II. — TISSU NERVEUX
l^Éléments nerveux de la substance grise. — La substance grise comprend comme éléments nobles des cellules nerveuses et des tubes nerveux ; ces tubes sont les émanations des cellules médullaires elles-mêmes ou proviennent d'éléments éloignés, cellules du cerveau, cellules des ganglions spinaux.
Les cellules nerveuses de la moelle sont de forme et de taille diverses ; le plus grand nombre cependant sont ou étoilées ou fusiformes ; la taille est beaucoup plus variable, car on trouve toutes les transitions des plus petites au plus grandes, depuis les cellules minuscules de Rolando qui n'ont que sept à huit fjL et qui ont longtemps été prises pour des noyaux de névroglie, jusqu'aux immenses cellules de la corne antérieure qui, dans les fortes espèces, atteignent 130 (X, soit plus d'un dixième de millimètre et sont visibles à l'œil nu sur les préparations colorées au carmin. Toutes ont des prolongements protoplasmiques s'étalanten ramifications simplesou composées (dendrites de His) et un prolongement nerveux ou deDeiters, que nous désignerons aussi sous le nom de prolongement cylindraxile ou simplement de cylindre-axe. Golgi, qui ne voit dans les prolongements protoplasmiques qu'un appareil nutritif, réserve le nom de pôle à la saillie d'où part le prolongement nerveux et regarde toutes les cellules de la moelle comme unipolaires. Mais il vaut mieux appeler pôle toute origine d'expansion cellulaire, car toutes les expansions ont des fonctions nerveuses, et le cylindre-axe lui-même peut naître d'un prolongement protoplasmique. Et dès lors toutes les cellules de la moelle sont multipolaires.
On a longtemps classé les cellules nerveuses en cellules motrices et cellules sensitives, d'après le rôle physiologique qu'on leur attribuait. Il y a bien en effet des cellules motrices, celles qui donnent naissance aux racines antérieures et par elles aboutissent à des fibres musculaires ; mais il n'y a pas de cellules sensitives proprement dites. Les cellules du type II de Golgi, cellules à cylindre-axe court, ramifié et terminé dans la moelle même, que cet histologiste considère encore aujourd'hui comme caractéristiques du type sensitif, ne sont que des éléments d'association, et toutes les cellules sensitives directes, celles qui reçoivent en premier lieu les impressions périphériques, sont situées dans les ganglions spinaux ou crâniens ou dans les membranes sensorielles ; elles sont en dehors de la moelle, extra-centrales. Adoptant avec Cajal une classification purement aiiatomique, nous distinguerons les éléments nerveux en deux catégories : les cellules radiculaires et les cellules des cordons ; les premières donnent naissance aux racines motrices, les secondes servent à la transmission dans la moelle même des excitations venues soit de la périphérie soit du cerveau.
Cellules radiculaires. — La cellule radiculaire est celle dont le cylindre-axe passe dans une fibre de racine. C'est là sa seule caractéristique absolue ; lagran-