PRÉPARATION ET CONSERVATION DES CENTRES NERVEUX
3" Giacomini {Arradeinia di med. di Torinn, 1878, et Cireonvolucioni cevehrali 1883]. Lo cerveau reste cinq jours dans une solution de chlorure de zinc marquant dix-huit à vingt Baumé ; au deuxième jour on enlève les membranes ; puis dix k ilouze jours dans l'alcool ordinaire qu'on renouvelle au moins une fois, et dans lequel on pourrait d'ailleurs le laisser beaucoup plus lonf^tenqjs, et enlin \ ingt à trente jours <lans la glycérine, phéniquéc ou non. Kviter do vernir la pièce. L'auteur trouve ce procédé excellent : le cerveau gai'do sa llcxibiliti», sa couleur, son volume, son poids et même sa structure histologique. Stieda, qui a vu les collections de Giacomini, reconnaît que les pièces ont conservé leur volume et leur plasticité; elles sont très bonnes pour l'étude personnelle, mais non pour l'enseignement, car dès qu'on les manie elles deviennent poisseuses et engluent les doigts. Pour parer à ce défaut et permettre de faire passer lespièces entre les mains des étudiants, Giacomini a proposé, pour les pièces do cours, le procédé suivant : plonger onze à quinze jours dans ac. nitrique à 10 0/0 ; puis quinze jours dans solution de bichromate de potasse à 2p. 0/0, et 15 jours dans solution à 4 p. 0/0 ; laver plusieurs jours dans l'eau, et transporter comme précéilemment dans la glycérine, avec ou sans passage préalable dans l'alcool.
Procédés à, la paraffine. — En 1870, Frédéricq [Acad. roy. de Belgique, 1876 et Bullet. Soc. Anlhrop. de Paris, 1879) a eu l'idée de paraffiner le cerveau et d'autres organes. Les pièces passent successivement par l'alcool, la térébenthine et la paratïînc. Broca les trouvait admirables; mais le procédé ne s'applique qu'à des organes de faible volume, à des cerveaux de petits animaux.
M. Duval [Comerv. anat. du cerveau. — Bu//. Soc. Antlirop., 1877 et 1879) a essayé d'appliquer ce procédé au cerveau humain, mais ne connaissant pas les détails de la technique, il a oublié l'immersion dans la térébenthine, et son trempage dans la paraffine ((juinze à vingt minutes) est insuffisant. Les préparations se sont détruites au bout d'un an.
Schwalba (U/jer IIeriilc//iin(i rou Iroc/fenen Ge/iirnprceparafen. — Anat. Anzeiger, 189,6) a modilié ainsi le procédé de Frédéricq. L'encéphale, dépouillé de ses membranes, est divisé en quatre morceaux, les hémisphères, le cervelet, le mésocéphale. On les plonge dans un bain d'alcool à 96-97", après les avoir ou non fait passer par le clilorure de zinc ; l'auteur ne dit pas le temps du séjour dans ces liquides. Ue l'alcool, dans la térébenthine pendant huit jours ; de la térébenthine, dans un bain de paraffine, que l'on maintient à 60o pendant cinq à huit jours. Egoulter sur ouate. Le cerveau prend la consistance de la paraffine solide et no perd à peu près rien de son volume. — Ce procédé nécessite une étuve ; il exige en outre beaucoup de soin et d'expérience.
Procédé à, la celloïdine. — Lonhossék [Ce/Zoïdin-be/iand/ung des Ge/iirns. — Aiiat. Anzeiger., 1887) dui'cit le cerveau dans l'alcool, et après l'avoir essuyé, le badigeonne au pinceau il'une solution demi-épaisse de celloïdine dans parties égales d'alcool et d'éther; il faut enduire avec soin les sillons et les tenir béants avec du papier ou de la toile. Au bout (le quelques minutes, la celloïdine forme un glacis solide.
Ce procédé est assez pratique pour les pièces à démonstration. Il a l'inconvénient que les sillons sont masqués par le glacis, et en outre que la pièce doit être conservée dans l'ali'ool, et ne pas être exposée à l'air pendant plus de deux heures chaque fois.
Procédés à la résine Dammar et au vernis gras. — Teichmann (Congrès intern. de i/irdecine, 1890) après avoir traité le cerveau par l'alcool et la térébenthine, selon la manière ordinaire, le fait trenqîer dans la racine Dammar. On obtient une pièce sèche, dure, bien maniable; mais la réduction de volume est très sensible, et le procédé est coftleux, car il faut 1500 gr. de laque Danunar pour imprégner le cerveau.
Stieda (Zur IIerste//ung trokener Ge/iirnpra'parate. — Anat. Ancciger., 1891) a modifié la manière de faire de Teichmann. Le cerveau extrait est immédiatement plongé dans une solution saturée de chlorure de zinc; on l'y laisse deux à trois jours au boutdesc[uels on enlève les membranes. Il passe de là dans l'alcool à 96° qu'on change deux à quatre fois, et y reste quatorze jours; puis deux à quatre semaines dans la térébenthine, en l'exposant à la chaleur d'un poêle ou du soleil; et de la térébenthine dans le \-ernis gras des peintres (œlfirnis) que je présume être le copal à l'huile, où il séjourne de deux à quatre semaines. Retiré, il est séché huit jours sur papier filtré. On obtient un cerveau sec, dur, bien maniable; on peut le glacer à la résine Dammar. La diminution de volume est d'environ un (puirt. Le vernis à l'huile, qui remplace ici la résine, coûte beaucoup moins cher.