TISSU NERVEUX
(leur du corps celUiUaire et la richesse des expansions protoplasniiques en sont aussi des attributs ordinaires, sinon constants. Ces éléments sont presque toujours de grande taille, de 60 à 135 p ; il y en a un certain nombre de petits, mais d'autre part les très grandes cellules sont toutes radiculaires. Leur forme est étoilée, polygonale ; multipolaire, puisque nous appelons pôle toute expansion de la surface. Le cylindre-axe gros, varitjueux, traverse la moelle horizontalement en ligne droite ou arquée ; après un court trajet, il s'entoure d'une gaine de myéline souvent épaisse, et à sa sortie de la moelle, après avoir franchi la couche névroglique marginale, il s'adjoint la gaine conjonctive de
Gr. ant. e.ct .
Gr. vil.
Cijlinrl,-axe Sill. mfd. ant.
Fig. 129. — Cellule rafliculaire de la corne antérieure.
Moelle de chien nouvoau-né; imprégnation par la méthode de Golgi ; le cylindre-axe indiqué en rouge (d'après Cajal).
Schwann ; il n'est jamais branché et n'émet pas de collatérales ; exceptiuiinellenu^nt on en a vu partir une liranche latérale qui rentrait dans la substance grise. Les expansions proloplasmiques , remarquables par leur volume et ])ar leur terminaison en touffes ou panaches, se divisent en trois groupes : un grou|ie interne, dont les branches passent en avant de la commissure blanche en s'entrccroisant avec d'autres semblables et vont se ramifier dans la corne antérieure opposée ; un groupe antéro-externe, également très touffu, dont les rameaux se répandent entre les fibres du cordon antéro-latéral, qu'elles séparent par des cloisons protoplasniiques ; c'est du milieu de ces touffes qu'on voit ordinairement émerger le cylindre-axe ; enfin un groupe postérieur, à longues branches peu ramifiées dirigées vers la corne postérieure.
Les cellules radiculaires sont toutes situées dans la corne antérieure. L'immense majorité d'entre elles envoient leurs cylindre-axes aux racines antérieures. Un très petit nombre de cellules (10 à 15 sur plusieurs centaines de coupes), découvertes simultanément par Lcnhossék et Cajal, cellules volumineuses,
NÉVROLOGIE
fusiformes, situées dans la région intermédiaire aux deux cornes, ont un cylindre-axe qui traverse la substance grise d'avant en arrière, sans émettre de collatérales et passe dans une fibre de racines postérieures. Ce sont les cellules motrices des racines postérieures.
Collât.
Br. asceml.
Cellules de cordon. — Les cellules cordonales sont celles dont le cylindreaxe devient fibre de cordon. Ce cylindre-axe ne sort donc pas de la moelle, et
sauf à ses extrémités est tout entier contenu dans la substance blancbe.
Ces cellules sont disséminées dans toute l'étendue des cornes et des commissures, elles habitent pourtant de préférence certaines régions, le groupe antéro-interne de la corne antérieure, la corne latérale, la région intermédiaire ; les cellules de la colonne de Clarke sont toutes des cellules de cordon. Il en est d'étoilées, de triangulaires, de fusiformes. Leur taille est de grandeur moyenne, mais dans certaines régions, notamment dans les substances dites gélatineuses, leur petitesse a fait longtemps méconnaître leur nature nerveuse, et d'autre part on en voit d'assez grandes pour les confondre avec des cellules radiculaires, dont elles se distinguent en général par une taille moindre, des expansions protoplasmiques moins abondantes, un cylindre-axe plus fin. Le critérium pour les reconnaître, c'est de constater le passage de leur prolongement nerveux dans une fibre de cordon. Le cylindre-axe émané du corps ou d'une grosse branche protoplasmique passe horizontalement dans la substance blancbe, et là se coude à angle droit pour devenir fibre longitudinale. Le plus souvent il se bifurque en T, par conséquent en une branche ascendante et une branche descendante, celle-ci plus fine et plus courte, disposition analogue à celle des racines postérieures ; plus rarement il se coude en une branche unique ascendante ou descendante. Dans son trajet horizontal à travers la substance grise, le cylindre-axe émet ou non des collatérales, celles-ci pouvant être très nombi'euses, et arrive indivis à son point de bifurcation ; parfois on le voit se partager en deux ou même trois branches qui deviennent autant de fibres de cordon. Le trajet longitudinal est de longueur indéterminée; il est des fibres courtes qui ne dépassent pas un segment de moelle compris entre deux paires rachidiennes soit un ou deux centimètres; il en est de moyennes, et enfin de longues, comme celles du faisceau cérébelleux direct, qui franchissent toute la hauteur de la moelle. Chaque tige ascendante ou descendante émet à angle droit un grand
. Br. descend.
Arboris.
Fig. 130. — Cellules de cordon.
Dessin schématique montrant sur une coupe longitudinale les trois types des cellules de cordon, celui du milieu étant le type ordinaire. Les teintes grise et blanche correspondent aux deux substances de la moelle.