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DESCRIPTION DES AUTEURS QUI ADOPTENT LA FORMULE DE WINSLOW

1" Fibres musculaires des ventricules. — A. Fibres propres. — Le désaccord des auteurs porte surtout sur la disposition de.s libi'cs propres. Sénac, qui leur accorde une longue description^ les regarde comme décrivant des tours de spire et descendant ainsi par ce trajet spiroïde jusque vers la pointe du cœur (voyez Sénac, Traité de la structure du cœur, etc. 1749, t. I.page 192 et suivantes). — Winckler nie formellement leur existence; pour lui les ventricules ne possèdent que des fibres communes. (Voy. Winckler, Archiv. f. Anat. 1863, p. 422). — Luschka (loc. cit., p. 378j donne de ces fibres propres une description assez complexe, et qui se rapproche par certains côtés de la vieille description de Sénac. l^our Luschka, les fibres propres du ventricule gauche forment deux faisceaux spiroïdes naissant, l'un de la zone fibreuse aortique, l'autre de la zone fibreuse auriculo-ventriculaire, et s'enroulant en sp.ns inverse autour de l'axe fictif du ventricule gauche ; ces deux faisceaux se croiseraient deux fois au niveau de la cloison. Luschka ne s'explique pas sur leur mode de terminaison. Les fibres propres au ventricule droit naissent, pour la plupart, de la demi-circonférence antérieure de l'anneau auriculo-ventriculaire droit, descendent en bas et à gauche, et passent dans la cloison, d'où elles remonteraient sur la face postérieure vers la demi-circonférence postérieure de la zone auriculo-ventriculaire. Mais ce qui distingue surtout la description de Luschka, c'est que cet auteur admet que les fibres propres des ventricules, surtout celles du ventricule droit, prennent part à la formation des tnuscles papillaires. Au niveau du ventricule droit, les muscles papillaires de la paroi diaphragmatique et do la cloison seraient un prolongement des fibres propres du ventricule.

Quain (t. Il, p. 475 et suiv.) décrit encore comme fibres propres, au niveau du ventricule droit, un anneau musculaire entourant l'infundibulum. Pour lui, les fibres propres du ventricule droit sont très peu abondantes et la plupart des fibres qui prennent part à la constitution de ce ventricule viennent prendre part également à la formation des parois du ventricule gauche. Enfin, Quain admet, avec Luschka et contrairement à Gerdy, que les fibres propres prennent part à la formation des muscles papillaires.

En France la majorité des classiques (Gruveilhier, Sappey, etc.) adoptent sans modifications la description des fibres propres telle que la donne Gerdy.

B Fibres communes. — Les descriptions des fibres communes s'écartent moins de la conception primitive de Gerdy. Je dois même dire que les auteurs qui ont cherché à la modifier n'ont réussi, la plupart du temps, qu'à obscurcir la description si nette qu'on trouve dans le travail de Gerdy.

Gruveilhier, Sappey, après avoir décrit les deux modes de réflexion des fibres unitives superficielles, réflexion en anse pour les fibres postérieures, réflexion en tourbillon pour les fibres antérieures, décrivent le mode de terminaison de ces fibres de la façon suivante : « l^arvenues dans l'intérieur des ventricules, les fibres unitives se terminent différemment. Les unes forment des anses simples avec leur portion superficielle ; d'autres se contournent en huit de chiffre; d'autres forment les colonnes chai-nues du cœur. Les fibres en anses appartiennent parleur moitié superficielle et parleur moitié profonde à des ventricules différents et à des parois opposées... Les fibres en huitde chift're appartiennent par leur partie superficieUe et par leur partie profonde au même ventricule et à des parois semblables » (Sappey).

Cette description me semble comporter plusieurs points obscurs, notamment : 1" fibres en huit et fibres en tourbillon sont-elles choses analogues ou choses différentes ? 2° les fibres en huit peuvent-elles être un mode de terminaison des fibres unitives, puisque l'auteur dit qu'elles répondent par leur moitié profonde au même ventricule et qu'il appuie sa définition par cet exemple : « celles qui répondent par leur moitié superficielle à la paroi

DU CUEUR

aiiliVicui'o ilu ventricule gaucluî so LcriiiiiuMil par leur moitié prol'oinle dans la paroi antérieure du même ventricule? »

Bourgery, qui a contrôlé les recherclies de (lerily. est arrivé à des conclusions sensiblement dill'érentes sur plusieurs points : 1" sur la disposition des fibres unitives superficielles antérieures: 2° sur la disposition des libres unitives postérieures; et 3o sur la disposition des libres unitives profondes (^■oy. Bourgery, angéiologic, page 2.-i).

20 Fibres musculaires des oreillettes. — La plupart des auteurs (Cruvcilbier, Sappey. Beaunis et i5ouebard, etc.), acceptent la description de Gerdy. Ils admettent cependant i[ue les fibres propres ne forment pas un anneau circulaire continu au-dessus du sillon auriculo-ventriculaire, mais se décomposent en deux lames situées l'une sur la faco antérieure, l'autre sur la face postérieure -des oreillettes.

Bourgery a longuement di^crit la musculature des oreillettes. Je cite textuellement sa description qu'il faut suivre sur la figure 351, qui est la figure de Bourgery un peu scliématisée. Cette musculature serait constituée par les faisceaux suivants.

« 10 Un faisceau postérieur horizontal, parallèle au sillon circulaire, et commun aux deux oreillettes; — 2" un autre faisceau horizontal antérieur (n" 2), semblable au précédent, et formant avec lui l'anneau circulaire de rétrécissement des deux oreillettes; — ■ )i" trois batides verticales (3, 3', 3"), nées des zones fibreuses auriculo-ventriculaires ; a) L'une, médiane (3'), qui contourne la face supérieure, vient passer entre les deux veines

Fig. 351. — Schéma de la musculature des oreillettes, fl'après la description

de Bourgery.

pulmonaires droites et contribue ;i, former en arrière la cloison, au-dessous de la veine cave supérieure; — b) l'autre latérale gauche (3), laplus considérable des trois, contourne en dessous la convexité de l'oreillette, en passant entre les veines pulmonaires droites et gauches, vient s'épanouir, par des fibres obliques, dans la cloison, et, par un plan de fibres directes, rejoint en arrière la zone auriculo-ventriculaire ; — r) La troisième bande (3") n)onte obliquement sur l'oreillette droite, à la naissance de la veine cave supérieure. — •4o Deux bandelettes (-i et 4') ti'ansversales, nées de chaque côté de la base de l'auricule, et venant l'une au-devant ife l'autre s'adosser dans le sillon médian pour former la cloison. — So Au-dessus, deux fortes bandes diagonales (S et 5'), entrecroisées au milieu, et confonilues à la manière des piliers du diaphragme. Chacune d'elles nait de la base ou du collet de rétrécissement do l'auricule correspondante: celle de gauche remonte entre la veine cave et la veine pulmonaire antérieure droite, et va au delà rejoindre la cloison ; celle de droite (S') va passer, après son entrecroisement, entre l'auricule gauche et la veine pulmonaire antérieure du même côté, dont elle complète l'ellipse. — 6° En arrière, l'oreillette gauche est tapissée, à partir de la base de l'auricule, par un plan superficiel de fibres

ANf.ÉIOLOGIE

Fiff. 332.

— Musculature des oreillettes, libres communes, d'après Luschka.

transversales (6), qui forment, au-dessous des veines pulmonaires, une sorle de capsule et qui viennent s'enfoncer dans le sillon interauriculaire pour former la cloison. — 7" L'oreillette droite, en arrière et jusqu'à la base de l'auricule, est formée d'un plan de fibres obliques ("], nées du cercle ventriculaire, et qui vont rejoindre la cloison ou s'épanouir sur la naissance de la veine cave supérieure; en bas, ces flbres se prolongent également sur la veine cave inférieure ; dans l'une et l'autre leur direction est longitudinale. — 8"^

Les deux auricules, sur leur face concave, sont formées de flbres épanouies de leur base au sommet de leurs dentelures (8) ; celles de l'auricule droite remontent longitudinalement sur la face gauche de la veine cave supérieure — 9" Enfin, dans

l'écartement des ellipses formées par les bandelettes circulaires, se voient de petits sphincters (9), autour des embouclmres des veines pulmonaires ; il en existe également sous la couche longitudinale, autour des veines

caves Il résulte de cette

description que ces deux sacs auriculaires ne sont maintenus adossés que par trois bandelettes : le cercle

de la base (1 et 2), le double faisceau antérieur en sautoir (o et 5') et la bandelette verticale droite (3'). »

Luschka (loc. cit., p. 373 et suiv.) donne des fibres musculaires des oreillettes une description spéciale, qu'il faut suivre sur les figures 352 et 353 empruntées à cet auteur. Pour Luschka les fibres communes seraient constituées par : 1" un faisceau naissant de l'embouchure de la veine cave inférieure (A), cheminant au-dessus du sillon auriculo-ventriculaire, puis se divisant en deux faiseaux secondaires :

l'un de ces faisceaux (a) passe entre les deux veines pulmonaires gauches, pour se réfiécliir en arrière, et vient se terminer sur l'embouchure de la veine cave inférieure ; il décrit ainsi un cercle presque complet ; — l'autre («') passe entre la base de l'auricule et les veines pulmonaires gauches, et se termine dans le voisinage de la veine cave supérieure : — 2" par un faisceau naissant de la paroi même de la portion thoracique de la veine cave inférieure, et venant se perdre sur la paroi postérieure des oreillettes (B).

Dans un cas observé par Luschka, ce faisceau naissait du bord postérieur de l'orifice quadrilatère et atteignait un volume considérable.

La disposition des fibres propres varie avec chaque oreillette. — Dans l'oreillette droite, les fibres propres sont représentées par plusieurs faisceaux.Nous les avons schématisées sur

la figure 353. Ce sont : 1" un faisceau qui se détache de l'extrémité interne de l'anneau auriculo-ventriculaire droit (M), monte dans la cloison et se divise dans l'épaisseur de cette dernière en deux fascicules secondaires : un fascicule postérieur [m), qui contourne en avant et en haut la fosse ovale, se réunit à un faisceau (N) venant de l'oreillette gauche,

Fig. 353. — Schéma de la musculature de l'oreillette droite, fibres propres, d'après la description de Luschka.

DU COKUH

el. vient, se perdre sur la partie interne t\i'. renilxinclinn.' île la veine cave inférieure; un l'asciculo antérieur qui monte le long de la paroi interne, ciiemine sur la paroi supérieure, descend sur la paroi postérieure, et croise enfin la face inférieure de l'oreillette, en suivant le bord adhérent do la valvule d'Eustaclii (m') : il a donc un véritable trajet annulaire; — 20 par les muscles pectines (P) qui font saillie dans la cavité et s'étendent de l'anneau libreux auriculo-ventriculairo droit au faisceau annulaire dont je viens de parler; — 3" par un faisceau (R) naissant de la portion membraneuse de la cloison inlerventriculaire, et venant s'irradier dans la paroi interne et dans la paroi supérieure de l'oreillette; — 4" par un spliincter annulaire de la veine cave supérieure (S); — b" par un faisceau reliant l'orifice des deux veines caves et situé au niveau du tubercule de Lowor(T).

Dans Vorei/letle gauclip, les fibres propres sont formées; lo par des fibres naissant de l'anneau fibreux auriculo-ventriculaire ; au niveau delà cloison, quelques-unes de ces fibres se condensent en un faisceau plus épais qui limite inférieurement le contour de la fosse ovale (N. lig. 333) ; 2o par des fibres annulaires autour ilc l'embouchure des veines pulmonaires.

Il résulte de cette tlescription, que le trou o\'alo est limité par une sorte il'anneau musculaire, formé de la façon suivante ; en haut et en avant, par les fascicules postérieurs de ce faisceau des fibres propres qui nait de l'extrémité interne do la gaine fibreuse auriculo-ventriculaire droite, contourne le trou ovale, et vient se perdre au niveau de la demicirconférence interne tie l'orifice de la veine cave inférieure ; en bas, par ce faisceau qui se détache de l'extrémité interne de la zone auriculo-ventriculairo gauclieet vient partager la terminaison du fascicule précédent (m et N. lig. 353). En d'autres termes, le contour de la fosse ovale est limité en partie par des fibres propres appartenant à l'oreillette droile, en partie par des fibres appartenant à l'oreillette gauche. <Juant à la portion centrale de la l'osse,elle ne conticntque quelques rares fibres musculaires ipii. se détacliantdes faisceaux limitants, irradient vers le centime de la fosse.

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