LOBE DE L'INSULA
Le lobe ou lobule de l'iiisula de Rell (lobule ceutral de Graliolet, lobule du corps strié de Cruveilliier) occupe le foud de la scissure de Sylvius. 11 faut écarter les lèvres de cette scissure, entre les lobes frontal et ieuiporal, pour apercevoir rinsula dans l'excavation.
Il ressemble à un poing fermé ou à une cof|uillc de bivalve, ou ])lus simplement il a une forme triangulaire ; le sommet du triangle regarde en bas et en avant, la base en baut, borizontale ; le bord antérieur est court, vertical ; le bord postérieur, long et oblique.
Au moment de son apparition, dans le cours du cinquième mois embrvonnaire, l'insula est complètement à découvert dans la fosse de Sylvius ; mais peu à peu les trois lobes qui l'environnent croissent à la rencontre les uns des autres et, passant par-dessus l'insula qui reste accolé au corps strié, finissent par le recouvrir complètement ou à très peu de chose près au moment de la naissance ; c'est là le phénomène du recouvrement ou de l'occultation de l'insula. De cette saillie des grands lobes surplombant le lobule central résulte la formation de sillons et d'opercules.
Les sillons sont les dépressions qui séparent le contour de l'insula de la face profonde des lobes qui se projettent par-dessus lui. L'insula tout entier est entouré comme d'un fossé par le f,i\lon de Rell (Schwalbe) ou sillon circulaire, et chacun de ses trois côtés est bordé par une partie de ce grand sillon; de là un sillon de Reil antérieur, un sillon supérieur, un sillon inférieur ou postérieur. Le sillon de Reil ne fait pas le tour complet de l'insula; il commence bien par sa partie antérieure dans l'espace perforé ou vallée de Sylvius, mais après qu'il a contourné les trois côtés, l'extrémité de sa branche inférieure, au lieu de revenirà l'espace perforé, remonte sur la face supérieuredu loiie temporal et cesse un peu en ai'rière du sommet de ce lobe. Au fond ce n'est pas un véritable sillon ni une scissure, comparable aux anfracluosités de ce nom t[ui se creusent à la surface de l'hémisphère ; c'est une sorte de pli de llexion dû au rabattement de l'hémisphère sur l'insula, une gouttière enlre deux organes à directions dilîérentes ; c'est pour cela que Broca a [)roposé de lui donner le nom de rigole, et adécrit une l'igole antérieure, nue supérieure et une inférieure.
En se projetant par-dessus l'insula, les circonvolutions voisines lui constituent des couvercles ou opercules, qu'il faut soulever pour voir le lobe sur lequel ils s'appliquent. On distingue quatre opercules, entre chacun des(}uels s'engage une branche de la scissure de Sylvius. [^'opercule orbitaire est l'extrémité antérieure de F' ; l'opercule frontal ou antérieur n'est autre que le cap de la troisième frontale, enlre les deux branches de Sylvius ; l'opercule fronto-pariétal ou supérieur est constitué par le pied des deux circonvolutions
rolandiques Fa et Pa et celui de F^, il est donc en arrière de la branche ascendante de Sylvius ; enfin l'opercule inférieur ou temporal est formé par la première temporale, le pôle temporal et la face interne du lobe.
A la jonction du sillon antérieur et du sillon inférieurde Reil, au point où la face externe de l'hémisphère s'unit à la face inférieure, le sommet arrondi de l'insula est séparé de l'espace perforé de la base par le^j/i falciforme. Broca a nommé ainsi une crête antéro-postérieure qui sépare la vallée ou espace perforé d'avec la scissure de Sylvius ; sa couleur est gris-blanchâtre et sa forme semilunaire. Ce n'est point un pli cortical vrai, une circonvolution, mais une jetée entre le lobe frontal et le lobe temporal qui tendent à se souder à ce niveau. Au
Siil. 'Ip ll'.'il ^tip. linlan'ln
Pli fi'ilcif. rii (/■. mit.
Fig. 240. — L'insula (teiiiti' en bl«u).
Insula antériciu'. — Insula postérieur en bleu plus foncé. — Plis transverses du lobe temporal.
D'après Ebekstaller.
pli falciforme aboutissent le sillon de Reil antérieur, le pôle de l'insula, le sillon central inter-iusulaire ; c'est là aussi que l'artère sylvienne émet ses ramifications digitées ; c'est pourquoi Scliwalbe l'a appelé le seuil de l'insula Ajoutons que le pli falciforme n'est pas constant, et qu'il ne sépare qu'iuqiarfailement la scissure de Sylvius de l'espace perforé, tandis que chez les animaux à grand développement olfactif, l'insula est séparé de la base, non par une crête falciforme, mais par la puissante racine externe du pédoncule olfactif et la profonde scissure antérieure du rhinencéphale.
Le sommet du lobe porte le nom de jpàle de Tinsuia. Du pôle partent en éventail les circonvolutions insuZaires, appelées encore plis courts ou plis droits (gyri brèves, gyri recti), au nombre de cinq ordinairement, qui se portent les unes verticalement en haut, les autres en haut et en arrière. On les compte d'avant en arrière, de P h. P ; chacune d'elles a une forme conique, étroite à son origine polaire, large à sa terminaison dans le sillon de Reil. Dans ce sillon.
IlK\lISPm>P,ES CÉRÉBRAUX
("Iles s'onlrecroisHnt avec do petits |»lis, plis oldiqi(e>i, éiiuiiir's des circoinoliitions voisines, c'est-à-dire de la troisième i'roiitale et des fi'oiitale et pariétale ascendantes. Quatre sillons rectilignes, sUlo)is instilaires, séparent ces circonvolutions. Il en est un, le troisième, qui est caractérisé |)ar sa constance, sa profondeur, son apparition précoce, et arei'u nom dcsillo)) ceiilral ; il sépare en deux parties le pôle de l'insula et se pi'olonge jusqu'au pli falcil'ormp. Nous verrons plus loin qu'il divise l'insula en deux moitiés, l'insula antérieur et l'insnia j)Ostéricur, lois qu'on les coni'oit actuollement.
Los L'iuiies récentes il'anatomie comparée et d'embryolngio, que l'on doit à Gulillierg et il i'">lierstaller, ont révélé de nouveaux faits et conduit à interpréter autrement ceux (|ne l'on connaissait déjà. L'insula iiiunain, c'est-à-dire le lobe qui correspond an corps strié, est toujours divisé en deux parties par un sillon que sa constance, sa précocité, son existence chez tous les Primates, désignent comme ayant une grande valeur morpliologicpie ; de ces deux parties, l'antérieure est toujours en rapport avec le lobe frontal, la posté'rieure avec le lobe jiaiiétal et le lobe temporal.
1" Insula antérieur. — 11 comprend trois circonvolutions qui sont les première, (Icu.vicinc et /ro/sicme insulaires anicr/eureit ; eWes \vivUint d'nn |)oint comnnjn au(|uel Fiber.sluller réser\e le nom de pô/e de /'insii/a., et qu'on ])ourrait nommer le pôle antérieur. La première insulaire, /' (gyrus brevis anterior d'I'jb.). la plus v(dumineuse, est située dans la branche antérieure de Sylvius, sous le cap de la troisième frontale a\'ec laquelle elle s'unit assez souvent. Son extrémité est bi ou mémo trifurquée. En avant d'elle est le sillon antérieur de Ueil, en arrière le premier sillon insulaire (sillon antérieur), ordinairement bien marqué, se prolongeant quelquefois sur le polo directement ou [lar une incisure distincte. — La deuxième insulaire 7'- (gyrus médius), la plus petite, plate, est séparée de la ti'oisième par un léger sillon (sillon postérieur), deuxième sillon insulaire, ou même par une simple fossette triangulaire, — La troisième, (gyrus tertius scu posteriori est volumineuse, ordinairement bifurquée à son extrémité supi''rieure qui aboutit au niveau du pied de la frontale ascendante, et quehiuefois traversée à sa base par un pli ([ui l'unit à l'insula postérieur. En arrière d'elle est li; sillon central, i^. (\m correspond au troisième sillon insulaire.
Eberstaller décrit en outre dans l'insula antérieur le pli transverse et le pli accessoire.
Le j)li trnnspcrse de l'insula (gyrus transversus) se détache du pôle de l'insula, se dirige en avant vers la partie orbitaire ou tète de la troisième frontale qui la recouvre et s'unit avec elle de façon très variable. 11 forme une barrière entre le sillon de Reil antérieur et l'espace perforé. — Le /)// accessoire (gyrus accessorius), situé en dehors ilu précédent, sous l'opercule orbitaire formé par F"*, se détache de la première insulair(\ suit le sillon de Reil antérieur et s'unit avec les plis (irofonds de la troisième frontale.
2" Insula postérieur. — Les deux circonvolutions de l'insula postérieur aboutissent non au pôle de l'insula mais à un sommet commun ((jue l'on ])ourrait a|)peler pôle postérieur), qui se prolonge sur la face supérieure du lobe temporal.
La première insulaire postérieure, {ffi/rus longus, centrale postérieure), est remarquable par sa longueur; elle se dirige en haut et en arrière, recouverte par le pli temporal, Iransverse, se divise en deux ou trois branches et arrive à l'intersection des sillons supérieur et inférieur de Reil: là, elle s'entrecroise avec les plis marginaux de la pariétale ascendante. — La deuxième insulaire postérieure /■* (gyrus posterior secundus) séparée de la précédente par le quatrième sillon, r', ou sillon postcentral, estlinntée en arrière par le sillon lie Reil inférieur: elle est i)late, ordinairement mal dilférenciée de la première, surtout à leur origine antérieure commune.
Les circonvolutions et les sillons do l'insula montrent une grande concordance avec ceux du lobe frontal do;it ils semblent iHre le prolongement, .\insi le sillon central est dans la direction île la scissure de Rolando, assez souvent uni avec elle par une incisure qu'on voit sur l'operculi^ fronto-piriétal (sillon transrerse inférieur d'Kb.): le premier sillon insulaire ou antérieur correspond au sillon précentral du lobe frontal, le quatrième insulaire ou postcentral à la branche verticale ascendante ilu sillon interpariétal, avec laquelle il peut se continuer par une incisure sur l'opercule pariétal.
Avant-mur. — Que l'on fasse une coupe verticale ou une coupe horizontale ù travers l'insula, ou remarquera qu'il est en (juelque sorte plaqué contre la face
NÉVROLOGIE
externe et convexe du no^-au lenticulaire ou extra- ventriculaire du corps strié. Un espace de quelques millimètres seulement sépare l'écorce insulaire de la substance grise du corps strié. Entre le noyau lenticulaire et l'écorce de l'insuia, on remarque de dedans en dehors : une couche blanche, ou capsule externe, qui n'adhère pas au corps strié ; une couche grise, l'avant-mur ; une seconde couche blanche interposée entre l'avant-mur et l'écorce. Cette dernière couche, qui était pourRolando la lame de la vallée de Sylvius, est connue sous le nom de capsula extrcma (Voyez fig. 274 et 278).
L'avant-mur, claustrum de Burdach, noyau tœniforme d'Arnold, bandelette vermiculaire, est une lame de substance grise qui double la surface profonde de rinsula et la sépare de la capsule externe ; elle ne dépasse en aucun sens le sillon de Reil. Elle est verticale, parallèleà la face externe du noyau lenticulaire, large de 1 à 2 mm. Sa face interne est lisse, légèrement concave ; sa face externe, denticuiée, présente de légères crêtes qui s'enfoncent dans les plis des circonvolutions de l'insula. Elle se recourbe sur sa périphérie, pour se rattachera l'écorce du lobe frontal et du lobe temporal, sur les limites de l'insula ; une coupe verticale montre qu'à sa partie inférieure elle double de largeur, en même temps qu'elle se rapproche du corps strié; puis elle se replie en dedans, pour se continuer avec la substance grise de l'espace perforé, sur laquelle repose déjà le noyau lenticulaire.
L'avant-mur, constantchez les mammifères, est une formation corticale aberrante ; il représente la couche profonde des cellules fusiformes de l'écorce cérébrale, isolée de la couche moyenne par la pénétration des fibres arquées qui unissent les circonvolutions et qui sont, ailleurs, placées au-dessous de la couche cellulaire profonde. Brissaud soutient toutefois que c'est une formation basale propre, unie seulement au pli falciforme et indépendante de l'insula.
Plis temporaux transverses. — En écartant les lèvres de la scissure de Sylvius, on remarque que le loije temporal possède une face supérieure, triangulaire à sommet dirigé en avant, invisible sur un cerveau intact, et que cette face est parcourue par des plis transversaux ou mieux obliques en dedans, en haut et en arrière, de volumes très différents.
Il faut sur cette face distinguer deux parties, une antérieure et une postérieure. La partie antérieure, qui avoisine le pôle temporal, est presque lisse ; on y distingue cependant deux ou trois bourrelets, courts, faiblement saillants, qui vont de l'insula au pôle temporal, séparés par de légers sillons ; ce sont les plis transverses antérieurs. Le plus externe de ces plis reçoit directement, ou séparé par une incisure, l'extrémité polaire de l'insula postérieur ; ilest longé sur son bord postérieur par la terminaison de la branche postérieure du sillon de Reil.
Sur la partie postérieure de cette même face temporale, se voient des plis beaucoup plus saillants, plis transverses postérieurs ; le territoire qu'ils occupent a été désigné par Férésous le nom de région rétro-insulaire, et, à tort par quelques auteurs et par moi-même, sous le nom d'insula postérieur. Ce sont en effet des circonvolutions temporales, elles se développent avec le lobe temporal et croissent parallèlement à lui ; une coupe horizontale montre qu'elles n'ont aucun rapport avec le corps strié, rapport qui caractérise au contraire les circonvolutions insulaires (Voyez fig. 240).
HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX 411
Le proinier de ces plis, le plus aulériciir, consliluc lo pli, leiUjXTVo-jiarit'l al profond de lîi-oca, la circonvolution temporale Iransvcrse de llesclil ; il est remarquable par sa constance, son ap|)arilion précoce au septième mois, et son grand développement. 11 naît du bord sujtérieur de la première tem])orale T', sur laquelle il fait une légère saillie extérieure et avec laquelle il se continue parfois directement; puis il se dirige obliquement en dedans et en arrière en recouvrant l'insula postérieur et va liiiii' dans la scissure de Sylvius, au niveau de la racine de la pariétale inl'érieui'e, derrière le pictl do la |)ariétale ascendante. Le sillon qui le limite en arrière s'étend sur la première temporale en forme d'encoche plus ou moins longue.
Les autres plis situés derrière ce jjreiiwci- pli transverse î^onl inconstants, variables en nombre, de un à trois, et faiblement développés.
Broca a décrit les plis temporaux Iransverses comme des plis de passage unissant le lobe temporal au lobe pariét;il, analogues à des plis temporo-pai'iétaux qu'on observe chez beaucoup d'animaux. Toutefois cette interjirétation et cette assimilation sont contestables. Les plis transverses paraissent être exclusivement temporaux ; ils se terminent dans la scissure de Sylvius par une extrémité aplatie et ne la traversent pas pour se continuer sur le lobe ])ariétal ; ils sont seulement imbriqués avec les plis marginaux de P', qui arrivent de l'autre cùté de la scissure.
Variations. — Le nombre des circonvolutions de l'insula peut varier de 3 à '.) ; le premier de CCS chiffres est l'réiiuent, le second est exceptionnel. La diminution du nombre dos circonvolutions coïncide ordinairement avec un développement incomplet des opercules ; une partie de l'insula est alors à, découvert, c'est ce qu'on voit clie/ les microcéphales. Il est très rare que des plis transversaux d'anastomose coupent les sillons.
Dans 13 p. 100 des cas, le sillon qui passe derrière le pli temporal transverse entame fortement la première circonvolution tomporalo sur sa face externe et. ce pli temporal transverse se continue directement avec la partie antérieure de T' . Cette disposition se voit ]iresi(ue toujours à gauche et d'un seul côté ; elle est très l'are choz la fi-mmc Elle est normale chez certains singes.
Evolution. L'insula, apparu dès les premiers mois embryonnaires sous la forme d'un ovale bombé, présente à la lin du cinquième mois le sillon contrai, qui sépare les deux insula antérieur et postérieur, et dans le cours du sixième mois ses autres sillons principaux. Toutefois il n'est pas rare de constater de grantls retards évolutifs, et de trouver l'insula encore lisse à la tin du septième mois. A la naissance, les opercules ([ui ont commencé à se dessiner au sixième mois recouvrent tout le lobe, à l'exception d'un petit espace qui répond au centre de la région polaire, au point de rencontre des trois opercules. Lo coti' droit parait être en avance sur le cùté gauche.
Rûdinger conclut de l'examen comparatif d'un grand nombre do cerveaux, (pie l'insula est différent dans les deux sexes. Déjà à la naissance on observe des caractères dislinctifs, et même à l'époque fœtale le développement est plus précoce dans le sexe masculin. Chez les garçons nouveau-nés, l'insula montre une forme arrondie, des plis larges et saillants, un agrandissement des liiamètres vertical et antéro-postérieur: chez les tilles, il prend un type allongé d'arrière en avant, les sillons sont légers, les plis plus cfîacés ; la partie postérieure surtout otl're une grande simplicité.
De mémo à l'âge ailulle, les plis sont moins nomlM'eux rt moins déveliip|iés chez la fenmie, et la saillie moindre de l'insula inilue sur les proportions transversales du lobe frontal.
Chez les mammifères non primates, l'insula est un petit lobule, formé de deux circonvolutions dirigées en sens anti'ro-postérieur. Toutes deux partent du pôle temporal pour aboutir l'une au lobe frontal, l'autre au lobe pariétal; la première est le pli temporo-l'rontal ou inférieur, la seconde le pli temporo-pariétal ou supérieur. Connue le sillon qui les sépare est sur le prolongement de Rolande, il équivaut au sillon central de l'insula : et dès lors le pli temporo-frontal représente l'insula antérieur, le pli temporo-pariétal l'insula postérieur.
L'insula est très petit, rudimentairo clicz les carnassiers ; sa petitesse même fait qu'd
NÉVROLOGIE
est profond, complètement caché par les lèvres de la scissure de Sylvius qui se referment sur elle. Il est mieux dtn'eloppé chez les artiodactyles (suidés et ruminants). Les quadrupèdes possèdent en outre des plis de passage temporo-pariétaux, qu'on ne peut assimiler ni à l'insula postérieur ni aux plis temporaux transverses de l'homme.
L'insula antérieur conserve sa simplicité même chez les anthropoïdes ; de même qu'ils n'ont pas de cap à F^, de même leur insula antérieur est réduit à une seule circonvolution P, qui plus tard par dédoublement de son extrémité frontale, marchant parallèlement avec le développement de la troisième frontale, donnera les trois insulaires antérieures. L'insula postérieur est divisé en deux ou trois plis par de légers sillons.
L'interprétation de l'évolution de l'insula chez les animaux a donné lieu à des opinions contradictoires, et on ne peut plus guère soutenir l'opinion ancienne de Broca. On doit admettre, pour s'orienter^ que le sillon de l'insula, qui est sur le prolongement de Rolando, est le sillon central, que dès lors ce qui est en avant est l'insula antérieur, ce qui est en arrière, l'insula postérieur.
Chez l'homme l'insula est vaste, à plis nombreux et bien développés. La longueur de l'hémisphère étant ramenée à 100, celle de l'insula est de 29 chez l'Européen, 28 chez le nègre, 20 chez les anthropoïdes. Il est complètement recouvert par les formations operculaires des lobes voisins ; cette occultation complète est le fait, non d'un accroissement moindre de l'insula, comme chez les carnassiers, mais du développement excessif des circonvolutions de l'hémisphère, et principalement de la troisième frontale.
Parmi les derniers travaux sur l'insula, il faut citer : Guldberg, Zur Morphologie der Insala Reilii, in Anat. Anzeiger, 1887; — Eberstaller, Zur Anatoniie und Morphologie der Insula, in Anat. Anzeiger, 1887; — Cunningham, The sylvian fissure and the island of Reil, in Journal of Anatom y, 1890.