‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 43 sur 194 · Fibres cérébelleuses descendantes · texte numérisé non relu

Fibres cérébelleuses descendantes

Moelle lombaire ; fibres de cordon et df.s racines anté- . j ■■ rieures dégénérées après ex-

Faisceau de Gowers. — < >n avait déjà reconnu tirpation du cervelet (Marchi).

dans le coi'don latéral des dégénéralions localisées que l'on eonfondail avec celles du faisceau oérébelliMix direct, quand en 1879 Gowers put, sur une moelle com[)rinu''e à la partie inférieure, suivre un trajet de dégénérescence, qui lui lit distinguer un faisceau spécial qu'il appela faisceau antéro-latéral ascendant. Plus tard Bechterew reconnut qu'il se faisait remarquer par ré|)()(iue tardive où apjiaraissent ses gaines de mvéline, deuxième moilié du huitième mois intra-utérin.

Ce faisceau est sur la coupe conformé en virgule ; il est arijué à convexité externe. Sa grosse extrémité ou téte, étendue transversalement, occupe l'angle compris en avant entre le faisceau pyramidal croisé et le faisceau céréhelleux : son extrémité mince ou queue s'allonge dans le sens antéro-postérieur à la péri- I)hérie de la moelle, en avant du I'aisceau cérébelleux dii'ect, et ai'iive presque jusqu'au faisceau de ïiuck, au moins dans la jiartie moyenne et supérieure de la moelle.

Gowers a montré que sa dégéiiération s'étend depuis l'extrémité inférieure de la moelle jus(ju'au bulbe; qu'elle est ascendante ; qu'elle est bilatérale et symétrique, pour une lésion uiiilatéial(\ 11 l a observée soit pathologiquement dans la compression de la moelle ou dans l'ataxie locomotrice, soit expérinu^ntalement après des sections de la moelle sur les animaux. 11 est à noter que dans le cas de lésion très basse, à la région lombaire notamment, la dégénération s'arrête à la région cervicale inférieure. On j)eut déduire de ces faits que le faisceau de Gowers est sans doute une voie commissurale de longueur moyenne puisque ses fibi'es ne vont pas d'un ijuut de la moelle à l'autre et que les fibres (jui ai i ivent au bulbe sont nées an-dessus du renQenuMit lombaire ; elles ont une direction fonctionnelle et par conséi|uent trophique ascendante ; leurs cellules

d'origine sont des cellules de cordon, d'une situation non encore déterminée, peut-être de la corne latérale ; beaucoup doivent naître de cellules commissurales, puisqu'elles sont en partie, peut-être même en majorité croisées, comme le montrent les moelles d'amputés.

Peut-on aller plus loin et penser que le faisceau de Gowers est une voie importante de conduction sensitive, comme le présume Sherrington ? Cet auteur se fonde sur les expériences de Woroschiloff et autres physiologistes d'après lesquels la conduction sensitive persiste^, malgré la section des cordons postérieurs, tant qu'on laisse intacte la portion postérieure du cordon latéral. On pourrait ajouter que si le faisceau antéro-latéral ne dégénère pas à la suite de la section des racines postérieures, il dégénère fréquemment dans l'ataxie locomotrice, consécutivement ou parallèlement à la sclérose du cordon de Goll, et là encore le parallélisme est croisé, en ce sens qu'une sclérose interne du cordon de Goll du côté droit marche avec une dégénération semblable du faisceau de Gowers du côté gauche.

Ce rôle de conducteur sensitif croisé ne peut être considéré que comme une hypothèse, sans preuve directe. Ce qui rend la question encore plus obscure c'est que 1° dans le faisceau de Gowers les deux parties, la postérieure profonde, ou tête, et l'antérieure périphérique, ventrale, sont distinctes par leur dégénérescence et par leur époque de myélinisation, 20 le faisceau tout entier n'est pas homogène, ainsi que le montre sa dégénération qui est disséminée ; il est infiltré de fibres cérébelleuses descendantes constituant la partie excentrique du faisceau intermédiaire.

En opposition à l'hypothèse de Sherrington, Mott (1892) objecte que la section du faisceau de Gowers chez les singes ne produit pas d'analgésie; il pense d'après le trajet de sa dégénération qu'il est identique dans le bulbe au faisceau décrit par Lœwenthal sous le nom de portion ventrale du f. cérébelleux direct, et que par suite dans la moelle il représente la partie ventrale des fibres cérébelleuses ascendantes dont le faisceau de Fleclisig serait la partie dorsale.

Pour Edinger comme pour Sherrington, le f. de Gowers est la voie croisée de la conduction sensitive, dont les cordons postérieurs représentent la voie directe, et ses fibres sont les cylindre-axes des cellules commissurales de la corne postérieure. La voie sensitive comme la voie motrice est donc en somme toute entière croisée avant d'arriver au Cerveau : sa partie postérieure (f. de Burdach et de Goll) est directe juisqu'au bulbe, puis s'y croise en bloc au-dessus des pyi'amides; sa partie latérale (f. de Gowers) se croise dès l'origine et par étages continus, au fur et à mesure de l'arrivée des fibres périphériques vers les cellules commissurales. Van Gehuchten ajoute que les observations de syringomyélie permettent de localiser dans le f. de Gowers la conduction de la sensibilité thermique et douloureuse, la sensibilité tactile passanl par les cordons postérieurs.

Le cordon postérieur est formé de deux parties qui ont entre elles les plus étoites analogies, le faisceau de Burdach et le cordon de Goll.

Faisceau de Burdach. — Faisceau cunéiforme ; faisceau fondamental postérieur ; zone radiculaire postérieure. Ce faisceau occupe toute la longueur de la moelle ; sa coupe est celled'un coin ou d'un triangle à base postérieure recouverte par la pie-mère, à sommet mousse touchant à la commissure grise ; il est limité en dedans par le cordon de Goll et à son défaut par le sillon médian postérieur, en dehors par le sillon collatéral, la zone marginale, et la face interne de la corne postérieure. L'étendue de sa surface est la suivante en millimètres carrés : à la base du cône terminal, 0, 1 6 ; au quatrième nerf lombaire, 8,6; à la région dorsale, 6, 4 ; au renflement cervical 14. Ces chiffres de Stilling, qui concordent comme résultat proportionnel avec ceux de Gratiolet, prouvent que le faisceau ne s'accroît pas continuellement de bas en haut, comme le disent quelques auteurs, mais varie suivant l'importance des racines postérieures et qu'il grossit au niveau des renflements.

Les fibres sont très mélangées. Il en est de grosses, de moyennes, de fines, quelques-unes même sont très fines.

GROUPEMENT DES FIBRES

L'époque où apparaît leur gaino do myiHino n'est pas la nn'nie pour loiiles, ol c'est par ce caractère que les cnibryologistcs (Fleclisig, Bechtercw, Popolf, Lenhoss(''ii) ont pu tracer (les lignes de démarcation. Dans leurs derniers travaux, Flechsig et Bcclitcrow ont distingué dans le faisceau do Burdach trois zones qui correspondent non seulement à lies phases embryologiques mais même à des localisations labétiques; ce sontles trois soiifs radinilaires, antérieure, mni/cnne et paxlrrieuru. 1° La zone radiculairo anlérieurc est la première achevée dans son organisation, ce qui semble indiquer qu'elle aiijiartienl aux ^dies commissuralcs courtes iutersegmentaires. Elle est en bordiu'e surla comuussure gris(! et la l'ace interne de la corne postérieure. Sa moitié postérieure était désignée autrefois sous le nom do bandelette externe. 2° La zone radiculaire moyenne est vin vaste ilot central, à fibres compliquées, et des premières atteintes dans l'ataxie. Elle correspond à la zone d'irradiation de certains auteurs: on voit en effet converger de sa surface vers la face interne de la corne postérieure des septa névrogliques et de nombreuses fibres nerveuses^ qui sont des collatérales des racines postérieures. 2>o La zone radiculaire postérieure est située sur la périphérie du cordon. 11 faut encore ajouter à ces territoires la zone marginale de Lissauer.

Ces divisions des cordons posté-rieurs cliangent d'année en année, à mesure que les recherches embryologiques deviennent plus minutieuses. Il est prudent de ne pas en tirer des conclusions hâtives. Redlich et Kiclliker, sans contester les faits précédenls, contestent la légitimité des déductions ; la période de formation des gaines ne suffit pas pour caractériser un faisceau, elle peut être la simple conséquence de la grosseur des libres.

Cordon de GoU. — Ce faisceau rcconiui do|niis loiit;tcmps a reçu un yrand iioiubi'o de dénoiiiiiiaiions : faisceau iiitenio du CfU'don postérieur (Foville), cordou médian j)Ostérieur (Cruveilhier), funicule marginal (Gratiolet), coin sombre (Goll) ; c'est Kœlliker qui Ta appelé cordon de Gidl. En coui)e, il est iriang'ulairo ; son côté externe est adossé au faisceau de lîurdach, son côté interne confine au sillon médian postérieur; sa base est sous la pie-mère, son sommet touche la commissure grise à la région cervicale, et plus bas s'arrête au tiers moyen du sillon postérieur. En longueur, il s'iHend d'un bout à l'autre de la moelle, depuis la [)ointe du (piatrièmo ventricule jusqu'au cône lerniinal ; nuiis ce n'est que chez le fœtus ou dans les cas de dégénération qu'on peut ainsi le reconnaître dans toute la moelle, car en deh(u-s de ces conditions, il n'esl bien net qu'à la région cervicale où un sillon spécial, sillon intermédiaire postérieur, parcouru par une cloison conjonctive et des vaisseaux, le sépare du faisceau de Burdach ; on le suit tout au plus jusipTau milieu de la région dorsale. Sa teinte est un |)eu plus sombre que celle du faisceau vmsin et il se colore d'une façon plus intense, à cause do son riche plexus névroglique. Il se fait remarquer aussi par l'uniformité de ses fibres toutes également fines, de 5 à 8 p.. Il croît continuellement de volume de bas en haut. Ses fibres prennent leur myéline à une époque tardive; et en deux fois, ce fjui a permis de distinguer deux zones dans ce cordon, une zone antérieure et interne, une zone postérieure et externe, chiffre porté aujourd'hui à trois par lîechterew qui reconnaît une triple division en sens antéro-postérieur iju'il aiqtelle zones inlerne, externe et intermédiaire. Il yaenoulre,;i la région lombaire, surle milieu du bord inlerne, unpelit champ indépendant en forme de faisceau arrondi, qui n'esl autre, d'ajirès Flechsig, que la zone radiculaii'e médiauesituée à la l'égion cervicale sur le bord inlerne tlu cordon de Goll.

Le faisceau dennrdach et b^ cordon de Goll sont conslilués essentiellement mais non uni(jnement ])ar les racines postérieures ; li's fibres irradiées qui du faisceau de Burdach convergent sur le plan horizontal vers le bord intern(^ de la corne postérieure sont les collatérales de ces racines. Nous avons vu qn(^ le groupe externe radiculaire montait sur le cùlé externe de la substance de Uolando,

NÉVROLOGIE

1" nerf. dors.

confondu en apparence avec le cordon latéral. Le groupe interne au contraire, de beaucoup le plus volumineux, le plus riche en collatérales, occupe la partie externe du faisceau deBurdach ; là pénètrent les tiges radiculaires, et là se fait

la division en branches ascendante et descendante. A un étage plus haut, la racine postérieure nouvelle qui arrive repousse en dedans les branches ascendantes de la racine inférieure, et plus haut encore est à son retour repoussée vers la ligne médiane pour faire place à la troisième racine. De sorte que dans leur trajet ascendant vers le bulbe, les branches longitudinales sont de plus en plus refoulées en dedans et sont d'autant plus près du sillon médian qu'elles viennent de plus loin, d'une partie plus basse de la moelle. Le déplacement des fibres ne se fait pas seulement en dedans, mais en même temps en arrière ; les fibres refoulées progressivement d'avant en arrière sont donc d'autant plus postérieures dans lecordon de GoU qu'elles arrivent de régions plus inférieures. En conséquence, la partie externe de Burdach correspond à la partie initiale ou proximale des branches ascendantes de la racine postérieure, la partie interne au segment moyen de ces branches, le cordon de Goll à leur parliie reculée ou distale ; et dans le cordon de Goll, la moitié antérieure contient des fibres de long parcours, la moitié postérieure les fibres du plus long parcours, c'est-à-dire de la région lombo-sacrée. Aussi suivant Kah- 1er la coupe du cordon postérieur à la région cervivale se compose-t-elle d'une série de triangles inscrits les uns dans les autres, chacun d'eux correspondant aux fibres radiculaires d'un étage de la moelle et le plus petit triangle situé à la partie postéro-interne contenant les fibres de la plus basse partie de la moelle. Sottas, dans une observation récente, a constaté que les fibi'es des racines sacrées occupaient le cinquième postérieur du cordon de Goll cervical. Chez le singe les dégénérations expérimentales ont montré à Tooth qu'au niveau du renflement cervical, la moitié postérieure du cordon de Goll est occupée par les fibres radiculaires ascendantes des nerfs lombaires et sacrés, la moitié antéi'ieure par les fibres des dernières paires cervicales et des premières dorsales. Quant aux fibres longues des premières paires cervicales, elles montent probablement tout droit dans le cordon de Burdach sans emprunter la voie du cordon de GoIT.

. Nerf. tomb.

Nerf, sacrés.

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