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OREILLETTE GAUCHE

La cavité de l'oreillette gauche présente la même conformation générale que

Fig. 333. — L'oreillette gauche, sur un cœur en place après résection de la paroi

postérieure.

celle de l'oreillette droite. Quoiqu'elle soit assez régulièrement arrondie, on la décrit ordinairement comme ayant une forme cubique et on lui considère par

DU COEUR

conséquent six parois. J'orienterai ces parois comme je les ai orientées en décrivant la configuration extérieure de l'oreillette et comme elles sont représentées dans la lig. 333.

Les parois siq)érieu7'e el Inférieure, concaves, sont lisses et ne présentent rien de spécial.

La paroi ■postérieure montre l'ouverture des ({uatre veines pulmonaires, qui se jettent symétriquement sur ses parties latérales. Ces orilices sont régulièrement arrondis, d'un diamètre de 14 à 15 mm. Leur disposition est sujette à de nombreuses variations. Il n'est pas l'ai'e d'eu rencontrer cinq, trois à droite, deux à gauche. En revanche, leur nombre peut être réduit à trois, deux des veines pulmonaires se fusionnant en un tronc unique avant de pénétrer dans l'oreillette. On remanpie encore sur la paroi postérieure, et à égale distance des deux groupes de veines |)ulmonaires, un foramen presque constant, signalé par Lannelongue.

La paroi antérieure présente l'orilice auriculo-veniriculaire gauche.

La paroi externe ou gauclie, lisse, porte un orifice bien circonscrit qui conduit dans la cavité de l'auricule gauche.

La paroi iiiter)ie est formée par la cloison interauriculaire. L'espace qui correspond à la fosse ovale de l'oreillette droite présente quelquefois une dépression peu marquée. En avant de cette dépression, il existe un croissant membraneux à concavité dirigée en haut et en avant. C'est le repli semilunaire (valvula semi-lunaris ; valvula sinus sinistri, G. F. WoUl', valvula iuterauricularis, Parchappe dont l'origine sera indiquée ci-après).

Auricule gauche. — Sa cavité est remarquable par l'irrégutarilé de ses parois, qui présentent de nombreuses colonnes charnues; elle contraste ainsi singulièrement avec l'aspect lisse de la cavité de l'oreillette.

CLOISON INTERAUIÎICULAIRE

Envisagée dans son ensemble, la cloison interauriculaire affecte la forme d'une lame membraneuse, fixée en bas et en avant sur le tissu fibreux intermédiaire aux deux zones fibreuses auriculo-ventricuiaires et continue dans le reste de son contour, avec les parois des oreillettes. Cette cloison n'est pas orientée dans le sens sagittal : comme le montre la fig. 331, elle a une oblif|uit('' telle que l'une de ses faces regarde en avant et à droite, l'autre en arrière et à gauche. La cloison interauricuiaire est |)lus étendue du côté de l'oi eillei te droite que du côté de l'oreilletle gauche. Comme je l'ai dit |)lus haut, une aiguille enfoncée dans la paroi interne de l'oreillelte droite, lout ])rès de l'anneau auriculo-ventriculaire, pénètre non pas dans l'oreillette gauche, mais dans le ventricule correspondant. L'épaisseur moyenne de la cloison interauricuiaire est de deux mm. et demi; elle descend au minimum au niveau de la partie moyenne, qui correspond à la fosse ovale.

Nous avons vu que la fosse ovale était limitée en haut et en avant ])ar un bourrelet saillant à concavité regardant en bas et en arrière, l'anneau de Vieussens. J'ai dit aussi que, dans l'oreillelte gauche, on trouvait, au point qui correspond à l'anneau de Vieussens, un repli valvulaire concave, mais dont la concavité regarde en haut et en avant.

ANGÉIOLOGIE

L'embrvologie nous explique nettement cette disposition. On sait que pendant la plus grande partie de la vie fœtale, la cloison interauriculaire reste incomplète et présente un orifice, le trou de Botal.qui permet une large communication entre les deux oreillettes ; cet orifice est limité en liant et en avant par un bourrelet très marqué, le futur anneau de Vieussens. Vers la fin de la vie intra-utérine, cet orifice commence à s'oblitérer par le processus suivant. De la partie postéro-inférieure de sa circonférence, s'élève un repli valvulaire, qui se dirige en haut et en avant, atteint l'anneau de Vieussens et arrive même à

Fig. 334. — Cloison interauriculaire, face droite, d'un cœur de fœtus durci dans l'alcool, d'après Henle.

le dépasser ; repli valvulaire et anneau finissent ainsi par chevaucher en quelque sorte, le repli valvulaire passant à gauche de l'anneau (Voy. fig. 334). Normalement, le repli se soude à l'anneau de Vieussens, sauf au niveau de son bord libre qui forme le repli semi-lunaire décrit dans l'oreillette gauche. Si la soudure entre le repli et l'anneau ne se fait pas, il persiste une fente oblique qui établit une communication entre les deux oreillettes.

Cette communication , qui n'apporte aucun trouble dans le fonctionnement du cœur, et qu'il ne faut pas confondre avec les cas de persistance complète du trou de Botal, est un fait relativement fréquent. — Ogie (Journal de la Phys., 18o9, p. 119) l'a trouvée 13 fois sur 62 cœurs d'adultes; Klob (Bericht der Bonner Naturforscher versammlung), 224 fois sur 300 cœurs ; Wallmann (Prager Vierteljahr, 1859), 132 fois sur 300 cœurs. D'après ce dernier auteur, la communication serait plus fréquente chez l'homme que chez la femme.

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