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DESCRIPTION DES AUTEURS QUI REJETTENT LA FORMULE DE WINSLOW

Après avoir ainsi jeté un couji d'ir-il sur les descriptions des auteurs qui admettent la formule deWinslow, c'est-à-dire prennent comme base de leur description la distinction fondamentale des fibres du cœur en fibres communes et en fibres propres, je passe à l'étude des auteurs qui ont conçu tout autrement l'architecture du cieur.

Ceux-ci considèrent, à tort ou à raison, comme impossible de suivre les fibres constituantes du cœur sur une longueur suffisante pour préciser leur mode de terminaison ; ils s'attachent surtout a établir le nombre de couches musculaires dont se compose le cœur, et à préciser la direction de ces fibres. En somme, ils décrivent la musculature du cœur, comme on décrit généralement la musculature des conduits à fibres lisses (estomac, intestin, etc.).

Vésale décrivait déjà le cœur comme lormé de libres longitudinales obliques et transversales. — Sténon indiquait également les variétés de direction des fibres. — Meckel décrivait au cœur trois couches, deux externes obliques et une interne longitudinale.

G. F. Wollî, qui a donné des fibres musculaires du cœur une longue description que Thcile a résumée et adoptée, sans grandes modifications, dans l'Encyclopédie anatomique, décrit trois couches au ventricule droit et cinq au ventricule gauche. (Voyez Wollf, acta acad. scient. Pelropol., 1780-1792 et Tlieile in Encycl.anat. trad. Jourdan, t. Il, p. 377 et suiv.). Chacun des deux ventricules posséderait une couche superficielle commune, une couche profonde propre, et une couche intermédiaire. Celle-ci, unique pour le ventricule droit, est décomposable en trois couches secondaires pour le ventricule gauche.

La description deWolff est très complexe; il suffit pour s'en rendre compte de dire que Wolir subdivise en huit faisceaux la portion des libres musculaires propres répondant au ventricule droit (loco. cit. Dissertatio terlia in disserlatio sexta, pars prior).

D'après E. II. Weber le ventricule droit est formé par deux couches à peu près transversales, le ventricule gauche en comprend quatre ; deux couches transversales, comjjrises entre deux couches spiroïdes s'enroulant en sens inverse: de plus, chaque ventricule comprend une couche tout à fait interne, retiforme.

Peltigrew (Proced. of the roy. soc. of Edimb. 1800) a d'abord décrit neuf couches au ventricule gauche, puis il a réduit ce nombre à sept (transac. of the roy. soc. of Eflimb. XXIII, ]). IGl). D'après cet auteur, la couche la plus superficielle est presque verticale ou très légèrement oblique ; l'obliquité de la deuxièine et de la troisième couches augmente peu à peu et les fibres de la quatrième, c'est-à-dire de la couche centrale, sont nettement transversales (Voy. fig. 354). La cinquième est de nouveau oblique ; mais son obliquité est en sens inverse de celle des premières couches; enfin, la sixième est plus oblique encore, et la septième a une obliquité presque aussi marquée que celle de la première.

ANGEIOLOGIE

Superposées, les fibres de la première et de la septième couches se croisent donc à la façon d'un X dont les deux branches formeraient entre elles un angle très aigu.

Parmi les auteurs modernes, Henle a vivement combattu la théorie de Gerdy. Fibres en

anse et fibres en huit de cliiti're sont pour lui des hypothèses sans fondement. Quant à la continuité des fibres superficielles et des fibres profondes, c'est-à-dire des deux portions des libres unitives superficielles, fait fondamental de la théorie de Gerdy, c'est pour lui une erreur anatomique (voy.Ilenle, Hand. dcr gefœsslehr, p. 62). llenle donne de la musculature des ventricules et surtout des oreillettes une longue et minutieuse description dont je n'indiquerai ici que les traits principaux.

Fibres des oreill elles. — Les fibres des oreillettes sont de deux ordres : les unes représentent la continuation sur les oreillettes des fibres annulaires des vaisseaux venant aboutir à ces cavités ; les autres naissent des anneaux auriculo-ventriculaires. Les premières forment une couche superficielle circulaire ; les deuxièmes une couche profonde longitudinale. Telle est la formule par laquelle Henle résume la constitution des oreillettes, mais il est forcé de convenir qu'elle n'est que très approximative. C'est ainsi que les libres de la couche superficielle peuvent devenir longitudinales quand les veines dont elles prolongent le système circulaire abordent l'oreillette transversalement, comme c'est le cas pour les veines pulmonaires. De même, nombre de fibres naissant des anneaux veineux tendent à devenir horizontales; cela est vrai surtout pour l'oreillette gauche. Les fibres profondes de cette cavité ne naissent pas en effet de toute l'étendue de la zone auriculo-vcntriculaire, mais sont réparties en deux faisceaux naissant, l'un du

Fig. 3b4. — Dissection partielle des fibres de la paroi antérieure des ventricules sur un cœur de mouton, montrant les différents degrés d'obliquité des couches, d'après Allen Thomson.

Fig. 3oo. — Musculature des ventricules, face antérieure, d'après Henle.

Fig. 3.56. — Musculature des ventricules, face postérieure, d'après Henle.

nodule antérieur ou gauche, l'autre du nodule postérieur ou droit de cette zone fibreuse; ces faisceaux sont formés par un véritable éventail de fibres dont les fibres moyennes sont verticales, mais dont les fibres extrêmes tendent à se rapprocher de l'horizontale. La disposition schématique admise par Henle est encore obscurcie par l'apparition de

DU coiaiR

véritables systèmes surajoutés, comiiio le s//slf>/i/r .yi/u'iictfr/oi i/ii foraiiifii nralf, sur constitution duquel Ilenle ne s'explique pas, cl couiuie le canal inuxnilaire de la (ji-aiulc veine coronaire. Ce canal, bien décrit par Ilenle, est essentiellement formé par des fibres transversales, c'est-à-dire parallèles à la direction de la veine. Ces fibres naissent de la paroi de l'oreillette gaucbe au-ilessus et au-dessous de la veine coronaire, et viennent converger à la manière des barbes d'une plume sur la face superficielle du vaisseau. — Comme on le voit, Ilenle est obligé de reconnaître de nombreuses exceptions à la formule générale qu'il donne de la constitution des oreillettes. N'est-ce pas la meilleure preuve qu'elle n'est pas aussi satisfaisante qu'elle semble l'être au premier abord ?

Fi/ires du ventricu/e. — Henle donne de la musculature du ventricule une description assez simple. Il la décrit comme formée par quatre couclies qui sont de deliors en dedans : une coucbe longitudinale externe, une couche circulaire, une coucbe longitudinale interne et une coucbe réti forme.

lo La concile lonfiiliidinalc cr/crne, peu importante, est formée sur le venlriculi' droit ; a) par des fibres cheminant pour la plupart sur la face antérieure du ventricule et paraissant correspondre aux fibres unitives antérieures (portion superlicielle) de nos classiques (voy. fig 3.t9); h) par un petit faisceau vertical, occupant le tiers supérieur du sillon interventriculaire postérieur. Ce faisceau a été depuis longtemps signalé par Wollï: Meckel, E. II. Weber. Tiieile ilisent ne ra\oir pas rencontré.

Sur le ventricule gauche la couche des fibres longitudinales externes n'occupe que le tiers supérieur du ventricule ; elle se confond d'ailleurs plus bas avec les fibres circulaires, qui tcndentà prendre la direction verticale. Cette coucbe est bien peu importante pour Henle, puisque, d'après lui, elle ne for- I'''?- 35".— Coupe de la paroi ,lu ventricule nierait que le huitième de l'épaisseur totale gaucho, d après Ilenle.

du ventricule gauche.

2° La couche circulaire constitue la couche de beaucoup la plus importante du ccL'ur. La fig. 357 montre combien l'épaisseur de cette couche l'emporte sur celle des deux couches longitudinale externe et longitudinale interne. Les fibres de cette couche circulaire ne sont pas toutes disposées dans un plan longitudinal : la plupart même sont obliques et l'obliquité de quelques-unes est si inarquée ([u'ellcs tendent à devenir verticales.

3» La couclie longitudinale interne est très mince : elle n'acquiert quelque importance qu'au niveau de la base et du sommet des ventricules.

4" Lei couche rétifornie existe dans toute l'éteudue de la face interne des ventricules, mais atteint son plus grand développement au niveau du sommet de ces cavités; c'est à elle que Henle rattache les muscles papillaires.

Comme on levoil, par cet exposé rapi<le des principales descriptions, l'accord est loin d'être fait sur l'architecture du cceur. Cependanl, les divergences sont ])eut-ètre moins considérables (jue l'on serait tenté de le croire au premier abord. Celui qui voudra comparer avec soin les exposés des dilîérents auteurs, en faisant abstraction des détails et en tenant compte de la différence des nomenclatures, retrouvera souvent dans celui de l'un les traits principaux de celui de l'autre. Le point délicat est le fait de la continuité ou de la non-continuité des fibres les plus superficielles et des fibres les ])lus profondes des ventricules; c'est lui surtout (jui divise les auteurs. C'est ce

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point particulier, et la question des vj-riiitioiis individuelles, que devront surtout tâcher d'éclaircir les anatotnistes.

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