‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 178 sur 194 · ARTÈRES CENTRALES · texte numérisé non relu

ARTÈRES CENTRALES

Sur la face ventrale de la moelle et du bulbe, des artères, nées des gros troncs antérieurs, pénètrent directement à travers la substance blanche pour atteindre les noyaux gris intérieurs ; de même à la base du cerveau, qui est sa face ventrale, les vaisseaux de l'hexagone émettent des branches perforantes destinées aux masses ganglionnaires centrales, corps striés et couches optiques. Dans les deux cas, ces artères portent le nom d'à. centrales. A peine mentionnées et sans nom dans nos anciens traités classiques, elles ont pris maintenant une importance capitale, car elles sont par excellence le siège des lésions pathologiques qui conduisent aux ramollissements ou aux hémorrhagies cérébrales.

Les a. centrales proviennent des artères de la base, c'est-à-dire de l'hexagone et des troncs vasculaires voisins, tels que la cérébrale moyenne et lachoroïdienne antérieure; même le groupe des optiques postérieures, qui apparaît sur la face externe du pédoncule cérébral, est encore à la base du cerveau. Heubner a donc raison d'appeler leur territoire, territoire basai; mais je ne comprends pas qu'il les range dans les vaisseaux du cerveau moyen, puisque les corps striés appartiennent au cerveau antérieur et les couches optiques au cerveau intermédiaire. Elles naissent de la partie initiale des troncs vasculaires, tant qu'ils sont sur de la substance blanche et qu'ils n'ont pas encore fourni de branches de bifurcation ; ainsi sur les cérébrales antérieures, elles ne vont pas au delà de la communicante; sur la c. moyenne, elles s'arrêtent au pôle de l'insula, à

VAISSEAUX DE L'ENCÉPHALE

l'entrée de la scissure de Sylvius, et sur la c. posiérieure, au point où cette artère se coude |)ourse trifurquer. Leur origine est sur le bord supérieur ou dorsal du tronc même, à angle droit sur lui, en sorte qu'on ne les voit pas si ou ne soulève pas ce tronc de la surface cérébrale. Gbacune est isolée, parallèle à sa voisine, et monte tout droit dans lasuljslance nerveuse; Ileubner les coni[)are aux rejetons (jui poussent au pied des grands arbres, comparaison quelque peu

Cet'i'hr uni.

Fig. 390. — Origines des artères centrales (Scliéma).

forcée qui assimile le tronc vasculaire au\ racines de l'arbre, et où l'on ne voit pas bien comment les rejetons artériels j)euvent être parallèles à l'arbre d'où ils proviennent.

Il est bon d'indiquer que tontes les artères de la couclie opti([ue el des corps striés ne |)roviennent pas des vaisseaux de la base, il en est f|ui sont fournies par les artères ventriculaires, c'est-à-dire par les artères péripliériques invagi nées.

On répartit les artères centrales en deux groupes, antérieur et postérieur, entre lesquels on peut intercaler un groupe intermédiaire.

1° Le groupe antérieur comprend les artères qui naissent des cérébrales antéi'ieure et moyenne. Un groupe médian antérieur provient de la cérébrale antérieure en deçà de la communicanteantér. et de celle communicante elle-même; les artères perforent le corps calleux ou suivent un trajet rétrograde pour pénétrer par la ])artie interne de l'espace |)erfoi'é antérieur, et |)ai' cinq ou six rameaux entrent dans la tête du noyau caudé (a. striées anlérieu.rcs) . Un second groupe, latéral antérieur, bien plus important, se détaclie de la partie initiale de la sylvienne ou même de sa bifurcation quand celle-ci est précoce, et se dispose en série linéaire de branches de 1/2 mm. à 1 mm. el demi de ]). ; quel- (jucfois une branche im|)ortanle vient du tronc même de la carotide; toutes s'engagentdans les orifices de l'espace jierforé antérieur et monleni en haut et en dehors, pourse recourber ensuite d'arrière en avant et aborder les ganglions centraux.

NÉVROLOGIE

Les artères de ce groupe qui naissent près de la carotide sont les striées internes (ou lenticulaires), elles vont aux deux membres internes ou noyau pâle du noyau lenticulaire. Celles qui ont leur origine en dehors, à la partie externe de l'espace perforé, sont les striées externes ; elles ont pour terminaison le troisième membre (putamen) du noyau extra-ventriculaire ; quelques-uns de leurs rameaux les plus longs atteignent en haut soit le corps du noyau caudé (a. lenticulo-striées), soit la couche optique (a. lenticulo-optiques ou optiques antérieures). Les artères striées ne s'épuisent donc pas dans le noyau lenticulaire ; elles se j)rolongent jusqu'au thalamus et au noyau intra-ventriculaire, et pour

N. caudé .

A. str ani

Cérébr. ant.

- Caps. int.

Cérébr. moy. {sylv )

Fig. 391. — Artères striées.

Coupe frontale passant par le tronc de la scissure de Sylvius (esp. perf.). — Figure en partie

schématisée.

cela sont obligées de traverser la capsule interne où elles peuvent être rompues et par leur hémorrhagie atteindre tel ou tel des faisceaux qui passent à ce niveau.

Parmi les striées externes qui vont au troisième membre du noyau lenticulaire, il en est qui s'y enfoncent directement par sa base, mais la plupart s'appliquent en éventail sur sa face exlerne et la pénètrent à des hauteurs différentes; elles sont situées dans la capsule exlerne ou plus exactement dans l'espace décollable qui sépare la capsule du corps strié. Il en est une surtout, longue et volumineuse, que Charcot a appelée Vartère de l'hémorrhagie cérébrale, c&r c'est à ses dépens que se font le plus grand nombre de ruptures artérielles, et peut-être y est-elle prédisposée par le soutien insuffisant qu'elle trouve dans ce

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iiiilicii. Elle Inni^o la base du noyau extra-verilrieulaire, puis se dirige eu avant et eu dedans cl, pénètre dans le ganglion par (|uafre à (■in([ rameaux.

2" Le groupe intermédiaire u'est (jue l'ensemble des peliles artères qui proviennent soit de la communicante poster., soit de la cboroïdienne antéi'ieure. Klles fournissent quelques rameaux au bras postérieur de la capsule interne et à la couche opti(jue ; mais le plus grand nombre a pour zone de disiribuliou le troisième ventricule. Duret a donné le nom d'optiques internes à ces branchosqui naissentde lacornmunicanteposlér. et il les a dislinguéesen antérieures, (jui pénètrent entre le tuber cinereum et les tubercules mamiliaires, et postérieures qui s'engagent par la partie la plus avancée de l'espace perforé interpédonculaire ; mais comme toutes ces artères qui montent verticalement et n'ont (|u'uu court trajet paraissent s'épuiser surtout dans les parois du ventricule qu'elles longent, il vaut mieux les appeler : artères du ventricule moyen.

3" Le groupe postérieur comprend les artères ganglionnaires qui émanent des cérél)rales |)ostérieurcs. Une première série se voit sur le bord interne du pédoncule cérébral, à l'angle de bifurcation du tronc basilaire, groupe postérieur interne ou de l'espace perforé postérieur. Celles qui occupent la ligne médiane, à la bifurcation du tronc basilaire, sont les a. centrales des noyaux d'origine du moteur commun et du patbélifjue, et représentent la fin des artères spinales ; les latérales sont, comme celles de la communicante postérieure qu'elles suppléent souvent, des optiques internes postérieures ou pour mieux dire des ar- Icres postérieures du ventricule Dwi/en. l?eaucoup plus en debors, sur le bord externe du pédoncule cérébral, mais toujours de son tronc non encore bifur(jué, la cérébrale postérieure émet lésa, optiques postérieures, qui forment le groupe postérieur externe. On les voit pénétrer, au nombre de trois ou quatre et plus, dans les sillons transversaux qui sont sous le pulvinar, le long des bras des corps genouillés, longer un moment le pédoncule et s'avancer borizonlalement dans les régions postérieure et moyenne de la couche ojitique et jusque dans la substance grise du ventricule moyen. Elles sont volumineuses ; (piand elles se rt)mpent, le foyer peut être limité à la com be o]»li(iue, mais si l'hémorrhagie est étendue, elle envahit les ventricules (inondation vcnlriculaire) ou fuse dans le bras postérieur de la capsule interne et le long du pédoncule cérébral.

En résumant la Jistribulion centrale par régions, nous obtiendrons les groupements sui\'ants :

i" Substance grise du ventricule moyen. — Artères perforantes (optiques internes), l'omiiie> pur la coinmunicanlr ]i()Mui ieure et par la cérébrale post., dans l'espace iulerpéilouculaire : artères fournies par les clioroidiennes médianes.

Couche optique. — La couche optique, qui appartient au cerveau intermédiaire, est surtout vascularisée par la cérébrale postérieure, qui est du terriloin; vertébral. Klle reçoit d'elle directement les optiques postérieures, et indirectement, par la rlioroïdienne postérieure, des branclies moins nombreuses. Du territoire carotidien : les optiques antérieures (lenticulo-optiques). branches des striées externes qui émanent de la cérébrale mo,yenne ; très accessoirement, des perforantes de la cboroïdienne antérieure, destinées à sa partie la plus externe, et des rameaux périphériques de (•ette même clioroidienne par le sillon opto-strié.

3" Noyau caudé. — A la tête du noyau caudé vont ; les striées antérieures, iicrforantes de la cérébrale antérieure ; une partie des striées externes, iierl'orantes de la cérébrale moyenne; et, suivant Duret, la terminaison de la cboroïdienne postérieure. A sa queue : des branches de la cboroïdienne antéiieure.

3" Noyau lenticulaire. — Au globus palliilus, les striées internes, de la cérébrale

NÉVROLOGIE

moyenne. Au membre le plus interne du globus pallidus, les perforantes de la choroidienne antérieure. Au membre externe ou putamen, les striées externes. 4» Capsule externe. — Artères striées externes.

5° Capsule interne — Au bras antérieur, les striées internes, émanées de lasylvienne et de la céri'brale antérieure depuis son origine jusqu'à la coinnmnicante antérieure.

Le bras postérieur qui contient les faisceaux moteurs, sensitifs et sensoriels, est alimenté par trois artères : 1» Par la cérébrale moyenne, qui lui abandonne les rameaux postérieurs des striées externes (lenticulo-optiquos) ; ce territoire sylvien comprend la partie supérieure de la capsule, au-dessus de l'angle du membre moyen du noyau lenticulaire. — 2» Par la communicante postérieure, dans le tiers antérieur de sa partie profonde, surtout par la grosse branche que Duret appelle l'a. optique interne et antérieure. — 3'^ Par la

Cérébr. ant. , f.t»

Chor. ant. .. Chor.post. ..

Ch.. méd.

Terril, des opt.

post.

Terril. <Je la comni. p.

Comm. p.

Ch. ant

Territ. de la chor.

.. Ter. des choroïd.

Territoire des A. striées.

Fig. 392. — Territoires vasculaires des artères centrales. — Coupe vertico-transversale.

Ea rose, à gauche, communicante postérieure ; à droite, artères striées. — En bleu, en haut, choroidiennes antérieure et postérieure ; en bas, choroidienne antérieure. — En gris foncé, a gauclie, choroidienne médiane. — En gris clair, artères optiques post. de la cérébrale postérieure. Figure schématisée.

choroidienne antérieui'c, dans les doux tiers postérieurs de cette même partie profonde. Si la communicante est petite, la choroidienne fournit à toute l'étendue de la partie profonde du bras postérieur (Kolisko).

Les artères centrales provenant directement du tronc dos cérébrales sont par cola mémo moins éloignées du cœur que les a. corticales ; elles sont la troisième division artérielle à compter de l'aorte. Ce sont en outre des artères terminales, qui n'émettent que quelques branches latérales et se terminent en pinceaux, sans communiquer avec les artères voisines. On peut les injecter une à une avec une seringue de Pravaz, et on observe que chacune est indépendante, sans branche anastomotique, et que si on force l'injection, on n'agrandit pas le territoire, on produit seulement une extravasation. Pour ces deux raisons, leur proximité des gros troncs et l'absence de voies de décharge anastomotiques, il est probalile que la tension du sang qu'elles contiennent est sujette à de nombreuses variations et

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qu'elle doit en géni'ral rire plus l'ievéo que dans les vaisseaux corticaux. On peut voir là une circonstance pri'disposanloaux artérioscléroses etaux anévrysmes niiliaires, si fréquents dans le domaine des artères ganglionnaires. Mcndcl [Sem. mé/lic. 1891) dit s'être assuré, par un dispositif expérimental s)-)(''cial, que la pression est sensiblement la niénio dans les artères striées que dans la carotide, et qu'elle est beaucoup \^\ns élevée que dans les ar-

Str. ant.

Str. cxt.

Clinr. ant.

, Opt. jiost.

Cerébr. p.

lu <l

Fig. 30:i. — Tcri'itoires va.sculaircs des arlcros centrales. — Gou]ie horizontale.

P^n rose, territoire des artères striées. — En bleu, clioroïdiennc antérieure. — En bleu paie, territoire inconstant de la choroidienne ant. — Figure schématisée.

tères corticales. Virchow objecte que les artères striées devraient être flexucuses, si la tension y était plus forte et qu'en tous cas cette condition ne sullît pas à expliquer ni la rupture béniorrliagique ni l'unilatéralité de ces ruptures.

3' — ARTÈRES CHOROIDIENNES

Los prolongoments que la pie-mère envoie dans le ventricule moyen et dans les ventricules latérau.K, bien que très amoindris comparés à leur grand développement dans la vie embryonnaire , reçoivent pourtant encore de nombreux vaisseaux, qui sont peut-être la source du liquide ventriculaire. Ce sont les artères choroïdienncs (ventriculaires Ao Diirct).

On dislingue trois paires d'artères cboroïdiennes ; les cb. antérieure, postérieure et médiane.

I " A. choroidienne antérieure (ch. inférieure de quelques auteurs). — Cette cirlère, constante, soit chez rimninie, soit chez les animaux d()niesli(|ues, naît de la carotide interne, entre l'origine de la communicante poster, cl la bifni-

cation en cérébrale moyenne el cérébrale antérieure. Son calibre intérieur est d'un deini-millim. ; il est relativement beaucoup plus considérable chez le fœtus; les plexus choroïdes sont alors volumineux et la choroïdienne égale presque les autres artères de la base.

Elle peut provenir de la cérébrale postérieure ; en cas d'absence, ce qui est rare, elle est suppléée par la communicante postérieure.

Elle se dirige en dehors et en arrière, longe la bandelette optique d'abord sur son bord externe, puis sur son bord interne et pénètre dans la corne inférieure du ventricule latéral. Dans son trajet intra-ventriculaire, qui s'étend jusqu'au trou de Monro, elle occupe le bord externe du plexus choroïde latéral.

Sur la base de l'encéphale elle émet les collatérales suivantes : - 1" l'a. de la

Sylv.

r.arot. ..

Comm. p.

Cérebr. p

Xlior. ant.

. lir. temp.

A. centr.

Fig. 394. — Artère choroïiliennc antérieure. Cerveau disséqué et vu par sa base. La corne temporale du ventricule latéral est ouverte.

cinquième temporale. Ce vaisseau constant s'anastomose en réseau avec les branches temporales de la cérébrale moyenne et de la cérébrale postérieure, destinées également à la circonvolution de l'hippocampe; — 2» de petites branches pour la bandelette optique et le pédoncule cérébral, branches anastomosées avec des rameaux analogues de la communicante post. ; — 3" des artères centrales ou perforantes, signalées par Ileubner, artères volumineuses, non anas-

VAISSEAUX DE L'ENCÉPHALE 711

tomolifjues, au noiiibro de (rois ou quairo, juscju'à liuit, qui pénèlrpul rlaiis les trous (ju'ori voit en deliors et eu dcdaus de la l)andelel,(e npl i(|ue el sur- eetle bandelette nièiiie. Elles sont destinées an hras jiosliM'ieiir de la i a|isule interne et au membre interne du noyau lenticulaire.

Dans le ventricuhi latéral, la clioroïdieune se divise en nombreuses braiuln^s parallèles, a uastomoti([ues en tre elles et avec la clioi'uïdienne p(isl(''rieui'(\ V'Me donne des rami'aux à la toile clioroïdieune, d'autr-es à la (|ueue du noyau caudé, et d'autres nombreux ([ui s'enfoncent dans le sillon o[)to-sli'ié.

Kolisl<o observe (| uc la l'bon lïdien ne an Icrii^u l'e se comporte ci nu me une grosse artère d(^ la base l'ille possède un lerrilnire piM-ipluTiquc el nu lei-iiloire central.

[jC tei'riloire pcr'iphcr'ujiic cnm|)ri'nd sui'Idul la bandclcllc iipli(|ne, la cinquième temporale et le plexus clKiniïde. (Idmme il est largeuu'ut anastomolii|m\ il piMit être suppléé \m\v loules les artères \ oisines. S'il v avait insuflisance dans la circulation collali-rale, l'oblitéralion du ti'onc artériel pi-(ivo([uerail riiiMiiianopsie et rbémiauosmi(\

Le territoire coHyvf/ embrasse le <j;-|obus pallidus du no\au stri('' extra-venl^'iculaire, le bras postérieui- de la ca|isule inlei ne, dans ses deux tiers |)oslérieurs et (ui bauteur jusipTà l'an^b" supérieur du membre m(i\-eu du noyau exti-a-veulriculaire, exceptionnelli'iniMil la partie la plus exierne de la moitié supérieure de la coucbe optiijue. domine c(^ terrilm'n" est terminal, rid)!il('ratiou des brandies ceuti-ales est une lésion gi'avc Kolisko a rassemblé plusieurs observations de l'anmllissemenl de la capsule interne pai' oblitération de la eboroïdienne antérieui-e. On a noté de rinMni|)léuic, (l(> la |)aralysie de la face et de la langue, rpielquefois miMin' (b^ riiiMinanestlicsie on de l'Iiémianopsie. I^e faisceau corlicn-prol ubéraul lel de .Mi'vnei'l pcul ('Ire cmliIoIii'' dans la lésion.

A. choroïdienne postérieure 'i b. supérieureol antérieure, Meule, Tbeile; piisiérieure el lalérale, Duii'l). — Celle arteic naît de la cérébrale postérieure, anssit(')l aprè^' rabouidiemenl de la communie;inle p(i>l(''r., cunldurne le pi'diincule cérébral et,péiu''ti-aut par la partie moyenne de la fente de Hichal, s'engage dans le |)Iexns cboroïde laléral dont elle longe le bord inlerne. Llle s'y divise eu (|ual re nu cinq longues brauelies parallèles ijni dunneiil des i-ameaux externes aux villosités du plexus, des rameaux internes à la toile clKMdïdiiMine. Cette artère est relativement almpbiée ; elle ne dépasse pas imi avant le sommet de la coucbe optii[ue et ne fournil i)as aux parm's ventriculaires (iJurct).

.■>" Artère choroïdienne médiane (cb. ()ostérieure et médiane, Duret ; supérionr(^ et posh'i-ieui-e, llenl(>el Tbeile: sans nom dans nos elassifiues français). — C'est uin> bi-anidie récurrente de la céréliel lense supérieure (de la cérébrale |)(isl . d'après Uuret). souvent assez, volumineuse, qui, a|)rèsavoirf(iurniaux tnbercnlcsquadrijumeaux et à la valvule de Yieussens, s'engage dans la loile cliordïdieune. Llle occupe le plexus clmioïde médian, el s'y l)ifiiii|ue parfuisen deux trcmcs parallèles, qui s'éteiulent jns([n'ii la tète du uoyau caudé. Dans le ventricule moven , elle donne di>s biinu^bes cidiatérales à la glande pinéale, aux parois du ventricule et. à la coucbe opl ii|ue. Ses rameaux terminanx sont t\o<lini's ,1 la lèle (In novau caudé, (|ui, dans les cas où les artères centrales do la in 40

NÉVROLOGIE

cérébrale antérieure sont peu développées, est presque exclusivement vascularisée par la choroïdienne médiane.

Les trois artères choroïdiennes communiquent largement entre elles dans la toile choroïdienne, et les injections poussées par la choroïdienne antérieure

Chur. [}. Clior. l'i'ri'-lii'll . sup.

Fig. 395. — Artères rhoroiiiii'nncs. — Figure sclifiiidlisèe.

arrivent rapidement dans lacéiébrale postérieure. Aussi l'oblitération du tronc de l'une d'entre elles serait sans influence sur la nutrition des parois ventriciilaires.

Conditions anatomiques de la circulation cérébrale artérielle.

Sur toute 1 étendue des centres nerveux, la disposition du système artériel semble pouvoir être exprimée par la même formule : la substance nerveuse est nourrie par des artères terminales provenant d'un réseau anastotnotique .

La moelle nous a déjà présenté à sa surface un double réseau: un grand réseau ou couronne vasculaire constituée par les gros troncs afl'érents anastomosés, d'où partent directement les artères centrales et d'autres vaisseaux tle la substance grise postérieure; un fin réseau issu du premier et contenu dans la pie-mère, cjui donne naissance aux vaisseaux nourriciers de la substance blanche; nous avons dit que, d'après Kadyi, toutes les artères une fois entrées dans la moelle, étaient terminales, c'est-à-dire non anastomotiques. La surface du cerveau offre une disposition analogue. A la base est un grand réseau, l'he.'sagone de Willis ; c'est de lui ou des gros troncs qui en procèdent qu'émanent les artères centrales ou ganglionnaires, destinées à la substance grise profonde. Sur toute l'écorce s'étend un réseau fin, réseau pial, formé par les ramifications répétées et anastomosées des gros troncs afférents; il fournit les artères nourricières des circonvolutions, qui sont terminales comme les a. ganglionnaires. Dans la moelle commedanslc cerveau, lesartères centrales et les artères périphériques représentent deux territoires distincts, le premier enclavé dans le second, tous deux s'entrcpénétrant sur leurs confins, uiais ne communi- (|uant pas ensemble ; chacun d'eux à son tour, territoire central et territoire cortical, est subdivisé en une infinité de territoires secondaires également fermés et indépendants.

VAISSEAUX DK L'RNr.RPIlAI.R

Lo syslciiie ai'IV'riel de l'ciicopliale iH)iiiiiiuiiii|iii'-l-il ,-i\'ec celui rie la dure iiicrc ? Nous avons signalé les raineauv que la cérébrale anl/n-ieure, plusieurs artères corticales de la scissure inl.erliémispliéri([ue et les cérébelleuses abanilonncnt à la dure-niéro, mais cela n'implique pas (les communications entre les deux systèmes artériels, lleubner, (jui s'est servi d'injections pénétrantes et qui a injecté une trentaine de cerveaux extraits avec leur dure-mère dit ([uc l'injection des artères cérébrales n'a jamais passé dans la méningée moyenne, et nie par conséquent toute relation vasculairc. Cependant, au moins chez les animaux de laboratoire, la ligature des deux \ ertébrales et îles deux carotides ne supprime pas complètement la pression vasculairc dans l'hexagone ('Coc//?;, ce<|ui sembli' indiquer quelque voie d'apport secondaire.

L'hexagone est le premier réseau auastomotique. L:\. division des branidn's. leur situation perpendiculaire à la carotide l't leiirxdiume nioiridrc ipii' (■(■Ile-ci. rali'iilissiMil le sangel diminuent la pression; la tensimi qui, dans la carotide du chien, atteint 120 à 180 mm. de mercure, n'est plus que de 80 à 00 dans l'hexagone, avec des écarts de 60 il 130 [Corin]. Les communications d'avant en arrièi'e entre les carotides et les vertébrales sont établies par les conununicantes poster, que secondent des anastomoses disposées sur la convexité entre les cérébrales moyennes et les cén'dirales postérieures. Les cômmunications bilatérales, de droite à gauche, ont pour voies, on avant la communicante ant(''rieure, en arrière la jonction des doux céril'hrales postée, en un tronc unique, le tronc basilaire, et en dehors de l'hexagone les anastomoses i|ui unissent le réseau des c(''réliellouses avec les artères du lobe occipital, ainsi que le territoire mixte du pé'doncule cérébial. On signale aussi des arti'rioles anas- (omotiques entre les l'accs internes

des hi^mis[ihoros. au-dessus du genou du cor|js calleux, au-dessous mères droite et gauche sont en cU'et au contact à ce niveau.

Chez le cheval, la ligature simultanée des deux carotides est constamment mortelle, parce que le tronc basilaire no communique pas ou par un rameau très grole avec la carotide. L'àne peut survivre si on espace lesligaturos de .31) h. : chez lui l'anastomose est constante et considi''rable. Le lapin résiste, au moins au point de vue cérébral, à la ligature des deux carotides et de la vertébrale droite; la vei'tébralo gauche sutTit à la circulation totale. La pression vasculaire de l'hexagone est k peine intUiencéc: le cerveau examiné 10. 20, 40 h. après la ligature est paie, mais non altéré. Il faut lier les quatre vaisseaux pour amener la mort. Enfin le chien supporte la ligature des quatre artères du cerveau, les deux \-ertébrales et les deux carotides; il y a des troubles graves immédiats, mais qui disraissent quelques heures après ou même bien pluti'it. X. Cno|i(M-, surun chien qu'il injecta !• mois après cotte quadruple ligature, constata que la cii'culaliiiu s'i'tait rétablie par des anastomoses des brandies île la sous-clavière avec la carotide externe qui fournit en partie le tronc basilaire, et dos intercostales supérieui^es avec les vertébrales (Vni/ec /ex e.rpérienci's de Ehrmann. de Corin.. ). Chez l'homme, il y a des cas assez nombi^eux où la lisature des deux carotides, faite à intervalle de -i a, 10 jdurs seulement, n'a pas produit il'accidents cérébraux ; de même la ligature du tronc |]rachio-ci''phalique, i[ui supprime une carotide et une vertébrale. Quant a la ligature d'une carotide seule, nous a\ons dit que dans la majorité descas les accidontscérébraux oliscrvi'S dépondent d'uneanonialio de Thexai;onc ou do robstructir)n d'une de ses liranches par artériosclérose.

H en est de mémo des oblitérations expérimentales ou pathologii[ues di's iji'os vaisseaux de l'hexasono. Ces dernières sont communes chez les sujets âgés ou alcooliques, et se présentent souvent sans ramollissement concomitant. Mémo des oblitérations multiples peu- ^■ent, si elles sont disséminées d'une certaine façon, ne pas troubler notablement le fonctionnement hydraulique de l'hexagone : Heubnor a donné le dessin d'un cerveau chez leipiel (|uatre artères oblitéri'es, une viTtébrale gaïudie, le sepuicnl moyen du ti-onc basi-

■ulalion pi^i'ii Srh.-i

centrale.

la faux : les pies-

NÉVROLOGIE

laiiT, la sylvienno gaucho, la cérébr. antér. droite, n'avaient pas produit d'infarctus. Il lait observer que la condition dangereuse, c'est l'occlusion de deux artères du même cùté, ce qui arrive souvent pour les a. antérieure et moyenne, toutes deux d'origine carotidienne ; dans ce dernier cas, la cérébrale postérieure, elle-même souvent rétrécie, est insuffisante à compenser les interruptions de l'hexagone.

Du réseau hexagonal ou de ses prolongements immédiats naissent les artères centrales, qui sont des artères terminales, à territoire fermé. Nous avons déjà fait remarquer que cette origine rapprochée et leur caractère terminal y entretenaient une tension tout à la fois plus variable et plus forte ; observons en outre que leurs anastomoses originelles sont beaucoup plus linutées que pour les artères corticales. Ces artères sont surtout menacées dans les oblitérations locales des vaisseaux de la base. Qu'un caillot ou une endartérite végétante ferme la partie initiale de la cérébrale moyenne sur une longueur seulement de 2 cm. et toutes les artères centrales du groupe latéral antérieur seront fermées en même temps ; une partie notable des striées externes et internes ne pourra plus conduire le sang aux noyaux ganglionnaires dont la nutrition sera dès lors compromise.

Les artères corticales ou périphériques possèdent un second réseau, interposé entre elles et l'hexagone, le réseau pial : il couvre toute la surface des circonvolutions qui est une surface grise. Bien que les artères qui pénètrent dans la substance nerveuse soient, comme les artères ganglionnaires, des artères terminales, cependant leur très grand nombre et leur très grand rapprochement leur enlèvent leur indépendance ; leur circulation est entièrement sous la dépendance du réseau d'où elles procèdent. La présence de ce réservoir commun, extrêmement divisé et extrêmement communiquant, entraine plusieurs conséquences :

1° On peut admettre que la circulation doit y être notablement ralentie, et que la tension intra-vasculaire y est tout à la fois faible et uniforme. Le fait qu'une injection poussée par une artère afférente, après avoir rempli le réseau, s'engage beaucoup plus facilement dans les autres artères alférentes que dans les vaisseaux nourriciers de l't'corce, prouve que ce réseau forme un tout solidaire, continu, qui régularise la distribution du sang et l'emmagasine avant de le laisser passer à la substance nerveuse.

2° La suppléance est facile en cas d'obstruction d'une des branches afférentes. C'est ce que l'on constate de visu dans les injections partielles après avoir lié une artère un peu volumineuse ; c'est ce que prouvent aussi les observations pathologiques ou expérimentales où l'on a vu le tronc d'une grosse artère comme la sylvienne complètement oblitéré sans lésion cérébrale consécutive. Quand une cérébrale est fermée par un caillot ou par l'athérome de ses parois et que cette occlusion entraîne un ramollissement nécrobiotique, ce n'est donc pas parce que son territoire est complètement interdit à l'apport du sang, c'est parce qu'il y a d'autres conditions défavorables, telles que rartérios(dérose du réseau luimême ou des autres artères alTérentos, l'insuffisance de la circulation totale, peut-être même des phénomènes locaux de vaso-constriction. Il n'est pas dans l'i^conomie un seul organe, chez lequel la ligature d'un gros tronc artériel ne puisse, dans certaines circonstances, déterminer la gangrène.

30 Avec un réseau vasculaire, il ne peut pas y avoir do territoire au sens absolu du mot. même avec des artères terminales issues de ce réseau. Heubner insiste sur ce point que le réservoir de la pie-mère est une sorte de terrain neutre qui reçoit de tous et rend à tous, et que lorsqu'on parle do la région où se distribue une artère comme étant son territoire, ceci ne peut s'entendre que conmie d'un lieu que le sang de cette artère remplit plus promptoment et plus facilement ; ce sont des lieux de passage habituels. II est probable toutefois que les nerfs vasculaires nombreux que possède la pie-mère doivent donner à chaque artère qm les porte une certaine autonomie, en réglant dans son domaine la constriction et la dilatation de ses branches.

Les deux travaux qui ont cri'é la question îles artères du cerveau et l'ont en grande partie résolue sont ; Vurel, Rechercher niwtomiquex sur la circula/ion de /'encéphale, Arch.de physiologie, 1874: — Heubner, Die luetisclie Erkrankung der Ilirnarterien, 1874.

Voyez aussi: Biscons, Recherches sur les artères cérébrales, Th. Bordeaux, 1890; — Kolisko, Ueber die Beziehung der Arteria chor. anterior, 1891.

VAISSEAUX DE L'ENCÉPHALE

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