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S II. — VAISSEAUX LYMPHATIQUES VISCÉRAUX

Lymphatiques du cœur. — Le cieur est la seule portion de l'appareil circulatoire qui contienne des vaisseaux lymphatiques. Comme nous l'avons vu en étudiant la structure du C(uur (voy. p. 603, de ce tome), les lymphatiques

[POIIUER ET CUNÉC]

ÉTUDE SPÉCIALE DES LYMPHATIQUES

du cœur appartiennent exclusivement au myocarde. Encore sont-ils placés à la périphérie du muscle cardiaque et font-ils défaut dans son épaisseur. Ils constituent ainsi deux réseaux, l'un profond sous-endocardique, l'autre superficiel sous-péricardique. Le réseau profond n'a pu être injecté chez l'homme; ses collecteurs vont se jeter dans ceux du réseau superficiel. Celui-ci couvre de ses mailles toute la surface extérieure du cœur; mais il est beaucoup plus développé sur les ventricules que sur les oreillettes. Au niveau de ces dernières, Sappey n'a pu mettre le réseau superficiel en évidence que chez le bœuf et le cheval.

Les collecteurs du réseau sous-péricardique présentent une disposition générale qui se rapproche de celle des artères coronaires. Aussi les distingueronsnous en collecteurs gauches ou antérieurs et collecteur droit ou postérieur.

1) Les collecteurs gauches ou antérieurs, d'abord au nombre de deux, plus rarement au nombre de trois, apparaissent sur la face antérieure du cœur au voisinage de sa pointe. Ils montent parallèlement au sillon inter-ventriculaire antérieur et, arrivés au niveau du sillon auriculo-ventriculaire, se fusionnent en un tronc unique qui s'engage entre l'auricule gauche et l'artère pulmonaire. Ce tronc monte ensuite sur la face postérieure de ce gros vaisseau, puis perfore le feuillet fibreux du péricarde pour se terminer dans un des ganglions du groupe intertrachéo-bronchique.

Dans leur trajet interventriculaire, ces collecteurs coronaires gauches ou antérieurs reçoivent de nombreux rameaux, venus de la face antérieure des deux ventricules. Au niveau du sillon interventriculaire, ils reçoivent un affluent volumineux. C'est le collecteur auriculo-ventriculaire gauche. Celui-ci, beaucoup plus important que l'artère correspondante, naît sur la face diaphragmatique du cœur, au voisinage de la pointe, monte dans le sillon interventriculaire inférieur, contourne ensuite la moitié gauche du sillon auriculo-ventriculaire et se jette dans les collecteurs antérieurs. Il dessert le réseau souspéricardique de la face inférieure et de la face gauche du ventricule gauche et le réseau correspondant de l'oreillette gauche.

2) Le collecteur droit ou postérieur apparaît sur la face diaphragmatique au voisinage de la pointe ; il longe ensuite le sillon interventriculaire inférieur, puis la partie droite du sillon auriculo-ventriculaire et arrive ainsi sur la face antérieure du cœur. Il monte ensuite entre l'artère pulmonaire et l'aorte et va se terminer comme le tronc commun des collecteurs gauches dans un des ganglions intertrachéo-bronchiques. Il reçoit les lymphatiques de l'oreillette droite, de la face postérieure et du bord droit du ventricule droit. Nous avons vu que la partie antérieure du réseau sous-péricardique du ventricule droit était tributaire des collecteurs gauches ou antérieurs.

Lymphatiques du poumon. — U origine des lymphatiques du poumon sera étudiée plus loin en même temps que la structure de cet organe (voy. t. IV, p. 529). Rappelons seulement ici que ces vaisseaux naissent : 1" de réseaux périlobulaires, disposés chez certains animaux comme le bœuf en forme de sacs plus ou moins cloisonnés ; 2" de réseaux annexés à l'arbre bronchique ; ces réseaux au nombre de deux, l'un sous-muqueux, l'autre péribronchique.

LYMPHATIQUES DU THORAX

dans les grosses bronches, se réduisent à un seul dans les petites. Ce réseau se prolongerait jusqu'au niveau des conduits alvéolaires, d'après Miller.

De ces réseaux d'origine partent deux ordres de collecteurs que l'on distingue, depuis Cruikshank et Mascagni, en superficiels et en profonds, en se basant sur le trajet qu'ils suivent pour gagner le hil(> du poumon.

1) Lkscoi.liîctkius sui'Kiu'icucLs naissent des lobules sous -pleuraux. Ils présentent à leur origine la forme d'un plexus dont chaque maille de forme polygonale répond h la base d'un lobule sous-pleural. Leur trajet ultérieur varie pour chaque lobe. Il a été parfaitement décrit par Sappey dont nous ne pouvons que résumer la description.

Au niveau du lobe supérieur, ils naissent sur la face costale du lobe et se partagent en trois groupes, dont l'im contourne le bord postérieur du poumon, l'autre le bord antérieur et dont le troisième pénètre dans la scissure interlobaire pour cheminer sur la face inférieure du lobe. Ils arrivent ainsi au niveau du bile et se terminent dans les ganglions placés à ce niveau.

Sur le lobe inférieur, les troncs superficiels se divisent également en trois groupes. Les troncs supérieurs pénètrent dans la scissure interlobaire ; les troncs postérieurs et les troncs antérieurs contournent le bord correspondant du poumon et arrivent sur la face interne sur laquelle ils montent obliquement vers le bile.

Les troncs nés du lobe moyen du poumon droit sont l)eaucoup moins importants que ceux des lobes supérieur et inférieur. Les uns vont s'unir aux troncs du lobe supérieur, les autres aux collecteurs du lobe inférieur qui cheminent dans les scissures.

2) Les collkcteuhs piiofonds cheminent les uns à côté des ramifications bronchiques, les autres le long des branches de l'artère pulmonaire ou des veines jHilmonaires (Miller). Tous se portent vers le bile et se terminent à ce niveau dans les ganglions trachéo-bronchiques, pour la description desquels nous ren- \oyons au paragraphe précédent.

On admet généralement que les collecteurs 'superficiels communiquent largement avec les collecteurs profonds et qu'en piquant les premiers on injecte facilement les seconds. D'après Miller, les anastomoses entre ces deux ordres de collecteurs seraient au contraire très rares ; lorsque, après injection des vaisseaux superficiels, on remplit les vaisseaux profonds, le passage dans ces derniers est la conséquence de la fusion de ces deux ordres de vaisseaux au moment de leur terminaison dans les ganglions du bile.

Lymphatiques de la plèvre. — Comme on le verra plus loin, l'existence des lymphatiques pleuraux est bien établie aujourd'hui. Les lymphatiques du feuillet viscéral se jettent dans les collecteurs superficiels du poumon. Les lymphatiques du feuillet pariétal se jettent dans les troncs intercostaux pour la plèvre costale, dans les troncs diaphragmatiques pour la plèvre viscérale diaphragmatique, dans les ganglions du médiastin postérieur pour la plèvre médiastine. Lorsqu'il existe des adhérences entre les deux feuillets, les lymphatiques de la plèvre viscérale peuvent, par l'intermédiaire des lymphatiques néoformés que contiennent ces adhérences, entrer en communication avec les lymphatiques de la paroi thoracique.

[POIRIER ET CUNÉO.]

ÉTUDE SPÉCIALE DES LYMPHATIQUES

Technique. — L'injection des lymphatiques superflciels est assez facile, quelle que soit la méthode emploj'ée, mercure ou Gerota. Elle est facilitée par l'insufflation modérée des poumons et par l'injection préalable des vaisseaux sanguins.

Miller recommande la technique suivante pour injecter les lymphatiques profonds. Un chien est nourri pendant plusieurs jours avec une ration contenant une grande quantité de graisse. On le tue à l'aide du chloroforme. On extrait en masse le cœur et les poumons et on insuffle modérément ceux-ci. On cherche alors un des troncs sous-pleuraux au voisinage du hile et, avec quelque habitude, on arrive à découvrir un de ces vaisseaux sans trop de difficulté. On le ponctionne directement avec une fine canule et on pousse dans son intérieur une solution aqueuse saturée de bleu de Prusse soluble; la masse va jusqu'aux ganglions, puis reflue dans les lymphatiques profonds. Malgré la présence des valvules on peut arriver à obtenir une injection presque complète de ces vaisseaux pourvu que l'on emploie une pression basse et que l'injection soit poussée très lentement. On se servira pour cela d'un appareil à pression continue. La pression employée devra varier entre 10 et 15 mm. de mercure.

Historique. — Les lymphatiques du poumon ont été l'objet d'un grand nombre de travaux. Ils ont été signalés pour la première fois par Rudbeck Willis en donna quelque

temps après une description détaillée; il les décrivit chez le chien; il les mettait en évidence en liant le canal thoracique à son embouchure (167.5). Mais il faut arriver à Cruikshank et à Mascagni pour trouver une description suffisamment exacte de ces vaisseaux chez l'homme (1780). Depuis Sappey a repris l'étude des lymphatiques pulmonaires et a définitivement établi leur disposition macroscopique. — Dans ces dernières années l'étude de ces vaisseaux a été reprise au point de vue microscopique. Grancher, Renaut et Pierret, Wywodzoff, Sikorsky, Klein, v. Wittich, Hoffmann ont étudié histologiquement les lymphatiques du poumon et de la plèvre. Nous nous bornerons à donner ici les indications concernant l'anatomie macroscopi([ue, renvoyant pour les travaux histologiques à l'index bibliographique de l'article Poumon (t. IV, p. 546) et à un travail récent de Miller dans lequel sont résumés les pliis importants de ces travaux.

ALvscAONi, loc. cit., p. .53 et tab. XX. — Sappkv, loc. cit., p. 11.3 et pl. XLII, fig. 1, 2,3, 4. — Mu.LER. Das Lungenliippchen, seine Blut-u. Lymphgefâsse. Arcli. /'. Anal. u. Phy;^., Anat. Abth., 1900, p. 197.

Lymphatiques de la portion thoracique de la trachée. — Les lymphatiques de la portion thoracique de la trachée naissent d'un réseau sousmuqueux, plus riche que le réseau correspondant de la portion cervicale de cet organe. De ce réseau partent des troncs multiples qui perforent la paroi de la trachée à la jonction de sa portion cartilagineuse et de sa portion membraneuse et se terminent dans les ganglions prétrachéo-bronchiques droits et gauches et inter trachéo-bronchiques .

Lymphatiques de la portion thoracique de l'œsophage. — Les lymphatiques de la portion intra-thoracique de l'œsophage naissent de deux réseaux, l'un sous-muqueux, l'autre intra-musculaire. De ce réseau éraanentde nombreux collecteurs qui vont se jeter dans les ganglions péri -œsophagiens que nous avons décrits plus haut (voy. p. 124.3).

Lymphatiques du thymus. — L'origine des lymphatiques du thymus sera étudiée en même temps que la structure de cet organe (voy. t. IV, p. 565). Rappelons seulement ici que ces lymphatiques naissent à l'intérieur des lobules thymiques sous formes de sinus péri- et iuterfoUiculaires. Ils aboutissent à des collecteurs qui cheminent dans les septa interfolliculaires. Les aboutissants ganglionnaires des troncs qui résument la circulation lymphatique du thymus sont encore mal connus. On admet généralement que ces vaisseaux se jettent dans les ganglions sus-aortiques, prétrachéo-bronchiques et dans les ganglions de la chaîne mammaire interne.

LYMPIIATIOUES DU MEMBRE SUPÉRIEUR

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