‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 190 sur 194 · HOMMES DE 19 A 60 ANS · texte numérisé non relu

HOMMES DE 19 A 60 ANS

de l^bO a ImôS

[ie l'"G6 à 1"'70

de r'7 1 à

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Les résultats ne sont pas moins nets lorsqu'on remplace la taille par le poids du corps, comme l'a fait Bischoff (Das Hirngevvicht des Menschen) :

91 hommes de 30 à 39 kil. Poids moyeu de l'encéphale 1348 gr. 206 40 à 49 — - ' — 1362 gr.

149 — 50 à 59 — — — 1370 gr.

62 00 à 09 — - — 1386 gr.

18 70 à 70 — — — 1419 gr.

On obtient des résultats analogues en opérant sur le se.xe féminin soit avec la taille, soit avec le poids du corps.

Il ne faut pas croire que la dilîérence de poids encéphalique trouvée entre deux groupes successifs représente exactement l'influence de la masse organi([ue sur le poids de l'encéphale. J'ai montré en effet que :

1° En ce qui concerne la taille : celle-ci ne représente qu'une seule dimension du corps, et les individus groupés comme plus haut suivant leur taille restent mélangés quant aux deux autres dimensions dont l'influence n'est pas moins grande que celle de la longueur, bien au contraire.

2° En ce qui concerne le poids du corps, ce poids varie beaucoup suivant l'état de maigreur ou d'embonpoint, d'où il suit que beaucoup d'individus gras ou émaciés se trouvent indûment classés parce seul fait dans des groupes détaille forte ou faible.

La comparaison du poids du corps ou de la taille avec le poids de l'encéphale suffit, grâce à la méthode des moyennes et au procédé de l'ordination, pour

POIDS DE L'RNCÉPHALE

mettre en évidence l'influence de la masse du corps sur le poids de l'encépliale, mais nullement pour évaluer cette influence. I/analomie coinparalivedémonlre seulement que celle-ci est très considéralde.

Variations suivant le degré de développement intellectuel. — Il en est

de même pour la relation qui e.xiste entre le développement intellectuel et le poids de l'encéphale, l/analomie comjjarative a rendu cette relation évidente, que l'on compare soit les classes de vei'lébrés ou les espèces entre elles, soit les races humaines, soit des groupes d'individus de même race et de même se.xe classés autant que possible d'après leur intelligence. Ici encore la relation dont il s'agit |)eut être mise en évidence, mais ne |ieut pas être évaluée numériquement. .\e pouvant discuter ici une question physiologi(jue, nous exposerons seulement les principaux faits analomi(|ues cjui s'y rattachentsansinsister sur leur intiM-prétation.

Divers anatoniistes ont réuni les poids encéphaliques, mesurés à l'autopsie, d'un certain nomhie d'hommes plus ou moins éminents. .l'ai pu former une série de 4o cas auxquels j'ai ])U ajouter, pai' le cubage des crânes d'hommes distingués de la collection de Gall (iMuséum de Paris), une série de 35 autres cas. Chacune de ces deux séries m'a donné le même résultat. D'après la composition de l'une et de l'autre, mises en regard d'une série de poids encéphali- (}ues de Parisiens et d'une seconde série de Parisiens du groupe des tailles les plus élevées, on voit que la série des hommes éminenis est remar(juable par une extrême rareté de poids encéphaliiiues inférieurs à la moyenne ordinaire et par une énorme proportion d'encéphales très volumineux, même relativement à la série des Parisiens de haute taille.

La supériorité encéphalique des hommes distingués apparaît non moins

nettement dans l(^s moyennes. Kn effet les trois séries de Parisiens étudiées

par Sappey, par Hroca et par moi ont donné tontes les trois In même movenne :

13;)7 gr. — t)r la |)remièro série d'hommes distingués, après élimination de

encéphales dépassant 1780 gr. et de 3 eiicé|diales séniles (plus de 70 ans)

donne encore un poids moyen de 1 i50 gr., bien que la série comprenne encore

18 cas de 01 à 80 ans. Ouanl à la deuxième série, elle donne une movenne

sensiblement égale : 14i'J gr.

C'est en vain iiue liivers auteurs ont fait oliscrver que l'on a ronrontré tics poiils cnoéplialiques très l'icvés riiez des artisans, cliez des i''pilepliqucs, eliez des imbéciles, l'^ii [lareillc matière l'en doit O])poser k ilos moyennes d'autres moyennes, et non des cas particuliers. Tel simple artisan resté inculte pouvait être aussi bien et mieux doué que tel professeur ou tel évèquc. L'épilcpsic n'est pas incomiiatihlo avec une intelliijence supérieure. Tel c(M-veau volumineux d'un imbécile pouvait être altéré patliologiqucmcnt. — On a fait aussi observer que plusieurs hommes éminents a\ aient un poids encéphalique intérieur à la moyenne ordinaire. Cela prouverait tout au plus que les qualités intellectuelles en rapport avec l'élévation du poids de l'enciqdiale ne sont pas les seules, mais cela n'empêche pas le développement quantitatif de constituer une qualité assez importante (toutes choses il'gales d'aiUeursi |iour que pi'u d'Iiommes vraiiiioiit remar(|uable.s par leur intelligence en soient privés.

Il faut remarquer, d'autre part, que si l'existence d'imo relation entre le développement intellectuel et le poids de l'encéphale est un fait aussi bien démontré qu'explicable IIk'oriqucment, cela n'implique en rien la possibilité de mesurerrintelligcnco d'après le volume du cerveau, de mèiue que l'existence d'une relation entre la taille et le poids de l'encéphale n'implique point la possibilité d'évaluer la taille d'un individu d'après son poids encéidialiciue.

L'idiotie est ordinairement en rapport avec des altérations pathologiijues des

NÉVROLOGIR

centres nerveux, el ces altérations peuvent exister sur des encéphales d'un volumequelconque. Toutefois il est certain qu'au-dessous d'un certain minimum de poids encéptialique l'idiotie est constante. Tous les idiots ne sont pas microcéj)hales, mais tous les microcéphales sont plus ou moins idiots. A quel chitTre commence la microcéphalie ? C'est là une question à laquelle divers auteurs ont cru pouvoir répondre, mais vainement, car le minimum de poids encéphaliquecompatible avec une intelligence normale dépend évidemment delà taille.

La microcéphalie eilcâvaciévisée par un arrêt de développement qui ne porte point seulement sur le volume du cerveau, mais aussi sur sa morphologie et sur celle du crâne. Dans les cas les plus prononcés, on a vu le poids de l'encéphale descendre au-dessous de 300 gr. et l'on ne connaît pas de cas authentique où une intelligence ordinaire ait coexisté avec un poids encéphalique inférieur à 800 gr.

La mesure du poids de l'encéphale chez les aliénés n'a point fourni jusqu'à présent de résultats nettement spéciaux. L'aliénation mentale résulte en eli'et d'altérations anatomiques ou de troubles physiologiquespouvant survenir chez des individus ayant un poids encéphalique quelconque. En outre la nécessité d'envisager parmi les aliénés des catégories diverses a fait que les séries étudiées ont été presque toutes insuffisantes pour donner des moyennes stables. D'après les 800 pesées du Dagonet utilisées par le D' Bra, il semblerait que les catégories des mélancoliques, des maniaques (manie aiguë) et des épileptiques aient un poids encéphalique sensiblement supérieur à la moyenne ordinaire. Mais ici peuventintervenir la congestion ou la sclérose et autres processus pathologiques compliquant la question.

Quelques auteurs peu familiers avec les règles de la statistique anatoinique ont émis, au sujet du volume de l'encéphale chez~les criminels, des assortions dépourvues de valeur. Ayant pu cuber les crânes de 83 assassins français exécutés, j'ai montré (Congrès intern. de Rome 1883) que cette série diffère à peine soit par sa composition, soit par sa moyenne, d'une série de l^arisions quelconques. La moyennne des assassins est un peu plus élevée d'une quinzaine de grammes seulement, ce qu'une très légère supériorité de taille suffirait il expliquer.

Analyse physiologique du poids de l encéphale. — On a vu plus haut que le poids de l'encéphale est eti relation d'une part avec la masse du corps et d'autre part avec le développement intellectuel. Ces deux relations qui, très souvent, se masquentréciproquement, ont pu néanmoins être mises en évidence grâce à la méthode des moyennes et par diverses comparaisons dans lesquelles la masse du corps était représentée soit par la taille, soit par le poids du corps. Il a été déjà dit pourquoi ces deux modes de représentation sont très incorrects, la taille n'étantque l'une des dimensions du corps, nullement proportionnelle aux deux autres, et le poids total du corps subissant des variations énormes par le fait de l'embonpoint ou de l'émaciation, etc. On comprend que l'estimation de l'influence de la masse du corps sur le poids de l'encéphale serait beaucoup plus correcte si l'on représentait cette masse par un terme anatomique exprimant le développement maximum atteint par les parties actives de l'organisme régies par les centres nerveux encéphaliques. C'est dans ce but que j'ai lemplacé le poids entier du corps par le poids du fémur sec, qui représente assez bien le développement quantitatif total du squelette, et, indirectement, du système musculaire.

POIDS DE L'KNCÉPIIALE

Or si la relation (jni cxislo rnlrc li's x'ai'ialioiis de la masse aciive du eorps et les variati()iis àn poids eii( é|dialiiiue peut être évaluée ainsi approxiinativeineiil,il s'ensuit la possibilité d'isoler ahslrailemenl celte relation de C(dle qui existe entre le |)<)ids de reiu-éphale cl l(Mlé\('l(ippein(Mi t i n tid Ici l lud , au I rc nient dit, la possibilité de pai'la,i;i'r le poids encépliahi|ue en deux (|uauliir's m rl l représentant les deux i'(dali(ins à évaluer. J'ai iusIiliK' poiii' cela un |iri ici'cb' li'és siuiplr (|ue l'on ri( ni \'era exposé dans mon iniMuoire menlionnc plus liaul et dans une coiuinunication à la société dt; lîioloyie ((J.-ll. llS'.jl).

Variations suivant le sexe. — La différence sexuelle du poids de l'encépliale est en moyenne de l 'i.S ^r. d'aj)rès les [lesées de Hroca (Paris, individus de l!J à (jl) ans) et d'après mes cubaL^es de la capacité crànieniK!.

Ci'l IimIi llÏTciii'o cDiisidr'i'alilc ,i l'Ii' iiiliT|in''l(''c trrs riuisseini'iit. De noiiilircux niili'iirs se soiU eiH|in'-;si''S d'i'u déiliilri' uni' i ii li 'rKji i li ■ roinlaniriiliili' dr la reiiiiiir S(jiis le rappoi'l lie rinlelll^'eni'i' . l'I iisieui'.s se sdiil ;i vT'-, sur ce l'ail i|ui; l'iiilV'i'idril !■ du puids ilc l'encépliale cliez la reiiiiui^ rciiipoi'lcrail sui riiilV'i'iiinl(' ilc sa taille rl, du piiids de siui eorps. Mais ils n'ont point rojniiripn' ipii' li;s didaulsde ces ilciix Iituh'S a[la,tolllil|lll^s. eoiiiiui' l'cprési'iitaiils do la masse arli\ c de riii-;,'auisiui\ oui pn'Tis(''miMil ici une iiuporlaure tmin' ]iarliriilirre. elle/ les Iriuuirs. ru rll'cl.la laillr rsl. plus i^i'i'di.' en f,'('ni'Tal que elir/ li's linuiuirs, rrlatiN ruiriil, aux ailiers diuiriisinus. rl. Ir Ussu adipeu.v eonstilue, a\ ee la elie\ elure, un jioii/s iniirl plus éle\ ë que elir/ l'iiomuie.

En comparant dans les deux sexes divers ternies anatomiques el physiologiques coiijoinlemenl avec le poids di' l'encépliale, j'ai montré (|iie la remme se rap|jroche de rbommc beaucoup plus pai' le poids eiice|ilMliiiiii' que par Ions le.T termes de comparaison susee|)libles de r(qirésenter avec quidijuc exactituili^ la masse organique aeliveel principalement les parties du corps le plus direcleinenl soumises à rinlliience des eenli'es nerveux eiicéplial iq nés. (j'esl ce ipie di'iiionlrera pérem[iloirement la liste suivante m'i les ( bitlres léininins sont exprimés en centièmes des masculins.

Taille Iluiuuie

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li:) 1 Divers).

Poids (lu corps —

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