Cerveau ouistiti
Lissencéphale. D'après Gratiolet.
1 1 r': M I SPH ÈR ES CRR ÉB n AU X
avec les nôtres est tout à fait arbitrain', nu'inc au poinl de \ uo anatomique pur, à i)his forte raison au point île vue physiologique, cnninie ]ji-(iu\c lu loealisatiou des centres moteurs, cliez les carnivores, dans le gyrus signioïde que, l'on rattache au lobe pariétal. Ont-ils réelleuient une scissure de Rolando? est-il bien sûr qu'ils n'aient rien de comparable à notre lobe occipital ? Les cerveaux les plus parfaits de cette catégoi ie, avec leurs nombreuses circonvolutions, comme est celui du cheval, sont encore, au point de vue de la forme générale, bien inférieurs an cerveau minuscule du dernier des singes, du ouistiti qui est lisscncéphale. « Le cerveau plissé de l'homme et le cerveau lisse tlu ouistiti se « ressemblent par un quadruple caractère : un lobe olfactif rudinientaire, un lobe posté- « rieur couvj'ant tout le cervelet, une scissure de Syh-ius tout à fait distincte et une corne « postérieure du ventricule (Gratiolet). »
Aussi en présence de ces deux types si distincts, ipie des inlermédiaires ne rattachent pas l'un à l'autre, Schwalbe se demande si l'on n'a pas all'airi' à deux (■■\olutions divergentes, deux espèces morpliologii[ues s'écartant il'aulant plus l'une dr l'autre qu'elles poussent plus avant leur développement.
III. - TYPE INFÉRIEUR ET TYPE SUPÉRIEUR DES CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES.
Avant d'aborder la queslion de savoir s'il existe des formes supérieures et inférieures dans le plissement de l'hémisphère, et si ces formes coexistent fatalement avec des activités cérébrales élevées ou amoindries ou même perverties, il est nécessaire d'établir un certain nombre de propositions relatives à l'étenilue de la surface corticale, aux compensations réciproques des formes locales, et aux variatiims individuelles que le cerveau présente commis tout autre organe.
Rapport du plissement à la surface cérébrale totale. — Quand nous attribuons un certain caractère de supériorité à un cerveau plissé, ce n'est point la forme pour elle-même qui nous parait supérieure, comme s'il s'agissait d'une disposition oiécanique, mais nous voyons dans les circonvolutions une multiplication de la surface utile, de l'écorce qui renferme les éléments histologiques agissants. Or, ce que nous avons dit au sujet de l'influence de la taille sur l'état gyrencéphale ou lissencéphale d'un animal, enlève déjà aux circonvolutions une grande partie de leur signification Les circonvolutions ne sont qu'une manière de proportionner la surface à l'accroissement de volume du cerveau chez les animaux do taille notable ; et, malgré cette disposition, l'avantage reste encore aux lissencéphales, puisque le lapin à cerveau lisse a une surface corticale deux fois et demie plus grande que celle de l'homme, rapportée au poids ou au volume de son cerveau.
11 faut donc comparer des tailles égales, ou, ce qui serait plus exact encore, des sujets ayant un même poids ou une même masse du corps. On verra alors que grâce à son (■'norme cerveau et malgré la disproportion entre la surface et le volume de cet organe, l'homme, dont l'écorce cérébrale a une extension de 2000 cm. carrés environ et un poids du corps lie 6,") kilogs. possède 30 c. q. de surface corticale par kilog. du poids du corps, alors que le lapin n'en a guère que 6. Ces chiffres sont, bien entendu, approximatifs. Il n'en reste pas moins acquis que. pour estimer la valeur des circonvolutions de deux cerveaux liumains donnés, il l'aut d'abord ([ue les sujets présentent un égal développement corporel.
Manouvrier a montré par des pesées minutieuses que toutes les parties de l'encéphale ne sont pas également influencées par la taille, ce qui est en rapport avec la doctrine des localisations cérébrales. Ainsi la région rolandique \Fa, Pa)Qi la région pariétale, régions motrices des membres, varient suivant le poids du corps, soit chez les animaux (région pariéto-occipitale), soit chez l'honnue : tandis que la partie antérieuri' du lube frontal, celle qui est située en avant de la frontale ascendante et qui est considijrée ciimmo le territoire lies phénomènes intellectuels et du langage articulé, est relativement indi'pendante soit du volume du cerveau total soit du volume du corps.
Mais même à volume (''gai du corps, la complexité du plissement cérébral n'ot pas nécessairement une supériorité. C'est ce que nous montre la conqiaraison entre le cerveau des carni\-ores et celui des ongulés. Tous les carnivores, même de forte taille, ont des circonvolutions moins nombreuses et plus simples que les ongulés (pachydermes, ruminants), alors qu'ils les surpassent en général parleur intelligence et leur activité sensitiveet motrice. Le cerveau du chien est beaucoup plus simple que celui dunu)uton. ceux du chat et (lu castor sont inférieurs à ceux de l'àne et du bœuf; ceux des cétacés sont plus compliqués que ceux de beaucoup de singes.
NÉVROLOGIE
2° Compensation morphologique. — Telle circonvolution qui nous semblera sur un cerveau ilonné insuflisante ou déreclueuse peut être compensée par le développement plus grand d'une partie voisine ou même éloignée. Cette interprétation anatomique n'est pas en désaccord avec la doctrine physiologique des localisations, car il y a tout d'abord dans le cerveau de vastes régions qui peuvent être détruites par un foyer de ramollissement sans donner lieu à des symptômes appréciables, ce qui suppose que leur fonction est suppléée, et ensuite, même pour les centres nmleurs et sensoriels à territoires plus restreints, une certaine suppléance parait encore possible avec le temps, s'ils sont détruits ou amoindris.
Manouvrier fait observer que quand une circonvolution est d'une étroitesse anormale, la circonvolution adjacente présente au contraire une largeur insolite avec incisure et plis de dédoublement, c'est ce qu'il a noté sur le cerveau de gens très intelligents. J'ajouterai que sur les cerveaux déformés, sur lesquels les circonvolutions restent très étroites au point déformé, la compensation se fait sur place par une exagération de la ilexuosité et par la profondeur insolite des sillons et des scissures. Luys conclut de mensurations céphalométriques que la compensation peut se faire pour de grandes surfaces, que notamment la petitesse du lobe frontal peut coïncider avec une dilatation anormale des régions de la base, telle que celle du lobe temporal, comme si la masse cérébrale se coulait dans des moules de même capacité, mais de courbes différentes. Il est certain que le côté droit peut compenser le gauche et inversement. Dans la déformation toulousaine du crâne, l'amoindrissement du lobe frontal comprimé est corrigé par une augmentation de la région pariéto-occipitale, sans qu'un pareil transfert expérimental s'accompagne d'un changement appréciable dans les fonctions cérébrales.
Brissaud va plus loin. Pour lui, les circonvolutions ne sont que des ondes corticales indifférentes: leur forme de détail varie comme celle d'une vague suivant la poussée des circonvolutions voisines, et leur ampleur extérieure ne donne que des indications illusoires, puisque dans les sillons et les scissures, dont la profondeur est extrêmement variable d'un sujet à l'autre, s'étend la majeure partie de la surface corticale, pas moins de ses deux tiers. Seuls ces sillons et ces scissures, par leur connexion fixe avec les faisceaux d'irradiation, ont une valeur morphologique précise. Ainsi la compensation peut se faire d'une circonvolution à l'autre, ou de la première inflexion d'une même circonvolution à sa seconde ou à sa troisième inflexion, ou de sa surface convexe apparente à la surface creuse et profonde du sillon qui la boixle.
En résumé, la compensation peut se faire ;
par l'augmentation des flexuosités d'une circonvolution étroite ;
par l'accroissement de la profondeur des sillons ;
par l'élargissement des circonvolutions voisines ;
par le développement de régions nouvelles, excentriques.
30 "Variations ethniques et individuelles. — Sous le nom de variations ethniques, à peine a-t-on ébauché la compaïuison entre les deux grands types crâniens, le dolichocéphale et le brachycéphale ; on suppose, sans preuve d'ailleurs, que la forme du crâne est le fait primordial et modèle le cerveau à son image, mais il y a au moins autant de raisons de croire qu'il faut renverser l'ordre de causalité.
Quoi qu'il en soit, dans les têtes allongées, dolichocéphales, les circonvolutions tendent à prendre le type longitudinal, c'est-à-dire à s'allonger dans le sens antéro-postêrieur, tandis que dans les crânes carrés, brachycéphales, les circonvolutions transversales, comme les rolandiques, sont plus accusées et les circonvolutions longitudinales, comme les frontales ou les pariétales supérieure et inférieure, acquièrent le type transversal, en ce sens qu'elles s'infléchissent latéralement l'une vers l'autre, comme si elles étaient comprimées à leurs deux extrémités. Il n'est pas démontré que l'angle de la scissure de Rolando (angle Rolando-sagittal) présente dans les deux cas une ditïérence appréciable.
Les variations individuelles sont extrêmement communes et diverses, on peut dire qu'il n'y a pas deux cerveaux semblables, et sur le même cerveau l'hémisphère droit diffère toujours par des caractères légers ou importants de l'hémisphère gauche.
Zernotï a montré que, parmi les sillons primaires ou principaux, il en est trois qui ne sont pas absolument constants, le premier et le deuxième sillon frontal, /'' et Z", et le sillon inter-pariétal. Le sillon olfactif et le sillon précentral inférieur ont au contrair.e une existence et une forme fixes. Les variations, très rares pour ce qui concerne les scissures, assez rares pour les sillons principaux, deviennent conmiunes dans les sillons secondaires et les incisures.
Giacomini conclut de l'étude de 104 cerveaux que les sillons sont plus sujets aux variations que les plis de passage ou d'anastomose. Il trouve en efl'et 934 sillons surnuméraires à droite et 1005 à gauclie, soit une moyenne de 6 variations de sillon par hémisphère, tandis
HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX
r[iie les plis surnuméraires di' passage ou iranasloiiiose ne sont ([iTau noruitre do (1 1 7 à liroile, 021 il gauche, soit un peu plus do trois variations de plis jiar héniispliùre. Il t'ait aussi oljservcr que certaines anomalies sont beaucoup plus rri'quenles d'un coté que de l'autre : ainsi le premier sillon temporal était coupé par un pli de passage, 34 fois à gauche et 3 l'ois seulement à droite ; le iiuatriémo sillon temporal se prolotigeait jusqu'au pôle une fois à droite et 7 fois à gauche; .■)7 fois un pli d'anastomose coupait le sillon interpariétal ilu coté tiroit, Ki fois du coté gauche.
Les recherches de Zernotf ont porté sur 100 cerveaux slaves, celles de (iiacomini sur 108 cervcauY italiens; ces deux observateurs ont constaté un mémo chitTrc centésimal de variations, ce qui démontre la concordance du type cl de ses écarts dans deux races blanlAiCA dill'érentes.
Nous pouvons considérer la plupart de ces variations comme île véritables anomalies, l)our ce qui concerne les scissures et les sillons principaux, dont le type normal est sulllsamnient constant et fixe. Ces anomalies à leur tour peuvent se ranger sous trois catégories ; lo les anoujalies oufo(/i'ii/i/ues, ou par arrêt de développement , qui représentent un (■tal embryonnaire persistant; ainsi les cerveaux adultes qui présentent le type des circonvolutions primitives ; 2'^ les anomalies j)/ti//ogi'ni(/iies ou révcrsives, qui reproduisent une forme, anccstrale ou non, normale chez les animaux; ainsi l'opercule occipital; 3« les anomalies tératof/i'iiiques ou par déviation de développement, productions atypiques i|ui ne correspondent ni à une forme embryonnaire humaine, ni à une forme animale adulte, et qui sont fréquemment combinées sur le mémo cerveau avec les anomalies typiques précédentes; tels sont le dédoublement du pied de F^, la duplicité de la scissure de Kolando, son interruption par des plis de passage.
(les variations organiques sont-elles en rapport avec les variations de l'activiti'' cérébrale'? correspondent-elles à certaines modalités de rintolligence ou de la sensibilité ? Zernidf et Giacomini le nient formellement. Il n'est pas possible, suivant eux, en constatant sur le cadavre telles ou telles anomalies cérébrales, de tenter un iliagnostic rétrospectif sur les particulariti'S cérébrales du sujet (|ui les présentait.
L'étude de la iléformation toulousaine du crâne, ri''pandue autrefois dans une grande partie de la France et consistant dans un aplatissement transversal de la tète à l'aide de liens constricteurs, conduit à des conclusions semblables. Malgré la transformation brutale du cerveau de brachycéphale en dolichocéphale, la disproportion dans le poiils de ses différents bdjes mais non de son poids total, la déviation de la scissure de Rolando, et surtout le type infantile que gardent les circonvolutions compi'imées comme F'^, on ne voit pas que cette iir'formation ait causé une iniluenco décisive, démontrable sur les aptituilos et les Spécialisations cérébrales. C'est ce f[ui ressort des recherches qu'AmhiaIct et moi-même avons faites sur ce sujet (.Vmbialet, Déformation artificielle de In /é/*>. Thèse fie Toulouse, 1803).
Son iniluence sur la proiluction de trouliles pathologiques tels que la folie, rimbécillité, réjiilepsie, l'idiotisme, soutenue par quelques alié'nistes, est exceptionnelle et ne parait agir que sur des sujets prédisposés. C'est à tort également qu'on a cru devoir lui rapporter les aptitudes artistiques îles Toulousains, aptituiles particulières à la race et bien antérieures à la pratique de la déformation.
Ces réserves posées, nous devons considérer comme type cérébral inférieur celui qui présente de nombreuses anomalies légères ou plusieurs anomalies graves se rapportant soit à un arrêt de développement, soit à un retour aux formes de l'animalité, et comme type supérieur celui qui s'édoignc le plus de ces formes animales, ipii manifeste avec le plus d'intensité les caractères humains des circonvolutions.
A. Caractères d'infériorité. — Toutes les anomalies par ari'i't dr dr^veloppement et par r.'veriion sont di.'s caractères d'infériorité. Nous grouponins iri les principales.
10 Diminution de In xurfnce corticale, soit de la surface totale, soit de la surface partielle d'un des lobes, et notamment du lobe frontal. Il s'agit, comme nous l'avons expliqué, de la surface des circonvolutions ou surface visible et de colle des sillons ou surface cachée, et di' plus cette surface doit être rapportée au volume du corps. On ne possède à ce sujet presque aucune espèce de document; Wagner chez un idiot microc(''pliale a trouvé une surface corticale totale abaissée à 900 c. carrés au lieu de 2000.
2" 7';/;)c .f/wp/e des circonvolutions qui sont roctilignes au lieu d'ê^tre Ilexueusos, lisses et rondes par défaut d'incisures, et qui paraissent grosses parce qu'elles ne sont pas dédoulilées. Leur symétrie complète d'un hémisphère à l'autre est encore un trait d'imperfection. Dans quelques cas. certains plis semblent avoir conservé le type des circonvolutions primitives du quatrième mois embryonnaire.
i!u Atrophie <le rertninex circonvolution^^. — Telles sont: une première frontale F' non dé'doublée, une pariétale supérieure ellilée en queue dans sa partie postérieure, nne pariétale
NÈVROLOGIlR
inférieure avec un pli marginal non lobule, un pli courbe long et liant placé, une première temporale grêle, un insula à trois rayons an lieu de cinq. Le langage articulé étant lapremiôre prérogative de Thomme, celle à laquelle il <loit la plus grande part de ses progrès, on conçoit que le degré du développement de la troisième frontale soit un des meilleurs signes pour estimer la valeur cérébrale. On a vu cette circonvolution manquer complètement, comme chez les singes inférieurs, son pied faire défaut ou être rudimentaire, le cap conserver la forme pointue de l'époque fœtale. De l'exiguité du pied ou du cap de /^^.résultent la béance delà scissure do Sylvius et l'apparition du pôle de l'insula qui n'est plus recouvert par son opercule.
4" Insuffimnce des plis d'union. — Les plis d'anastomose sont moins nombreux ; on voit manquer ceux qui normalement unissent la première avec la deuxième frontale, en sorte que F' parait comp'ètement isolée de F^, ou ceux qui fréquemment relient à P'^ à travers le sillon interpariétal. Les plis de passage peuvent également faire défaut ou èti-c profonds, étroits, peu flcxueux. Quand les deux premiers plis de passage pariéto-occipitaux externes sont tous les deux profonds, il existe une véritable scissure occipitale externe, longue de 4 ou S cm. et tout à fait analogue à la perpendiculaire externe des singes.
5° iVodifirri/inns di'f! si/inns e/ srissiiref; . — Telles sont: une scissure de Rolando rectiligne et verticale, une scissure de Syh'iii> (dilnpie en haut et en arrièi'e au lieu d'être linri/on-
ii'- Itolantlfi
-•Lab. angul.
Cap Pôle iiisul . Inc. pi éocc.
Pig. 248. — Type simple des circonvolutions. Cerveau d'une femme faible d'esprit. D'après Pozzi.
taie, on bien privée do sa branche ascendante, un sillon interpariétal abordant en arrière le bord supérieur de l'hémisphère contrairement à sa direction sagittale habituelle, une scissure calcarine séparée de la scissure occipitale et atteignant le sillon de l'hippocampe, le sillon limbique temporal coupant profondément le lobe temporal, la scissure occipitale externe, libre et profonde.
60 Conformation simienne des lobes. — On a vu le lobe fi'ontal se terminer en avant par un rostre, c'est-à-dire par une extrémité eflilée et recourbée, et la base du lobe occipital se projeter en opercule \Ya,\' dessus la scissure occipitale externe dans laquelle étaient enfouis des plis de passage profonds. Ces formes rostralc et operculaire sont des états sindens.
Une seule de ces anomalies diverses ne saurait suffire à mettre un cerveau en état d'infériorité, soit parce qu'elle peut être un simple accident de forme extérieure, soit parce (ju'elle peut être compensée. Mais quand elles s'accumulent sur un même organe, elles donnent au cerveau tout entier, ce cjui est rare, ou à une partie déterminée du cerveau, ce qui est plus commun, une tournure tout à fait simienne ; et il est bien difficile de penser qu'une imperfection histologique et fonctionnelle n'accompagne pas cette dégradation anatomique. Le type inférieur des circonvolutions s'observe, à des degrés très divers et sous
HÉMISPHÈRES CKHÈBriAllX
dos coiiibin'ii>oiii tri''s vai'ii'cs. clicz lus idiols, les inici'ori''|)liali;s, les faibles irespi'it. Il est aussi celui il'iiii ^^'caml iKimlire île race-; inlVM'ieiires, mais il ne faut pas rjuliliiT que elie^ elles se i-eiii-oiiti'i'iit,, dans des |ir()|Ku1,ii)ns (|iie iidus ?ie cdiinaissoiis pas, des l'oriiies aussi él(M'i''es que chez les races blanches : c'est ce qu'dn a pu cduslaler idii'z des nègres et même eiiez des boschimanes.
li. Caractères de supériorité. — Le tabli^au adresser serait r.intilbése du tableau procé'dent : surlaci' corticale vaste dans smi ciisiuidile, bien |)r()pi)rlii)nni''e dans l(;s diU'éronts lobes (2 200 cm. carrés cliez le malliématiciou Ganss, 187(i cbez un manonvrier, d'après Wat!;rier) : — -puissant di''veloppemont des cii'convobitions dans In sens de leur longueur et dans leur sens diamétral, entraînant comme consé(piences l'élargissement lotal du cei'veau, surtout du cerveau l'rontal, la grandi; largeur transversale des plis, leur Ilexuosilé, la décon|nire de leurs bords en cri''nelago par les branches latérales des sillons limitrophes, la prob)ndeur et l'occdusion des sillons et des incisures. C'est aussi à l'accroisseuient transversal des cirriun olulious qu'il faut attribuer leur dé'iloublenienl par des incisures longitudinales ou leur bdiulaliou pai' des incisures stellaires ; le dédoublement de la pi-emière frontale, la, birmalion du lobule marginal ou du pli courbe de du loliule pariétal supiuMCur, sont a ce point de \ ne très caracti''i'istiqui.'s ; — anqiliMir do la circonvolution du langage, surtout de sa partie initiale, et comme conséquence occlusion parfaite de la scissure de Sylx ius l't occullatioii du lobe de l'insula; — rattachement du lobe du corps calleuv au lobe frontal |iar ciracoment do la scissure sous-frontale: — union entre toutes les parties de l'hémisphèri' soit par des plis d'anastomose multipliés, soit par des plis do passage nombreux et superficiels, la superlicialité indiquant ([ue le pli est volumineux. Ce sont surtout les deux premiers plis parié'lo-occipitaux qui doivent être bien accusés; — sillons fernii''s profonds, interronqius jiar des ponts anastoniotiipics et , émettant de longues bi-anelies hatiTales qui s'enfoncent dans les ftcxuosités dos circonvolutions.
On peut admidtre que le sjllnnnr'nient d'un Inbe mi'sui'e la i-ichesse de ses circonvolutions. Wagner, calculant la longueur de l'eriseudile dessilbms du lobe frontal supposés bout à bout, a trouvé les chitfres suivants : la longueur des sillons pour le cerveau du mathématicien Gauss étant su|)|iosée égale à 100, était de pour le clinicien Fuclis. de 8.') sur une femme adulte, de 73 suriin journalier ordinaire, de 1 .'1 sur un idiot.
Si l'on considère rpTun tel cerveau iib'al n'misie pas. que tous présentent à des degrés divers un mélange de caractères de supi'u'ioi-iir> el d'inliTini-iti', (|ini nous ne sonnues pas du tout renseignés sur la, sigudical mu ii'elle d'un certain uoiuIil'c de caractères normaux ou anormaux, et qu'il est très diflicile d V'\ alui'r la sin face lutale de l'IirMidsphèrc ou même d'un de ses lobes, on conqM'endraque tii-er un liiiinscope d'api-ès un ciM-\eau donné ostchose téméraire, et ipie l'on ne peut lixer le type du cerveau de l'homme de ici-nie. D'autres diflicultés bien plus gi'andos surgissent d'ailleurs. La iiiorplinlo;,'ie e\tiM'ieui-e ne suppose pas nécessairement une organisation structurale éipiivalenti' ; cetti.' foi'me peut avoir édé héritée et corrcs[)ondre à des éléments histologirpies imparfaits, comme sont ceux d'un enfant ou d'un vieillard ; ou même l'organisation peut être l'estée à l'élat latent, stérilisée par les circonstances défavorables. 11 faut tenir compte aussi de la localisation dans les fonctions cérébrales. Nous devons penser que certains contres corticaux s'ati'ophient ou s'hypertrophient, connue les groupes musculaires, par l'inactivili' nu l'exercice, (|ue les sourds-muets, les aveugles-nés ont des l'égions atrophiées, et d'autres plus développées par conqiensation, les centres visuels jiour les premiers, les centres tactile et auditif jiour les seconds. Il en est de même pour les hommes sup/'i'ieLU's, leur génie ou leur talent n'étant pas universel : il y a sans doute des sphères cérébrales diversement di';velop|)ées suivant la nature de leur iidelligence, les savants n'utilisent |irol)ablement pas les mi''nies organes corticaux ([uo les artistes, et parmi ceux-ci, les visuels et les auditifs, ])eintres et uuisiciens, se scrventdoccnti-es distincts, ceux de la vision etde l'audition qui ressortissent de lobes diirérents.
Enfin, il est une catégorie d'anomalies m'ccssaires, qm^ nous ne connaissons pas, ce sont les anomalies progressives ; je veux dii'e |iai' la ([u'un cerveau supérieur, f[ui est en avance sur les autres, doit présenter des formes individuelles anticipi''es qui seront plus tard celles de tout le luonde ; si le cerveau ne progressait pas, il n'y aurait pas d'i''volulion possible. Ces anomalies supérieures sont li.' type de l'avenir.
Cerveau des criminels. — Los i.-riminels-ni'S, ceux qui manifestent dès l'enfanco, en d.'pit du uulieu etde l'éducation, une tendance irrésistible aux actes délictueux etcjuisont tout il la l'ois précoces et récidivistes, présentent-ils des di'd'ectuositos cérébrales en corrélation avec ces défectuosités fonctionnelles ? On pcLit répondre qu'il en est tn'M-essaii'ement ainsi, car nous ne jiouvons séparer l'organe de sa l'onction ; mais ces \ iees (rorj,'anisation sont-ils borni''S à la structure iiUime des éléments cellulaires, et par conséquent inappré-
NÉVROLOGIE
ciables à nos moyens actuels d'investigation? on bien ces imperfections des éléments ontelles pour résultante un trouble dans la morphologie extérieure grossière, que nous puissions reconnaître à première vue ?
La plupart des auteurs ont résolu cette deuxième question par l'afllrmativo ; mais ils ne se sont point entendus, quand il a fallu assigner des caractères révélateurs ; les uns les ont cherchés dans les anomalies typiques abaissant le cerveau à un rang inférieur, les autres dans les variations atypiques attestant plutôt un cerveau déséquilibré que dégradé.
1° Caractères réversifs- — Une première catégorie d'observateurs ont cru reconnaître un stigmate unique, caractéristique, et ont successivement indiqué : le dédoublement de la deuxième frontale entraînant comme conséquence le type quaternaire des circonvolutions sagittales du lobe frontal, le recouvrement imparfait du cervelet par un lobe occipital arrêté dans son développement, l'apparition de l'insula dans une scissure de Sylvius béante, la formation operculaire du lobe occipital disposé en calotte, ce qui suppose une scissure occipitale externe. Tous ces stigmates et d'autres encore de moindre importance sont des caractères simiens. Nous nous sommes déjà expliqué sur chacun d'eux et nous avons fait obser\'er qu'ils se rencontrent avec une égale fréquence chez les sujets les plus normaux ; au reste la nmltiplicité uicnie de ces caractères proposés indique que les observateurs sont en désaccord.
Le plus grand nombre, à la suite de RCulinger, pense que le cerveau criminel présente non pas un stigmate^ mais une accumulation d'anomalies réversives ou par arrêt de développement, qui le ramènent, sinon tout entier, au moins dans une partie notable de sa surface, à un type inférieur à son milieu. C'est un cerveau dégradé, déchu, qui revient, pour les hommes de race blanche, au cerveau des races inférieures, ou retombe même ^dans l'animalité. Giacomini a répondu par une .statistique qui est défavorable à cette hypothèse d'un cerveau réversif. L'étude de 28 cerveaux de criminels lui a donné pour les variations des sillons de ciiaque hémisphère un nombre moyen de S, alors que pour un hémisphère normal le chiffre moyen des variations est de 6 ; de même pour les plis de passage et d'anastomose, les variations sont de 4,2 surles criminels, de 3,7 sur les normaux.
La conception d'un type inférieur expliquant la tendance au crime ostd'ailleui'S en opposition avec les observations suivantes: l°Les races inférieures ne sont pas plus perverses que les races supérieui'es, elles le sont peut-être beaucoup moins, et nous n'avons pas de raison de penser que les honuues île la pierre polie eussent sur les points fondamentaux une morale effective plus mauvaise que la nôtre. La seule corrélation que nous constations sur les cerveaux qui se rapprochent des formes animales, entre ces formes dégénérées et le fonctionnement cérébral, c'est un affaiblissement intellectuel et sensitif, comme on le voit chez les imbéciles et les microcéphales. 2" Il s'en faut que le criminel montre toujours des signes d'infériorité cérébrale. Nous raisonnons toujours d'après la vie et le cerveau des hommes brutes, de basse classe, qui finissent dans les prisons et chez lesquels se trouvent le plus souvent, mais non toujours réunis deux états anormaux : la tendance au mal, la dégradation intellectuelle; mais l'histoire fourmille d'exemples de criminels célèbres dans tous les rangs et sous toutes les formes, qui ont associé une grande intelligence et de puissantes qualités de caractère aux pires perversions morales.
2° Caractères atypiques. Dans cette seconde hypothèse, le cerveau, sans être exempt des anomalies banuirs réversives, pou\ antmême en montrer en nombre supérieur à la moyenne, présente comme caractéristique les anomalies que nous avons appelées /ératogéniques: ou atypiqiU'H, c'est-à-dire qui ne correspondent pas à une forme connue, à un arrêt de développement ou à un état animal. C'est au fond à cette conception qu'aboutissent les observations de Benedikt, tie Lombroso, de Broca.
Benedikt a cru pouvoir indiquer l'atypie caractéristique, qui pour lui consiste dans la confluence des fissures. Les sillons et les scissures communiquent entre eux par de nombreuses incisures anormales, si bien que grâce à ces anastomoses un nageur pourrait parcourir tous les sillons de l'Iiénusphère. Ainsi l'atrophie de la racine de la troisième frontale fait que le sillon prérolandique débouche dans Sylvius, l'atrophie du pli de passage frontopariétal inférieur ouvre la scissure de Rolando dans celle de Sylvius, Rolando cominvmique également avec le sillon interpariêtal, qui à son tour se poursuit jusqu'au sommet du lobe occipital.
Mais ce type morphologique n'est ni constant ni unique; Giacomini et d'autres ont observé un type opposé, celui de la confluence des plis, dans lequel, grâce aux nombreux plis de passage et d'anastomose, un piéton pourrait parcourir toutes les crêtes des circonvolutions.
Parmi les caractères d'atypie que l'on a signalés, il faut mentionner : la confluence des fissures, la confluence des plis, la présence sur le lobe frontal de sillons transverses anormaux développés au point de masquer les sillons longitudinaux, la forme irrégulière de
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certaines rircnnvolulions, les inégalili's ili' iir'\('l(i|i|icini'ril . ici insuflisant, là excessif, et parmi ces inégalités, l'oxagc'ratinn lVé(|iieiile iln lulje pai iiMal. (Je sont des cer\-eaux iri'i'guliers, déséquilibrés.
11 semble que là est la \ (''iitable \'oie en ci' ([ui concei'ne la nidi'plioldijii' i'\ li-i ii'Ui'c. Les cerveaux criminels sont des cerveaux atypicjues, l'rappi's d'ii('térogén(''ili' : muis il n'exisle pas une atypie caractéristique, elles sont nombreuses et [icuvent former des cumliinaisons multiples. De là un groupe en apparence peu homogène, pardél'aut de I \ pi: uiorpliologique. 11 est nécessaire que dcsobservalions précises soient l'éunies surcelle i|iieslion: mais ces observations elles-mêmes n'auront toutr' leur valeur qu'autant que la. innrplinlogie normale du cerveau sera plus avanci'e, et surtout i|ue iimis coiinailrons mii.'ux la localisation des centres fonctionnels.
Bibliographie. — J'ai cilé' au fur et à mesure les ti'a\ aiix pulilii''s sur les ])oiids particuliers de la morphologie des circonvolutions, l'our la. di'scription d'ensemble je me suis inspiré avant tout des publications de Broca (.-1 /('7/o////c rm/ipan^edes rirrnnrniulioux. Re-^iie d'anthropologie, 1878; — Nomenclaïui-e céirln-ali' . Ihiilem. IN78; — D/'^criplinii clcinciitaire des circonvolutions cévébvalex de riKiiinnc , lliidein, 18S:i): de l'ailiele di.' Pozzi (circonvo/ii/ioiis céri'hra/es), dans le Dicliounaire des si-ienees mi.'ilicales, 187(1; de la Névrologie de Schwalbe (1881), qui lui ini"'me a utilisé' les tra\'aux anté-rieurs classiques d'Ecker (18(j9) et lie Pansch (187t)); ib: l'inqioilanle monographie d'E.liei-slaller, Das Stirnhi?-n, 1890, et enfin do l'ouvrage de (liacmuini. diiido allo stitdia drilc Cirronvoiucion i cérébral i, 1884.
C'est dans un scconil ouvrage do ce dernier auteur. lV//7'c/c/ de//e ci rcanrol ic imi i rcrcbrali, 1882, que j'ai puisé la plupart des notes, à l'aide desquelles j'ai ri''di!<('' les ili\ ers]>aragraplios en petit texte dans lesquels sont exposi'cs les variations moridiologiipies de chaque lobe.
Ce sont là dos ouvrages fondnmentaux. à la lumière desquels il faut, toujnurs <'ontii'iler les études de laboratoii'C.
Fig. 2o0. — Circonvolutions cérébrales.
Face interne.
III'MISPHÈRES CÉRIiBRAUX
Fig. — Gircijnx iihil.iiiiis cri'ébi'ales.
Face inférieure.
Ces trois ilessins sont l'assemblage des dessins partiels qne nous avons donni'S plus haut. ,Ie n'y mets aucune indication, alin ([u'ils puissent servir d'exercice pour la lecture courante des circonvolutions.