‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 3)Chapitre 138 sur 190 · GANGLIONS LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

GANGLIONS LYMPHATIQUES

Aperçu historique. — Connus dès la plus haute antiquité, les ganglions lymphatiques furent longtemps considérés comme des glandes closes et rapprocliés du thymus, du corps thyroïde : ils faisaient partie des glandes conglobées de Sylvius et de Wliarton. Ils modifiaient, disait-on, la lymphe : pour Wharlon et Barlholin, ils relenaienl une partie de celle-ci ; pour de Graaf et Malpighi, ils lui ajoutaient les produits de leur sécrétion.

A l'appui de ces dires, on invoquait les dilférences constatées entre la lymphe afférente et la lymphe eiférenle, le ralentissement considérable de la circulation ganglionnaire et, aussi, les communications directes entre les vaisseaux blancs et les vaisseaux sanguins. Plus tard, Neumann eut celle idée profonde que les ganglions mésentériques, placés sur les voies de l'absorption inleslinale, devaient jouer un rôle dans le métabolisme nutritif de l'organisme : il pensa que ces glandes devaient transformer la matière venant de l'extérieur en substance intérieure ou vivante.

Ces hypothèses pliysiologiques furent oubliées lorsque l'analomie et surtout l'histologie eurent soulevé d'autres problèmes. Les anatomistes crurent que le ganglion se réduisait à un plexus de vaisseaux lymphatiques. Celle conception d'Hewson, de Cruikshanks et Mascagni fut celle de Lauth, Breschet et Richet. lin Allemagne, on conserva, par habitude, l'expression de glande lymphatique; mais, en France, on lui préféra celle de ganglion, imposée par Chaussier, après que Sœmerring eut trouvé une grossière ressemblance entre les ganglions nerveux et lymphatiques. - . ■ ■

Les histologistes, après que llenle, Noil et Briicke eurent démontré l'existence de la substance ganglionnaire, soupçonnée par Bichat, Cruveilhier et Béclard, s'efl'orcèrent de décrire sa texture et d'étaLlir ses relations avec les leucocytes et le tissu conjonctif.

ANATriMlR r;KXKRAL['

On voyait dos cellules el un icseau : les cellules resseiulilnient élrnnpemenl aux leucocyles, le l'éseau lihrillaire n'élail pas sans analogie apparente avec celui du lissu conjonctif ordinaire. Cet ensemble spécial répondait-il à un tissu nouveau ou bien résultait-il de l'association de deux éléments, distincts ailleurs et, isolément, bien connus : le leucocyte et le tissu conjonctif? L:i similitude parut si frappante (jne tous, sauf Hobin, admirent que les cellules ganplionnaii'es étaient des leucocytes ou, du luoius, des lymplio^onies.

On discute, il est vi'ai, l'ori^nine de ces éléments : pour Scrloli, lionnet, Conil, Hetterer, ils sont autochtones, fils des cellules mésoblastiques ambiantes; pour (Julland, Larroque, C.hiewil/,, lianvier, Cbanipeil, Cliandelux, Renaut, Saxer, il s'agit de leucocytes émigrés dans les mailles du lissu conjonctif.

line b)is admise la nature leucocytaire des cellules du ganglio]i, les ell'orts des bistologistes (i('\ai('ut nécessairement se porter sur l'étude du réticulum désigné par Kœlliker sous le nom de tissu cytogéne, par Ilis sous celui de tissu adénoïde et par Frey sous celui de lissu réiiculé.

Pour savoir s'il s'agissait de liluillcs ciinjouctives nu de [U'idongemcnts cellulaires anastomoses, il parut naluirl de supprimer artiliciellement les cellules éti'angéres qui l'inliltraienl. Dans ce bul. Ilnili' Ml macérer les ganglions dans l'eau ou la potasse, après dessiccation préalabli.\ el, de])iiis, on a enqdoyc la [)e])siiie, la trypsine. Ilis imagina le procédé mécani(|ue, dit jiiiin'ini.

Pendant longtemps on admit, sans réserves, les résultats fournis par ces métboiles brutales. Du reste, les résultats ne furent pas concordants.

Ilenle, lîaumgarten, Ellenbergor, Sussdm'f, liizzozero, Liiwit, Ranvier, Renaut, Klein, ileidenliain, Stidir, GuUand, lloyei', Ibebl, Mail, soutiennent (ju'il s'agit d'un réseau purement fibrillaire, tandis qu'Eckard, Leydig, Ilis, Frey, Kœlliker, Billrotli, RoUett, Krause, Toldt, Orth, Scliuefer, Scbenk, Saxer. (iegeiiliaur, libiewit/,, Scliiel'erdecker, Forster et Huxley pensent qu'il s'agit d'un réscan cellulaire, c'csi-a-dire formé par l'anastomose des prolongements cellulaires.

Mêmes divergences qu;uU à la nature de ce icli<'ulum. Parmi les partisans de la théorie librillaire. les uns soutiennent ([u'il s'agit d'un tissu conjonctif ordinaire sur les libres dn(|uel sont appliquées des cellules eudothcliales ; les autres croient i|u'il s'agit de fibrilles particulières, liistocbimi(|ucment dilTerenles et du tissu conjoiiclif el du tissu élasti(iue.

Fil elTet, Recklinghausen a démontre (|ue, contrairement aux libres élaslicjues, ces M brilles ne résistaient pas à l'action des acides et des alcalis (soude, potasse).

(hib a constati' (|u'ell(>s ne gonllaient pas dans l'acide acétique comme les libres conjonclivrs; Mail a liiiuvc ipi'elles résistaient mieux (jue celles-ci à l'action de la trypsine et que, par la cncliou, elles ne donnaient pas de gélatine. — Cette réaction et son origine méso- (li'rmii|iie ridenlilient au tissu conjonctif embryonnaire. .Mais ce tissu évolue et, sous des inliiicures multiples, moi'bides, par les progrès de l'âge, se produisent les dilTérenciations libreuses et élasticjues (Melnikow-Raswedenkow, Retterer). Il y a ilonc à la fois un réticulum cellulaire et des travées lilu'euses susceptibles de supporter des cellules endothéliales. C'est ce ipi'ont vu Millier, Hibbert, Deiiioor, Sisto el Moraudi. Ainsi, tous avaient raison, partisans ilii reseau II luillaiie el du réseau cellulaire. Xe connaissant qu'une partie de la verile, ils eurent le tort de g-eiieraiiser leurs npiiiinns et de les considérer comme antagonistes.

Pendant le même tem|is, s'etalilissait la notion de la leuco])oièse ganglionnaire. Dès I80I, llcyfelder constate (|ue les globules blancs sont beaucoup plus nombreux dans les elTérenls que dans les alTerents; liriicke, Frey confirment cette observation. Plus tard, en trouvant des mitoses nombi eiises dans les centi es gcrminatifs du ganglion jeune ou byper- Iropbii', Arnold, Bi/.zozero, Flemming, Paulsen, Liiwit, llofmeister et Militer montrent le mécanisme de cette leucopoièse. La réalité du proi'essus est encore afiiriiiee par des faits expérimentaux et histo-palbidogiques.

Remarquons toutefois (pii\ pniir certains auteurs, convaincus de l'origine exogène des cellules, le ganglion esl moins une glande cytogéne qu'un lieu de formalion pour les leucocytes. Ce centre fm-mateiir esl accessoire tandis (|ue la dilatation des vaisseaux lymphatiques est fimdamentale. .Viiisi, pour lianvier. « le ganglion doit être considéré simplement comme une poche, une sorte de vessie dans laquelle circule la lymphe au sortir des alîcrents pour arriver aux ell'erents ». Il esl curieux de voir ([ue cinquante ans d'hislologie conduisi'iit à cette conception assez voisine de celle des anatoniistes du xvnr' siècle.

La leuco]ioièse démontrée, se [insa la quesiidii de savoir quels leucocytes sont engendrés par le ganglion. Les cellules ganglionnaires furent étudiées par Arnold, Flemming, Hoyer, Sidiumacber, lienda, etc.

Puis, on fit le parallèle bisto-fonctionnel du ganglion, de la rate et de la moelle osseuse.

Pour les uns, l'hémalopoièse, la production des cellules granuleuses amiboïdes etphago-

[(';. DEL.IMABE.]

LES LYMPHATIQUES

cyles appartenait à la moelle osseuse, riiématolyse et, accessoivemont, rhéiiiatopoièse, à la rate adulte, tandis que les fonctions du ganglion se réduisaient à la lymphocitogenèse.

Pour les autres, ces organes, en apparence si liautcment dill'érenciés, se souvenaient de leur primordiale fusion; et tandis que Pappenheim, Doininici, trouvaient des microcyles dans la moelle osseuse, Metchnikotî, Lacroix et lienaut, Rawitz, Demoor, décrivaient les cellules géantes du ganglion lymphatique, lloyer, Schafer, Kanter, Labbé, étudiaient ses éosinopbiles, Dominici, ses ampliophiles.

D'autre part, on s'ellorçait d'établir ses fonctions hémalopoiéliiiues et hématolytiques. A l'histoire de l'hématolyse ganglionnaire se rattachent les noms d'Hoyer, Kœjjpe, Gabbi. Schumacher, Masslow, Thomé, Sisto et Morandi, Scott Warthin. L'hématopoièse ganglionnaire a fait l'objet des travaux de Hindileisch, Weigert, Xeuniann, Liiwit, Kultschitzky, Lockart Gibson, Aloses Grûnberg et Réitérer.

Maintenant, la connaissance des ferments leucocytaires, celle des queli(ucs ferments ganglionnaires (amylase, lipase, plasmase, entérokynase de Delezenne, macrocytase de Tarassewitch) permettent de penser que les anciens anatomistes et Uobin n'avaient pas tort de supposer l'existence d'une sécrétion ganglionnaire qui, peut-être, se manifeste histologiquement par des phénomènes de destruction cellulaire.

Après avoir indiqué les caractères macroscopiques généraux (forme, consistance, etc.) des ganglions lymphatiques, nous étudierons leur développement, leur structure et leurs fonctions.

Caractères macroscopiques. — Forme. Parfois aplatis, parfois allongés et cylindro'ides, les ganglions lymphatiques sont encore prismatiques ou irrégulièrement sphériques, plus ou moins arrondis ou ovalaires. Quelquefois ils rappellent un fer à cheval (Cornil); presque toujours ils sont réniformes. Leur bord convexe est abordé obliquement par les lymphatiques affé rents; les elTérents, plus gros et moins nombreux, s'échappent du bile que présente leur bord concave.

Consistance. — Leur consistance n'est pas molle; elle est assez ferme et élastique : Sappey la trouve analogue à celle du foie et RIchet la compare à celle du rein.

Coideur. — Leur couleur varie suivant la région, suivant l'état physiologique du sujet et suivant l'espèce animale.

On sait que, chez l'homme, les ganglions trachéo-bronchic^ues, infiltrés de poussières carboniques, sont noirs. Les ganglions du foie sont jaunes; ceux de la rate bruns.

Les ganglions mésentériques, blanc rosé, deviennent blanchâtres pendant la digestion.

Chez le cheval, le bœuf, la portion centrale est brune; chez le lapin, on trouve souvent une teinte d'un jaune verdâtre, plus ou moins prononcée, à certains ganglions du pancréas d'Aselli.

La teinte habituelle des ganglions normaux semble être, en général, assez voisine du Idanc rosé. Il est difficile de se prononcer définitivement sur la signification morphologique précise des glandes hémolymphatiques rouges étudiées par Gibbes, Robertson, Clarkson, V'incent et Ilarrisson, Drummond, Haberer, Scott Warthin, Morandi et Piato.

Elles semblent exister, non seulement chez l'homme, dans les régions pararénales et vertébrales, mais encore chez le cheval, le mouton, la chèvre, le porc, le veau, le bœuf, le rat, le dindon et le hibou. Si, comme le pense Scott Warthin, elles sont dépourvues de lymphatique^; afférents, elles ont bien la signification de rates accessoires.

ANATOMll-: CKXKRALK. 1137

Dimenîtionfi. — I.cs (linioiisions des ganHlions sont très varialjles à l"('l.iL vsinlnuiqiic, clie/. le iik^'Iiic individu : les pins ^l'os oui la taille d'nne (ili\r et paiTois (la\ aiilap'C, les |ihis pclils smit iiivisililcs ,'i l'iril nii. Lrliillc a d(''ci'il. des jj;'an;ulions niicrosc(Ji)iqnL's dans la paroi de rcslomai- ; (inliand, dans le creux axiUaire; il en est de ncunbreiix sur le nii'sen 1ère, (les f^an^lions, sons des iiilliieiices di\'erses, pl: vsioloi^npies ou niorliidi's. peuvent ^ui'ossir. Sliles a vu des î^anu'lions axillaires a|ij)arail l'i' pendant la laclalion et disparai (l'e a\'ee elle.'

J^e \'olinne des lianiilions \a diniinuant a\'ec les pi'o:.;i-ès de i"ài:'('. Il est si minime (die/, le \ieillai-d (|ne Crui kslianks. Aiasrai^iii, l{ii\scli e[ daller (•r'o\-aieiil a la compléle dis|}arilion de ces organes.

i/exisleiu'c des ^an^lions mirroscopiipies sul'lii'ail à rendi'e bien al(''al(jii'es les eslimalions nnméri(pies riiriniil(''es pai' les a iialomistes. Il est une anire l'aismi (jni relire loule \ aleui- à ees ( liillVes, (-"est l'existence fies formations lym|dioïdes dilïuses ou circonscrites (points l\in|)lialiqnes, ann'^dales, plaques ,de l'ever, etc.) (|ue tant d'arOnités morphol()i;i(|ues et fonctionnelles l'attachent au.x i^an, 1^1 ions. Sans pai'Ier ici des dilTérences embryolo<i'iques, d'ailleurs disculahles. il n'existe ([u'une seule dilTi'rence entre l'amyi^dale et le i;an^liou : les lympalirnpies traversent le t;ani:lion, ils naissent dans l'amygdale, qui, à ce point de s ue est comj>aralile à la rate.

Noiulirc. — Sa|)pev esliuie (pie le iioinltre des ganglions a|i|iareuls est tic i\ h 70(1 en\ ii-on ; d'autres diseni 'l à (ilMI. Il existe une relation inversement proportionnelle entre le iiomhre et le \(dunie des ganglions : le surmulot, le li(''rissnii. le ( liien, le dauiaii. rantihqie, le plnxpie et le dauphin ont des ganglions jicH iioi/ihfi'ifX mais l'i )/ 1! III niru.r \ l'homnie a des ganglions /iliis noiii- Iji'i'H.r et, |)i'o|)ortionnellemen I , plii^ /irlih. Ce dernier type nous ap{)aralt comme une l'orme de perrecli(mueuieiit. Il est luti'ressant (l(> remarquer (pie cette r(daliou entre le xolunie el le iioiiihi'e existe noi! seuleinen t dans la séi'ie animale, mais encore ( lie/, un um'Iiic iii(li\ idu. Pour se convaiiicr(> de ce fait, il sul'lit de comiiarer entre eux les gangTions des diverses régions de rhomiiie : tant("it ils sont ijrns et /vnvs; lanl(M pclilx et nlinmlim l!<. .\insi, puur un itniiiiitl ilo)inr cl pour line i-i'i/i<m ilnmiéi', la qwnililc <lc substnji<:c r/oiuj/iuiiniiirc est loifjmirx >«'iisililciiii'ii( iilrn I njur .

siii/n/ldii . — Les ganglions sont ])resqne toujours jilongés dans une almosjihère de lissu conjoncti\'o-adipeux. Peu adh^''reii Is, ils sont mobiles sous le doigl. Aux membres, on les dislingue en su jx^rliciids et prolonds. suix'ant (ju'ils sont au-dessus ou au-d(^ssous de rapon(''\ rose. En gi''ii(''ral, ils sont plus nonibi'eux du ciMé de la Ilexion.

Parfois solitaires, ils soul plus sou\'enl r(''unis par groii|)e de Irois ou de six. el iiR'ine de dix ou de ([iiin/e: ils forment di's chaincs ou c/i" pc/cl.-^.

Pour Sa[)pev, hmr situation n'a rien de fixe. En réalitc'-, malgriî d'assiv. grandes variations, ils sont, en général, ptir/irascu/tiircs. Aii.v memlires. ils s'échelonnent au \-oisinage des faisceaux \ asculo-Mer\iMix : dans l'abdomen, ils se groupent autour de ra(nie et de la \(>ine caNc. La rab,' est nettement périvasculaire.

Les amas Ivinjiboïdes sont di^ j)n''férence para(''|Mllii'dianx. Ils s'ordonnan-

llEl.AMMiE.]

LES LYMPHATIQUES

cent au pourtour des éplthéliums digestifs, parfois même au pourtour des épithéliums hépatiques, pancréatiques et surrénaux. On sait que les formations lymplioïdes diffuses des batraciens sont périvasculaires, périrénales ou périhépatiques. De même, les glandes lymphatiques des invertébrés sont parfois périnerveuses (scorpionides), pêridigestlves (oligochètes) et, plus souvent, périvasculaires (céphalopodes).

Remarquons que, d'après Cuénot, les JEchinodermes et les Trochozoaires, les Bryozoaires, les Polychètes, réunissent en une même formation les deux glandes cytogènes lymphatique et génitale.

En somme, toujours les formations lymplioïdes, diffuses ou circonscrites, se systématisent par rapport à un autre organe; cet organe est variable et, chez l'homme où l'appareil lymphatique atteint son maximum de complexité et d'extension, la systématisation est à la fois paravasculaire et paraépithéliale.

Suivant Stabr, les vaisseaux lymphatiques d'une région donnée franchissent trois étapes ganglionnaires distinctes, échelonnées sur leur parcours. Ce sont d'abord de petits nodules ganglionnaires interrupteurs (Sc/iaUdrusen) dont la présence est inconstante, dont le nombre est variable, et qui, toujours, se laissent franchir par les injections. Puis, viennent les ganglions régionnaires (Regionardriisen), plus volumineux et plus constants. Enfin, ce sont les ganglions intermédiaires {Interniediardriisen).

Il existe des formes de transition entre les Schaltdrusen et les ganglions régionnaires : tels sont les ganglions épitrochléen, tibial antérieur.

Mais, comme l'a fait observer Cunéo, tel ganglion, intermédiaire pour les lymphatiques cutanés de la face, devient régionnaire pour ceux de la langue. La classification de Stabr n'a donc cju'une valeur relative. C'est pourquoi Cunéo se borne à distinguer un premier et un deuxième relai ganglionnaire.

La connaissance de ces relais ganglionnaires, successivement échelonnés sur le parcours des voies de la lymphe, est intéressante au point de vue pathologique, car ils sont autant d'étapes d'arrêt temporaires dans l'envahissement des infections et des cancers.

Développement. — Bien qu'il existe des glandes lymphatiques chez les invertébrés, des amas lymplioïdes chez les vertébrés inférieurs, l'apparition phylogénic[ue du ganglion proprement dit est assez tardive. Il se montre, à la région cervicale, chez quelques oiseaux ; il se développe davantage mais demeure rudimentaire chez certains mammifères, le porc, par exemple. Toutefois, le développement ontogénique de cet organe de perfectionnement est moins tardif que Brescliet ne l'a cru. Cet anatoniiste n'en avait trouvé aucune trace chez des fœtus humains de 6 mois. Mais Renaut a vu des ganglions bien développés au 5*^ mois de la vie intra-utérine. Toujours, chez l'homme, Conil les a décrits au 165*= jour de la gestation. Labbé a trouvé des ganglions relativement volumineux au 90"^ jour. Dans le cou d'un fœtus humain de quatre mois, j'ai vu côte à côte des ganglions très inégalement développés. Dans le pli inguinal du cobaye, Retterer a observé les premières ébauches du .30"= au 40'= jour de la gestation.

Par contre, des enfants nés à sept ou huit mois, et morts quelques jours après, présentent des ganglions mésentéi'iques gros mais peu difl'érènciés avec

ANAToMlE (II'IN'KRALI-:.

I Is avai l insiste'' sur Sdii

une ('l)aii( lii' (lo sinus cavorncux et pas de lulliculi's. De lurinc, on IrouNc clu'/. (les animaux jeunes, à cnlé de ganglions adultes, des fonnations Ix'niplioïdcs rudinienlaires. S'agit-il d'anciennes ébauches ayant subi un arrêt ou un retard lie développement? S'agit-il d'organes nouveaux, en voie de croissance? (]es deux suppositions sont légitimes; la (bn-niére permet de penser (pi'il est des ,i;anglions dont l'apparition est très tardive. En tout cas, il est bien certaiji <|ue la b)i-mation des ganglions est postérieure à celle des vaisseaux lymjjbali(]ucs. dette constatation, déjà faite par Laulh, Brescliel, 'ICicbmann, ]Migcl, Sertoli, a été confirmée par Hanvier.

Le nodule primitif est très ricbemcnt \ ascularisé : byp(>rbémle et, depuis, iianvier l'a «•()m|)ar('', à cause de sa teinte rouge, à -, :,'^r^.

une tacbe (b' cire à cacheter. Ce nodule , . ^ „J- .

|)rnnitif, formé de cellules tassées les ' -, ■ " --(,■

unes contre les autres, est homogène; •

il ne pn'senle ni lacunes, ni cavités, • .

sauf à la périphérie oi'i l'on \(iit la

coupe d'espaces endolbéliaux (\'ais- : , • seaux l\iu pliati([ues). - ■

Nous sa\nns qu'on a discub- l'orl- , 7,

gine des cellules dont le lassemeut .■ -r;.-:^ • fi

• ■(iiislilue le uiidule primordial. ^''^ : : •

lîleii des auteurs pensent qu'il s'agit ^ de leucocytes émigrés dans les mailles (. ■

du lissu ninjitnclif; celb' ()|)inion ne , "^"^-iS^Ï^^^-rf'/'

icpose d'ailleurs que sur des preuves

Indirectes telles que la préexistence t'n;. '.V.W. - (;;uii;:lions i-i'ivicnux d'iui l'œln-

.les vaisseaux et des globules blancs, '^"^ .'l"'^"''^ '"^'^ ■„'^" f

. iî-li()ii homogi'iie, entoure d un sinus lyin-

lanubiMsme de ceux-ci. C.ràce à leur pLaliiiuo périphérique; en bas, début du nxypbilie. les leucocytes seraient alli- processus de caveruisalion. rés par les futurs centres gerininatifs,

I rès \ ascularisés, donc très oxvgénés. Kniin. comme les matières c.doranles puK ('rnlentes pénètrent le follicule, on sup|)Ose que les leucocytes aniiboïdes en font autant.

Pour d'autres, au eonli'aire. il s'agit de cellules autochtones nées des éliMneiils du uk'si iderme.

Eludions b^s nKidilicaliims iillérieures de eelle (''bauciu» simple et jusqu'ici bomogèn(>. Tout d'abord, c'est rap|)aritum d'un grand sinus lvin[)ha(i(|ue, cloisoniK'' par des I l'a li(''cules ; ce vaisseau suit le C()n[oin' du nodule et le sf'pare (le ia <'a|isule coujon< li\e (|ui, mainteuani, se détache, très nette, l'uis, les \iiies l\ inpbali(|ues, en se dr'veloppant. pénèirent l'un des pôles du noilule liomoi;ène. ("es vaisseaux is(deiit des serments de subslaiice lianelionnaire : aux \aisseaiix. on doniiei'a le nom de s/n//s niverni'ii.f. aux segments gauglioiiuaires 1 ri'(''giiliers et anastomosés, on donnera celui de cordons foUiciihni-fx. (lel eiiseiiilile coiis|ilue la jiarlie cenirale ou rmkl /(lia i re de l'organe.

La partie p(''ripb(''rii[ue, encore boinogèiie, répond à la substance corticale, r. est le lissu i)ileruu'''lii(ire ('/.\\i^ç\ieu<j:i'\\c\H^) de Schumacher, la nripiic rclirouiu-.R i:t cimu'v. — II. 7.")

[i:. m: LA M mu:.

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culée de Bezançon et Labbé. Dans cette nappe homogène, apparaissent des formations ovoïdes, les nodules ou follicules corticaux; puis, les prolongements de la capsule, la progression des lymphatiques qui établissent des communications entre le sinus périphérique et les voies caverneuses segmentent la masse d'abord uniforme. Si le développement du ganglion ne se réduit pas, comme le pensaient les anciens anatomistes, à celui des vaisseaux blancs, on peut dire que ses apparences histologiques sont grandement subordonnées à la pénétration, plus ou moins précoce, plus ou moins considérable, des lymphatiques. De même que le foie est remanié par ses vaisseaux sanguins, le ganglion est remanié par ses voies lymphatiques.

Comment se développent ici les vaisseaux lymphatiques ? Pour Engel, ils se dédoublent ; levirs branches se multiplient et deviennent flexueuses et, dans leurs intervalles, apparaît la substance ganglionnaire.

Suivant Ranvier, au niveau du nodule, le vaisseau lymphatique est inter-

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