariétale ascendante moins son extrémité supérieure, puis une [)artie du pied de la première et de la deuxième pariétales.
4° A. de la pariétale inférieure (Pariét. postér. Duret). Cette grosse artère, i[ui occupe la fui de la scissure de Sylviuset n'est que la continuation du tronc originel de l'a. sylvienne, est destinée à la pariétale inférieure et surtout à son volumineux pli uiarginal ou lobule du pli courbe.
.")" A. de la première temporale. l'-lle naît souvent de la précédente, mais d'autres fois elle est isolée ou même elle est remplacée par 2, 3 et jus(iu'à cinq branches distinctes ([ui émanent du bord iiiféri(nir de l'artère |)rincipale de la scissui'e. Coutraii'cment à toutes les précédentes, elle se dirige en bas et se distribue à la première tem()oralc. Il n'est pas rare (pi'elle fournisse aussi à T' et à r-*, c'est-à-dire à toule la face externe du lohe tem|ioral.
Le lobe de l'insula n'a pas d'artères s[)éciales ; il n'y a pas d'à. insulaires, mais un réseau commun alimenlé par de [)etits lameaux latéraux, \ enant de plusieurs des branches sviviennes et il faut lier toutes ces branches si l'on veut essaver d'injecter une |)artie isolée de l'insula {Ileuhner). Ce même réseau insulaire nourrit l'avant-mur qui est une formation corticale, et le noyau amygtlalieu.
3" A. cérébrale postérieure (a. cérébr. profonde). Son I). extérieur est de 2mm à 2 mm ii, son I). iiitéri(Mir varie de I mm ."j à 2 mm. De l'angle du tronc basilaire,sur le bord supérienrde la protubérance, elle sedirigeen dehors, contourne le pédoncule cér(''bral qu'elle embrasse en cercle, et arrivée près des tubercules quadi ij n mcaux fait un crdcliet ipii la iiorle en ari'ière et en dehors sur le lobe occipital où elle se divise immédiatement en ses branches terminales, ('ette division peut se faire dès (pie l'artère a reçu la communicante. Dans ce trajet
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elle est successivement placée dans le confluent inférieur, le canal circumpédonculaire et le confluent supérieur.
Elle reçoit la communicante postérieure à 3-12 mm. de son origine basilaire, et émet un grand nombre de collatérales. Duret en décrit 10. Signalons les artères centrales sus-protubérantielles, lésa, radiculaires du mot. oc. commun, les a. du ventricule moyen, les a. périphériques du pédoncule cérébral, l'a. de la corne d'Ammon, l'a. des corps genouillés, les a. jumelles, les a. optiques
Cérébr. ont.
.. Cérébr. mot/.
-■ Cérébr. pnst
Fig. 386. — Artères de la face inférieure du cerveau.
postérieures, et les choroïdiennes postérieures. La plupart de ces vaisseaux ont déjà été décrits avec la circulation du pédoncule cérébral.
Les cérébrales postérieures sont souvent grêles, ce qui est le cas normal chez beaucoup d'animaux et sont alors suppléées par un des vaisseaux suivants : une communicante postérieure volumineuse, à laquelle elle semble être inversement proportionnelle — la cérébelleuse supérieure — une collatérale anormale, provenant de la carotide interne et se distribuant à la région temporo-occipitale — une branche anormale résultant de la fusion d'un rameau du tronc basilaire avec une branche anormale de la carotide interne fZ/aM/a/'rf).
La division en branches terminales est encore moins netle que pour les autres cérébrales. Ordinairement il y a 3 branches, la principale continuant la direction première et longeant la scissure calcarine ; d'autres fois elle est seule, et les autres artères ne sont que des collatérales de ce tronc j)rincipal. Dans le cas où il y a trois branches distinctes, on reconnaît une br. temporale anlérieure qui se porte en avant à la cinquième et à la quatrième temporales, et s'avance
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jusque sur la troisième, et l;i deuxièine, ijuaiid la sylvienne ne donne que de courtes branches pour T' ; — une temporale 'postérieure, qui se distribue surtout à la face inférieui'e du lobe tem|)oral, dans sa partie postérieure élargie qui confine au lobe occipital ; — enfin une br. occipitale postérieur e , prolongement du tronc d'origine, cachée au fond de la scissure calcarineà laquelle l'attache un tissu sous-arachnoïdien remarquablement résistant. Elle sedirige vers le pôle occipital et fournit à tout le lobe occipital, ainsi qu'à l'ergot de Morand.
Les trois artères cérébrales se partagent donc la surface de l'héinisphère ; il y a là trois grands territoires dont on se rendra mieux compte par un dessin que par une description. I^a cérébrale antérieure comprend : la moitié interne du lobule orbitaire, et toute la face interne de l'hémisphère jusqu'à la scissure occi|)itale interne et le bord sagitla! correspondant. De la cérébrale moyenne dépendent toute la partie moyenne de la face externe, le cerveau moteur, à l'exception de la tète des rolandiques, et les centres de l'appareil des signes. Le lobe
Teri it. lin la c. nul.
CéicOr. p.
Fig. 387. — Artères df la fan; oxlerne du cerveau. Le territoire de la céréljrale moyenne ou .sylvienne est teinté en gris.
occipital tout entier avec son cuneus et la plus grande partie du lobe loinporal constituent le domaine de la céréi)rale postérieure. La circonvolution do l'hippocamjie T' est aliinenlée par trois vaisseaux, ]tar la choroïdionne antérieure qui est son artère principale, et par les branches temporales de la sylvienne et de la cérébrale postérieure. Les ranioliisscmenls du lobe occipilal sont relativement rares, le svstème vertébral étant bien moins souvent atteint de thrombose ou d'embolie que le système carotidien ; il C(immuin'(|ue en outre largement avec les artères cérébelleuses.
Dans le territoire principal on peut reconnaître des territoires secondaires ou départements (jui répondent aux branches terminales de l'artère principale.
11 s'en faut (|ne les grands territoires aient une limite anatomique précise ; encore bien moins les territoires secondaires, car nous avons déjà dit ipie les
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branches collatérales ou terminales variaient d'un sujet à l'autre. C'est pour cela que les répartitions topographiques indiquées par Duret, Heubner, Staderini,ne concordent pas exactement entre elles. Les zones frontières entre deux grands territoires sont des zones communes aux deux domaines vasculaires,et la situation de cette zone commune peut varier de plusieurs centimètres, par conséquent d'une circonvolution ou plus. Nous verrons plus loin que l'importance de ces territoires est d'ailleurs diminuée par la présence d'un réseau anastomotique.
Staderini [DisLribiit. des artères à la surface cérébrale de quelques mammifères, Revue de il iyem, 1889) a indiqué les territoires vasculaires chez les animaux domestiques. Ceux de l'homme et du singe sont semblables.
Qu'elles soient collatérales ou terminales, les branches artérielles qui s'étalent à la surface des circonvolutions ne se recourbent pas pour pénétrer dans la substance nerveuse à laquelle elles sont pourtant destinées ; elles aboutissent à un réseau parallèle comme elles à la surface, le réseau vasculaire artériel de la pie-mère ou réseau pial. Il existe aussi un réseau veineux sous-jacentau précédent que nous décrirons avec les veines.
Duret a combattu instamment l'existence de ce réseau. Pour lui non seulement les troncs artériels n'ont que îles anastomoses rares et insuffisantes, mais leurs ramilications ultimes dans la pie-mère n'ont aucune communication ni entre elles ni avec celles des branches voisines; elles sont terminales; elles ne forment pas un réseau, elles forment des arborisations, c'est-à-dire des divisions indépendantes à la façon do plusieurs arbres rapprochés. Heubner, Gadiat et moi-mi''me (v. Thèse de Biscons, 1890) axons repoussé l'opinion de Duret qui n'est pas défendable. Le dessin qu'il a donné est celui d'une injection imparfaite, dans laquelle la matière injectée n'a pas rempli les extrémités des rameaux ou s'en est retirée. Il n'y a nulle part des arborisations: il y a partout un réseau extrêmement communiquant. Pour s'assurer du fait, il n'y a qu'à faire des injections partielles sur un cerveau extrait, en se servant d'une injection froide et pénétrante à couleur tranchante, telle que de l'eau colorée par du bleu de Prusse soluble ou de l'alcool contenant en dissolution de la cire à cacheter noire. On verra les réseaux naître spus ses yeux et l'injection courant de proche en proche remplir tout le cerveau pour revenir dans le bout contrai de la ligature.
Déjà avant de constituer le réseau, les gros troncs vasculaires ont pu s'envoyer des branches d'union volumineuses, sous-arachno'idiennes, comparables à celles des artères des membres ; ces anastomoses ont été plusieurs fois constatées et je les ai observées nettement sur des cerveaux chez lesquels les trois grandes artères avaient été injectées avec des couleursdifférentes. Mais elles sont inconstantes, peut-être même exceptionnelles ; Kolisko est du même avis, tandis qn'fleubner les croit fréquentes.
Les anastomoses constantes et générales sont celles du î'd^'seait. Celui-ci est placé à la face externe de la pie-mère réduite sur le cerveau à sa couche interne ou intima, et apf)liqué contre elle par des lamelles de tissu sous-arachnoïdien. Catien observe que la pie-mère sert à fixer les vaisseaux et à les empêcher de glisser sur la surface humide du cerveau. Tant que les vaisseaux afférents ont plus de 1 mm. de D, ils sont libres, en partie du moins, dans l'espace sousarachno'fdien ; à partir de 1 mm., ils sont fixés à la pie-mère. On reconnaît dans le réseau vasculaire deux espèces de mailles, de grandes mailles (réseau primaire de Heubner) formées par la réunion d'artères importantes, de 1 mm. de D à 0 mm. 3, et de [)etites mailles (réseau secondaire) contenues dans les premières et renfermant des vaisseaux très rapprochés, d'une grande ténuité. Les anasto-
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rnoses dos grandes mailles se font soit par des rameaux collaléraux, soil par la jonction bout à bout des arlérioles de deux territoires voisins ; celles des fines mailles sotit des plus variées, en arcades, en îlots. Ce second réseau est assez diflicile à injecter; il arrive souvent que l'injection remplit le grand réseau et de là ses grosses branches alTérentes, malgré leur éloignement et leurs llexuosités, sans passer dans les petites mailles intercalaires. Tous les vaisseaux sont d'ailleurs parallèles à la surface des circonvolutions, que celles-ci soient en relief ou qu'elles se creusent en sillons ; d'après Biscons, les anastomoses tronculaires sont beaucoup |)lus nombreuses dans la pie-mère des sillons.
Le réseau piaZ constitue un vaste réservoir caiialiculé, alimenté par trois sources, les trois a. cérébrales, remplissable par une seule au besoin ; les grands
Fip;. 388. — Rùscan arlLM'iol de la piu-iiiorc.
Injection au bleu soUible. — Les bouts libres sont ou des points non injectés ou des artcM-es
nounncières coupées.
territoires sont les parties du réservoir commun où chaque source artérielle répartitses nombreux débouchés ; ce n'est dune pas un lot qui lui appartient en projtre, c'est seulement la surface qu'elle remplit normalement, avec le plus de facilité et de rapidité. Du réseau émanent les artères nourricières.
Artères nourricières. — De même que le réseau d'une distribution d'eau qui étend ses maille-; àtravers les rues d'une ville, donne naissance à une([uantité de conduits distincts, parallèles dans chaque rue, qui alimentent les maisons et nocommuiiiquent |)as entre eux, de maison à maison, de même sur Icréseau de la pie-mère, canalisation neutre, variable |iourtant par rue ei par f|uartier, se branchent perpendiculairement une quantité innombrable de fines artériolcs qui s'enfoncent dans l'écorce nerveuse et se distribuent à ses diflférents étages, chacune isolée, indépendante, en un mot terminale. Ce sont les artères corticales 7iour)'icières (terminales de Duret).
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Par le fait qu'elles sont précédées des nombreuses divisions et subdivisions des gros troncs et du vaisseau, ces artères sont beaucoup plus loin du cœur que les a. centrales ; celte condition, jointe à leur direction perpendiculaire aux mailles du réseau, doit tout à la fois amortir considérablement et uniformiser la pression vasculaire; les cellules nerveuses corticales qu'elles nourrissent sont des éléments fragiles et délicats qui, par cette disposition et par l'interposition d'un liquide entre elles et les vaisseaux, sont préservés des chocs cardiaques et des changements brusques de tension.
Un distingue deux catégories d'à. nourricières, les a. courtes et les a. longues.
1" A. nourricières courtes. — «Un nombre prodigieux de filaments vasculaires, semblables à des cheveux et remarquables parleur excessive ténuité et par leur défaut d'anastomoses se répand dans la substance grise (Cruveilliier). »
Injection au bleu soluble. — Coupe passant par un sillon. — L'écorce est ombrée.
Elles sont en général perpendiculaires aux couches corticales, ce qui leur donne une disposition d'ensemble radiée, mais un certain nombre sont obliques. Elles apparaissent sur la coupe comme une haie de buissons toulfus. Ces touffes sont surtout épaisses dans la profondeur ; à la surface, traversée par le tronc du buisson,est une zone peu vasculaire. Les ramifications abondantes s'épuisent à mesure qu'elles abordent des couches de plus en plus profondes et ne dépassent pas un parcours de 2 à 3 mm.
2" A nourricières longues ou a. médullaires. — Presque aussi nombreuses
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que les |)récédeiites, avec lesnuelles elles aUeriieiit régulièrement, elles naissent ordinairement des plus gros troncs du réseau. Elles sont d'ailleurs plus volumineuses que les artères de la substance grise, en raison du long trajet (pi'elles ont à parcourir. Après avoir traversé l'écorce grise en sens normal, elles se recourbent dans la substance blanche i)0ur suivre une direction parallèle à celle des fibres nerveuses. Elles se distribuent au centre ovale, dans toute son étendue ; ce sont elles, avec leurs veines satellites, qui produisent le piqueté vasculaire de ce centre quand il est congestionné.
Je distinguerai deux espèces d'à. médullaires : I" les a. moyennes, sous-corticales, qui occupent au-dessous de la substance grise une zone de 2 à mm. Ces vaisseaux, légèrement ondulés, alternant régulièrement avec les artèi'es courtes, étnettent à angle droit des branches transversales qui s'engrènent avec les branches voisines ; leurs ramificationssont plus serrées. — 2" Lésa, longues, dont le trajet peut atteindre 4 ou îi cm. Difliciles à injecter, elles présentent un type dichotomique angulaire et des ramilications grêles, espacées. Les artères divergentes (ju'on voit au fond dessillons sont, d'après Duret, celles (jui allcignenl les parties les plus éloignées de la substance blanche.
Les a. nourricières ont dos caractères communs. Elles émettent peu de collatérales, étant très rapprochées les unes des autres, et se terminent par des extrémités arborisées plutôtqao péniciUées. Elles ont la structure (hs artères et non des capillaires: les petites n'ont qu'une couche musculaire, les grosses on ont plusieurs : leur tunique adventice est une gaine lymphatiiiuc creusée d'un espace endothélial cloisonné, espace intra-ailventitiel, où circule un liquide en communication avec le liquide sous-arachnoidien. Dans la période embryonnaire et la première enfance, une graisse abondante, .sous forme de vésicules adipeuses, infiltre l'adventice des artères, non seulement dans l'écorce grise, mais dans tout le cerveau du nouveau-né: cotte réserve nutritive sert peut-être à la formation de la myéline: elle disparait en grande partie vers l'àgc do 5 ans et est remplacée par des grains do pigment lixés sur la face externe de la gaine lymphatique (O/jersteiner). — iMifin ces artères sont terininalcs, comme toute artère intra-cérébrale. Elles ne communiquent pas entre elles. Les artères médullaires du centre ovale no communiquent pas non plus avec la terminaison des artères centrales qui émanent do la capsule interne et tles ganglions centraux : de là entre ces deux grands domaines, cortical et central, une zone neutre mal vasculariséc, aux confins des deux sources artérielles : elle occupe le centre ovale et se fait remarquer par la fréquence des ramollissements en petits foyers et des formations lacunaires chez les vieillards. Les foyers de ramollissement ou d'hémorrhagie dans le territoire d'une a. courte sont nécessairement très petits, du volume d'un pois à celui d'une tète d'épingle; ceux des artères médullaires sont plus grands, on forme de cône à base périphérique, à sommet profond.
Vaisseaux capillaires. — D'une manière générale, les ca[)illaires du cerveau sont constitués parla tunique endothéliale des artères, plus développée à cause de son isolement, et par la gaine lymphatique très mince appliquée contre l'endothélium. Leur 1). oscille de I) à «S pt. Lapinsky (Arcli. f Psijeh., ISO'i) rattache aux capillaires sanguins des ca|Hllicules, observés déjà par Kronthal qui les considérait comme des voies lymphatiques, et dont le D. peut s'abaisser à 1 fxet demi ; ils sont en communication avec les vaisseaux sanguins et laissent passer des globules rouges étirés en bâtonnet.
Les réseaux capillaires se font remarquer par leur disposition très serrée dans les noyaux des nerfs crâniens, les corps genouillés, le corps de Luys. Les anastomoses transversales d'un côté à l'autre de la ligne médiane sont rares.
Dans l'écorce cérébrale, Duret a décrit trois réseaux : 1° un réseau saperliciel, occupant sur 1/2 min. d'épaisseur la couche blanche externe; ses mailles car-
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rées sont larges et parallèles à la surface ; 2° un réseau moyen, le plus fin et le plus riche, entourant surtout les cellules pyramidales, sur une épaisseur de près de 2 mm.; il correspond à la partie la plus active de l'écorce ; 3° un réseau de transition, placé sur les limites de la substance blanche et de la substance grise; il esta mailles larges, et son champ mesure 1 mm. de hauteur. Ce réseau est très important, car il recueille presque tout le sang des premiers réseaux, et c'est de lui que partent le plus grand nombre des veines corticales.
Dans la substance blanche, on trouve un réseau capillaire dont les mailles très grandes sont allongées dans le sens des fibres nerveuses.
Entre les artères et les veines du cerveau, existe-t-il des communications directes autres que les vaisseaux capillaires? Un certain nombre d'anatomistes, Sucquet, Ilyrtl, et d'histologistes, Arnold, Hoyer, Cadiat, Heubner et avant eux Schrœdervan derKolk, ont décrit des anastomoses directes entre les artères et les veines de certains organes, sortes de canaux dérivatifs, fonctionnant comme voies de décharge en cas d'engorgement du système capillaire. On est encore mal fixé sur cette question. S'agit-il de faits accidentels ? dans quelles conditions s'observe cette disposition ? Ce que Ton peut dire pour le cerveau, c'est que soit chez l'homme, soit chez les animaux, des injections colorées pénétrantes de poudres insolubles, poussées par les artères, ne s'engagent pas dans les veines ; même des injections de bleu soluble ne franchissent que très difficilement les capillaires. Ces faits me paraissent démontrer que, s'il y a des communications directes, ou bien ce ne sont que des anastomoses précapillaires de très faible volume ou bien ce sont de véritables anomalies.