‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 75 sur 194 · LOBE FRONTAL · texte numérisé non relu

LOBE FRONTAL

Le lobe frontal est la j)artie Jo rhéini.sphrre qui s'étend en avant de la scissure de Rolando.

11 correspond à l'os frontal dont il occupe non seulement la partie verticale écailleuse, mais encore toute la face orijitaire; sur sa périphérie, il dépasse sensiblement cet os, surtout en arrière, où il est recouvert parle pariétal sur une étendue de plusieurs centimètres. 11 a pour limites : en bas et en dehors la scissure de Sylviusquile sépare du lobe temporal, en bas et en dedans la scissure sous-t'rontale qui le sépare du lobe du corps calleux, en arrière la scissure de Rolando qui borne en avant le lobe pariétal. — Tous les auteurs n'ont pas admis que la scissure de Rolando fût une ligne naturelle de démarcation, soit parce que son apparition embryologique n'est pas plus précoce que celle de plusieurs sillons, soit parce que, physiologiquement et liistologiquenient, les deux circon\-olutions qui la bordent présentent les plus grandes analogies. Ils ont donc reporté la limite plus en avant, au niveau du sillon prérolandiquo ou précentral. Aujourd'hui on est à peu près unanime à considérer Rolando comme la limite postérieure du lobe frontal.

La forme du lobe est celle d'une pyramiile triangulaire. La face externe, convexe. limit('e par Sylvius et Rolando, est située dans la fosse frontale et en partie sous le pariétal. La face interne, plane, séparée do la face opposée par la faux du cerveau, est bornée par la scissure sous-frontale et offre une forme arquée. La face inférieure, triangulaire comme la face externe, longue lii.' (1 cm., la plus courte des trois, repose sur la voûte orbitaire sur laquelle elle imprime ses circonvolutions. Elle est bornée en arrière par une ligne transversale, qui s'étend de la scissure inferliémisphériquc à la scissure de Syh ius in-oprement dite ; cette ligne est le bord antérieur de l'espace perforé, et, chez certains animaux, constitue la scissure postérieure du rhinencéphale. La face inférieure du lobe frontal est légèrement cxcavée et s'adapte à la voûte orbitaire, ou plus exactement elle présente dans le sens transversal un trajet sinueux ; elle commenceen dehors par une légère saillie, s'excave dans sa partie centrale qui réponrl à la deuxième frontale élargie, et île nouveau se renfle sur son bord interne en un bourrelet convexe, qui se. loge dans la goiitt ière cthmoïdale. Cette seconde saillie est sur un plan plus bas f(uo la première, en sorte que la face inférieure regarde un peu en dehors. Cette éversion du lobule orbitaire est plus accentuée chez le nouveau-né et bien plus encore chez les singes; chez eux, le bourrelet interne se détache nettement et constitue lo bec ou rostre orbi/aire.

La base regarde en arrière, elle est obliquement taillée comme la scissure de Rolando. Le sonunet arrondi est en avant : il est sur un plan plus élevé que les extréuutés des lobes temporal et occipital : c'est à lui que beaucoup d'auteurs donnent le nom de po/e frontal. par analogie avec le pôle temporal et le pôle occipital: mais nous réserverons ce nom, qui inilique surtout le point de départ de circonvolutions méridiennes, à l'angle postéro-interne de la face orbitaire. 11 y a trois bords ou angles qui sont les côtés de la pyramide, le bord supérieur ou sagittal, le lioi'd inférieur et interne, et le bord inf(''rieur et externe : celui-ci à son tour se décompose en deux parties, — une postérieure ou bord si/lvipii , — une antérietu'c qui sépare la face externe do la face orbitaire, et qu'on appelle bord surcilicr ou aiiglf orbitaire.

l.e lobe frontal eonij)rend quatre circonvolutions : une transversale, paraiiole à lascissure de Kolando, qui est la fronlale ascendante , et trois longitudinales que l'on compte de haut en bas, première, deuxième, et iroisiènic f rotilales. Ces trois circonvolutions longitudinales, insérées p(>rpendiculaii'ement sur la frontale ascendante, se dirigent j)ai'allélcment vers le bord surcilier et là se replient sur elles-mèmesà angle aigu pour suivre un trajet récurrent sur la face orbitaire. Elles ont donc, toutes, deux branches ou deux portions, une portion supérieure ou dorsale, et une portion inférieure ou orbitaire ; la première fronlale possède en |iins une portion interne. C'est à l'ensemble des portions orbilaires des tmis Frontales que Ton a donné, à la suite de Gratiolel, le nom de

NÉVROLOGIE

lobule orbitaire, terme qui tend à disparaître ; quelques auteurs ont même décrit ces parties réiléchies des circonvolutions comme des circonvolutions orhitaires indépendantes.

La circonvolution transversale ou frontale ascendante est séparée des trois circonvolutions longitudinales par un sillon également transversal, le siZion •prérolandique. Celles-ci à leur tour sont isolées les unes aux autres par des sillons longitudinaux, le sî7?07i frontal supérieur anire la première et la deuxième circonvolutions frontales, le sillon frontal inférieur entre la seconde et la troisième. (Voy. fig. 226).

Broca a bien montré que l'homme est caractérisé par la prédo?ninance frontale de son cerveau, tandis que les animaux non primates ont la prédominance pariétale. Ainsi que nous l'avons vu, le lobe frontal comprend en poids total les 43 centièmes du poids ducerveau, en poids de son manteau cortical les 42 p. 200, en surface carrée les 40 ou 42 centièmes. Quelle que soit l'idée qu'on se fasse de ses fonctions, il est certain que, pris dans la généralité des cas, son développement marche de pair avec l'intelligence, surtout avec les hautes qualités intellectuelles do la conception et de la réflexion plutôt qu'avec celles de l'action; et l'opinion commune qui attribue un vaste front aux penseurs, c'est-à-dire un lobe frontal haut et large, aux courbes harmonieuses, est part aitementjuslifiée par l'anatomie. Meynert a soutenu que la grandeur du lobe frontal de l'homme était surtout apparente, qu'elle dépendait du gros volume des corps striés et de l'insula dans le sens transversal et du surhaassement produit par le pôle temporal dans le sens de la hauteur ; mais Eberstaller a fait voir que ces causes n'agissent que dans d'étroites limites. 11 reste acquis que le cerveau humain est bien un cerveau frontal ; et, dans ce grand développement antérieur, l'accroissement se fait en tout sens. Le front n'est pas seulement large en haut; de fuyant il devient droit, c'est-à-dire qu'il s'accroît dans le sens antéro-postéricur ou de l'épaisseur, et le visage tout entier prend le type orthognathe.

C'est encore dans le lobe frontal qu'on a cherché une importante fZ/^(,'rÉ'nce,'fej;!/e//e. Pour cela on a mesuré la distance qui sépare soit le haut, soit le bas de la scissure de Rolando des extrémités antérieure et postérieure du cerveau. Ces mensurations faites sur un nombre trop restreint de sujets ont donné d'abord des résultats défectueux ('//!«c/(A;e, Rudiiiger). Passet a montré que la surface prérolandique, comme la surface postrolandique, sont toutes deux plus vastes chez l'iiomme que chez la femme, en d'autres termes que le cerveau de l'homme est plus grand dans toutes ses dimensions et toutes ses régions, ce qui concorde avec les chiffres donnés par les pesées (471 gr. pour le lobe frontal de l'homme, 408 pour celui de la femme). Eberstaller, qui a repris ces mensurations sur 270 sujets, et qui a de plus mesuré la totalité du lobe frontal en longueur en y comprenant la face orbitaire, arrive aux mêmes conclusions. Le lobe frontal, cerveau prérolandique, est plus grand chez l'homme, au point de vue absolu; il en est de môme pour le cerveau postrolandique. Mais si l'on se place au point de vue relatif, c'est-à-dire si on rapporte ces surfaces partielles à la surface totale du cerveau, on voit que le lobe frontal de la femme occupe sur son cerveau une place égale, peut-être même légèrement supérieure, à celle qu'il occupe sur le cerveau de l'homme. Il y aurait donc identité d'harmonie morphologique, dans la répartition des loboSj mais infériorité absolue pour chaque lobe séparément.

Circonvolution frontale ascendante. — La frontale ascendante, Fa, appelée encore quatrième frontale F'', circonvolution 'prérolandique, circonvolution centrale antérieure, est une des plus faciles à reconnaître avec la pariétale ascendante ; aussi ont-elles été décrites toutes deux par Vicq d'Azyr sous le nom de circonvolutions moyennes. Elle est située en avant de la scissure de Rolando dont elle forme la limite antérieure, et répond sur le crâne non à l'os frontal, comme son nom pourrait le faire croire, mais à la partie antérieure du pariétal.

Elle commence à la scissure de Sylvius, monte en sens oblique sur la face convexe de l'hémisphère parallèlement à la scissure de Rolando, et sous un même angle d'inclinaison, et dépasse le bord sagittal pour se terminer sur la face interne. Dans ce trajet, elle suit les inQexions de Rolando et décrit par consé-

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qneiit deux (lextiosit(''s au niveau des genoux supérieur et inférieur; elle est plus large et plus forte dans sa moitié inférieure, se rétrécit au moment où elle donne la racine de la deuxième frontale, puis de nouveau s'acfrt)ît à sa |)artie supérieure. Son bord antérieur est limité par les tronrous du sillon prérolandique et donne insertion aux racines des trois circonvolutions longitudinales; son bord postérieur forme la lèvre aniérieure delà scissure de Rolando.

L'extrémité inférieure ou pied est unie à la pariétale ascendante Pa par un pli transversal dont l'épaisseur varie de quebjues millimètres à 1 c. o ; c'est le ■pli de passage froiilo-parictal inférieur. En règle générale on observe sur ce pli une iiicisure, plus ou moins profonde, longue de 10 à Ij mm., située au-

l\ac. snp. de /inc. e.cl. de F' Itai:. moij. de F' Itulando

S. asceiid. Cap.

Fig. 226. — Face cxt. du Lobe fmnlal.

Le pied de F- et celui de F' sont tcinti''S en rose. La partie basilaire ou postérieure du pied

de F' est en teinte foncée.

dessous et en avant de l'extréniilé inférieure de Rolando ; elle se dirige obliquement en baut et en avant, et plus rarement se prolonge en arrière. Ebersfaller l'a décrite sous le nom de sillon, pour nous incisure, transverse inférieure. Cette fente, qui rentre dans la catégorie des incisures operculaires que l'on peut rencontrer tout le long de la scissure de Sylvius, fait souvent communiquer la scissure de Rolantlo avec celle de Sylvius ; on peut la confondre avec le segment inférieur de Rolando isolé de l'excavation |>;ii' un |)li su|ierliciel ou profond.

L'extrémité supérieure ou /t'£e est situi'c sur la face interne. A l'inverse du pied, elle s'épanouit en une masse aplatie, de forme irrégulièi'ement quadrilatère,([ueBelz a appelée le lobule paracenlraloi qu'on nomme aussi en France le lobule ovalaire (Vov. Fig. 227). Il est borné en baut par le bord sagittal de riiémisplière, en bas et en arrière par la brancbe ascendante de la scissure sous-frontale, en avant par le sillon paracentral ou incisure préovalaire, consi-

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déré par les uns comme un sillon indépendant, par d'autres comme une branche de la scissure sous-frontale. Son bord supérieur est coupé par la fin de la scissure de Rolando, incisure rolandique ; son bord inférieur est quelquefois uni par un pli de passage fronto-limbique postérieur ou ovalaire à la circonvolution du corps calleux. Il est rare que la surface soit lisse; d'ordinaire, entre l'extrémité de Rolando et la scissure sous-frontale se voit une incisure de forme variée.

Dans la grande majorité des cas, le lobule paracentral est constitué uniquement aux dépens de la frontale ascendante; un pli de passage étroit, pli frontopariétal siipérieiir, qui suivant sa disposition se confond avec le lobule ou s'en isole, l'unit à la tète de la pariétale ascendante et ferme la scissure rolandique.

Outre ces deux plis, supérieur et inférieur, qui rattachent l'une à l'autre les deux circonvolutions ascendantes nous avons déjà signalé un pli moyen, presque toujours profond, qui traverse Rolando au niveau de son genou supérieur.

Sillon prérolandique. — Le sillon prérolandique, pr. (sillon frontal parallèle, sillon central) limite en avant la circonvolution frontale ascendante. Fa.

Le bord antérieur de Fa donne insertion aux trois racinesdes circonvolutions longitudinales, de là trois ponts qui interceptent deux segments de sillon prérolandique, un inférieur et un supérieur. On a décrit ces segments, tantôt isolément, tantôt comme partie intégrante des premier et deuxième sillons frontaux qui les coupent à angle droit. Avec Broca, nous trouvons plus commode de décrire un seul sillon prérolandique à deux branches, analogue au sillon postrolandique ou branche verticale du sillon interpariétal. Toutefois il faut reconnaître que ces deux portions ont des caractères différentiels importants : la branche supérieure est d'un développement tardif (septième mois), elle manque chez les singes inférieurs, elle est peu profonde ; la branche inférieure est précoce (sixième mois), profonde, et a son homologue sur le cerveau simien; de plus, elles ne sont pas alignées bout à bout, mais, à cause du trajet ascendant de la racine de F^, elles se chevauchent en partie et le bout inférieur du prérolandique supérieur est situé en arrière du bout supérieur de l'autre branche. Ajoutons qu'il n'est pas rare d'observer la communication des deux segments, et par conséquent un sillon prérolandique unique et complet, qui simule au premier abord la scissure de Rolando, mais que l'on reconnaît à ce qu'il est coupé de sillons antéro-postérieurs.

1" Sillon prérolandique supérieur. — Ce sillon occupe le tiers supérieur de la face externe, entre la racine de F' et celle de F^. 11 est limité en arrière par le bord antérieur de Fa, en avant par la racine anléro-postérieure de F' et la racine ascendante de dont il occupe la concavité. Quand cette racine est profonde à son insertion, le sillon supérieur s'ouvre dans le sillon inférieur. En haut il arrive au voisinage de l'angle. Fréquemment il reçoit en Tle premier sillon frontal. Sa profondeur est faible, au milieu surtout, où des plis profonds, racines accessoires de F', peuvent le couper et l'isoler au milieu de la première frontale.

2° Sillon prérolandique inférieur. — Plus important que le précédent à tous les points de vue, seul même décrit comme prérolandique par plusieurs

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auteurs, ce sillon s'étend sur les deux tiers inférieurs du lol)e frontal, parallèlement à Rolande, mais souvent plus transversal que lui. Sa profondeur peut al teindre 2 cm. et semble être en sens inverse de celle de la scissure rolandiipie. Il s'étend entre la racine de F-* et celle de F-, commence en bas près de la scissure de Sylvius, s'élève derrière la branche ascendante de celle-ci, et finit dans la première llexuosilé de F'-. Son bord postérieur est la frontale ascendante et la racine de F', son bord antérieur le pied de F* en bas, la branche descendante de F'^ en haut. Il reçoit en règle générale le second sillon frontal, dont il n'est, pour quelques auteurs, que la partie ascendante.

Première circonvolution frontale. — f.a première fnjutale, F' (frontale supérieure d'ungrand nombre d'auteurs), est située sur le bord sagiUal de Thémis]ihère, entre la scissure sous-frontale en dedans, et le premier sillon frontal /"', prolongé lui-même parle sillon olfactif /"o'. Seule des circonvolutions de son lobe, elle occupe les trois faces de l'hémisphère et possède par suite trois portions distinctes, une externe, une inférieure ou orbitaire, et une interne, que l'on a souvent considérées comme trois circonvolutions distinctes.

i\° Portion externe ou dorsale. — Dite encore métopique (métopique, terme grec signifiant frontal), cette portion s'étend sur la partie la plus élevée de la face convexe, entre le bord sagittal et la deuxième frontale. Sa forme est triangulaire, la base s'appuyant en arrière sur la frontale ascendante, tandis que le sommet répond à l'extrémité interne du bord sourciller ou orbitaire ; la circonvolution va donc en décroissant depuis son origine. En son point le plus large, elle mesure de 1.^ h 20 mm.

Elle naît par trois racines, moyenne, externe et interne. La racine moyenne est la racine normale ; presque toujours superficielle, elle émane de la frontale ascendante et se place sur la face externe, le long du bord sagittal (racine sagittale de Broca), débordant quelquefois sur la face interne, entre le sillon prérolandique su|)érieur et le sillon paracenti'al. Elle peut être dédoublée par une incisure. Quand par hasard elle est profonde, une incisure transversale coupe la surface à son niveau. — La racine externe ou accessoire, située au-dessous de la précédente, et comme elle insérée sur Fa, est inconstante et presque toujours profonde. Quand les deux racines précédentes sont superficielles et fusionnées, elles forment un large lobule en avant de la frontale ascendante. — La racine interne (Eberstaller), profonde dans la moitié des cas, située sur la face interne, vient du lobule paracentral, par conséquent encore de la frontale ascendante, et traverse le sillon qui borde ce lobule en avant.

Née de cette triple origine, la première frontale se dirige d'arrière en avant, en diminuant de plus en plus, à tel point que dans le tiers antérieur elle est réduite à un pli étroit qui contourne en dedans le sillon fronto-marginal pour passer sur la face orbitaire ; ce pli peut même être rejeté sur la face interne. Son trajet esta peu près rectiligne, la circonvolution pouvant se développer en longueur sous le frontal, dont elle suit le plus grand arc. Broca décrit pourtant deux flexuosités déterminant la formation de deux genoux à convexité externe, un genou antérieuret un genou postérieur, celui-ci ordinairement plus marqué. La partie comprise entre Fa et le genou postérieur est le j^ied de la première frontale et répond à un centre moteur.

NÉVROLOGIE

Les incisures qu'on observe sur celle parlie de F' sont longiludinales dans les deux tiers postérieurs, transversales dans le tiers antérieur. Les incisures longitudinales au nombre de deux ou trois, les unes derrière les autres, ne se voient bien que si la circonvolution a une grande largeur ; lapins postérieure s'abouche quelquefois avec le sillon prérolandique. Deux de ces incisures peuvent se réunir pour former un sillon qui dédouble F* en deux étages ; exceptionnellement (3 f. sur 100), ce sillon dépasse 4cm. de longueur. Les incisures t?'ansversaies variant de 1 à 3 entaillent la partie tout à fait antérieure dans laquelle F' est plus ou moins fusionné avec F^.

Les plis d'anastomose avec la deuxième frontale sont constants et nombreux.On en compte trois en moyenne. Le pli postérieur unit le genou postérieur de F' avec le coude de la racine de F'\il est oblique en bas et en arrière ; assez constant, el superficiel dans les deux tiers des cas, il est considéré par quelques auteurs (Giacomini, Eberstaller) comme la véritable racine externe de la première frontale. Son union avec l'a serait donc indirecte, c'est-à-dire qu'elle se ferait en empruntant la voie de la racine interne de F\ Quand ce pli est long, il suit sur une certaine dislance la première frontale à laquelle il est parallèle ; c'est un second mode de dédoublement de cette circonvolution, seulement dans ce cas la fente de séparation est la partie postérieure du premier sillon frontal. Un second pli d'anastomose, également oblique, quelquefois même double, se remarque au genou antérieur. Enfin, près de l'angle orbitaire, la première et la deuxième Irontales sont ordinairement fusionnées par une ou deux anastomoses, superficielles dans la moitié des cas, que bordent les incisures transversales.

2° Portion orbitaire. — Celte portion, décrite sous le nom de gynis rectus, fait suite à la portion externe dont elle est la branche réfléchie; elle est limitée en dedans par la fente interhémisphérique, en dehors par le sillon olfactif qui loge le pédoncule olfactif, et s'étend de l'angle interne de l'hémisphère à l'espace perforé. Elle est étroite, un peu plus large en arrière (1 c.) qu'en avant ; son trajet est rectiligne. Elle est sur un plan inférieur à la partie voisine de F^ et se détache en un bourrelet saillant, plus marqué chez le nouveau-né, fortement accentué chez quelques microcéphales et chez les singes inférieurs, chez lesquels il constitue le rostre ou hec elhmoïdal ; ce bec occupe la fosse ethmoïdale. On ne trouve à la surface du gyrus rectus qu'une incisure à peu près constante, de I c. au plus, dirigée transversalement en avant du sillonolfactif {i7ieisure olfactive trayisverse), accidentellement unie avec les sillons qui avoisinent ses extrémités interne et externe.

La portion orbitaire est unie à la deuxième frontale par deux plis d'anastomoses, l'un en avant, l'autre en arrière du sillon olfactif; ce dernier pli lui est commun avec la troisième frontale.

y Portion interne. — Celle portion (circonvolution frontale interne de quelques auteurs) occupe, sur la face interne de l'hémisphère frontal, tout ce qui est en dehors de la circonvolution du corps calleux, dont elle est séparée par la scissure sous-frontale, et avec laquelle elle présente des variations inverses de développement. Un gros lobe calleux, plus ou moins dédoublé, suppose presque toujours une frontale étroite, et inversement ; quelquefois la scissure

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est superficielle, et la démarcation entre les deux circonvolutions adjacentes peut prêter à la discussion. Le bord sagittal qui limite la frontale interne sur son contour excentrique n'est qu'une séparation topograpliique ; il n'y a ni sillon, ni incisure, et la circonvolution est continue sur ce bord avec sa portion externe et sa portion orbitaire. Contrairement à la portion dorsale, la frontale interne va croissant d'arrière en avant et atteint son maximum d'expansion en avant et au-dessous du corps calleux.

Elle est presque toujours dédoublée en deux étages par le sillon sus-orbitaire, sillon remarquable par sa longueur, par sa constance, par son exislonee chez tous les primates. Broca l'appelle V incisure. sus-orbitaire, et Eberstaller le sillon rosirai , parce qu'il concorde tout à fait avec la l'ente décrite sous ce nom par Krueg chez les mamuiiféres non primates, spécialement chez les ongulés. 11 conunence au-dessous du genou du corps calleux et de

Se. s. frunl . Ilolandn

S . jyrérol.

S. paracentr.

r II frontolimij.

Gr. s. mélop.

Inc. arquée

Fig. 227. — Face interne du lobe frontal, l^e lobe calleux teinté en gris, le lobule paracentral en rose.

l'origine de la scissure sous-frontale, tantôt librement, tantôt d'une incisure arquée qui lui est commune avec cette scissure, puis se dirige obliquementen haut et en avantetse termine près du bord antérieur do l'hémisphère, ou même sur ce bord par une extrémité ordinairement bifurqiiée. Nous désignerons les deux étages limités par ce sillon sous le nom de partie calleuse (lobule niétopique île Broca), et de partie sus-orbitaire (Broca, — sous-calleuse d'Eberstaller). Ces deux étages et le sillon sus-orbitaire ne sont d'ailleurs bien manifestes que sur les cerveaux qui ont une vaste frontale interne et un lobe du corps calleux peu développé.

La partie calleuse est de beaucoup lapins vaste. On y remarque plusieurs espèces d'incisures : les unes sont dirigées en rayonnant vers la scissure sous-frontale, qu'elles peuvent atteindre et dont elles semblent être des branches, de même qu'elles peuvent arriver également au bord sagittal : les plus remarquables sont celles qui bordent en avant les plis de passage fronto-limbiques antérieur et moyen quand ils sont superficiels ; les autres sont longitudinales et courtes. Dans certains cas, les incisures longitudinales, fusionnées sur un trajet plus ou moins long, forment un sillon de dédoublement [grand sillon ?nélopique, de Brissaud), excentrique à la scissure sous-frontale, qui peut mi''me s'aboucher dans le sillon sus-orbitaire, de telle sorte que la frontale interne est divisée sur prescpie toute sa

NÉVROLOGIE

longueur en deux plis^ ce qui, avec la circonvolution du corps calleux, fait trois circonvolutions sur celte face de l'héniisplière.

La partie sxis-orbitaire, confinée à l'angle et au bord inférieur de la face interne, peut, sur les cerveaux compliqués, être subdivisée à son tour par un second sillon parallèle au premier, le sillon accessoire, (\m est ordinairement formé de deux tronçons alignés, de faible profondeur. De là deux plis sus-orbitaires, un supérieur, un inférieur, ce dernier étant continu avec le gyrus rectus.

La portion interne de la première frontale est unie avec le lobe du corps calleux par les plis de passage, que nous avons décrits déjà à propos de la scissure sous-frontale, et sur lesquels nous reviendrons en parlant du lobe du corps calleux. Rappelons seulement qu'on observe deux plis plus réguliers et plus constants, superficiels dans le tiers des cas : l'un au niveau du genou du corps calleux, pli fronto-limbique antérieur, l'autre en avant du lobule paracentral, pli fronto-limbique moyen. Ils sont dirigés dans le sens de la scissure, c'est-àdire en haut et en arrière. Mais nous devons signaler particulièrement celui qui unit l'extrémité du corps calleux avec l'extrémité de la première frontale,

Band, diag. Incis. arquée.

Fig. 228. — Carrefour de l'hémisphère.

La surface est teintée en rose. L'inoisure arquée est dédoublée sur ce cerveau.

pli fronto-limbique inférieur. Presque toujours superficiel et étroit, il ferme à sa partie initiale la scissure sous-frontale. Il est au centre d'une petite région de transition, de forme quadrilatère, que Broca a appelée le carre/ow' de T/iemisp/ière et que ZuckerkandI, en raison de son caractère gyraire chez l'homme etchez les animaux, nomme le pli sous-calleux. Le carrefour, haut de lOmnn., large de ;j, est limité en haut par le bec du corps calleux, en bas par l'espace perforé, en arrière par la lame terminale et la commissure blanche antérieure, en avant, mais d'une façon inconstante, par Vincisure arquée(\m peut communiquer avec la scissure sous-frontale ou avec le sillon sus-orbitaire ou même avec tous les deux. Ce qu'il y a de remarquable dans ce champ cortical, c'est qu'il est un aboutissant et un lieu de passage pour l'union du lobe calleux avec la première frontale (pli fronto-limbique inférieur), les nerfs de Lancisi et le pédoncule du septum lucidum en haut, la racine olfactive interne et la bandelette diagonale en bas.

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Premier sillon frontal. — Sillon olfactif. — Premier sillon frontal- —

Le premier sillon IVontal, sillon frontal supérieur, sépare la |)reniière circonvolution frontale de la seconde. 11 naît presque toujours en T du sillon prérolandique supérieur, se dirige en sens sagittal, non pas exactement, mais en obli- ([uant en avant et en dedans, car la première frontale va toujours en diminuant de largeur d'ari ière en avant ; même en arriére, il n'est pas à plus de 2 cm. du bord supérieur de l'hémisphère. Arrivé à l'union du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs, prés du bord sagittal, il cesse en arriére d'une anastomose entre F' et F^, ou bien dans la moitié des cas, il s'unit avec le sillon frontal moyen et se prolonge avec lui jusqu'au voisinage de l'angle orbitaire en se jetant dans le sillon fronto-marginal ; d'après Eberstaller, cette branche antérieure commune a[)partient exclusivement au sillon frontal moven, un pli profond constant sépare le sillon supérieur P à son embouchure, comme il arrive pour la scissure occipitale à son débouché dans la calcarine, et /' cesse toujours avant le tiers antérieur.

I.e premier sillon frontal est tardif dans son apparition, généralement peu profomi et coupé en deux ou trois tronçons par les anastomoses de à P'^. Ces troni;ons s'alignent en sens sagittal, en se disposant en escalier. Le plus])Ostérieur de ces segments est situé en arrière du pli d'anastomose qui s'étend obliquement entre le |ned de et celui de F', pli considéré par quelques-uns comme la racine externe de F'. Suivant (jue les plis sont profonds ou superficiels, le sillon est continu ou non et revêt des formes variées.

Sillon olfactif. — Le sillon olfactif fo\ sillon orbitaire interne, est situé sur la l'ace orbitaire du lobe frontal, entre le gyrus reclus et la deuxième frontale ; il est la continuation apparente du jiremier sillon frontal, mais n'a en réalité rien de commun avec lui. Son nom lui vient de ce (|u"il loge le pédonculeet le bulbe olfactifs, qui sontappliquéscontre lui ])ar un [jont arachnoïdien .

Ce sillon est remarquable par son apparition précoce (on Ta vu au quatrième mois fœtal), sa constance, l'absence totale d'interruption par des plis d'anastomose. Jl se dirige d'arrière en avant, mais en ol)liquant vers la fente interhémis])hérique ; les deux sillons olfactifs sont donc convergents. Son extrémité antérieure dépasse le bulbe olfactif, elle est séjjarée de l'angle orbitaire par un pli d'anastomose sur lequel iu}us avons signalé une incisure transversale; ordinairement arrêtée à .'i mm. du bord interne, elle atteint souvent ce bord et même (1 fois sur 5) le dépasse et se prolonge de 1 à 10 mm. sur la face interne. Son extrémité [)ostérieure, élargie en fossette, contient la tubérosité olfactive ; elle esta 10 mm. du bord inlerhémis[diérique, et limitée en arriére par l'anastomose polaire de F' avec les deux autres frontales ; dans les deux tiers des cas, cette extrémité se recourbe en dehors en forme de crochet à concavité antérieure, [ilus ou moins long, jusqu'à 3 cm., qui s'enfonce dans la portion orbitaire de la troisième frontale (Voy. Fig. 229).

Deuxième circonvolution frontale. — La deuxième frontale, F-, ou encore frontale moyenne, est située sur la partie moyenne de la face externe et de la face inférieure, entre le premier et le second sillon frontal. Elle comprend deux portions : une externe ou dorsale, et une inférieure ou orbitaire.

1° Portion dorsale ou externe. — Elle naît jiar deux racines, l'une supé-

NÉVROLOGIE

rieure, l'autre inférieure, ha racine supérieure ou interne sedétaehe du milieu de la frontale ascendante, et se dirige presque verticalement en haut, en avant du sillon prérolandique qu'elle borde aussi à son extrémité inférieure ; arrivée au contact de la première frontale qui suit un trajet également presque vertical, mais descendant, elle s'infléchit en bas, et les deux genoux des circonvolutions se touchent par leur convexité ; de là une forme en S. C'est au niveau de ce coude qu'elle donne le pli d'anastomose postérieur (dit encore racine externe dei'')avec la premièrefrontale.ïlestrare qu'elle soit horizontale dès son origine. Cette racine supérieure est constante, volumineuse; au-dessus d'elle la frontale ascendante est ordinairement rétrécie comme si elle lui avait abandonné des fibres ; elle est aussi presque constamment superficielle ou peu profonde à son origine, et constamment au niveau de son coude. Elle sépare le sillon prérolandique supérieur de l'inférieur, et, quand elle est plus ou moins profonde, laisse ces deux sillons communiquer entre eux, en formant un sillon unique parallèle à Rolando. Enfin c'est elle qui, jointe à sa branche descendante, constitue \e pied de la deuxième frontale, un des centres moteurs du membre supérieur.

La racine inférieure ou externe naît presque toujours du pied de la troisième frontale comme la racine externe de F' du pied de F'- ; elle est verticale, profonde (superficielle seulement dans le quart des cas) et sépare le second sillon frontal du sillon prérolandique inférieur. 1 fois sur 20, elle provient directement du tiers inférieur de la frontale ascendante.

La racine inférieure se fusionne ordinairement avec le second coude de la racine supérieure. Parfois cependant cette réunion ne se fait qu'à une certaine distance, par suite de l'interposition d'une branche profonde, branche antérieure du sillon prérolandique, que ce sillon émet en haut et en avant, et qui peut, si elle est longue, dédoubler la partie postérieure de F^. Delà fusion des deux racines résulte une puissante masse lobulée, riche en plis et en incisures, qui fait de F'^ la plus large des trois frontales, et dans laquelle on reconnaît des flexuosités transversales rapprochées, anastomosées par leurs coudes avec les circonvolutions voisines. Elle atteint son maximum de développement au niveau du bord orbitaire qui est presque entièrement occupé par l'épanouissement de F'. Le bord supérieur de la circonvolution est sensiblement rectiligne et mal distinct de F^, le sillon étant ordinairement segmenté ; le bord inférieur, marqué par f- est court et très arqué.

Dans les deux tiers ou la moitié postérieurs, la deuxième frontale, outre la branche antérieure oblique du sillon prérolandique, branche inconstante, présente des incisures transversales, isolées ou émanées des sillons frontaux limitrophes que l'on voit parfois converger en entonnoir vers la bosse frontale moyenne. Dans cette partie elle reste unique. Dans le tiers ou la moitié antérieurs au contraire, elle est, en règle générale, dédoublée par une longue incisure longitudinale (sillon /Vonta/ moyen d'Eb... f^) qui, après avoir reçu le premier sillon frontal à sa terminaison, va se jeter dans le sillon /"/'o/ito-waA'f/e/ia/, dépression horizontale qui coupe le rebord orbitaire. De là deux étages ou parties :unepartie supérieure qui se fusionne avec Z'', une partie inférieure qui s'unit kF^. Ajoutons que ce sillon moyen apparaît isolément chez l'embryon, qu'il est profond de 10 à 15 mm., qu'il se termine ordinairement en T à ses deux extrémités, qu'il est traversé par des plis profonds étendus entre les deux étages, et que, quand ces plis sont superficiels, le sillon sagittal interrompu est remplacé par des incisures transversales. Quant aux deux parties, la supérieure forme un lobule unique en se fondant dans la première frontale ; l'inférieure forme un second lobule avec la troisième frontale au niveau do l'angle antérieur de l'excavation de Sylvius. Les deux lobules s'anastomosent en une masse unique au bord surcilier. C'est

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

par CQ lypc quaternaire F', 2 F- et F^, se fusionnant bientôt en un type binaire,/'' -j- F^, F- -\- F'^, i[u'l'jbcrstalier explique les formes complexes que présente la face externe du lobe frontal dans son tiers antérieur.

Celle portion dorsale de est reliée aux circonvolulions ndjacenles par des plis d'anaslomoses nombreux. Nous avons déjà signalé les deux ou trois plis qui l'unissent à F'; un nombre égal d'anastomoses la rattache ù F^, nous y reviendrons en décrivant la troisième IVontale.

2» Portion orbitaire. — Celle portion de F- occupe à elle seule les deux fiers de la face orbitaire entre le gyrus reclus de F' et la portion orbitaire de F^. Elle est séparée de ces deux circonvolulions en dedans par le sillon olfactif fo' ou sillon orbitaire interne, en dehors par le sillon orbitaire externe, fo-. Sa limite j)ostérieure n'est pas nettement définie, on est pourtant à peu près d'accord aujourd'hui pour la fixer à la branche transversale du sillon en //que l'on voit au milieu de la face orbitaire.

La surface de cette portion est excavée |)Our se mouler sur la face orbitaire ; sa forme est irrégulièrement quadrilatère ou d'antres fois cunéiforme à base an lé rieure, suivant les variations du sillon en //. En arrière, elle s'unit ^

sur la partie externe du trigone Fig. 229. — Face inférieure du lobe fronlal olfactif avec la première et la ('«^ule orbitaire).

troisième frontales pour consti-

tu(^r un |)(n'nt comniun d'anastomose, considéré comme le pôle frontal. En avant, elle est lobniée soit par les branches sagittales antérieures du sillon en H qui la limite, soit par une incisure intermédiaire longitudinale, interposée entre ces branches sagittales, et considérée comme une suite du sillon frontal moyen. Aux deux extrémités des sillons orbilaires, elle est anastomosée avec la première et la troisième frontales.

Le sillon en //qu'on voit au centre de la face orbitaire est un sillon constant chez l'homme et les primates. A côté de sa forme ly|)ique en H, c'est-àdire avec deux branches latérales externe et interne n nies par une branche transversale, on observe les formes les plus variées en A', en A', en Z, et surtout la l'orme Iriradiée, c'est-à-dire à trois branches diversement combinées, dont le centre est en général à l'angle orbitaire externe.

Sillon fronto-marginal (voy. (ig. 22fi) fm. Le longde l'angle ou bord orbilaircqui sé- ]iarc la lace dorsale de la lace intérieure, Wernicke a décrit sous le nom de si//o>i frn/ilnrnarginal une fonte borizontale, parallèle à ce bord, i\n\ coupe perpendiculairement la direction longiludinale des circonvolutions et des sillons frontaux, c'est le sillon orbilnire externe de Benedikt, orbito-fronlal de Uiacomini, s. de r«/(i//t' o;'i//«/re d'Ebcrstaller, sillon rosirai

NÉVROLOGIE

pour d'autres auteurs. Dans sa forme complète, qui est exceptionnelle puisqu'on la rencontre à peine tleux fois sur cent hémisphères, il s'étend en ligne sinueuse depuis le voisinage de la scissure interhémisphérique jusqu'au voisinage de la scissure de Sylvius, qu'il peut même aborder par une légère incisure [Giacomini). Les trois circonvolutions longitudinales paraissent alors interrompues à leur point de passage sur la face orbitaire et leurs deux branches ne communiquent plus que par des plis profonds ; les sillons frontaux débouchent perpendiculairement dans cette fente transversale. Dans une seconde forme moins complète, mais encore typique, et qu'on observe dans 20 p. dOO (Giacomini, Zernow), le sillon n'occupe plus que les deux tiers internes ; il reçoit le premier sillon frontal/'' (pour Eberstaller le sillon frontal moyen qui a lui-même reçu /'*), et laisse passer en dedans de lui la première frontale, en dehors la seconde frontale. Enfin, dans la majorité des cas (80 p. 0/01 et par conséquent à l'état normal, le sillon fronto-marginal est segmenté en trois tronçons ou incisures alignées horizontalement et séparées par des plis d'anastomose. L'incisure externe, convexe en avant, est creusée dans le commencement de la portion orbitaire de F^, en avant ou en dessous de la branche horizontale antérieure de Sylvius; l'incisure moyenne, ordinairement petite, creusée dans la partie marginale de F"^, reçoit souvent le sillon frontal moyen; l'incisure interne reçoit toujours ce sillon dont elle constitue la branche transversale interne et s'étend jusqu'au bord sagittal qu'elle peut entamer. Nous rappelons qu'à ce niveau le sillon frontal moyen est, pour beaucoup d'auteurs, le premier sillon /'', sillon frontal supérieur, et non le moyen.

Sillon en H. — Le sillon en H, appelé encore sillon cruciforme, triradié, sillon orbitaire, est un sillon fixe chez les primates, constant chez l'homme, d'une apparition précoce (sixième mois fœtal en général, bien qu'on l'ait vu à peine indiqué encore au septième). Dans sa forme typique, en H, qui est celle des singes américains, de presque tous les fœtus et des deux tiers des adultes, il se compose d'une branche transversale, à convexité antérieure, longue de 3 à 20 mm., d'une branche latérale interne qui est à 1 cm. environ du sillon olfactif, et d'une branche latérale externe, parallèle au sillon orbitaire externe. La branche transversale est la plus profonde et la plus constante, bien qu'elle fasse défaut chez certains singes (macaque, beaucoup d'anthropoïdes). La branche interne est la plus longue ; elle peut être isolée de la branche transversale par un pli superficiel ou profond, se disposer en H, en rayons, s'anastomoser avec le sillon olfactif ou le contourner en avant. La branche externe est courte et profonde ; exceptionnellement, elle communique avec la partie basilaire de la scissure de Sylvius.

La surface qui est en avant de la branche transversale présente ordinairement des incisures, notamment l'incisure intermédiaire. Celle qui est en arrière est un peu plus étroite et ne présente prescjue jamais d'incisure. Elle appartient à la partie terminale de la troisième frontale et a reçu de Broca le nom de désert olfactif.

Weisbach a décrit comme trois circonvolutions distinctes les trois parties de la surface limitées par les branches latérales. Il a voulu en outre rechercher dans les formes variées du sillon des signes distinctifs au point de vue sexuel et ethnologique.

Deuxième sillon frontal. — Sillon orbitaire externe. — 1° Deuxième sillon frontal. La deuxièiiK? frontale est longée sur son bord inférieur par le deuxième sillon frontal, p, ou frontal inférieur, qui la sépare de la troisièn:ie circonvolution frontale. Ce sillon est parallèle à f\ dirigé comme lui en sens sagittal, mais un peu plus court. 11 naît en arrière du sillon prérolandique inférieur, que beaucoup d'auteurs considèrent comme sa branche postérieure ou ascendante, mais qui s'en distingue d'abord par sa profondeur beaucoup plus grande, ensuite par un pli d'anastomose de à qui sépare les deux sillons l'un de l'autre ; ce pli, qui est une des racines de F^, est superficiel dans 24 0/0 des cas, et profond dans les autres. Le point de rencontre des deux sillons est quelquefois marqué par une fossette radiée. De cette origine le sillon frontal se dirige d'arrière en avant en décrivant une courbe à concavité inférieure, et après un court trajet, arrivé à la base du cap de la troisième frontale, se bifurque en deux branches transversales, ce qui lui donne dans son ensemble une figure en H. La partie supérieure de cette branche transversale s'enfonce dans une llexuosité de 7*'^; la partie inférieure descend dans le

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

cap qu'elle sépare en deux moitiés sans jamais atteindre son sommet; elle est parallèle à la branche ascendante de Sylvius et située en avant d'elle.

Le deuxième sillon frontal est constant, mais il présente une forme très variable à cause des plis d'anastomose qui le coupent et s'étendent de F- à F^. Il y en a ordinairement trois, sur lesquels il en est presque toujours un de superficiel; aussi peut-il être segmenté et perdre sa direction sagittale. Dans la partie antérieure de la face externe, entre l'extrémité de F'^ et l'angle orbitaire, on rencontre une ou deux incisures. 11 est exceptionnel que le second sillon frontal arrive jusqu'au sillon fronto-marginal et s'y unisse.

2° Sillon orbitaire externe (Hervé). Sur la face orbitaire, parallèlement au sillon olfactif ou sillon orbitaire interne /o', parallèlement aussi au jambage externe des sillons en H et à 5 ou 10 mm. en dehors de lui, se trouve constamment le sillon orbitaire externe fo", long de 15 à 20 mm. qui est un sillon iiuléjiendant, ne s'unissant ni à la scissure de Sylvius ni aux sillons marginaux du bord sourcilier. Il manque chez les singes. C'est lui (jui sépare le bord interne de F^ du bord externe de F'^.

Troisième circonvolution frontale. — La troisième frontale, F', ap])elée encore frontale inférieure, et par les Anglais circonvolution de Broca. parce qu'en 18(31 Broca a découvert qu'elle était le centre du langage, est située sur la partie inférieure du lobe frontal, entre le deuxième sillon frontal et la scissure de Sylvius. Sa longueur absolue c'est-à-dire en ligne droite est de 4 à 5 cent., sa largeur maximum de 23 à 30 mm. Son bord supérieur convexe est en beaucoup de points mal séparé de F^^ en raison des nombreuses anastomoses qui les unissent ; son bord inférieur concave est au contraire nettement délimité par la profonde scissure de Sylvius. C'est surtout la troisième frontale qui ferme la scissure et recouvre l'insula, aussi la non occultation de l'insula indique-t-elle presque toujours un développement imparfait de cette circonvolution (Voy. Fig. 226).

La troisième frontale présente dans son trajet la forme d'un M (Féré), c'està-dire qu'elle subit deux inflexions autour des deux branches de la scissure de Sylvius qui s'enfoncent entre les angles de l'M, de la branche ascendante et de la branche horizontale antérieure. Les trois premiers jambages de l'M appartiennent à la partie dorsale ou externe de la circonvolution, laquelle occupe la région latérale inférieure de l'os frontal en empiétant sur le pariétal ; le dernier jambage, celui de gauche si nous regardons un cerveau gauche, représente la portion orbitaire. A son tour la }>ortion dorsale se subdivise en deux parties, le pied et le caj).

Reprenant d'arrière en avant les divisions de /'"' sur un type schématisé, nous aurons donc les parties suivantes: 1° \e pied, qui est situé en arrière de la branche ascendante de Sylvius; 2» le cap, qui occupe tout l'espace compris entre la branche ascendante et la branche horizontale antérieure ; 3" la portion orbitaire ou tète, placée en avant de la branche horizonhili\ Ou trouve dans Riidinger un autre mode de division, qui n'a pas été ado])té ; on appelait aussi autrefois plisurcUier la llexuosité qui entoure de ses deux branches la branche sylvienne ascendante. Chose remar(juablo, à chacune des Irois por-

iNÉVROLOGIE

tions correspond une structure liistologique différente [Betz) et vraisemblablement une fonction spéciale. La fonction du pied est seule connue, elle dirige le langage articulé ; la portion orbitaire se rattache peut-être aux centres olfactifs.

1° Pied de F^. — Le pied de F'' ou 'partie operculaire des auteurs étrangers, naît de la partie inférieure de la frontale ascendante par une racine qui est en règle générale unique et profonde. Cette racine est un pont étroit, quelquefois pourtant large et court, qui sépare le sillon prérolandique inférieur de la scissure de Sylvius; elle est rarement double, presque toujours unique. Ce qui a pu faire souvent illusion sur sa duplicité, c'est la présence de Vincisure transverse inférieure ({ui dédouble parfois le pli fronto-pariétal inférieur. Elle est aussi ordinairement profonde, de quelques millimètres à 1 cm. et ne se voitpasavant qu'on ait écarté les lèvres de la scissure de Sylvius.

Le pied est un lobule quadrangulaire, plus haut que large, bordé en avant par la branche sylvienne ascendante, en arrière par le sillon prérolandique, en bas par le commencement de la branche postérieure de Sylvius, en haut par le deuxième sillon frontal f'^. Il mesure 30 mm, de hauteur sur 13 à 20 en largeur. C'est la partie lapins tardive dans son développement ; elle ne se forme qu'un mois avant la naissance, et ne commence à fonctionner, comme on sait, qu'un an plus tard. Le bord supérieur est presque toujours uni à F'^ par une ou deux anastomoses. L'anastomose la plus constante part de l'angle postérieur, sépare le sillon prérolandique du deuxième frontal et se rend à F'^ dont elle constitue la racine inférieure pour quelques auteurs ; elle est superficielle 1 fois sur 4. Le second pli part de l'angle antérieur, il est presque toujours profond et peu marqué.

Généralement la surface du pied est divisée en deux parties par le sillon diagonalde l'opercule [EberstallerJ . Ce sillon, d'apparition précoce, descend obliquement en bas et en avant sur une longueur qui peut atteindre 3 cm., et séparedeux parties inversement conformées, une partie antérieure ou ascendante, à grosse extrémité supérieure, une partie postérieure ou hasilaire, à grosse extrémité inférieure. La partie hasilaire est la partie la plus large de ; en haut, elle se bifurque pour donner le pli d'anastomose avec et pour s'unir avec la partie ascendante ; en bas, elle se réunit encore avec cette même partie. La partie ascendante qui longe la branche verticale de Sylvius établit la continuité avec le cap de F^. Le sillon diagonal finit en haut librement ou en se jetant dans un des sillons voisins, le deuxième frontal, le prérolandique ; en bas, le plus souvent, par une incisure plus ou moins profonde, il se jette dans la scissure de Sylvius, dans sa branche ascendante.

De la présence et des variations de ce sillon dépendent les formes simples ou compliquées du pied de F^. Une erreur fréquente consiste à le prendre pour une seconde branche ascendante de Sylvius et à reconnaître la présence de deux caps ; mais le sillon diagonal se distingue d'une branche sylvienne vraie en ce que l" il est oblique en haut et en arrière, et non pas vertical ou incliné en haut et en avant ; 2» il ne coupe pas la totalité du bord inférieur de F^ et, par conséquent, n'est pas une émanation du sillon circulaire de l'insula.

2° Cap de F'. — Le cap, ou partie triangulaire de Schwalbe et d'autres au-

HEMISPHERES CEREBRAUX

leurs, est compris entre la branche ascendante de Sylvius qui le sépare de la partie ascendante du pied, et la branche horizontale antérieure, qui le sépare de la portion orbilairc. C'est lui qui forme la partie frontale de l'opercule frontoorbitaire et qui contribue le plus à recouvrir i'insula, notamment la première circonvolution V avec laquelle il est souvent uni par un |)li.

Sa forme est celle d'un triangle ou delta. I^e sommet qui regarde en bas et un peu en arrière est à la bifurcation de la scissure de Sylvius, |iar conséquent au coude (jui marque la fin de son tronc transversal. La grandeur de son angle mesure le développement du cap. Un sommet à angle |)eu ouvert, pointu, éloigné de la branche principale de Sylvius, indique un lobule triangulaiie étroit, tandis qu'un lobule bien formé s'annonce par un sommet mousse, àgrand angle, écartant f(jrtement les branches delà scissure. Labase est longée eu arrière par le deuxième sillon frontal, et coupée perpendiculairement par sa branche transversale terminale (jui s'enfonce au milieu de la surface, jusque près du sommet et divise ainsi le cap en deux plis, l'un antérieur, l'autre postérieur. Elle est unie avec la deuxième frontale par un ou plusieurs plis anastomotiques ; on en compte ordinairement dèux. Le pli postérieur, inconstant, presque toujours profond, va de la partie postérieure du cap à F', en arrière du sillon transversal ; le pli antérieur part de l'angle antérieur de la base ; il est souvent superficiel. Quelquefois la partie antérieure du cap est elle-même subdivisée par une incisure parallèle à la branche transversale de P et placée en avant d'elle, en arrière de la branche antérieure de Sylvius ; cette incisure, qui existe assez nette dans un tiers des cas, peut s'anastomoser avec tous les sillons de la face externe ; elle a été décrite parEberstaller sous le nom de f^Ulon radié. Le cap se trouve alors divisé en trois plis parallèles et ])eut s'unir avec par une triple anastomose.

3° Portion orbitaire. — La ]>ortion orbitaire, la première qui commence à se dessiner chez le fictus, fait plus

manifestement suite à la por- ^-"'l'- ^- "

tion dorsale que ce n'est le cas pour les autres fronlales; c'est

elle qui constitue l'opercule or- l' \ \ — \ /"''

bitaire. Sa largeur va croissant d'arrière en avant, l^'dle est com- i'- front. posée de deux branches coudées à angle droit. La branche externe, dirigée dans le sens antéro-postérieur, est comprise Pôle fi-nnt. entre la branche antérieure de Svlvins et le sillon orbilaire externe ; la branche interne dirigée transversalement, forme le bord posléi'ieur de la face orbiiaire, entre le sillon en II ipii est en a\ant et l'espace jierforé ([ui est en arrière. On admet communément aujourd'hui (Rùdlngcr, Hervé, EherstaUcr) que cette portion se prolonge jusqu'à l'angle orbitaire interne, au niveau du trigone olfactif, et s'unit à ce niveau avec la première et la deuxième fronlales. Là serait donc le vrai pôle frontal, d'où |)arlii'aient comme des méridiens les trois circoinolutions pour s'irradier jusqu'à a frontale ascendante en franchissant le bord

.S.orb.ext.

■ 3' frotit.

Fig. 230. — Le ])olo frontal, d'apros Hervé.

NKVROLOGIE

sourciller. Quand le sillou olfactif est fortement courbé en crochet à son extrémité postérieure, la deuxième frontale est en grande partie détachée du pôle.

La portion orbitaire est rarement coupée par des incisures ; à peine signalet-on des prolongements aberrants du sillon en II, et un sillon qui, situé d'abord sous la face inférieure de cette [lortioii où il loge le pli court accessoire de l'insula, se pi'olonge obliquement sur la partie moyenne de la circonvolution, au niveau de la branche transversale de l'Jl. Elle est unie avec en plusieurs points, par des plis très superlicieis et mal isolés, en avant et en arrière de fo"^ et au niveau du pôle ; en ce dernier point elle communique avec F' et avec le pli transverse de l'insula.

Signalons en terminant les anastomoses que la troisième frontale contracte avec le lobe de l'insula, plus particulièrement et uniquement avec l'insula antérieur, à l'aide de petits plis, dits 'plls obliques ou »?«rgfinai/a;, qui s'entrecroisent ou se fusionnent avec une ou plusieurs des trois circonvolutions insulaires antérieures.

Bibliographie. — Nous possédons surla troisième circonvolution frontale deux monographies importantes : 1° celle de liûdinger : Zur Anatomie des Sprachcentrums, 1882, avec 50 dessins; 2° celle de Hervé : La Circonvolution de Broca, Thèse de Paris, 1888.

Variations. — Nous avons déjà indiqui; chemin faisant les principales variations que présentent les éléments constitutifs du lobe frontal; nous nous bornerons ici à compléter ces renseignements.

Le sillon prérolandique inférieur communique ordinairement avec le deuxième sillon frontal, mais il en est le plus souvent partiellement séparé par un pli profond (racine externe de F^) : ce pli est superficiel dans 24 p 100. A sa partie supérieure, il peut être coupé par une racine inférieure accessoire de F'^ devenue superficielle ; on observe alors un sillon prérolandique moi/en, compris entre les deux racines de la deuxième frontale. A son extrémité inférieure, sa communication avec la branche ascendante de Sylvius est considérée par Ecker comme très rare, par Giacomini comme habituelle (62 p. 100). Eberstaller dit que jamais le prérolandique ne communique directement avec Sylvius, mais qu'il peut y aboutir indirectement, c'est-à-dire par l'intermédiaire du sillon diagonal qui coupe obliquement le pied de F^, et communique lui-même souvent, mais seulement par une incisure superficielle, avec la branche sylvienne.

Le premier sillon frontal, dans 10 p. 100, coupe en croix le sillon prérolandique supérieur et se prolonge de S à 10 mm sur la frontale ascendante, en approcliant plus ou moins de la scissure de Rolando avec laquelle il peut communiquer superliciellement. Il est bien développé dans 20 p. 100 des cas et existe une fois sur trois sur les deux hémisphères à la fois.

Le sillon ol far/if s'unit par sa queue postérieure recourbée en crocliet avec le sillon en H dans 14 p. 100, et isole alors totalement la deuxième frontale de la troisième. 11 est parfois anastomosé en avant avec ce même sillon ; rarement il s'unit en arrière au sillon de Reil. Sa longueur insolite (5 cm) est due à sa fusion avec une incisure antérieure.

Dans dos cas très rares, le sillon frontal rnoijen naît du sillon prérolandique, et permet la formation de quatre circonvolutions longitudinales totales.

La circonvolution frontale ascendante peut être coupée en deux parties par un prolongement postérieur des sillons frontaux, surtout de ; on l'a même vue divisée en trois tronçons. Eberstaller a noté sur des gens qui font un grand travail musculaire, tels que les forgerons, un développement insolite de la moitié supérieure des deux circonvolutions rolandiques et du pied de F^ qui atteint une largeur de 23 mm.

La première frontale, qui n'est jamais dédoublée chez les singes, l'est pourtant sur le cerveau simple de la Vénus Hottentote. Chez elle aussi cette circonvolution n'a pas d'anastomose, au moins superficielle, avec F'^ et le premier sillon frontal est libre. Les plis qiii unissent/'' à Z'- s'observent aussi souvent chez les nègres que chez les XAnna (Giacomini). Le pli postérieur, qu'Eberstaller considère comme la racine inférieure de F^, manque 32 fois sur 100, est 26 fois superficiel, et 42 fois profond. L'anastomose marginale qui se fait

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

au niveau du lionl surcilioi' nvoc F'^ iiiaiii|uo ilaiis i |). -ino, l'isi^ iiiniihc. foiniuo superficielle 56 fois, l'oiiimo profonilo 40 l'ois. Le gynis n'ctiis mi poilKin diliilairo dn fail chez ccrLains sujets, mais partieuliérenient siir des eei'veaux di\t;iviilrs, une saillie de i .'i ,-i 20 mm., analogue au rostre simien.

La //'o/.s/V>/«e /Vo«/rt/e manque chez les singes inl'i'rieui's ou n'rsl, repriscnli^e que par une portion orbilairc très courte ; il n'y a aucune hranclu' .uili'i'ii'uri' ou ascendante de Sylvius. Avec les anthropoïdes apparaît une troisième (■ir(;on\nlulion cduslitui'i' ,-iux dépens de F'^ ; mais il n'y a encore qu'une branche de Syh iiis, ipic l'on lissiuiile a notre branche horizontale antérieure malgré sa direction ascendaule, et une seide llcxuosité autour de cette branche. La portion dorsali; ne peut donc pas se diviser en pied et cap, et avec l'absence du cap on voit manquer les deux premières circonvolutions insulaires qui lui correspondent. 11 n'y a plus qu'une partie arqure avec deux branches et un genou, étendue de la racine de Fn ii la portion oi'bitaire. Ce type inférieur se rencontre quelquefois che/ rhomnii\ sur des cerven.ux il(''gr;idi''s ou sui- des cer\"eaux de soui'ds-muels.

Pig. 2ol. — l'ype (''lémentaii'e di- la i!'- l'routali^ : circouvid iil ion arqui''e, une seule branche do SyU ius, une seuh' iiillexion. (('.er\'eau d'orang, d'yprès (hiATioi.ni ).

Le type humain normal comprend deux branches ^yU iennes l'I deux flexuosités. La troisième frontale no parait pas être au ]joinl, de \ u(.' de son \'olume iniluencéc par la taille du sujet, comme le sont les rolandiques. D'après iiiidinger elle est de forme plus simple et de diamètres moindres chez la femme que chez l'homme, et cela dès l'enfance. D'après lui aussi, elle offre en génr'ral nu d(''veloppem(Mil. propoiiionnel à l'intelligence et aux facultés oratoires du sujet, comnn' le lui onlnionlré l'i lude detTcerveaux d'hommes célèbres: chez eux. la circonvolution est plus ^nsle, plus conqilexe, plus incisurée, l'asymétrie bilatérale est jibis manpu'e, et il est jikis fréquent de voir la circonvolution gauche supérieure à la droite. Toutefois je remarque que sur le cerveau du grand orateur Gambotta, la 3e circonvolution frontale droite, et en particulier son pied, était bien plus développée f[ue la gauclie ne présente rien d'excessif, à en juger du moins par les dessins d'Hervé, qui sont considérés comme exacts. (Comparez lig. 232 et 232 bis).

Inversement l'arrêt de dévelo]ipement de F^ a été signalé maintes fois chez les races inférieures, chez les sujets d'intelligence défectueuse et chez les sourds-nmets de naissance, (jiacomini signale chez trois sourds-nmets sa petitesse, ses faibles inilexions, l'absence de ses plis d'anastomose avec F'-^. Riidinger la trouve sur fj sourds-muets plus simple, plus ))elite à gauche, alors que le coté droit esl normal ou même volumineux; l'atrophie porte surtout sur le pied, le cap et la première temporale. 11 a vu aussi sur des microcéphales la circonvolution tout à l'ait rudimcntaire, ou même à peu près absente en même temps ipio l'insula était resté lisse.

Ce sont là des faits positifs dont l'iuqiorlance i.^st considc'rable. 11 im])orte de signaler, en opposition, des faits négatifs que peuvent expli([uer la transmission héréilitaire de l'orme acquise ou toute autre condition, et qui ne sauraient infirmer le résultat général : ils doivent seulement nous imposer une extrêun' réserve dans l'apiirécialion des cas particuliers et

NÉVROLOGIE

la reconstitution posthume de l'intelligence ou de l'élocution du sujet d'après l'étude de sa troisième frontale. Ainsi Eberstaller fait observer, ce que tous les anatomistes savent par expérience, que les cerveaux des salles de dissection présentent fréquemment un

Fig. 232. — Hémisphère droit.

. liolando

■-■ S. prérol.

-■ S. diagonal

Sylo. Iioriz. Cap Sylo. ascend.

Fig. 232 bis. — Hémisphère gauche.

Fig. 232 et 232 bis. Cerveau de Gambetta, d'après Hervé.

La 3= frontale est teintée en rouge, le pied en rouge plus foncé ; la partie basilaire du pied est indiquée par des hachures.

On remarque que la 3" frontale droite est sensiblement plus développée que la gauche, et notamment son pied.

très compliqué ; il a vu cette circonvolution parfaitement normale sur trois sourds-muets et sur deux crétins. De même Galori a constaté son développement habituel chez des sourds-muets et chez deux idiots qui ne pouvaient parler.

Type quaternaire. — En 1876 Bencdilit avança que le cerveau des criminels possédait comme caractère distinctif un type à quatre circonvolutions longitudinales, produit parle

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

dédoublement de la première frontale: c'était, suivant lui, une anomalie réversive ramenant le cerveau humain au type Carnivore, la première frontale se résolvant en ses deux éléments primordiaux, les deux sagittales supérieures des mammifères. Il y avait dans cette affirmation une première erreur, le dédoublement se produisant plus souvent aux dépens de que de en second lieu, l'assimilation de notre première frontale aux deux pariétales supérieures des carnivores est de tous points inadmissible; enfin Bonedikt ne prouvait pas par dos chiffres précis que le type quaternaire fût plus fréquent sur le cerveau des criminels que sur celui des sujets normaux. Plus lard en 1879 (Anatomische Stndicnan Verbrecher-Gehirneii, Wien, 1879), |il reconnut que n'était pas seule à se dédoubler, mais il maintint ses conclusions premières basées dès lors sur 87 cerveaux de criminels qui se décomposaient ainsi :

42 cerveaux à 3 circonvolutions 40 — -à 4 circonvolutions 5 — à o circonvolutions

La division complète portait 8 fois sur F^ , 16 fois sur F', 3 fois sur F' cl /'^simultanément. La division incomplète intéressait 4 fois F^, 8 fois Z^. Bientôt des observations se succédèrent dans le même sens, dix de Scbweckendick, quatre de Hanot, trois de Boucharil (do Bordeaux), etc.. et leurs auteurs crurent un moment que le type à quatre frontales était le stigmate principal, typique, du cerveau criminel.

Celte hypothèse ne tarda pas à être renversée par les deux faits suivants : 1° le dédoublement d'une frontale est aussi fréquent sur les cerveaux normaux que sur les autres, c'est ce qu'a établi Giacomini (Variefà délie Circonvolusioni, \ on a pu croire au début à une fréquence plus grande sur les cerveaux criminels parce qu'on les étudiait avec plus de soin quo les autres; 2o le cerveau humain dérive, non pas du type Carnivore, mais du type simien binaire, qui on se dédoublant produit chez l'homme l'ébauche normale d'un type (]uaternaire. Celui-ci dans son dévoloppoment n'est donc pas une anomalie atypique, réversive, mais bien au contraire l'exagération d'une forme normale, une anomalie progressive.

1" Giacomini sur hémisphères de criminels a constaté une fois le type binaire, une fois le type cinq, une fois le type quaternaire complet c'est-à-dire à quatre circonvolutions totales, et huit fois le type quaternaire incomplet dont cinq fois aux dépens de F^. Or ce sont là les proportions normales. En effet sur 340 hémisphères de sujets ordinaires et connus, il a trouve :

4 fois le type binaire par fusion (\q. F^ avec F^, 3 fois le type cinq, par deux déiloublcments partiels, 53 fois le type quaternaire.

Dans les cas de type quaternaire, il faut distinguer le ti/pe complet, dans lequel il y a quatre circonvolutions d'égale épaisseur occupant toute la longueur du lobe, insérées chacune par une racine sur la frontale ascendante, ce type s'est présenté dix fois — ot le type incomplot, dans lequel une des frontales, anormalement largo, est divisée sur une partie seulement de son trajet, 46 fois. Le dédoublement portait 9 fois sur F^, occupant la partie postiiriouro et ne dépassant que rarement 4 cm , 24 fois sur F^ dont 13 limiti'S à la partie antérieure, et 14 fois sur/''.

Tenchini de son côté sur 32 cerveaux a constaté lo dédoublement 8 fois sur/"', 7 fois sur F"^, et lu fois sur F^. Cliiarugi sur 20 cas dit qu'il siégeait le plus souvent sur F-, quelquefois sur jamais sur F^.

On voit qu'il y a quelque désaccord sur la circonvolution ijui serait le ]ilus souvent dédoublée ; ce qui parait le plus anormal, c'est le dédoublement do la troisième frontale que l'on aurait si souvent observé; il est possible qu'il s'agisse d'une erreur d'intcrpi-étation et qu'on ait pris une longue racine inférieure de F'^ pour une partie supérieure de F^, ces cas demanderaient à être révisés aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, le dédoublement d'une frontale et par suite le type quaternaire partiel ou complet sont des faits fréquents. J'ajouterai que d'après Rûdinger ils sont plus fréquents chez les garçons que chez les filles, et qu'Ambialet a observé sur un tiers des cerveaux à déformation toulousaine lo dédoublement de qui répond justement au point le plus comprimé.

2" Lo type quaternaire est à l'état d'ébauche sur le cerveau normal de l'homme. En effet la deuxième frontale possède en règle générale, dans ses doux tiers antérieurs, un sillon frontal moyen, qui la dédouble en deux étages ; quand ce sillon est bien marqué, le dédoublement est manifeste et il y a 4 circonvolutions sur la partie antprieure du lobe frontal ; le dédoublement est total quand le sillon moyen s'étend en arrière jusqu'au sillon prérolandique. Les dédoublements postérieurs reconnaissent une autre origine, mais qui est encore

complètes 27 incomplètes 13

NÉVROLOGIE

l'aiiiplification d'un état normal rudimentairc : chacune des deux premières frontales possède deux racines, l'une supérieure, l'autre inférieure ; 'il suHît que ces deux racines restent séparées sur un trajet plus ou moins long pour qu'on ait sur la partie postérieure du lobe un type quaternaire. Ce dédoublement interradiculairc est plus fréquent sur F- que sur etdépasse rarement la moitié postérieure. Enfin, le dédoublement simultané de /* et de Fproduit S circonvolutions longitudinales, mais qui n'existent qu'en arrière ; tandis que la

Rolando f \" Fr. l' Fr.

Sijlvius Cap.

Fig. 233. — Type quaternaire du lobe frontal (d'après Giacomini). Hémisphère droit.

fusion de la troisième avec la seconde frontale donne un type binaire, observé par Bénédikt et par Giacomini, qui est tout à fait analogue au type des singes inférieurs.

Plis de passage. — Le lobe frontal est uni par un grand nombre de plis de passage avec les trois lobes qui l'entourent : 1° avec le lobe pariétal par les deux plis fronto-pariétaux supérieur et inférieur qui relient Fak Pa et fermenta ses extrémités lascissure de Rolando.— 2" avec le lobe du corps calleux, par plusieurs plis, dits fronto-limbiqucs, échelonnés sur toute la longueur de la scissure sous-frontale. Le premier qui est constant, pli inférieur, est à l'origine même des deux circonvolutions C et i^' et ferme l'extrémité inférieure de la scissure ; le dernier, très inconstant, émane du lobule paracentral ; entre ces deux extrêmes, on en trouve ordinairement deux autres superficiels et profonds. — 3" avec le lobe de l'insula.par des plis obliques et courts, non constants, qui vont soit à une ou plusieurs dcs-trois circonvolutions de l'insula antérieur, soit au pli transverse de l'insula.

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