I VI. — VAISSEAUX DU CŒOR
1° Artères. — Les artères du cœur viennent des artères coronaires, branches de l'aorte. Au nombre de deux, l'une antérieure, l'autre postérieure, les artères coronaires cheminent à la surface de l'organe, dans l'épaisseur duquel elles s'épuisent peu à peu. Nous décrirons leur trajet extra-cardiaque en étudiant les branches de l'aorte.
Leurs rameaux, parvenusdans l'épaisseur du cœur, cheminent dans les in-
Fig. 3.58. — Les artères et veines coronaires, d'après Bourgery.
terstices des faisceaux musculaires, en se divisant en rameaux de plus en plus petits. Ceux-ci finissent par donner naissance à un réseau capillaire dont les mailles enlacent les faisceaux primitifs. Comme Ranvier l'a depuis longtemps signalé, ces capillaires ne présentent pas les dilatations ampullaires que l'on rencontre ordinairement sur les capillaires des muscles. Leur fragilité est remarquable, aussi leur injection est-elle très délicate.
L'étude de la disposition des vaisseaux de l'endocarde et la question si discutée des vaisseaux des valvules, seront traitées plus loin, en même temps que l'endocarde. (Voy. p. 629).
Les vaisseaux du cœur apparaissent à une époque assez tardive du développement de l'organe. On sait qu'aux- premiers stades de sa formation, le muscle cardiaque présente une disposition réticulée, qui permet au sang de baigner directement les faisceaux mus-
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culaircs. Ce n'est que vei's le tleiixièiae mois, lorsque le tissu musculaire ilii ('(eur tend à devenir compact (Gegenbaur, l!erna)"s), que les vaisseaux apparaissent clans son épaisseur.— Il est intéressant de constater qu'ici, comme toujours, l'histoire des espèces l'épèle l'histoire de l'individu. Vin effet, chez les batraciens et certains reptiles, le co'ur jirésente la disposition réticulée que l'on trouve chez l'embryon humain et ne possède point de vaisseaux. Chez des animaux d'ordre plus élevé, le myocarde, devenu plus dense, commence à acquérir des vaisseaux nourriciers.
2° Veines. — Les veines qui font suite au réseau capillaire du cœur viennent aboutir aux oreillettes : 1» par la grande veine coronaire; 2" par des veines coronaires accessoires. Parmi celles-ci, l'une estconnue depuislongtemps, c'est la vciue (7e Grtiien ; les autres ont été plus récemment décrites par le professeur Lannelongue (Ih. de Paris 1867). Veines coronaires principale et accessoires seront décrites par mon collaborateur Charpy avec le système veineu.\ du cœur.
3" Lymphatiques — La question de l'origine des lymphatiques du cœur participe de l'obscurité qui enveloppe l'origine des lymphati([ues en général.
Pour Sappey, SkvvartzofT, Salvioli, l'origine des lymphatiques est représentée par un sysième de canaux tapissés par un endothélium continu, formant un réseau intermédiaire aux fibres cardiaques.
Les lymphatiques du coHir constituent deux réseaux : l'un profond, sowsendocardique , l'autre superliciel, sotis-pérïcardique.
Le réseau profond est riche surtout au niveau des ventricules. Sappey n'a pu, du moins chez l'homme, injecter le réseau sous-endocardique des oreillettes. Comme l'a depuis longtemps montré Belayeff (1806), par l'imprégnation à l'argent, ce réseau profond se prolonge sur les valvules mitrale, tricuspide et sigmo'i'des. 1! donne naissance à des troncules qui traversent le muscle cardiaque et viennent se jeter, soit dans le réseau superficiel, soit dans les gros troncs collecteurs.
Le réseau superficiel est également beaucoup plus serré au niveau des ventricules qu'au niveau des oreillettes. Sappey n'apu injecter le réseau superficiel des oreillettes que chez le bœuf et le cheval.
Tous les lymphatiques du cœur viennent aboutira quatre troncs principaux : deux antérieurs et deux postérieurs. Les deux troncs antérieurs cheminent dans le sillon interventriculaire antérieur, recevant dans leur trajet les lymphatiques de la face antérieure des ventricules; au niveau de l'extrémité supérieure de ce sillon, ces deux troncs antérieurs se fusionnent en un tronc unique. Celui-ci contourne la partie gauche de l'artère pulmonaire, croise la face antérieure et gauche de la portion horizontale de la crosse aortique, et vient se terminer dans un ganglion placé sur la partie latérale gauche de la trachée.
Les deux troncs postérieurs cheminent dans le sillon intervenlriculaire de la face diaphragmatique. vVrrivésà la partie supérieure de ce sillon, ils se séparent. Le gauche suit la partie gauche du sillon interventriculaire et vient se jeter dans l'un des troncs antérieurs. Le droit suit la partie droite du sillon auriculo-ventriculaire et, arrivé au niveau de l'infundibulum, se porte en arrière, croise la face droite de l'artère pulmonaire et vient sejeler dans un des ganglions sous-jacents à la bifurcation de la trachée.
608 ANGÉLOLOGIE
Dans leur portion horizontale, les troncs lymphatiques postérieurs reçoivent plusieurs troacules verticaux, nés des parois ventriculaires (troncs accessoires de Sappey).