LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN
(■liii(iï(l(^ au voisinage de rorifice est liés variable ; il pont être lâche ou ferme. Sur le plexus émergent on trouve des restes de formation nei'veuse ancienne {lœnue ou liguhv), quelquefois une coilîe complète (deux fois sur cin(juantequatre), d'autres fois une bande médullaire enroulée en spirale autour du jilcxus qui ressemble al(jrs à une corbeille de fleurs ou à une corxe d'aho)idancc
Proluhrrance
pneumo.
Le bulbe, la ]irotubérance et la nioilic gauche du cervelet sont vus par leur face antérieure. Le plexus clioroide (rouge) sort par le trou de Luschka. — D'après lietzius.
suivant la comparaison de lîoclidalek ; ordinairement, il n'y a qu'une sim|ile lamelle non enroulée, mais qui, par sa disposition en entonnoir, peut encore juslili(M' la comparaison précédente.
r/oriOco existe cliez les animaux (/oiiinio cliez l'iinmnie : il est surtout large chez ceux qui n'ont pas tic trou de Magendio, ainsi ciicz le cheval les plexus choroïdes énormes t.ra- \ erscnt une ouverture nette à travers un .sac pial très i'ernio. Chez l'homme, il apparaît plus tardivement que le trou do Magendie, car au cinquième mois embryonnaire, les plexus choro'ides ne sont pas encore arrivés à l'angle latéral du ventricule: peu à peu en se développant transversalement ils refoulent la capstilc nerveuse qui ferme le diverticulc latéral, l'amincissent et, la font disparaître par atrophie ; un même processus d'atrophie raréfiante atteint la pie-mère ; ainsi se produit un réseau lacunaire ou un large trou par où sortent les plexus, emportant avec eux des restes variables do l'écorce nerveuse qu'ils ont désagrégée (tœniœ, corne d'abondani'c.)
Sutton(7'/(e latéral recess of'the fourlli rentride. Brain. 1887) attribue à l'occlusion du recessus laté'ral un certain nombre de cas pathologiques. Suivant lui, la non formation (hi trou (le Luschka ou son oblitération pendant la vie fœtale provoquent l'apparition d'une ventriculo-méningocèle qui se projette dans la région occipitale, et l'occlusion de ce même orifice dans le cours de la vie extra-utérine, notamment par des tumeurs du plexus choroïde, donne naissance aux Icystes latéraux du quatrième ventricule. Mais les cas qu'il relate comportent peut-être une pathogénie plus compliquée.
il cxisli;- donc plusieurs points de comnumication chez l'homme entre les cavités encéph;ilii|iies cl l'extérieur. Pour quelques auteurs il y en a six : trois auloui- du c'crveau (les
NÉVROLOGIE
parties latérales droite et gauche de la fente deBichat, et le canal de Bichat dans la partie transversale), et autour du cervelet, le trou de Magendie et les trous de Luschka droit et gauche ; on remarquera la symétrie de cette disposition. Pour le plus grand nombre il n'existe que les trois orifices cérébelleux, trous de Luschka et de Magendie. Si cette question n'est pas vidée au point de vue anatomiqae, elle l'est encore bien moins au point de vue physiologique. Quand môme la fente deBichat serait fermée, le liquide ne peut-il donc passer par flltration à travers la mince pie-mère qui ferme la fenle, surtout si à un moment donné la pression n'est plus la même d'un côté de la membrane ? 11 ne faut pas oublier non plus que cette fente est entourée d'espaces sous-arachnoïdiens importants. En résumé il y aurait lieu peut-être de distinguer des communications directes (orifices du quatrième ventricule) et des communications indirectes (fente do Bichat).
Magendie a rapporté des observations d'hydrocéphalie avec oblitération de l'orifice qu'il avait décrit ; mais ces observations sont bien discutables, puisque cet orifice peut normalement faire défaut chez l'homme et les animaux, Plus admissible est l'hypothèse de Duret dans le rôle qu'il fait jouer au liquide ventriculaire comme agent de transmission d'un choc extérieur; on conçoit en effet que si une commotion violente ébranle le liquide intérieur, celui-ci, subitement chassé et ne pouvant s'échapper assez vite par les soupapes des orifices, produise de graves désordres dans le plancher ventriculaire.
Rôle du liquide céphalo-rachidien. — Le liquide ne remplit pas, comme on pourrait le penser, une fonction mécanique de suspension, analogue à celle du liquide amniotique. Le cerveau ne flotte pas; car il ne peut être immergé dans les 25 ou 30 gr. de li([uide qui l'entourent; en nombre de points la lame liquide est même si mince qu'il y a adbérence capillaire et que le principe d'Archimède n'est pas applicable. Que serait un cerveau flottant, exposé au moindre mou^'ement à se heurter contre les parois du crâne, à déchirer ses vaisseaux et ses nerfs dont quelques-uns, comme l'olfactif, sont d'une extrême mollesse? Seule, la moelle peut être considérée comme baignant réellement dans le liquide de sa vaste gaine sous-arachnoïdienne, disposition qui est sans doute en rapport avec la mobilité du rachis, laquelle explique à son tour l'épaisseur de la couche liquide protectrice.
Le liquide est-il un coussinet protecteur garantissant par son élasticité la masse cérébrale contre les chocs physiologiques ou anoruiaux qui peuvent l'atteindre ? On ne saurait nier qu'il en soit ainsi et que le cerveau ne voie par là ses mouvements d'expansion et de retrait et ses légers déplacements singulièrement facilités. Mais ce ne peut être qu'une fonction bien secondaire du liquide; il suffit d'observer que le liquide n'est abondant que dans les creux du cerveau et que sur les parties saillantes, les plus exposées au choc, il est en nappe très mince.
Ce serait d'ailleurs supposer que le cerveau est mobile. Luys a cru pouvoir conclure d'expériences cadavériques qu'il y a une locomobilité réelle du cerveau, que celui-ci se déplace suivant les attitudes, et que quand il touche une paroi du crâne, la paroi opposée est séparée de la surface cérébrale par un vide de 5 à 6™™. A priori on ne comprend pas que l'encéphale puisse se déplacer; il est immobilisé dans le sens vertical par la tente du cervelet, dans le sens latéral par la faux du cerveau; ses hémisphères sont suspendus et attachés à la voûte par les nombreuses veines afférentes du sinus 1. postérieur, et son étage inférieur est lui aussi fixé à la tente du cervelet par les veines de Galien. On se demande aussi ce qu'il arriverait dans un choc brusque, même avec un déplacement de 5i""i seulement, s'il ne devrait pas se produire des déchirures de nerfs ou de vaisseaux, des contusions du cerveau contre les petites ailes du sphénoïde, le bord inférieur de la faux, la petite circonférence de la tente, toutes parties tranchantes et rigides. Des raisons plus positives empêchent d'admettre la locomobilité du cerveau. Les empreintes du plafond orbitaire attestent un contact exact, ces empreintes existent aussi sur la voûte, peu marquées chez l'homme à cause de l'épaisseur de la dure-mère, plus nettes chez les animaux. Dans les congestions artérielles du cerveau, les circonvolutions sont manifestement aplaties, comme écrasées, ce qui indique une compression par la paroi osseuse au contact. Enfin les expériences de Sappey et de M. Sée sur des têtes munies de fenêtres ont montré que même dans le renversement de la voûte en bas le cerveau restait collé à la base. On doit donc admettre que dans toutes les attitudes le cerveau est au contact exact de la paroi, sauf en des points restreints, comme les espaces sous-arachnoïdiens de la base; il fait corps avec elle, par l'intermédiaire de son liquide c. rachidien et sans production de vide possible. Cette application résulte de la tension excentrique que déterminent la réplétion des vaisseaux et le liquide des ventricules.
La fonction du liquide céphalo-rachidien, au moins sa fonction principale, est d'ordre vasculaire: il aide à régulariser la circulation sanguine qui sans lui risquerait de comprimer les éléments nerveux ; il est la conséquence de l'inextensibilité des cavités crâniennes et rachidiennes.
On sait en effet que le cerveau, comme tout organe mou, est sujet à des mouvements
LIQUIDE CÉPIIALO-RACHlDIEiN \:n
allernal.ifs d'expansion et. de resserronjent, produits soil, par les pulsations cardiaques, soil parles oscillations respiratoires. Ces eliangcnients de volume ne sont rendus possibles que par le déplacement d'une quantité de liquide égale à l'apport du sang artériel. Ce liquide est double, le liquide céphalo-rachidien et le sang veineux.
10 Le liquide céphalo-rachidien l'ait bomber les fontanelles de l'enfant, et si ces fontanidles sont ossiliées il fuit dans le sens de la moindre ri'sistance, \'ers la moelle. Le canal rai hidien est donc un tuyau d'échappement, grâce à l'ampoule terminale de la ri''gion sacrée, grâce surtout aux parties souples et élastiques que représentent les ligaments jaunes, les graisses fluides extra-durales, et plus encore les énormes plexus veineux, mous, dilatables, qui do chaque côté se vident par les trous de conjugaison. Je dois dire que cette hypotlièsc de l'échappenient par le sac rachidicn, liypotlièse si bien défendue par Richet, est aujourd'hui condmttue par plusieurs physiologistes, notamment par F. Franck. D'après eux le manomètre placé dans l'espace sous-occipital démontre que le déplacement du liquide céphalo-racliidien à ce niveau est très nnnime et ne se propage qu'à une très faible distance dans le rachis; le liquide rachidien et le liquide crânien bien que continus sont en grande partie indépendants; leurs déplacements sont partiels et l'on ne saurait parler d'un mouvement régulier de tlux et de reflux.
2" Le sang veineux du crâne et du rachis s'évacue hors de ces cavités. Dans la systole arl(''rielle, l'artère qui bat dans un espace sous-arachnoïdien communique ses pulsations à la veine voisine par l'intermédiaire du liquide céphalo-rachidien; la veine projette son sang dans les sinus. Dans l'inspiration, c'est le thorax dilaté qui appelle le sang veineux des cavités crânienne et rachidionne. Pour les physiologistes précédents, l'évacuation veineuse est le fait principal, corrélatif de l'expansion artérielle; l'évaeuation de li(pjide céphalo-rachidienne est un fait accessoire, qui ne prend d'importance que si l'échappement du sang veineux est entravé. Le liquide sous-arachnoïdien joue donc un rôle d'auxiliaire de la circulation \'eineuse. Même réduit à ce rôle, il n'en resterait pas moins un régulateur de la tension intra-crânienm^ : son augmentation jii'oporfionnelle à l'atrophie cérébrale plaide dans le même sens.
lîAPPORTS DES NERFS AVEC LES MÉNINGES
Les nerfs crâniens et rachidiens émergeant de la surface du cerveau ou de la moelle sont obligés, pour atteindre leurs canau.x osseux, de traverser les méninges ou de les refouler. I^es recherches de Key et de Retzius (1875) sur ce jioint diflicile, sont restées classii[ues, iiieii ([u'on ne les ait contrc)lées que pour ce qui concerne le nerf o|ilique.
Nous prendrons ce dernier comme type. Au momoni on il se détache de la surface cérébrale, à l'angle antérieur du diiasma, il entraîne avec lui la pii^mère qui lui sert d'intima, puis du tissu sous-arachnoïdien en traversant l'espace sous-arachno'idien qui contient le chiasma, puis l'arachno'Rle qui enveloppe en manchon les membranes précédentes, et il arrive ainsi au frouo|)lique dans lequel le feuillet interne de la dure-mère se prolonge sur lui, tandis que le feuillet externe se continue a\'ec le j)ériostc orbitaire. Ces envelojqies accompagnent le nerf o|)li([ne jusipi'à sa terminaison, jusque dans les membranes de l'œil.
\ partir du li'ou ()plii(ne, (in trouve donc autourdu noi'f les ditîérentes gaines qu'il a successivement acquises en traversant les méninges, gaines continues avec les enveloppes du cerveau etcomme celles-ci sé|tarées parlesmêmes espaces lyni|)lialiques. Ce sont de dehors en dedans : la, gaine durale, gaiiu"» externe, lilireus(>, suile de la dure-nu're — lagaine arachnoïdienne, suite de l'arachnoïde viscérale, el euli-e ces deux gaines, l'espace subdural, ici cloisonné — la gaine |)iale, qui ju-nlonge la |iie-m{'re ; entr-e lesgaines piale et araelnniïdienne, l'espace sous-araciinoïdien occu|ié ])ar le même réseau Irabéculaire. (>e (pTim appelle l'espace intervaginal du nerf optique s'étend entre lagaine durale et la
NÉVROLOGIE
gaine piale et comprend deux espaces secondaires, un très étroit, le subdural, l'autre beaucouj) plus vaste, le sous-arachnoïdien.
Les injections, poussées entre les méninges de la moelle vers le cerveau et le nerf optique, ou inversement entre les gaines du nerf vers le cerveau, montrent que les espaces subdural et sous-arachnoïdien du nerf ne communiquent pas entre eux, mais communiquent librement avec les espaces correspondants des centres nerveux. Le nerf optique n'est au point de vue de ses enveloppes qu'un prolongement cérébral. S'il en est ainsi, si l'espace subdural du cerveau se continue le long du nerf optique, cet espace n'est donc pas fermé par la réflexion de l'arachnoïde en cul-de-sac au niveau du trou optique. Retzius n'admet pas. cette réflexion de l'arachnoïde viscérale sur la dure-mère, décrite par tous les classiques. Pour lui la cavité subdurale reste ouverte autour du passage des nerfs, ainsi que le montrent les coupes histologiques et les injections expérimentales ; seulement elle parait fermée parce qu'elle est cloison-
Moetle Pie-mère Tissu sous-aracli. Arach. viscér.
Dure-mère
Espace suh-dural [cao. arach.)
Racine nerveuse
Espace sous-arac/i.
Vertèbre
Fig. 104. — Rapport d'un nert rachidien avec les méninges.
Un filet d'une racine rachidienne sort de la moelle à gauche, traverse l'espace sous-arachnoïdien et s'engage à droite dans un trou de conjugaison. La pie-mère en rouge, la dure-mère en bleu. — (Grossi. — D'après Retzius).
née autour du nerf el que ces cloisons peuvent être serrées et difficiles à séparer.
Celte description des gaines, on pourrait dire des méninges du nerf optique, s'applique avec de nombreuses variantes, du reste, aux autres nerfs crâniens ou rachidiens ; mais nulle part elle n'est aussi simple et aussi démontrable. Pour les nerfs rachidiens la disposition ordinaire est la suivante. A son émergence sur la périphérie de la moelle, la racine nerveuse, antérieure ou postérieure, présente un étranglement; elle est entourée à ce niveau par la pie-mère qui forme des anneaux conjonctifs autour de ses faisceaux et se prolonge extérieurement sur elle. Chacun des gros faisceaux ou filets de la racine traverse le vaste espace sous-arachnoïdien accompagné par des lamelles piales et une mince couche de tissu sous-arachnoïdien ; près du trou de conjugaison, il subit un nouvel