‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 76 sur 194 · LOBE PARIÉTAL · texte numérisé non relu

LOBE PARIÉTAL

Le lobe pariétal est situé à la partie moyenne et supérieure de l'hémisphère, au-dessus de la branche postérieure ou branche horizontale de la scissure de Sylvius qui le sépare du lobe temporal, en arrière de la scissure de Rolando qui borde le lobe frontal, en avant de la scissure occipitale externe qui limite le lobe occipital.

Le lobe pariétal correspond à l'os pariétal delà voûte, mais celui-ci dépasse en tous sens le territoire cérébral sous-jacent et recouvre une partie des lobes frontal, temporal et occipital ; le centre de la bosse pariétale répond à la circonvolution pariétale inférieure, à la jonction de ses deux lobules constitutifs.

f 1 1'; \ Il s p m • n s c K R É B R A u X

Los limites (lu lobe sont nettement, iiiili(|iiiji;=; en avant l.-i, scissnri' de Rdlando. en bas parla scissure de Sylvius ; elles sont Ijicn moins nolies en dedans et en arriére. En dedans, c'est-à-dire sur la face interne de rhémispbére, le lnl)e pariétal, circonscrit sur son bord antérieur par la fin de la scissure sons-frontale, sur son bord postérieur par la scissure occipitale interne, est en partie fusionné par son bord inl'érieur avec la circonvolution du corps calleux et n'en est séparé que parles quelques incisures, vestiges de la scissure sous-pariétale. En arrière et sur la face externe, le lobe si distinctement coupé chez les singes inférieurs par la scissure perpendiculaire externe, estchez l'homme partiellement fusionné avec le lobe occipital par ties plis de passage qui comblent cette scissure, chez lui scissure occipitale externe. On prend comme limite une ligne menée de la scissure occipitale apparaissant en encoche sur le bord sagittal de l'héinisphére à l'extrémité supérieure du siUoti occipital antérieur, lequel présente une direction vei'lico-transversale ; à défaut de ce sillon, on mènerait la ligne de démarcation du même point supérieur à l'extrémité postérieure de /- deuxième sillon temporal.

Le lobe pariétal présente chez l'homme un haut développement, ce qu'attestent d'abord les formations lobulairos floses deux circonvolutions antéro-poslérieures, ensuite les volumineux plis de passage qui l'unissent au lobe occipital. Sa surface atteint ))our les deux lobes droit et gauche réunis de 450 à 400 c. carrés, suivant les calculs de Wagner, surface qui représente les 20 centièmes de la surface totale de l'hémisphère et qui est sensiblement égale à celle du lobe temporal. Son poids a été évalué par Broca, conjointement avec, celui du lobe temporal; ces deux lobes réunis pèsent en moyenne 521 gr. chez l'honune, 440 chez la femme, soit les 47 p. 100 du poids total du cerveau. Bischoff, qui les a pesi's séparément, indique pour le lobe pariétal le chilfre de 36 centièmes, et 13 pour le lolie temporal. Le lobe pariétal n'a pas, comme les autres, une forme de pyramide avec un sommet ou pôle; c'est un angle dièilre à deux faces, une externe convexe logée dans la fosse parii'tale, une interne, plane et vcrticalo, qui regarde colle du côté opposé, séparée d'elle par la faux du cerveau.

Il n'y a c[iie trois circonvoiiilioiis, une iraiisversalo et antérieure, on pariétale ascemlanle, et deux antéro-postérienres ou c. |)ariétales snjiérienre el inférieure. Un sillon unii[ne, le rIUo)i inlerpariétaJ , est interposé entre ces trois circonvolutions.

Circonvolution pariétale ascendante, Pa. — La pariétale ascendante (troisième pariétale, P'', c. postrolandique oii ceulralc postérieure) est parallèle ;i la scissure de llolaniLj qu'elle borde en arrière, d'où son nom de ])0sli'0landique, el à la frontale ascendante. ]']lleest en général robuste, fle.Kueuse, plus coupée (l'incisures ([ue Frt sur son bord rolandi([ue ; elle s'amincit quand (die est bordée en ari'iére |)ar un sillon postrolaudique bien rnar([ué.

Son e.\lrémilé inférieure ou pied est unie par un pli de passage avec le jiied de /''(/, el par sa partie; postérieure ordinairement avec le pied de la pariétale inférieure ; d'où un |ielit lobule, formé par les origines de ces trois circoiivolulions qui se projette en opercule au-dessus de la partie pcislérienre de l'insula. De là, la p.iriétale ascendante monte sous un angle de 7(1" entre la scissurede Rolando elle sillon interpariélal, arrive au bord supérieurde rhémis|)bère et descend sur la face interne, pour se terminei' par un second ])li de passage étroit qui la soude à la frontale ascendante. Nous avons dit plus baul que les e.xtréuiilés supérieures de /<Tr et de Pa, mais essentiellement de iï^rc, conslituaitml eu se confondant le lolmlc paraceiitral , contourné en arriére par la terminaison de la scissure sous-fronlale. Ainsi se trouve fermée en liant el en bas, par ces deux plis de passage fronto-pariélaux, la scissure de Holando qui représente un bassin indépendant.

De même ([U'^ la pariétale inférieure P- naît en bas de Pa, de même la pariétale supérieure P' a son origine, son pied, sur le bord |)0sléi ieur île la tète de celte même circonvolution.

NÉVROLOGIE

Circonvolution pariétale -supérieure, PK — La pariétale supérieure ou première pariétale, P\ fait pendant à Comme elle, elle s'insère par son pied sur une circonvolution rolandique ; comme elle, elle suit le bord supérieur de l'hémisphère en empiétant sur les deux faces, et en décrivant des inflexions en iS, dont la direction principale est verticale.

Son origine ou pied se fait sur la face externe, près du bord sagittal, à la partie postérieure de la frontale ascendante, tantôt par une ou deux branches, tantôt par une large base ; il semble ordinairement que Pa se prolonge dans la

liolando Se. s. front.

i / yS.fostraland.

f'ôle iempor. Sylotus b.deJemen Incrs. preoccip.

Fig. 234. — Face externe des Lobes pariétal, temporal et occipital.

Le lobule antérieur (lobule marginal, lobule du pli courbe) de la seconde pariétale est teinté en rose ; le lobule postérieur (lobule angulaire, pli courbe) est teinté en gris.

pariétale supérieure, car au delà elle se rétrécit en son pli de passage rolandique. La terminaison de en arrière est remarquable ; la circonvolution se l'amasse en un pli unique, qui traverse la scissure occipitale externe en contournant son incisure supérieure par une flexuosité dont la concavité regarde ordinairement en haut, et de là va sur le lobe occipital se continuer avec la première circonvolution occipitale, 0'. C'est là le premier pli de passage pariéto-occipital externe, si connu depuis Gratiolet. Superficiel dans les trois quarts des cas, c'est lui qui comble en haut la scissure occipitale externe (perpendiculaire externe des singes), et la rend méconnaissable.

La pariétale supérieure, à cheval sur le bord hémisphérique, déborde également sur les deux faces et prend un type carré par le grand développement transversal de ses deux parties qui s'infléchissent et se creusent d'incisures. Sur la face externe, le corps élargi de la circonvolution prend le nom-

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

de lobule pariétal swpévicur, séparé Je la seconde pariélale P- par le sillon inlerpariétal.

Sur la face interne, il s"étale en un amas mainelonnéde jiliset d'incisnres, qui [ijrn\c\\[ \e lobule quadrilatère on 1. carré, ou encore p/'ecuneus, avant coin, le cnneus étant la circonvolution occipitale qui lui l'ait suite en arrière. Le terme de precuneus tend à devenir plus usuel; il est plus court et plus compréhensif. Ce lobule plan et vertical est limité en avant par la scissure sous-frontale qui remonte derrière le lobule paracentral, en arrière par la scissure occipitale ; en haut, il se continue sans démarcation avec le lobule pariétal supérieur ; en bas, il esta peine séparé de la circonvolution du corps calleux par de faibles incisures, quelquefois par un sillon rudimentaire, sillon sous-pariétal, tous vestiges d'une scissure sous-pariétale qui existe chez certains animaux et qui est chez nous comblée par des plis de passage.

Circonvolution pariétale inférieure, P'. — La pariélale inférieure, ou deuxième 2)ariétale, P-, est parallèle à la pariétale supérieure dont elle est séparée par le sillon interpariélal. Elle naît du pied de la pariétale ascendante Pa, par une racine unique; quelquefois l'insertion de cette racine est profonde, et le plus souvent alors il y a une deuxième insertion sur le milieu de Pa. Cette origine ou pied fait partie de l'opercule fronto-pariétal qui recouvre l'insula. De là, la circonvolution remonte le long de la pariétale ascendante, contourne l'exlrémité de la scissure de Sylvius, puis redescend en s'élargissant, décrit une seconde inilexion qui embrasse l'extrémité du sillon temporal parallèle f', et, arrivée à sa terminaison, so divise en deux branches, une supérieure qui devient le deuxième pli de passage, une inférieure qui s'unit à la deuxième temporale r^.

Ce pli de passage, deuxième pli pariéto-occipital externe, eil toujours superficiel, 90 fois sur 100; il oblitère avec le premier pli et seul, quand ce premier pli est profond, la scissure occipitale externe et se continue avec la deuxième circonvolution occipitale 0"^.

La pariétale inférieure est souvent difficile à débrouiller, à cause de ses sillons secondaires, de ses anastomoses et de ses plis de passage ; comme P' elle représente deux circonvolutions distinctes chez la plupart des mammifères et cette fusion est toujours irrégulière et accidentée. Par son bord supérieur, elle est souvent anastomosée avec la pariétale supérieure, grâce à un ou même deux plis qui traversent le sillon interpariétal ; par son bord inférieur, elle reçoit la terminaison ou tète de deux circonvolutions, d'abord de la première temporale T', à la jonction de ses deux inflexions (lobule marginal et lobule angulaire), |)uis de la deuxième temporale T-, au niveau de son extrémité postérieure. Pour , se repérer, il faut suivre le bord inférieur qui est toujours plus simplement conformé, et se rappeler qu'il est abordé par deux sillons ascendants et parallèles, par la scissure de Sylvius en avant, et en arrière par le premier sillon temporal (scissure parallèle) t*. La pariétale inférieure à cheval sur ces deux sillons décrit une double inilexion. La partie qui est à cheval sur la fin de Sylvius, surtout la branche postérieure, est renflée en une masse volumineuse avec incisure centrale; c'est \elobule marginal de Gratiolet et de {)i'esf|nc tous les auteurs étrangers, ou ])li sujîra-marginal, le lobule du

NÉVROLOGIE

pli courhe de la plupart des Français. Sans être particulier à l'homme, il est du moins très développé cliez lui ; les deux côtés sont ordinairement asymétriques. La partie de P'^ qui enfourche la terminaison du sillon temporal t\ constitue un nouveau lobule eu général moins tourmenté, nommé p?i courbe par Gratiolet, pli ou lobule angulaire par Huxley et les auteurs étrangers. Les termes malheureux de lobule du pli courbe et pli courbe prêtent à une confusion constante; je me suis rallié aux dénominations de lobule marginal (marge de la scissure de Sylvius) et de lobule angulaire (angle fermant le sillon temporal), mais il vaudrait encore mieux adopter les termes plus simples proposés par Giacomini, de iobu^e anfej'iettr (lobule du pli courbe, lobule marginal) et de lobule postérieur (pli courbe, lobule angulaire).

Sillon interpariétal. — Le sillon interpariétal, p, terme employé par Ecker et qui tend à prévaloir contre ceux de s. intra-pariétal de Turner et de s. pariétal de Broca, sépare les unes des autres les trois circonvolutions pariétales.

Ce sillon, profond et précoce, qui apparaît dès le sixième mois, présente de nombreuses variétés, que l'on peut ramener à cinq types. Nous décrirons ici le type habituel, celui qu'on observe le plus fréquemment sur le cerveau de l'homme (56 pour iOO, Cunningham ; 31 pour 100, Giacomini ; 42 p. 100, Zernoff) ; les autres formes seront indiquées plus loin à propos des variations.

On distingue dans le sillon interpariétal deux branches unies en T couché, une branche verticale postrolandique qui est antérieure, unebranche horizontale qui est en arrière ; la branche verticale à sou tour comprend deux branches secondaires, une inférieure ou ascendante, une supérieure ou descendante, séparées par l'insertion de la branche horizontale.

IjO, branche verticale on post-rolandique par son rameau ascendant, commence en bas près de la scissure de Sylvius entre le pied de la pariétale ascendante et celui de la pariétale inférieure, monte obliquement entre ces deux plis ; arrivée au milieu de Pa, elle se coude et se continue par un arc à concavité inférieure et postérieure avec la branche horizontale. Au même niveau, elle s'unit à la partie descendante ou supérieure qui, née près du bord sagittal de l'hémisphère, en dehors du pied de P', descend entre cette circonvolution et Pa, et débouche à la jonction de la branche ascendante et de la branche horizontale, de là une figure trifurquée. La continuation des deux parties supérieure et inférieure entre elles, en produisant la branche verticale qui longe le bord postérieur de la pariétale ascendante, fait ainsi apparaître un sillon parallèle à la scissure de Rolando ; c'est le sillon postrolandique, de Giacomini, lequel devient tout à fait comparable à celui de Rolando, quand un pli d'anastomose isole la branche horizontale de la branche verticale.

La branche horizontale, branche sagittale de quelques auteurs, se dirige en arrière parallèlement au bord supérieur de l'hémisphère, entre les pariétales supérieure et inférieure, en décrivant un trajet un peu sinueux; elle franchit la scissure occipitale externe entre le premier et le second pli de passage et se continue sur le lobe occipital. Cette partie terminale est dans plus de la moitié des cas (36 f. sur 02) indépendante de la branche horizontale, c'est-à-dire qu'elle naît dans le lobe pariétal aux dépens de P^ et au-dessus de l'extrémité postérieure de la branche horizontale, et de là traverse la scissure pour se porter

HÉMISPHÈFiES CÉRÉBRAUX

sur le lobe occipital; aussi ([uelques auleurs la décrivenl-ils comme le rameau occipital du sillon interpariétal.

Qu'elle se prolonge directement ou indirectement sur la face externe du lobe occipital, la branche horizontale du sillon interpariétal ])eut s'y terminer de deux façons: ou bien (I fois sur 3) elle aboutità un sillon qui lui est perpendiculaire, et ([ui se dirige verticalement à 15 millimètres en arrière de la scissure occipitale externe, le si?/on occipital transverse, qui semble phylogéniqnement en être une dépendance ; ou bien, croisée ou non par ce sillon transverse, elle se continue sans interruption au [)àle occipital, et se confond alors avec le premier sillon occipital o' qui sépare 0' et 0'-.

Dans un tiers des cas, la branche horizontale est interrompue par un ou deux plis superficiels d'anastomose allant de à P'^.

Variations. — Le lobo gaucho parait r ti o plus siniplemcnt conrorniL' que le droit fC/acoiniiii).

La pariétale ascendn/i le est grêle dans sa partie supérieure quand il existe uu sillon postrolandique bien marqué. Quand le sillon postrolandiquese jirolonge sur la l'ace in lernc de l'héniisplière, la circonvolution est comme séparée du reste du lobe pariétal et ne tient plus à que par un pli très profond. Elle peut être divisée en deux parties supérieure et inférieure par une anastomose de la scissure de Rolando avec le sillon interpariétal (3 p. 100); Galori l'a vue sur 2 sujets dédoublée dans presque toute sa longueur, si bien qu'on pouvait croire à la présence de trois circonvolutions rolandiqui'S et de deux scissures de Rolando.

La pariétale siipérieiwe est anormalement grélc ou anormalenjent large, quand le sillon interpariétal se rapproche ou s'éloigne du bord supérieur de l'héniisplière. Elle nait souvent de Pa par deux racines, l'une supérieure près du bord hémisphérique, l'autre inférieure ; les deux racines sont séparées ou non par un sillon transverse. Elle peut être dédoublée en deux plis distincts sur tout ou partie de son étendue. Le premier pli de passage superficiel qui la termine on arrière est assez souvent profond, 28 f. sur 100 (plus fréquemment chez l'iiomine, Giacomini ; chez la femme, Féré) ; dans ce cas le sillon intcrpariétal s'unit à angle droit avec la scissure occipitale externe prolongée. Ce premier pli a été rencontré double, un des deux étant profond.

La pariétale inférieure varie de largeur en sens inverse de dans les cas de déviation lie la branche liorizontale du sillon. Son union avec 7- faisait défaut chez un microcéphale ; le premier sillon temporal communiquait avec la scissure occipitale externe. Le lobule marginal ou antérieur a été vu divisé en deux plis concentriques par un sillon arqué, disposition rappelant celle des carnivores. Le deuxième pli do passage est très rarement profond (1 f. sur 100) : dans ce cas In premier sillon temporal communique ordinaircuient avec le sillon interpariélal.

La pariétale inférieure peut nailre de J^a par deux racines superficielles, ilans ee ras la branche verticale inférieure du sillon intcrpariétal est réduite à uiieincisure i)lus ou moins longue.

Entre les deux circonvolutions pariétales supérieure et inférieure, et coupant la branche horizontale du sillon intcrpariétal, on observe fréquemment des plis d'anastomoses appelés plis transversaux. La plupart sont profonds et se montrent de préférence vers la partie moyenne ; mais on observe aussi des plis superllciels interrompant le sillon, tantôt dans sa partie antérieure tantôt, dans sa partie postérieure, et leplus souvent à droite. Il existe un pli transversal superficiel 30 fois sur 100 (Giacomini, ZernoiT); deux plis, o f. sur 100). Exceptionnellement ces plis transversaux peuvent aboutir au lobe occipital etunii' /•"' à 0^, ou 0' à P2.

Les nombreuses variations que présente le lobe pariétal sont presque toutes en rapport avec celles du sillon interpariélal. Ce sillon peut prendre dans sa bran(dic horizontale une direction très ascendante qui le rapproche du bord supérieur de l'hémisphère ou au contraire descendante, en décrivant un coude aigu ; dans les deux cas, les circonvolutions qui le bordent, et P^, sont rétrécies et élargies en sens inverse Tune do l'autre. Sa branche verticale peut communiquer en bas avec la scissure de Sylvius, en haut se prolonger sur la face interne en coupant le pied de P^ et aboutir à la scissure sous-lVoiitalc ou à une incisure du lobule quadrilatère. Le sillon pariétal a été vu conlinu a\ee le piemier sillon temporal.

Relativement à. la ili'^]iosilioii d(^s deux branehes enirc elles, muis avons di'rrit eomme

NÉVROLOGIE

normale la disposition en T, c'est-à-dire la fusion des parties verticale et horizontale, parce qu'elle est la plus commune, se présentant dans la moitié des cas ; mais d'autres formes ne sont pas rares.

1" Isolement de la branche verticale descendante ou supérieure. La branche verticale inférieure s'unit en arc à la branche horizontale; la branche verticale supérieure est isolée par deux plis qui à ses extrémités unissent Piavec Pa. C'est le type primitif, originel, car on le rencontre chez la très grande majorité des singes et chez l'embryon humain du sixième mois. La branche verticale supérieure est donc une formation indépendante ; son union avec la branche inférieure est un fait ultérieur, acquis. Cette forme existe chez l'homme adulte dans 16 p. 100 des cas.

20 Isolement de la branche horizontale ; branche verticale unique. — Ce type se rencontre dans IS pour 100 des sujets (IS, 16, 22 p. 100 suivant les auteurs). Les deux parties supérieure et inférieure de la branche verticale sont fusionnées, bien que d'origine diffé-

Jiilerpariétal

Pa Postrotandique

. Jîolando

1"' s. temp.

Sylvius

Fig. 235. — Sillon postrolandique typique, séparé de la branche horizontale du sillon interpariétal par un pli d'anastomose qui unit les pariétales supérieure et inférieure. Hémisphère droit. D'après Cunninghatn.

rente, tandis que la branche horizontale et la branche inférieure de même origine se sont séparées, grâce à un pli transversal antérieur qui unit /*• à P^. 11 y a alors un véritable sillon postrolandique isolé, presque aussi profond que la scissure de Rolando et présentant comme lui, dans sa profondeur, des petits plis latéraux en forme de contrefort. On peut, au premier abord, avoir de la peine à distinguer la vraie de la fausse scissure rolandique; mais on se guidera sur l'origine perpendiculaire de P^ au milieu du sillon postrolandique, sur les rapports do la scissure de Sylvius, delà scissure sous-frontale: les repères ne manquent pas sur un cerveau extrait, ils seraient bien plus restreints si on ne pouvait voir la région que par une fenêtre de trépan.

Cunningham émet l'hypothèse que cette forme paraît être celle de l'avenir ; elle existe toutefois sur le cerveau de la Vénus hottentote.

Il existe d'autres variétés plus rares. Le sillon pariétal est divisé en trois parties par deux plis d'anastomose allant de /" à P"^ etkPa. La branche verticale supérieure, la branche inférieure et la branche horizontale forment trois tronçons indépendants. Cette disposition ne se voit chez aucun singe ; chez l'homme dans 6 p. 100. — La branche verticale inférieure est séparée de la branche horizontale qui est au contraire unie à la verticale supérieure, 3 sur 100 — La branche verticale supérieure, d'ailleurs normalement plus superficielle que l'inférieure, fait défaut ou n'est représentée que par une légère incisure.

La combinaison de plusieurs formes anormales peut bouleverser complètement la mor-

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

phologie lin lobe pariiHal. Si, par exoinple, deux larges plis superficiels unissent la pariétale supérieure il l'inférieure, il se forme un sillon postrolamlique complet, la branche horizontale du sillon noi'mal est oblitérée et remplacée par un ou deux sillons transversaux, qui peuvent se prolonger du bord supérieur de l'héinisphèro aux sillons temporaux, ce qui donne jusqu'à trois sillons parallèles à la scissure rolandique: si, en outre, la scissui'e occipitale externe est longue et le sillon occipital transverse très accentué, toute la moitié postérieure du cerveau de Rolando au pôle occipital apparaît coupée de nombreuses fentes transversales parallèles. Dans d'autres cas, la scissure occipitale est déformée en X ou en K.

Observons enfin, en résumant les variétés précédentes, que dans les deux tiers des cas (GG pour 100, Giarornini, Zeriioff; 72, Cunningham), il existe un sillon postrolamlique indé[)endant ou dépendant delà branche horizontale ; ce qui a conduit Giacomini à décrire les anfractuosités du lobe pariétal normal comme formé ilc doux parties, du sillon postrolandique et du sillon interpariétal (branche horizontale des auteurs^; cette manière de voir n'est pas justifiée par l'embryogénie ni par l'anatomie comparée, comme on l'a vu plus haut.

Uni (in, la

/,'2 : S. postrni.

Cap t' {s. paintléle)

Fig. 233. — Cerveau présentant en avant un type quaternaire, en arrière la division du lobe pariétal en 3 circonvolutions transv. — Iléni. gauche, d'après Giaco.mini.

Riidinger a étudii'' les variations que présente le lobe pariétal suivant les sexes et suivant le développement intellectuel.

Chez la femme le lobe pariétal est faiblement développé dans le sens transversal ; la pariétale supérieure surtout est remarquable par son étroitesse et le premier pli do passage qui la termine forme un arc simple et lisse, à court trajet. De là unsillon interpariétal qui n'émet que de courts rameaux latéraux et qui se dirige obliquement vers le bord supérieur de l'hémisphère et non plus en sens horizontal ; de là encore une très faible profondeur de la scissure occipitale dans sa partie voisine du bord supérieur.

Riidinger a étudié 18 cerveaux d'hommes remarquables par leur intelligence: il affirme que leur lobe pariétal présente des caractères constants, qui tiennent certainement à l'activité intellectuelle, puisque ces caractères ne se reirouvent ni chez les femmes ni ciiez les hommes à culture inférieure. L'allongement du lobe pariétal, c'est-à-dire sa croissance antéro-postérieure n'a aucune valeur: ce lobe peut nirme être diminué : il en est de même des plis transvci'saux qui peuvent unir à P- et ([ni s'observent tout aussi bien sur les cerveaux les plus vulgaires. Mais. 1° le premier pli de passage pariélo-occipital prend un développement considérable; il est large et infléchi, coupé d'incisures: il comble la scissure occi|iitale, et par son développement transversal insolite, il repousse en dehors et en bas le sillon interpariétal: celui-ci, au lieu de suivre un trajet oblique en haut et en arrière, comme chez les singes, les races inférieures et les femmes, prend une direction rii,'oui'eu-

NÉVROLOGIE

sèment sagittale ou iinjine oblique en bas. 2o Le lobe pariétal présente un grand accroissement transversal, dû à l'élargissement des circonvolutions pariétales supérieure et inférieure : la branche horizontale du sillon qui les sépare est coupée sur ses deux lèvres d'incisures non pas plus nombreuses, mais plus fortes, plus longues, plus ramifiées. Il s'agit donc au fond d'un élargissement du lobe pariétal analogue à l'élargissement du lobe frontal et du lobe temporal; le cerveau s'accroît matériellement dans le sens transversal, à mesure que se développe sa faculté de penser.

Plis de passage. — Le lobe pariétal étant au centre de l'hémisphère, entouré par tous les autres lobes, est en communication avec tous par des plis de passage.

Il est relié : lo au lobe frontal en avant, par les deux plis qui soudent entre elles la pariétale et la frontale ascendantes, en fermant la scissure de Rolando, et en déterminant sur la face interne la formation du lobule paraccntral: — • 2" au lobe occipital en arrière, par les deux premiers plis de passage pariéto-occipitaux externes, qui font continuer /" avec O' et /"'^ avec 0^ et quelquefois avec 0': — 3» au lobe temporal en bas et en dehors par l'union des deux premières temporales y' et T'^ avec P'^, et par des plis profonds intrasylviens, plis temporo-pariétaux, dont nous parlerons à propos de l'insula ; — 4» avec le lobe de l'insula par les plis terminaux de l'insula postérieur : — .5° avec la circonvolution du corps calleux, en bas et en dedans, par des plis nombreux qui fusionnent le lobule quadrilatère avec cette circonvolution.

Sur le lobe pariétal, voyez en particulier : Giacomini, Varietà délie circonvoluzioni, 1882 : — Btidinrjer. Zur Anatomie dcr Affenspalte und der Interparietalfurche, 1889 : — Ciinn/ng/iain, Tlie intraparietal sulcus of the brain, in Journal of Anatoniy, 1889.

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