OREILLETTES
La cavité des oreillettes a une l'orme assez iri'énuliere, (|ui répond à leur forme extérieure. Comme nous l'avons dit, elles ont une forme cubi(|ue ; nous leur décrirons donc six parois.
D'une façon générale, les parois des oreilleltes sont plus minces que celles des ventricules et l'on n'y rencontre poini de colonnes cliai'nues de premier ordre.
OREILLETTE DllOlTE
Pour étudier la conliguration intérieure de rui eilii/lli' di-oil.e, il faut reséi|uer la paroi externe de cette cavité. Poureela, il faut tr.ici'r une ini-ision \ ertieale, allant de l'embouchure de la veine cave supérieure à celle de la xcine eave inlV'rieure. et deux incisions horizontales, l'éunissant les deux extrémités de la premièi'e au sillon auriculo-ventriculaire. On détermine ainsi un petit lambeau à base antérieure que l'on peut rejeter en avant. C'est une préparation de ce genre qui a été représentée fig. 332.
Comme je l'ai dit, on peut décrire à l'oreillette droite six parois :
1" Une paroi exic/'/ie ou droifc ; cette paroi, détachée en lambeau sur noire
figure, estdes pins irréguliéres. Elle présenledes colonnes charnues à direction
antéro-postérien re.
2° Une paroi intei'uc ou i/duclte ; formée par le seplum interauricnlaire, elle présente plusieurs points intéressants à étudier. On lemarque d'abord à sa partie movenne une dépression ]ilus ou inoins marquée, la fosse ovale. A ce niveau, la paroi de l'oreillette est d'une minceur extrême et demi-transparente, allongée dans le sens vertical, la fosse ovale est limitée par un relief arrondi. Vanneau de Vienssens. Très inarqué en haut et en avant, ce relief s'atténue en bas et en arrière, si bien qu'à ce niveau, les limites de la fosse ovale manquent de netteté. L'anneau de Vieussens ressemble donc moins à un anneau qu'à un croissant dont la concavité regarde en bas et en arrière. Ce croissant limite, dans sa partie movenne, un sillon ; un stylet introduit dans ce sillon pénétre à une profondeur de 3 à 4 mm.; dans quelques cas même, il arrive dans l'oreillette gauche. Mais, ces cas de communication entre les deux oreillettes ne sont pas aussi fréquents qu'on a bien voulu le dire, et l'introduction du slylcl dans
ANGÉIOLOniE
l'oreilleUe g.uK-he esl souvent la conséquence d'une exploration Iroj) brutale, cjui déchire la niince paroi séparant les ileux cavités. On trouve encore sur la paroi interne, entre la fosse ovale et l'orifice de la veine cave supérieure, les orifices par lesquels les veines auriculaires viennent déboucher dans l'oreillette. S'^ Uno paroi supérieure. Cette paroi supérieure présente en arrière, au
Fig. Toi. — Oi'eilIclLe Jfoilo sur un rœarcn place ; la paroi rli'oite à été incisée
et réclinéc.
niveau de sa jonction avec la paroi postérieure, l'orifice de la veine cave supérieure. Cet orifice, régulièrement circulaire, mesure de 18 à 22 mm. de diamètre (Cruveilhier) ; il est dépourvu de valvule. En avant de l'orifice de la veine cave supérieure, la paroi supérieure se continue avec la paroi corres- ])ondante de l'auricule.
4" Une paroi inférieure. Elle présente des colonnes charnues qui se conlinueiit avec celles que nou? avons signalées sur la paroi externe de l'oreillette, mais en diflèrent par leur volume. Beaucoup plus grêles, elles dessinent sur la jniroi inférieure un réticulum très lin. Sur cette paroi inférieure, on aperroit l'orifice de la grande veine coronaire : situé en avant de rorifice de la veine cave inférieure, tout près de la cloison interauriculaire, il est régulièrement arrondi et présente un diamètre de 12 mm. environ. Il est parfois situé au fond d'une petite fossette. Cet orifice est muni d'une valvule : la valvule deThebesius qui affecte la forme de croissant. Son bord libre, concave, regarde en haut ; son bord adhérent s'insère sur la demi-circonférence externe de l'orifice veineux et
DU CoKIJIî
sciiul)le prolonger dans l'oi-iMlletlp la paroi de la grande veine rnronaire. De ses denx faces, l'une csl l(iurn(''(> en dehors, l'aulre en dedans \ers la cloison inleraurienlaire. I.a x'alvulc de Thel);'sius e-;t exi riMuenn'n I mince ; sur ceiMains sujets, je l'ai vue consLiluée non par une lamelle conlinue, mais par un lin ré iculuin, circonscrivanl de minuscules orilices et comparable à une vérilable loile d'araignée.
A la jonction de la paroi inférieure avec la ])aroi postérieure, se trouve l'orifice de la veine cave inférieure. Cet orifice est circulaire comme celui de la veine cave su p('^rieu ri', mais |)lus ciinsidi'rable ; son diamètre est de 27 à /Ifi mm. ((]ruveilliier). Jl n'est pas orienlé dans un plan absolument horizontal, mais légèrement oblique en bas et en avant. Il en résulte que la veine cave inférieure est obligée de décrire une légère ci'osse j)OUi' déboucher dans l'oreillette, ("et oi'ilice est pourvu d'une valvule, la valvule d'Knstachi. (Jetle valvule a, comme la valvule de Tbebesius, la lorm:' d'un i-i'oissanl : son bord libre, cnncave, l'cgarde en haut ; sot; bord convexe adiiére à la ]>aii)i inférieure de la cavité et semble •prolonger dans rdreillelle la |)ari)i interne de la veine. Ses deux faci'S regardent l'une en avant et en d(dini-s. l'antre en arrièi'e et en dedans. I^a première répond à la paroi extei'ue de l'oi'eillcllf^ avec hujuelle elle limite un petit cul-de sac ; l'autre est sé|);irée de bi paroi interne ]»ar la lumière du vaisseau. Les deux extrémités du croissant valviilaire se jiei'dent, la ]iostérieur-e sur la jiaroi ])Oslérieure de l'oreillette, l'antérieure sui'lapai'oi interne, immédiatement en avant de la fosse ovale. T^a valvule d"rvistachi est (jnelifuefois percée de trous dans ses deux tiers snjii'ricu rs, m'i elle n'est foruH'e que ]iar un sim|)le l'epli de l'endocarde. Elle est plus épaisse au nive.iu de son tiers inférieur, on le repli endocardi(pie contient dans 'son épaisseur une émanation de la com be musculaire de l'oreillette.
I^a \"uh iili' (ri']iisl;iclii II' ri'lii|iial iriiii :i |i|iiM'i.'i I \ ;il rr v iir'vrli)|]|ir', sT'iia im ii I \ii sinus lie I rmlirvon (le lUrcilli'l 1 1.' |iriiiiiti vi'. l'Iiis l,-ii-(l )iirs(|iir le sinus f'>l ilcx ciiii
partie inti'grante ilc l'oroilli'llr ilinili'. la valvule irEustadii |ii'r.-i>l,iiiti' alli'sti; la ilualih' d'origine (le l'oreillelto di'flnilix'c Dii'c ipie la valvule (rEuslaclii csl un in'olonLji'incnt ani-iculairo de la \i.'ino cave, c'est là, nnc expression conimode peut-èlre ponr indii|ner ([ne In. valvule semble eonlinucr la |);n-(>i du ruisseau, niais (|ui ne saurait donner le ]i(iin'(|n(ii i\r l'existence de ee repli nieniliranenx'.
0" Une paroi 'poslcricurc. La ])aroi postérieure se continue sans ligne de démarcation aucune .avec la paioi externe ; absolument lisse, elle ne présente rien de s|iécial à signaler. A la jon( lion de la paroi inlerne et de la ]iaroi posli''rieure, presque à égale distiince de l'embouchure des deux veines caves, ]dus rapproché cependant de la veine cave supérieure, mi remarque parfois un tubercule, le t nbercn le de' L(>\\'(M' (i^vichard Low er, Traclalus de cin'de, Amstebidami, JOGU, ]). 51).
Ce tubercnli', de forme cl tic saillie ti'ès x'aïa'abies, jiirecle, lors(pi'il esl bien marqué, l;i f(jrme d'une crélc mousse transversale. D'après Ilenle il sei-ait du à une accumulation limitée de graisse, (|ui cliverait, à ce niveau, en deux couches la piroi uiasculaire de l'oreilletle. et soulèverait vers la cavité de cette dernière la couche la plus inlerne. D'après f^owei', cette saillie résulterait d'un enfoncement de la [jaroi postérieure par la convergence des deux veines caves. Lower l'a défini : Inhcrculnm utramque vouon ilisluujite)is et lui a assigné comme rôle de dévier vers le cent r(.' de ['(jreillelle les colonnes sanguines (pii didjou-
ANGÉIOLOGIE
chent des veines caves. — A|)rès avoir recherché sur un grand nombre de cœurs le tubercule de Lower, nous devons avouer qu'il nous a été bien souvent impossible de le rencontrer.
6" Une paroi antérieure. La paroi antérieure nous présente l'orifice auriculoventriculaire. Vu par l'oreillette et prolongé par la valvule Iricuspide, cet orifice affecte la forme d'un entonnoir à ouverture postérieure.
Auricule droite. — A la jonction de la paroi antérieure et de la paroi supérieure de l'oreillette se trouve l'orifice qui conduit dans la cavité de fauricule droite. Cette cavité (Voy. fig. .3.32) atïecte la forme d'un entonnoir, dont le sommet est dirigé à gauche et dont la base, regardant à droite, s'ouvre largement dans roreillelte. Les parois de l'auricule sont remarquables par le nombre considérable des colonnes charnues qu'elles présentent.