LYMPHATIQUES DE LA TÉTE ET DU COU
Ganglions faciaux. — Ia^s vaisseaux afférents des ganglions sous-niaxillaires Iraversent fréquemment (20 fois sur 32, d'après Princeteau) de petits ganglions, ordinairement décrits sous le iiom de ganglions géniens, mais auxquels nous semble mieux convenir la désignation plus compréhensive de ganglions faciaux.
Ces ganglions forment trois groupes échelonnés l'un au-dessus de l'autre sur le trajet des vaisseaux faciaux.
1) Le groupe inférieur ou sus- maxillaire repose sur la face externe du maxillaire inférieur entre le bord antérieur du masséter et le bord postérieur du triangulaire des lèvres, au-dessous du peaussier. Ce groupe comprend 1 à •i ganglions en rapport intime avec
l'artère et la veine faciale. Il a été ren- 4'; contré par Princeteau 14 fois sur 32 (6, fig. 027). Il est parfois directement relié au groupe sous-maxillaire par un ganglion placé au niveau même du bord inférieur de la mâchoire; c'est le ganglion infra-maxillaire {a, fig. 627).
2) Le groupe moyen ou Imccinatei/r est assez profondément situé sur la face externe du muscle buccinateur. Son existence est moins fréquente que celle du groupe précédent (10 fois sur 32, Princeteau). Il comprend lui-même trois amas distincts pouvant exister concurremment ou isolément :
a) Un amas postérieur ou rétro-vasculaire formé par 1 ou 2 ganglions situés en arrière de l'artère faciale, au niveau du point où le canal de Sténon perfore le buccinateur. Il ne faut pas
confondre ce groupe avec les glandules salivaires qui peuvent exister dans cette région ((/, fig. G27).
b) Un amas moyen intervasculaire comprenant le plus souvent deux ganglions, placés entre l'artère et la veine. Cet amas est recouvert par les fibres postérieures du grand zygomatique (c, fig. C27).
c) Enfin on peut rencontrer exceptionnellement un ganglion antérieur, prévasculaire, placé sur la face externe de l'orbiculaire des lèvres, dans le tissu cellulaire sous-cutané, ù 8 ou 10 millimètres de la commissure labiale. C'est le ganglion commissicral de Princeteau.
Tous ces ganglions buccinaleurs sont placés au-dessus de l'aponévrose buccinatrice. Debierre signale cependant l'existence possible de ganglions sousaponévrotiques. Poucet aurait même rencontré un ganglion sous-muqueux.
3) Le groupe supérieur, ])eaucoup moins important que les deux précédents, comprend plusieurs ganglions : un ganglion du sillon naso-génien. signalé i)arTillaux et retrouvé par l^rinceteau (c, fig. 027), un ganglion sousorbitaire (/", fig. 027) et un ganglion malaire dont l'existence n'a guère été constatée que cliniquemiMit (Allicrlin. Vigicr).
Fig. 027. — (îanplions fnciaux (d'après Buchbinder).
a, gaiiKliini inl'r.i-m.Txillaii'i'. — 6, gnnglion tiisiiiaxillaiiv. — c, ganglion bnd;inateur (amas moyen). — d. gaiigliim huccinnliMir (amas postérieur). — i\ ganglion ilii sillon naso-génien. — f, ganglion soii>oi-liil.-iiiv.
\poinii-:n et cvséo.]
ÉTUDE SPÉCIALE DES LYMPHATIQUES
La plupart des classiques (Ricliet, Paulet, Beaunis et Bouchard, Sappey..., etc.) ne mentionnent pas les ganglions faciaux. Dès 1787, Mascagni avait cependant signalé et déeritles ganglions faciaux et même distingué les groupes sus-maxillaires et buccinateurs. Boyer, Cloquet, Bourgery et Jacob, Cruveilhier leur accordent une brève mention. Plus récemment (1887) les constatations cliniques de Poucet ont de nouveau attiré l'attention sur ce point et plusieurs auteurs (Jaboulay, Vigier, Princelcau, Buclibinder, etc.) ont repris leur étude.
Bibliographie. — Mascagni, loc. cit., p. 01, pl. XXVI, lig. 1. — Vicier. Des adénites de la joue. Gaz. Iiebd.. 1892, et Th. de Lyon, 1892. — .Vluehtix. Adénites génieiines. Arrii. prov. de Ch ir., 1895. — Princeteau. Les g-anglions lymphatiques de la joue. Gaz. hebd. des sc.méd. de Bordeaux, 1899. — Capette-Laplène. Les ganglions de la joue. Th. Bordeaux, 1899. — BucHBiNDER. Ucber die Lage u. die Erkr. der Wangenlymphdrûsen, Beitr. z. klin. Chir., 1899.
— Thévenot. Des adénites géniennes, 6''(;. des Hôpitaux, 21 avril 1900.
3. Ganglions sous-mentaux (Syn. : Ganglions sus-hyoïdiens médians),
— On désigne sous le nom de ganglions sous-mentaux les ganglions compris dans le triangle que limitent les ventres antérieurs des deux digastriques et l'os hyoïde. Le nombre de ces ganglions varie de 1 à 4. Leur disposition est des plus variables. Le plus souvent au nombre de 2, ils s'orientent soit dans le sens transversal et sont alors plus ou moins rapprochés de la ligne médiane, soit dans le sens sagittal. Dans ce dernier cas, l'un se rapproche du maxillaire, l'autre de l'os hyoïde. Un ganglion placé sur le ventre antérieur du digastrique établit parfois une transition entre ce groupe et les ganglions sousjnaxillaires.
Les ganglions sous-mentaux reçoivent leurs vaisseaux afférents des téguments du menton, de la partie moyenne de la peau de la lèvre inférieure, de la muqueuse de la portion correspondante du bord alvéolaire du maxillaire inférieur, du plancher de la bouche et enfin de la pointe de la langue (sur cette dernière origine d'ailleurs discutée, voy. p. 1290). ^
Leurs vaisseaux efférents suivent une double direction. Trois ou quatre troncs se portent en dehors vers les ganglions sous-maxillaires. Un ou deux autres se dirigent en bas, croisent l'os hyoïde et vont se jeter dans un ganglion placé sur la face antérieure de la jugulaire interne, au-dessus du point où celle-ci est croisée par l'omoplato-hyoïdien. Un de ces vaisseaux décrit parfois une anse remarqualile, en avant des muscles sous-hyoïdiens.
6. Ganglions rétro-pharyngiens. — Les ganglions rétro-pharyngiens sont placés en arrière du pharynx, à la jonction de la face postérieure et des faces latérales de celui-ci, à la hauteur des masses latérales de l'atlas.
Ces ganglions sont ordinairement au nombre de 2. D'après Most, cependant, la présence d'un seul ganglion constituerait la règle. Lorsque ces ganglions sont au nombre de 2, ils se superpo.sent dans le sens vertical.
Ces ganglions sont en rapport : en avant, avec la paroi postérieure du pharynx; en arrière, avec le muscle grand droit antérieur qui les sépare des masses latérales de l'atlas; en deliors, avec les lames sagittales du pharynx et par l'intermédiaire de celles-ci avec l'artère carotide interne ; en dedans, près de 2 centimètres les séparent de la ligne médiane (voy. fig. 623 et 628).
Ces ganglions sont, comme on le voit, franchement latéraux. Si, dans les abcès rétro-pharyngiens, la collection tend à devenir médiane, cela tient vraisemblablement à ce que la poche suppurée, bridée en dehors par les lames sagittales, se développe davantage en dedans où rien n'arrête son expansion.
On peut cependant trouver un ou plusieurs petits ganglions près de la ligne médiane ou
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au niveau nn^me de celte dernière. Most signale même, comme existant assez fréquemment, un ganglion qui serait placé en avant de l'apophyse odontoide. Atais il s'af;itl;i de formations
FiG. G28. — Ganglions rétro-pharyugii'us.
(), b, ganylions n.Hro-phjrynsii'iis. — c, noJiile ganglionnaire intei'rnplem', placr sur li-ajot ili'S vaisseaux alïérenls Jh ces ganglions. — d, ganglion de la cliaine cervicale profonde. — c, vai>.,eau effércnt des ganglions rélro-pliaryngiens, passant, en avant, de la carotide interne. — f, aflei-ent des ganglions rétro-pliai-yngiens, passant en arrière du droit antérieur. — f/, lymphatique du pharynx, gagnant directement un ganglion de la cliaine cei'vicnle proliimli'. — h, allèrent îles ganglions rétro-pliaryngiens.
inconstantes. Ces ganglions minuscules sont d'ailleurs de simples nodules ganglionnaires interrupteurs placés sur le trajet des atTerents des ganglions retro-jdiaryngiens proprement dits.
Les ganglions rrlro-jjharyngicns reçoivent comme n/Jcrent^ : la presque totalité des collecteurs issus de la muqueuse des fosses nasales et des cavito's annexes de celles-ci, les lymphatiques du pharynx nasal, ceux de la trompe d'Eustache et peut-être une partie des lymphatiques de la caisse du tympan. Comme on le voit, hnir tet-ritoire lymphatique est des plus étendus, el on s'explique facilement l'infection fréquente de ces ganglions.
Les ^v^^s■•sec^«J; c/frn'nt>i des ganglions rétro-pharyngiens se jettent dans les ganglions supérieurs de la chaîne jugulaire interne. Pour gagner ces ganglions ils passent j)our la plupart en arrière du ])aquet vasculo-nerveux et plus particulièrement du ganglion cervical supérieur dont ils croisent la face postérieure. Quelques-uns cependant passent [en avant de la carotide interne et d(> la jugulaire externe pour atteindre leur nouveau relais ganglionnaire (voy. i\ iig. 628).
En raison de leur importance pratique les ganglions rétro-pharyngiens ont suscité de nombreu.K travaux. Nous citerons parmi les plus importants : .M.\s(:.4c.m, loc. ]>. iï-i. — TouRTiuL. Neue Untersuchungen iiher der liase des inenschlich. Schlund. und Ivehlkopfcs. Leipzig-, 184G. — Gu-lette. Th. Paris, 1807. — 15okai. L'eher Hetropharyngealabcess. Jalirh. /'. Kindcrki'fnik.. 1, 1887. — .More.vu. Gontributiou à l'élude des abcès rétro-pharyngiens. Th. Paris, 18UG. — .Most. Zur Toiiograjjhie und .\etiologie der retro-phaiyngealen Drusenacbesse. Arch. /'. /.'///(. Clnr., l.Xl, 3.
[poiiiii-sit i:r cuMio.]
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