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S III. —.PRÉPARATION ET CONSERVATION DES CENTRES NERVEUX

11 y a tout intérêt à pouvoir conserver les pièces anatomiques, moelle ou cerveau, le ci'i veau surtout, soit pour avoir le temps de les étudier, soit pour les utiliser plus tard comme pièces de démonstration et de collection. Un bon procédé doit rcuqilirles conditions suivantes. Il faut que la pièce soit : 1" imputrescible; 2" plastique, c'est-à-dire qu'elle ait imo consistance et une fioxibilité suffisantes pour être maniée, explorée avec les doigts, sans être ni cassante, ni friable; 3' qu'elle ait conservé son volume primitif ou tout au moins que la réduction soit minime; 4» que les deux substances, grise et blanche, gardent leur couleur distinctive : S" que le procédé soit pratique, en ce sens qu'il n'exige pas uni^ di'pense trop considérable de temps ou d'argent.

Pendant longtemps on s'est contenté de déshydrater simpleuieni le cerveau (je prends ce mol comme synonyme d'encéphale), procédé tout à fait imparfait ; le progrès dans ces dernières années a consisté dans la substitution à l'eau, qui représente 80 0/0 des centres nerveux, d'une matière solide ou liquide, paraffine, vernis, glycérine, qui maintient le volume et rend la pièce inaltérable. Aucun procédé ne répond encore à tous les desiderata que j'ai formulés plus haut ; on n'en trouve de satisfaisant, que si l'on a uniquement en

NÉVROLOGIE

vue l'étude des formes extérieures et surtout des circonvolutions. Autre chose est d'ailleurs une pièce de musée, autre cliose une pièce qui doit passer dans les mains des étudiants. Dans nos salles de dissection, il n'y a que deux procédés pratiques : ou bien se servir simultanément d'une pièce fraîche et d'une pièce ayant trempé cinq ou six jours au plus dans une terrine contenant une solution d'acide nitrique à 10 0/0;ilfautse garder d'enlever les membranes et de laver le cerveau avant de l'immerger dans la solution, car plus le cerveau est congestionné et plus les deux substances grise et blanche trancheront vivement l'une sur l'autre — ou bien, procédé bien supérieur, mais plus coûteux, faire tremper le cerveau pendant une ou deux semaines dans un mélange de glycérine ordinaire et de solution phéniquée à SO 0/00.

Voici maintenant les procédés spéciaux ; je les décris sommairement, l'indication bibliographique permettant de recourir à l'exposé détaillé.

Procédé à, l'alcool. — Plonger le cerveau pendant quinze jours au moins, le double en général, dans de l'alcool à 9oo qu'on renouvelle au moins une fois. Il est prudent d'injecter de l'alcool dans les ventricules à l'aide d'une petite seringue. Egoutter sur ouate ou sur crin, et sécher au grand air. — Les pièces peuvent se conserver indéfiniment dans le liquide, mais si on les monte à sec, le procédé est mauvais. Les membranes s'enlèvent difficilement ; le cerveau se déforme dans le bain, à moins de soins spéciaux ; séché, il devient dur et cassant et se réduit énormément. On possède encore à l'Institut de Kœnigsberg les pièces ainsi préparées par Burdach au commencement de ce siècle ; elles sont en très bon état, mais on ne les a jamais touchées, et elles auraient depuis longtemps disparu si on ne les avait conservées avec un soin extrême.

Ce sont des cerveaux durcis à l'alcool et vernis à la gomme élastique qu'Oré a métallisés par la galvanoplastie.

Procédé à l'acide nitrique. — Broca {Momification des cerveaux. — Bullet. Soc. d'anthropologie, ] 865 et 1879) immergeait le cerveau pendant 20 à 30 jours dans une solution d'acide nitrique à 10 p. 100, ou bien deux jours dans une solution à 1 p. 5, puis deux autres jours dans une solution à 1 p. 2, .5. Egoutter pendant quinze jours, et laisser sécher à l'air pendant un mois. — Le cerveau ainsi préparé est bon tout au plus pour l'étude des circonvolutions. Il noircit, se réduit des trois quarts, devient ligneux et cassant. L'acide nitrique qu'il contient le fait périr au bout de quinze ans. Plus tard Broca, instruit par l'expérience, a modifié son procédé. Le cerveau, sortant de l'acide nitrique, est plongé dans l'eau pour enlever l'acide, puis pendant trois jours dans de la glycérine, et enfin verni et séché sur un bain à mercure.

Procédé aux liquides conservateurs. — On a essayé tour à tour le chloral, l'ac. chromique, le chlorure de zinc, en solution marquant 18 à 20o à l'aréomètre Baumé, préconisé dès 1868 par Bischolï qui en avait reconnu les grands avantages, — le borate de soude dissous dans la glycérine (Bouchard do Bordeaux. — C. R. Acad. des .se. 1887 — l'acide phénique en solution aqueuse au 1/10. (Rosenbach. — Centralblatt f. Nercenheilkunde, 1889). Dans ces différentes solutions, on laisse en général le cerveau tremper pendant cinq jours.

Brissaud préconise le bichromate d'ammoniaque en solution saturée ; il faut un trempage de trois mois et renouveler trois fois le liquide.

Ces procédés sont simples, mais donnent de mauvais résultats dès qu'on veut faire sécher le cerveau et le garder un certain temps. Toutefois une pièce importante peut se conserver des années dans la glycérine boratée ou phéniquée.

Procédés à la glycérine. — Tous ces procédés ont pour but de substituer à l'eau du cerveau un autre liquide, la glycérine, qui ne s'évapore pas et ne se décompose pas.

1° Laskowskl {Embaumement et Conservation des sujets, 1886). Laver rapidement et enlever les membranes. Immersion pendant cinq à six jours dans solution alcoolique saturée de chlorure de zinc, puis quinze à vingt jours dans solution d'acide phénique dans glycérine, 5 p. 0/0 avec ou sans acide borique. — Les cerveaux se gardent des années ; ils sont résistants, élastiques, gardent leur couleur et se laissent facilement couper.

2° Flesch. {lechnilider Conservation von Gehirn prœparalen. — Anat. Anzeiger 1887). Le cerveau passe deux jours dans l'eau, quatre semaines dans l'alcool, deux semaines dans parties égales de glycérine et d'alcool, avec un gr. de sublimé p. 300, et enfin quatre semaines dans glycérine pure également sublimée. — L'auteur conserve ainsi depuis un an et demi, dans les salles de dissection, des pièces qui ont l'aspect de la cire, se laissent facilement couper et conservent leurs couleurs distinctes.

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