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I. - ÉVOLUTION DES CIRCONVOLUTIONS

ORIGINE DES CIRCONVOLUTIONS — Lisscncéphalcs et Gyrencéphales — On

a proposé plusieurs liypothèses, pour cxpliiiucr la formation des circonvolutions et des sillons de la surface cérébrale. Ces hypothèses peuvent se ramener à trois : l'action des vaisseaux, l'inégalité de développement du cerveau, la disproportion entre la croissance crânienne et la croissance cérébrale.

10 Hypothèse de l'action vasculaire. — Dans cette hypothèse, soutenue par Reichert, ce sont li.'s artères qui, en se ramifiant à la surface, y déterminent des gouttières ou sillons, lesquels par c antre-coup produisent les circonvolutions. Il s'agit donc d'une pression mécanique, par laquelle se constituent des fentes nourricières permettant aux vaisseaux d'atteindre toutes les parties de l'hémisphère.

A cette manière de voir on objecte : que beaucoup de grands sillons, même des scissures, comme Rolando, peuvent ne contenir que de petites artères insignifiantes, alors que de gros vaisseaux longent de petits sillons ; il n'y a aucun tronc vasculaire dans le sillon de l'hippocampe ; — qu'en maints endroits on voit des vaisseaux importants croiser des circonvolutions sans les entamer — que sur le cervelet les grosses artères sont presque complètenient perpendiculaires aux circonvolutions.

Même pour l'insula, dont la disposition radiée semble être adaptée aux ramifications de l'artère sylvienne, Rûdinger s'est assuré, par des coupes sur des pièces injectées, que les artères rampent parfois sur les crêtes mêmes des plis, ou d'autres fois sont suspendues dans la pie-mère au-dessus des sillons; le fait devient manifeste, si on examine les artères au moment où elles émergent de la scissure de Sylvius pour aborder les lobes extérieurs.

Ici donc, comme ailleurs, les vaisseaux ne créent pas la forme de l'organe, ils s'adaptent à une disposition préformée; ils utilisent les sillons pour leurpassage comme ils le feraient d'interstices musculaires, et la seule trace qu'on puisse relever de leur contact consiste dans de légères empreintes que décèlent les pièces bien injectées sur le trajet de quelques vaisseaux.

2» Hypothèse de l'inégalité d'accroissement du cerveau. — Wundt a supposé que le manteau lie l'hémisphère croissait avec une énergie variable suivantles points considérés, qu'en certains points la croissance longituilinale prédominait et produisait alors des circonvolutions transversales, le développement se faisant en sens inverse de la direction de la croissance, et que, inversement, les circonvolutions longitudinales ou antéro-pos-

IIK\ll.sl'IIi;i!ES Cl<:RliBHAUX

liTii/m'e.-; r.'Sulli'r.iiiMil d'iiiio |iiiiis-;,''i! l.iMii ■;\'iM'sali' iixccssivo. Lus sillons soni ili's points iraccfoissenienl luininiuiii, li's rirconvolnUnns îles lieux d'acLToissLMuent, niaxininni.

(ji'llo liypothùsG est toul il fait j^'ivitiiitu, rii-ii n iinliiiue ([u'il y ait à la surface îles eroissauees d'intensité variable : les iiueli[ues fails eoiinus à ce sujet donnent des résultats contiuires aux tliéorènics de Wundt, puisi(ue cliez les doliclioci'pliales, par exemple, dont le cerviîau s'aci'roit forteuiont en sens antéro-postiW'ieur, les i-ii-c()n\-olntious prennent le type louf^'iluilinal et non le type transversal.

ilesclila essayé' d'apporter un peu plus do préi/ision en avançant que les ini'tçalili's de di''veloppeniont sont dues aux faisceaux de la substance blanclie sous-jacente ; l'insertion d'un faisceau de projection sur une ligne iléterniinéc de l'écorce l'einpèclio de s'étendre et là, par une sorte de !)ride ou de traction, produit un sillon. Mais on n'a pas vu que les faisceaux s'insérassent au fond des sillons; — ils se (ixent au contraire sur les crêtes des circonvolutions: — ni i[u'ils fussent disposé.s dans le sens connu des sillons du cerveau, ni ipi'ils eussent un arrangement diiri''i'ent dans les divers ordres d'animaux.

30 Hypothèse de l'accroissement discordant du crâne et du cerveau. —

Lesdeux opiniousprécijdentes ont contre elles cette objection ipi'elles ne ri''sol\ ent pas, iju'il y a des animaux à cerveau lisse et des animaux à cerveali plissé, et ([ue toute bypotlirse proposée devra, i'^plii(uer ]M)iirquoi une certaine catT'gfjrie seulement de cerveaux (uit des circonvolutions ,

l']n se fondant sur cette distim-tioii auatomii[U('. Owi'ii a\'ait cla,ssé les mammifères en deux groupes, les /issencépha/es et les (ji/reiicephalex. l'homme étant mis à part et formant a, lui seul la catégorie des arche nréphal es. Cette classilication étaittoute arbitraire, canlans 11' même ordre d'animaux, tel genre avait le cerveau lisse, tel autre le cerveau plissé. D'une manière générale, sont lissencéphalcs : les nionotrènies, les marsupiaux, les édenti's, les insectivores, les rongeurs ; et gyrencépliales, les cétacés, les ruminants, les pachydermes, les carnivores, les singes Chc/î les singes, les petites espèces américaines, comme le ouistiti, ont le cerveau lisse ou àiicupvrs.

Ce fut Baillarger qui, observant cpu' h.'s animaux à cerveau uni sont presque tous de petite taille, les animaux à circonvolutions des espèces de taille moyenne ou grande, eut l'iilée que le plissement cérébral est déterminé par la loi géométri(iue qui règle le rapport des volumes avec les surfaces. «Les volumes des corps semblables sont entre eux comme « les cubes do leurs diamètres ; les surfaces sont entre elles connue les carrés de ces dia- « mètres. Soit deux sphères mesurant la première 20 cm. de diamètre, et la seconde 10: « la première sera 8 fois plus volumineuse (et plus lourde à densité égale) et seulement « 4 fois plus étendue en surface. » Pour que la surface corticale s'accroisse à mesui'e i[u'augmi'nte le rohiine du cerveau, il faut qu'elle se replie sur elle-même connue le fait la muipieuse de l'intestin grêle. Un gros cerveau, connue est celui d'un animal de foi'te lailli'. n'aui'ait qu'une surface exiguë, s'il était lisse: il doit se plisser, sous peine de déchoir.

l'ar le plissement, les animaux et l'Iionuiie échappent donc à ramoindrissenumt ciu lical (|ui menace l'accroissement de leur masse cérébrale: mais ils n'y échappent que partiellomenl, et la compensation e-;t insuflisante : plus le cerveau est volumineux, plus la perte est sensible. Ainsi l'homme possède une étendue corticale de 1800 à 2000 cm. carri's : sur ce chilfre. les deux tiers appartiennent à la partie cachée dans les sillons et les scissures, el représentent à peu près la surface gagnée ]iar le l'ail du iilissement. Mais tous les animaux ont une surface plus étendue rapporti-e au poids nu au \ olume du cerveau: le lapin, dont le cerveau est lisse, présente une surfaces corticale ileux fois et demie ])lus grande que celle de l'homme. C'est autrement que se fait la compensation, par la licliesse \li.'s cellules nerveuses de celte êcorcc. surtout par leur haute oi'ganisation.

On suppose donc, et c'est l'opinion la plus répandue aujoui'd'luii, ipic, pour cori'csponili e à son \-iilume. Ii' cerveau des espèces do taille notable ili''\-eloppe uni> surface de beaucoup sup(''rieure a celle qui lui serait nécessaire pour couv rir sa ligure géométrique : cetaccroissement en excès est limité par celui de la cavité crânienne proportionnée au volume ilu cerveau; l'écorce, contenue par la résistance de son enveloppe osseuse, se replie et rentn' en elle-même sous forme de circonvolutions et de sillons. Li' crâne ne produit pas seulement les circonvolutions, il en (li''termine aussi la direction, car le plissement se fait dans le s<'ns de l'accroissement crânien, ainsi les eircon\-olutions antéro-posli'rieures sont plirs développi''os dans les crânes allongés dolicliocépliales. tandis que dans les crânes lai-ges. brachycé'phales, ce sont les cii'convolutions transversales : ainsi encore, d'après Meynert. le type transversal prédomine chez les animaux à crâne large, comme le ])lioque, l'i'léphant, et le type longitudinal dans les crânes allongés connue est celui ilu nmard. Le type une fois crrv et lixé par l'héréilité peut ensuite se reproduire spontanément . l'u deliors de la cau-e initiale: des monsti'es notencéphales. sans voiUe crânienne, peinent pr/'siTdei' sur leuicerveau libre des sillons et des circonvolutions.

15roi-a a souli'uu une opinion mixte. C'est l'extension de la surface cérébrale qui déter-

NÉVROLOGIE

mine la production fies circonvolutions, et c'est son attache aux corps opto-striés par les faisceaux île projection cjui règle leur direction. 11 a comparé ce phénomène au soulèvement huileux de l'épiderme, lequel produit de véritahics circonvolutions par inégalité de volume entre le derme et l'épiderme, mais avec une forme différente pour chaque région et constante pour celle-ci, à cause des attaches spéciales de l'épiderme dans chaque point soulevé. Au fond pourtant, cette action compressive et modelante du crâne sur le cerveau est une hypothèse plausible, mais sans démonstration effective; il est bien certain qu'il y a adaptation immédiate des deux organes, du contenant et du contenu, puisque nous avons vu, à propos du liquide céphalo-rachidien,' que le cerveau n'est pas mobile, ne se déplace pas, et qu'il marque sur la voûte et la base l'empreinte de ses circonvolutions. Mais est-ce bien le cerveau qui se moule sur le crâne, ou n'est-ce pas plutôt le crâne, enveloppe plastique dans son état jeune, qui se moule sur le viscère, comme le thorax sur le poumon ? chez les dolichocéphales que nous citions, qui donc du crâne ou de l'encéphale a commencé à prendre le type longitudinal?

DIFFÉRENCES SEXUELLES. — Pas plus pour la surface cérébrale que pour la surface crânienne, il ne faut songer à trouver un caractère unique, spécifique, pour différencier les deux sexes, car ce caractère peut n'être qu'une variété individuelle. C'est le type général qui diffère, répété et atténué dans les détails, et par cela même échappant à une définition précise. Aussi constatons-nous de grands désaccords entre les auteurs qui ont voulu indiquer des limites tranchées.

1" Le développement du lobe frontal et du lobe pariétal est plus précoce chez l'homme ; les sillons y apparaissent de meilleure heure et, dès le septième mois, la différence est manifeste. C'est ce que soutient Rûdinger qui se fonde surtout sur l'observation de fœtus jumeaux de sexe différent; d'après des recherches semblables, Giacomini conteste l'exactitude de cette loi. Gunningham l'admet pourtant en ce qui concerne le développement de l'insula.

2" Le lobe frontal l'emporte chez l'homme, le lobe pariétal chez la femme (Huschke). Aussi chez l'homme les deux extrémités de la scissure de Rolando sont-elles plus éloignées de l'extrémité antérieure du lobe frontal; d'autres disent; l'extrémité supérieure seulement. Rudinger et Passet reconnaissent aussi la prédominance du lobe frontal masculin, qui déjà chez les garçons serait plus massif, plus large et plus haut. C'est encore l'opinion de Wagner, qui a mesuré les surfaces,

Eberstallerau contraire, qui a étudié 270 cerveaux, trouve une identité de l'angle rolandosagittal; à toute période de la vie, les deux extrémités de la scissure sont à égale distance du sommet du lobe dans les deux sexes. Le lobe frontal est donc égal dans les deux cas, il y a même une légère différence en faveur de la femme. C'est aussi l'opinion de Cunningham et de Manouvrier : Meynert, dans ses pesées du manteau de l'hémisphère, a montré que le manteau du lobe frontal a, dans les deux sexes, un rapport identique au poids du manteau total, dont il représente les 41 centièmes. — Pour Rûdinger et Manouvrier, le lobe pariétal l'emporte chez l'homme ; son développement transversal est plus grand, la pariétale supérieure élargie repousse en dehors le sillon interpariétal et lui donne une direction sagittale. Cependant Meynert indique pour le manteau un poids relatif égal.

En résumé, on peut conclure que s'il y a des différences absolues dans l'extension des lobes, ce qui ressort de ce fait que le cerveau de l'homme est plus volumineux que celui de la femme, il ne parait pas y avoir de différences relatives notables.

3" Le type morphologique des circonvolutions est plus accusé chez l'homme ; elles sont plus larges, plus floxueuses, plus riches en incisures. Les plis de passage sont plus volumineux et plus superficiels. Ces caractères ne diffèrent pas de ceux cjuel'on retrouve dans les formes du système osseux ou musculaire.

40 Certaines variations ou anomalies sont plus fréquentes dans l'un des deux sexes, sans qu'on en connaisse la cause. Ainsi, par exemple, l'étude de 1087 cerveaux a montré à Heschl que la scissure de Rolando était interrompue par un pli de passage une seule fois sur 453 femmes, et une fois sur 126 hommes.

DÉVELOPPEMENT DES CIRCONVOLUTIONS. — Le cerveau humain est d'abord lisscncéphale, comme celui d'un animal de petite taille; puis, dès que le manteau do l'hémisphère a pris son type réniforme caractéristique, au troisième mois, les plis apparraissent à la surface et le cerveau devient gyrencéphale.

Il faut distinguer deux phases dans le plissement cérébral. Dans une première, qui commence au troisième mois et finit au cinquième, il se forme des circonvolutions dites primitives, précoces et transitoires, dont la durée dépasse à peine deux mois et dont le type n'est point celui du plissement que nous connaissons. Dans une seconde phase, qui s'étend

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

S'-" occip. mt.

du cinquième mois à la naissance, apparaissent les circonvolutions définilices, celles qui persisteront toute la vie.

l" Circonvolutions primitives — ■ Les circonvolutions et sillons primitifs ont éti' découverts par S. F. Mockel (181o). Leur disposition varie un peu sur la face interne et sur la face externe de l'hémisphère. Nous ne décrirons que les sillons, les plis n'ont d'ailleurs pas de noms spéciaux.

Les sillons de la face interne sont plus pr(''coccs, sans dout(î parce rpic la paroi interne de la vésicule hémisphérique est plus mince. On les a constatés dès la huitième semaine, soit à la fin du deuxième mois, mais leur date commune d'apparition est la neuvième, commencement du troisième mois. 11 y en a huit en moyenne (o à 9), disposés radiairement, et prenant leur origine sur le sillon arqué qui circonscrit le seuil de l'hémisphère ; aux deux extrémités, plusieurs arrivent jusqu'au bord supérieur du cerveau. Ils interceptent entre eux des circonvolutions en forme de segments cunéiformes, à base périphérique.

Tous disparaissent, à l'exception de trois : la partie postérieure du sillon arqué qui devient le sillon de l'hippocampe, la scissure calcarine et la scissure occipitale interne. Cunningham a fait observer, en elTet, que parmi les sillons primitifs, il en est deux, constants, apparus des premiers, qui occupent la place future de la calcarine et de l'occipitale ou perpendiculaire interne ; ce sont les précurseurs de ces deux scissures, qui, on le sait, débouchent l'une dans l'autre et présentent un tronçon commun. De ces deux sillons précurseurs, l'un disparait, l'autre persiste; celui qui persiste, et tantôt c'est le sillon calcarin, tantôt le sillon occipital perpendiculaire, s'agrandit et devient la scissure correspondante ; celui qui disparait est remplacé in situ, un ou deux mois après, par la scissure qu'il annonçait.

Avec les sillons disparaissent aussi les circonvolutions primitives, à l'exception du cuneus qui se trouvait indiqué à l'état d'ébauche entre le sillon calcarin et le sillon occipital.

Les sillons de la face externe se montrent plus tardivement (dixième semaine). Leur nombre moyen est le même, 8, quelquefois réduit à 2 ou 3. Ils partent de la scissure de Sylvius et rayonnent vers le bord supérieur de l'hémisphère : quelques-uns peuvent suivre un trajet parallèle à Sylvius. Tous disparaissent, sauf peut-être, dans certains cas, un sillon

plus constant qui parait être le précurseur de la scissure occipitale externe.

Apparus de la huitième à la liixièmc semaine, les sillons primitifs, sur les deux faces, présentent leur maximum de développement dans le moment qui sépare le troisième du quatrième mois, puis s'efîacent vers la fin du quatrième mois, plus rarement au cinquième, avant la formation du corps calleux et du trigono. Il semble pourtant que dans certaines malformations cérébrales, telles que l'absence du corps calleux, l'hydrocéphalie, une partie dessillons primitifs peut persister, sur la face interne principalement, et expliquer les formes atypiques des circonvolutions adultes. Nous avons signalé la persistance du sillon de l'hippocampe, de la scissure calcarine et de l'occipitale interne. Quelques auteurs ajoutent la scissure de Sylvius : mais celle-ci n'est pas un sillon primitif, un enfoncement d'une surface primitivement saillante, c'est une dépression originelle duc à lacroissance prépondérante des parties voisines (jI///îa/A'oiiic,>;).

L'origine des sillons primitifs parait devoir se rapporter à l'inégalité de croissance entre le crâne à développement lent et le cerveau à développement rapide. Ils n'existent d'ailleurs que chc7, l'homme et chez les l'i'imates. La compression de la capsule osseuse explique la forme froncée et radiée des sillons, dans lesquels s'enfoncent les méninges, et qui sont projetés sous forme de plis saillants dans la cavité de la vésicule hémisphérique.

Outre ces sillons primitifs relativement profonds, Beer a constaté sur un fœtus de quatre mois examiné intact, une heure après l'avortement, à travers ses méninges transparentes, de très petits sillons et de très petites circonvolutions (microgyres), ressemblant ;i ceux de l'adulte, marqués surtout sur le lobe occipital ; il les attribue au développement histologique inégal des parois.

Cale.

Fig. 241. — Sillons primitifs.

A gauche, face interne de l'hémisphère droit ; sillons précurseurs de la scissure occipitale et de la calcarine ; embryon de la 12" semaine. A droite, face externe ; embryon de la a la 14« semaine. U'après Cunni.ngham.

NÉVROLOGIE

(Comme travaux ivcents sur les circonvolutions primitives, voyez : Deer, Circonvoliitiom fœtales in Journal of Anatomy 1889, et Cunningham, The complète fissui'es of the human cere6?'MOT, Ibidem (1889).

2° Circonvolutions définitives. — Nousvenons de voir le cerveau, d'abord lisse jusqu'à la fin du deuxième mois, présenter un premier plissement pendant le troisième et le quatrième mois, puis redevenir lisse, moins complètement toutefois puisqu'il persiste deux ou trois des sillons primitifs.

Ce deuxième état lissencépliale ne dure guère que deux à trois semaines, et dès la fin du cinquième mois apparaissent les sillons définitifs avec les circonvolutions qu'ils limitent. Cette seconde phase comprend les 5', 6°, 7' et 8' mois de la vie intra-utérine : on pourrail dire qu'elle se prolonge bien plus loin, puisque les circonvolutions ne cessent de s'accroitre et de se modifier jusqu'à l'âge adulte, mais dès la fin du huitième mois, les traits fondamentaux de la surface cérébrale sont dessinés.

Dans le cinquième mois apparaissent les grandes scissures, Rolando, la branche antérieure

de Sylvius, la scissure occipitale, la sousfrontale, quelquefois déjà le sillon central de l'insula : la branche postérieure de Sylvius et la calcarine datent de la première période. Dans le sixième mois, les sillons primaires, fondamentaux, ceux qui sont remarquables par leur constance et leur profondeur, tels que le premier sillon temporal 'ancienne scissure parallèle), le quatrième sillon temporal ou grand sillon occipito-temporal, le sillon interpariétal, le sillon central de l'insula, le sillon en H et le sillon orbitaire externe du lobe frontal. Au septième mois^les sillons secondaires plus inconstants et plus superficiels. Au huitième mois, les incisures subdivisant les plis et les lobules. On peut dire que la fin du sixième mois est la date capitale de cette période, comme la fin du troisième mois pour la première phase.

Gratiolet avait posé la loi Au développement inverse, c'est-à-direque chez l'homme les circonvolutions frontales apparaissent les premières, tandis qu'elles se montrent les dernières chez les singes. Mais les faits contredisent cette formule: ce sont tantôt les frontales qui commencent, tantôt les temporo-pariétales, tantôt le développement est simultané ; de même pour les sillons d'un même lobe, il n'y a que des plus grandes fréquences et non un ordre constant (Hervé).

Ce que l'on peut dire, c'est que le cer\-eau réalise rapidement son type définitif. Dès le cinquième mois, la scissure de Rolando est inclinée de 73" d'après les recherches de Cunningham, de 70o à 8 mois, de 71o à l'âge adulte, tous chiffres identiques. Dès le début aussi, se manifestent les types simple et compliqué des circonvolutions, comme on les rencontre, un peu plus accentués seulement, chez l'adulte. Il y a déjà des cerveaux précoces et des cerveaux tardifs ; on a vu l'insula plissé dès le cinquième mois ou au contraire lisse encore à la fin du septième, la scissure de Rolando se montrer en retard d'un mois, à la fin du sixième. Nous venons d'indiquer aussi les différences que présentent les circonvolutions dans leur ordre d'apparition.

Nous résumerons cette évolution sous forme de tableau ; il est entendu que les dates fixées ne sont que des moyennes et comportent d'assez grands écarts.

Première période lissencéphale. — Deux premiers mois. Circonvolutions primitives. — Troisième et quatrième mois. Deuxième période lissencéphale. — Première moitié du cinquième mois. Circonvolutions définitives. — Cinquième mois et au delà.

Cerveau du nouveau-né. — Le cerveau du nouveau-né est une ébauche terminée, que l'on a comparée au cerveau de l'oraug, le plus parfait des anthropoïdes. Ce n'est point un cerveau simple, ou du moins il ne l'est que par rapport à un cerveau compliqué d'adulte, et quand il présente un type élémentaire, c'est que vraisemblablement il doit restertel.

L'avancement morphologique, extérieur, est remarquable, si on le compare au retard histologique de la structure intime. En elTet, toutes les circonvolutions sont déjà formées

Sill. pariét. liolanda f

S<jt.

Fig. 242. — Circonvolutions fœtales.

Foetus de 7 mois (d'après Koelluceb).

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

et par l(3ur petitesse donnent iiiêiiic l'illusion d'une richesse plus grande. Les plis de passage existent tous ; les sillons primaires et secondaires aussi; seuls les sillons tertiaires ou incisures, surtout ceux qui émanent des lèvres des grands sillons, n'ont pas tous paru, encore voit-on déjà beaucoup d'incisures longitudinales ou en étoiles. Même le lobe frontal, malgré son bec rostral très prononcé, est près d'avoir atteint la totalité de son extension, car la scissure de Rolando, que je trouve inclinée ile COo à 63o au huitième mois (cliiH're un peu inférieur à celui de Cunningham cité plus haut), présente l'angle définitif de 70o (angle Rolando- sagittall, et non de 50° comme l'a dit llam}'.

Les variations individuelles sont acquises et indiquées dès ce moment ; c'est du moins ce que soutient Giacomini contre Weisbach, et il se fonde sur ce fait qu'il a constaté des différences morphologiiiues sur des cerveaux de fœtus jumeaux du même sexe.

Le grand retard évolutif porte sur la troisième frontale, qui représente la dernière ac-

Rolando

\ \ S. pal ici.

S. orrip .

ant.

Fig. 243. — Cerveau de nouveau-né, d'après Leuuet.

quisition du cerveau humain, et par suite, celle qui tloit ontogéniquement se développer la dernière ; le pied surtout, centre du langage articulé, est encore jual intliqué. Cet imparfait développement de la circonvolutiou do Broca, de son pied et de son cap, a pour conséquence do laisser à découvert une faible partie du pôle de l'insula, car l'opercule frontal ne rejoint pas l'opercule temporal: le pôle apparaît au fond d'une petite fossette à bords radiés, large de quelques millimètres.

Dès les premiers mois qui suivent la naissance, la troisième frontale achève sa ci'oissnnco proportionnelle, l'insula est totalement recouvert. Sur le reste do l'hémisphère, les sillons secondaires prennent leur importance définitive, sans qti'on sache s'il s'en forme de nouveaux. Il est probable, au contraire, que des sillons tertiaires ou incisures qui n'existaient pas encore peuvent se former, de là des circonvolutions plus flexueuses, plus divisées, et plus lobulées.

Cerveau du vieillard, — Les modifications de forme que l'on peut observer sur le cerveau du vieiUaril sont toutes les conséquences d'un seul processus général, l'atrophie. Les circonvolutions sont amincies en tous sens ; Engel fait obser^•er qu'il devient exceptionnel d'en rencontrer d'une largeur de 10 mm, comme à l'âge adulte, de là une forme plus sèche, plus ferme, plus anguleuse, au lieu de la forme large et arrondie. Les scissures et les sillons s'agrandissent et deviennent béants ; un liquide céphalo-rachidien abondant les remplit, et ce mi'me écartemont des lèvres des scissures isole les circonvolutions qui les boi-dent et les détache plus nettcuienl. Le dessin de la surface de l'hémisphère devient apparent.

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