‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 29 sur 194 · PRÉPMUTION ET CONSERVATION DES CENTRES NERVEUX · texte numérisé non relu

PRÉPMUTION ET CONSERVATION DES CENTRES NERVEUX

'■)0 Méthode des dégénérations. — Un mérlecin do Vienne, L. Tiirck, apporta en 18y] liliisiours observations do sujets chez lesquels, à la suite do lésions anciennes du cerveau ou do la moelle, il avait constaté à l'autopsie des dégénérations suivant des trajets précis, ru sens ascendant ou descendant; il en conclut qu'il s'agissait de faisceaux analouiiques distincts, frappés do mort par leur interruption d'avec leurs centres, et il put ainsi, le premier, dans les cordons antéro-latéraux et dans les cordons postérieurs, isoler des systèmes di' libres centrifuges ou centripètes, notamment le faisceau pyramidal. Presque en mémo teuips Wallor démontrait, par l'expérimentation;, que dans un nerf coupé la partie qui est séparée do son centre subit une dégénération consécutive. L'étude des dégénérations secondaires ou wallériennes, développée par Ciiarcot et l'Ecole de la Salpétrièro, puis reprise dans ces dernières années au point de vue expérimental, a élargi le cercle do nos connaissances sur la constitution do la substance blanche des centres nerveux; elle a été longtemps la seule manière de séparer les voies conductrices du pédoncule cérébral et de la capsule interne: elle est encore aujouril'hui le réactif le plus sûr, surtout avec les piocéilés nouveaux de coloration des fibres dégénérées (Marchi).

Le principe de la méthode est donc celui-ci : tout nerf périphérique ou central, toute fibre nerveuse, tout membre cellulaire, protoplasmique ou cylindraxilc, dégénèrent quand ils sont séparés de leurcorps cellulaire, comme des branches frappées de mort quand elles ne tienni'nt plus au tronc. La cellule est le centre (ropluque de ses expansions, fonction qui n'inqjlique pas nécessairement le sens de nutrition chimique, mais celui d'excitant fonctionnel; la dégénérescence est peut-être le simple fait do l'inactivité. Si la fibre dégénérée a son extrémité libre dirigée vers les centres nerveux, ou dans les centres nerveux vers 1g cerveau, ou dans le cerveau vers l'écorce, la dégénération est dite ascendante ; elle est descendante, si la portion altérée de la fibre nerveuse est située entre le point lésé et la périphérie. L'observation attentive des dégénérations pathologiques ou expérimentales doit ainsi nous révéler où sont les cellules d'origine, où senties extrémités libres, par conséquent quelle est la direction lies fil)res et des courants nerveux (Fig. lO.'i).

6' Méthode des Atrophies expérimentales. — On savait que, lorsqu'un organe périphérii[ue est depuis longlemps diHruit ou supprimé, la partie des centres nerveux, où aboutissent les ni;rfs de cet organe, finit par s'atrophier : on peut donc de la localisation de l'atrophie conclure à la terminaison centrale des nerfs périidit'riipies. C'est ainsi que dès 18.5o, Panizza, étudiant des sujets atteints d'anophtaluiic congénitale ou morts longtemps après avoir perdu un œil, avait, d'après le trajet de l'atrophie ascendante, reconstitué en partie le trajet des fibres optiques et indiqué leur terminaison dans le lobe occipital. C'est ainsi encore qu'une partie de la moelle épinière s'atrophie chez les anciens amputés, et que certains de ses faisceaux ne se développent pas chez les sujets atteints d'anencéphalic. Gudden (1870), mort il y a quelques années, a transporté ces faits dans le domaine cxpén-imental.Le type de sauiéthoile consiste dans l'observation des arrêts de développement consécutifs à l'énucléation de l'œil chez de jeunes animaux ; mais il l'a étendue à d'autres organes ou mémo à des portions de centres nerveux. Denombreux expérimentateurs l'ont suivi dans iclle voie; on a enlevé des portions de l'écorce, des lobes entiers du cerveau, le cervelet, elr,.. Los résultats n'ont d'ailleurs pas été aussi satisfaisants que pour la détermination des voies opti(|ues.

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