‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 85 sur 194 · L. olf · texte numérisé non relu

L. olf

Lobe hip/i. Sijlvius Fig. 244.

Se. s. pariét.

Se. limb.

S. crue.

Les circonvolutions des animaux gyrencépliales peuvent se classer dans deux grandes catégories, le type des quadrupèdes ou minimifères non primates, et le type simien ou des primates.

1° Type des quadrupèdes; cerveau des carnivores. — Parmi les ordres des mammifères non primates, il existe certaines différences qui tiennent à diverses causes, telles que la taille du sujet, la forme crânienne, le développement de l'appareil olfactif; ces différences se répètent dans un même ordre et pour les mêmes raisons. Nous prendrons comme type le cerveau d'un Carnivore, le chien, animal de taille moyenne et doué d'une fonction osmatiquc affinée.

Sur la face externe nous remarquons : en bas, l'appareil olfactif central, composé du

lobe olfactif, du pédoncule /'* {mijittala) S. crucial olfactif et du lobe de l'hip-

pocampe, partie inférieure du lobe limbique ; il est limité en dessus par la ««•/.vsure limbique, d'où part la scisswe de Sylvius oblique en haut et en arrière. Autour de la scissure de Sylvius à branche unique se rangent en disposition arquée quatre circonvolutions concentriques, séparées par trois sillons ; ce sont les circonvolutions pariétales, que l'on compte, comme les sillons, à partir de Sylvius, P\ P'^, P\ P^.

La quatrième, laplus haute, prend une direction parallèlle au bord supérieur de l'hémisphère qu'elle longe, et porte aussi le nom de c.

sagittale. Chacune des circonvolutions étant arquée possède deux branches, une postérieure ou rélrosylvienne, une antérieure ou présylvienne ; toutes les branches antérieures aboutissent à un pli vertical commun, indivis, qu'on peut considérer comme l'ébauche d'une pariétale ascendante Pa. Broca appelle lobule temporal la partie rétrosylvienne du lobe pariétal.

En avant de ces circonvolutions et partant également de la scissure limbique, on voit monter en haut et en avant, en sens divergent de la scissure de Sylvius, un sillon qui n'atteint pas le bord de l'hémisphère, c'est la scissure de Rolando. Elle divise la face externe en deux lobes, un antérieur, très étroit, qui ne comprend qu'une seule circonvolution, complètement lisse ou partiellement dédoublée par une incisure, le lobe frontal; un postérieur, beaucoup plus considérable, le lobo pariétal avec quatre ou même cinq circonvolutions.

A la partie supérieure de cette même face externe, entre le lobe frontal et la quatrième pariétale, on remarque un sillon nettement transversal qui émerge de la face interne et coupe perpendiculairement le bord hémisphérique, c'est le sillon crucial de Leuret; il est entouré d'une partie de circonvolution, appelée (///rus ^ir/moïde, pli sigmoïde, contourné en sigma, qui semble un pli de passage entre la pariétale supérieure et le lobe frontal ; il a

PU fr. limb.

Se. limb.

s. fr.

Lobe olf.

Lnl.e hipp.

Fig. 244 et 245. — Cerveau de Carnivore (chien). Face externe et face interne.

Le lobe limbique et le lobe olfactifs sont ombrés. Le lobe frontal est teinté en rose, le gyrus sigmoïde en bleu.

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

une branche antérieure ou précruciale, une postérieure et un genou. Le gyrus signioïili; et le sillon crucial sont tous deux en arrière do Rolando et en plein territoire pariétal.

La lace interne nous montre ; le lobe liuibique entourant en anneau le corps calleux, sa partie inférieure étant le lobe de l'hippocampe; autour de son bord cxtei'ne, la scissure limbique. La partie de celte scissure qui est au-dessus du corps calli'iix, et qui sépare le lobe limbique de la quatrième pariétale débordant sur la face interne, est la scissure souspai'iêlale; elle remonte sur le bord supérieur de l'hémisphère et y devient le sillon crucial, ((ui est par conséquent la terminaison transversale de la scissure sons-pariétale sur la face externe du cerveau. A la partie antérieure, la scissure limbique interrompue par un gros pli de passage, le pli l'ronto-limbiquc, n'est représentée que ])ar un court sillon, la scissure sous-fronlale. Nous avons signalé plus haut ce fait que cette scissure limbique est intliquée chez l'homme par des vestiges, l'incisuro limbi(pie, le quafiième sillon temporal, le sillon sous-pariétal inconstant, la scissure sous-frontale.

Il existe en outre un insula peu développé dans la scissure de Sylvius cl l'ecouverl par les lobes voisins.

En résumé, le cerveau des carnivores possède trois scissures, la scissure limbitpie. celle de Sylvius et celle de Rolando, et trois lobes, le lobe frontal, le lobe pariétal et le lube limbique (qui conqM'ond aussi le lobe olfactif).

Nous devons ajouter ([ue l'identilication du sillon vertical antéi-ieur île la face (.'xb rni' :'i la scissure de Rolando des primates n'est pas àl'abi'i de toute contestation, et sui\ anl (|n'iin a recherché l'équivalence histologique (Betz), l'équix alence pliysiologiquc (Ilitzig) ou l étiuivalcnce anatondquc {lîroca),on est arrivé à des conclusions différentes. C'est ainsi qu'au point de vue physiologique, les centres moteurs connus chez le chien, analogues à ceux des circonvolutions rolandiques de l'homme, occupent le gyrus signioïde : or celui-ci est. d'après notre description, tout entier postrolandique, pariétal, alors qu'il devrait être coupé par Rolando. Même au point de vue purement anatomique, il y a de grandes divergences, l'ansch, Meynert. appellent s///o;i prcsi/lcien ce que nous avons nommé scissure de Rolando, cl cherchent l'analogue de cette dernière dans la partie antérieure (ou sillon cornnal] du sillon pariétal supérieur. Nous avons adopté la systématisation de Broca ipii repose sur l'anatomie conqiarée, et qui vient d'être pleinement conlirmée par les recherches d'Kberstaller sur les rapports de l'insula avec le lobe frontal et sur l;i situation du sillon crucial ou de son é'qui valent .

On n'a pas moins discuté sur la fente i[ui iieul i-eprésenter chez l'homme le sillon crucial des animaux. Pour Broca, Giacomini, Schwalbe, ce sillon a pour analogue l'incisure qui termine la scissure sous-frontale sur le bord sagittal de l'hémisphère, en arrière de la pariétale ascendante. Eberslaller confirme cette interprétation on montrant que la branche terminale ascendante de la scissure sous-frontale est une branche en partie indépendante qui, chez les animaux inférieurs, se rattache à la scissure sous-pariétale prédominante et linit comme sillon crucial, tandis que chez les primates, en raison de la prédominance du lobe frontal, elle est absorbée par la scissure sous-frontalc qu'elle prolonge et termine: on voit encore quelquefois chez l'iiomme la branche ascendante émaner directement ilu sillon sous- pariétal.

Le type gyrencéphale que nous venons de décrire subit chez d'autres mammifères des moililications secondaires. Le sillon crucial si caractéristique chez les carnivores peut faire défaut même dans certains genres de cet ordre, et, en dehors de cet ordre, est absent ou peu accusé sur beaucoup de cerveaux. Le lobe limbique varie avec les fonctions olfactives et le genre de vie de l'animal. Le lobe frontal reste toujours petit et simple: mais, chez les animaux île grande taille, il tend à se dédoubler en doux circonvolutions, tandis que chez le dauphin il est réduil presque à sa portion orbitaire. On constate tantôt trois pariétales, tantol un chiffre supérieur a i|ualrc. La direction de la scissure de Sylvius est variable et peut arriver à la verticalité. Parfois on soupçonne l'indication d'un lobe temporal.

20 Type des primates; cerveau simien — Ndus prendrons pour un cer-

veau de macaque.

Sur la face externe, nous remarijuons trois scissures : la scissiu'c de Rolando qui moule à peu près verticalement, la scissure de Sylvius dirigi'c en haut et en arrière et réduite à sa branche postérieure, la scissure occipitale extei'nc ou perpendiculaire externe, fente simienne des auteurs allemands, profonde, continue, verticale et par conséquent perpendiculaire au bord supérieur de l'hémisphère. De là quatre grands lobes, comme chez l'homme.

Le lobe frontal présente une forte excavation orbitaire. ^on extrémité anti'rioure est sur un plan beaucoup plus haut i]ue le lobe temporal : en même temps la saillie du bord orbitaire interne, très proéminente, constitue le )-oslre ou bec ethmoïdal et fait i]uo la face inférieure regartlo fortement en dehors. Sur la face externe de ce lobe, on observ e deux sillons: le sillon arqué ou sillon courbe frontal, et le sillon droit (sillon rosirai de quelques

NÉVROLOGIE

auteurs]. Ces sillons liinitont trois circonvolutions : une frontale ascendante, une frontale supérieure et une frontale inférieure. L'assimilation de ces sillons et de ces circonvolutions avec ceux de l'homme présente de grandes difficultés. Sans rappeler toutes les interprétations proposées, disons seulement qu'Eberstaller, un des derniers auteurs, considère le sillon droit comme l'analogae du sillon frontal moyen, la branche verticale du sillon arqué comme le sillon prérolanilique inférieur, et sa branche sagittale comme le rameau antérieur du sillon prérolandique (mais non comme Z"^). H est admis généralement qu'il n'y a pas de troisième frontale. La frontale supérieure, sus-jacente au sillon arqué, correspond vraisemblablement à l'étage supérieur de notre uni à ; car une incisure supérieure sagittale,

presque constante, indique le com-

Perpend. „ , , c „„■ moncement d'un dédoublement et

ext. S. par. Rolando S. arque , . , , • -n r

sera plus tard le premier sdloniron-

S rfcoi'i -tfil- La frontale inférieure, sous-

jacente au sillon arqué, est l'étage

inférieur de notre deuxième frontale. Sur la face inférieure, une incisure, dite orbitaire, limite, en dessous d'elle, un rudiment de la portion orbitaire de notre F^.

Le lobe pariétal a ses trois circonvolutions. La pariétale ascendante est mal limitée, la pariétale inférieure possède son loiîule angulaire.

Deux plis de passage traversent la scissure perpendiculaire externe

,, „ , . pour aller au lobe occipital, mais

S.parall.t^ Stjlmus Y, . i t -h ■ \

us sont prolonds. Le sdlon interpa- Fig. 240. — Cerveau simien (macaque). riétal, très oblique, se dirige vers le

Face externe. D'après Eberstaller. - Le lobe frontal bord supérieur de l'hémisphère.

est teinté en rose. Le lobe temporal ressemble à

celui de l'homme.

Le lobe occipital, nettement isolé, se projette en avant par-dessus la scissure perpendiculaire, et cette partie débordante constitue Vopercule occipital que l'on a rencontré quelquefois chez l'homme. L'incisure préoccipitale est vaste. La surface du lobe, lisse chez beaucoup de singes, est ici divisée en deux circonvolutions par un sillon radié qui partdu pôle et qu'il est difficile d'assimiler à un de nos sillons occipitaux.

Le lobe de l'insula est recouvert et bien développé.

Sur la face interne qui ressemble à. celle du cerveau de l'homme, nous noterons seulement que la scissure calcarine est distincte à sa terminaison de la scissure occipitale interne ou perpendiculaire interne, et qu'elle coupe l'arc liriibique pour aboutir au sillon de l'hippocampe.

En résumé, le cerveau simien présente comme traits fondamentaux la disparition du lobe limbique, qui se transforme et perd son individualité, et la constitution des quatre grands lobes avec les trois scissures qui les limitent.

Le cerveau des anthropoïdes forme la transition naturelle entre les singes et l'homme. Le cerveau simple encore du chimpanzé conduit des singes inférieurs aux anthropoïdes, et celui de l'orang des anthropoïdes à l'homme. Les anthropoïdes possèdent une troisième frontale ; mais elle n'a qu'une seule llexuosité, car il n'y a qu'une branche sylvicnne qui correspond à notre branche antérieure, et le pied si caractéristique fait défaut. La première frontale est peu développée, et n'est pas dédoublée; la deuxième frontale est vaste, avec deux étages distincts ; seulement son pied est bien plus étroit que chez l'homme (V. flg. 231).

Sijlvius

Il est facile, dans l'ordre des primates, d'établir une série continue pour la morphologie des circonvolutions, depuis le ouistiti qui doit à sa très petite taille d'être lissencéphale et de posséder seulement deux scissures, la sylvienne et la calcarine, jusqu'à l'orang, celui des anthropoïdes dont le cerveau se rapproche le plus du cerveau humain, et des anthropoïdes de passer au cerveau humain. Mais il est très difficile de passer du cerveau des quadrupèdes au cerveau des primates. Les deux catégories ou types que nous avons décrits sont bien tranchés. L'assimilation de leurs circonvolutions

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