IX. - ENIXtC.VKDK
Par P. .Jac.ilks
I.'i.Midocarde. iiienibrane île revèlemeni interne des cavités caidiai|ues, se continue directement, au uiveiiu de leurs orilices, avec la tunique interne des gros vais seau. \ sanguins dont il possède toute la valeur (Luschka cependant considère l'endocarde comme représentant à lui seul une |iaroi vasculaire toul entière. I,e myocarde est, pour lui, une formation siirajnuti'H', Indépendante di;
ANGÉIOLOGIK
la lunifjue musculaire des vaisseaux. Schweigger-Seidel confirme celle manière devoir). Nous voyons de suile qu'il faut se garder de lui attribuer la môuie signilication morphologique qu'a la membrane de revêtement externe du myocarde : l'endocarde, portion modiliée d'une tunique vasculaire, comme le cœur dans sou ensemble est une région dilatée d'un tube primilivemenl uniforme, ne doit pas être assimilé au péricarde, membrane séreuse limitant un département isolé de la cavité générale primitive du corjis (cœlonie).
1'^ Disposition anatomique. — I.'enJocarde revêt la face interne des quatre cavilés cardiiiques, épousant exaclement toutes les saillies et foules les dépressions de la paroi, à laquelle il communique un aspect lisse et brillanl. Continu dans toute l'étendue du cœur jusqu'à la fin delà vie intra-utérine, grâce au trou de Bolal, il se sépare définitivement lors de l'occlusion de cet orifice en deux sacs complètement distincts, droit et gauche.
L'endocarde n'a pas une épaisseur identique en ses dillérents points (20 à 500 p. suivant Rauber). Quant à savoir si c'est dans le cœur droit ou le gauclie, au niveau des oreillettes ou sur la paroi veutriculaire que cette épaisseur est maxima, le désaccord le plus complet existe sur ce point entre les diiîérents auteurs. En présence d'une telle incertitude, j'ai examiné avec soin une série de dix cœurs d'adultes. Constamment j'ai trouvé un maximum correspondant à l'oreillette gauche (350 à 500 avec un minimum portant sur le ventricule droit (5 à 50 fx). En outre, tandis que l'épaisseur de l'endocarde est sensiblement uniforme dans chaque oreillette, elle varie considérablement dans les divers |ioints des ventricules, lïnfin, une étude attentive de la topographie des régions é|)aissies montre qu'elles coïncident avec les points où les frottements des tourbillons sanguins s'exercent avec le plus d'énergie (1).
Aux orifices de communication auriculaires ou artériels des ventricules, l'endocarde, en s'accolant à lui-même ou à l'endartère qui lui fait immédiatement suite, contribue pour une large part à la formation des valvules cardiaques.
2° Constitution histologique. — Nous étudierons successivement à ce point de vue l'endocarde proprement dit, puis les valvules.
\J endocarde, par sa structure comme par son origine, rappelle la tunique interne des gros vaisseaux : comme elle, il se trouve formé d'une assise conjonclivo-élastique supportant un revêlement endolhélial.
Les éléments deVendothélium sont aplatis, de forme polygonale irrégulière, moins allongés que dans les artères.
Dans le tissu propre de l'endocarde, la portion conjonctive est très réduite et la membrane presque entièrement formée de lissu élasti([ue. Celui-ci consiste essentiellement en fibres élastiques de volume inégal et diversement orien tées. Ces fibres, plus délicates au voisinage de la surface interne, s'organisent immédiatement au-dessous de l'endothélium en un réseau fin el serré. C'est dans les oreillettes, et spécialement dans l'oreillette gauche, que les formations élastiques de l'endocarde atteignent leur maximum d'importance : ou les voit dans cette région se condenser en de véritables lames ou membranes élas-
(1) Pour plus de détails voir : Bibliographie Anatom-, sept. -cet. 1800.
DU CiKUH
([((lies (S(m'|)[)). Sur les cordages teiulinoux rendocarde se rédiiil à l'eiidolbéliiiiii doublé du réseau élasiique sous-eudolliélial.
L"éléiuent conjonclif rei)reud la preuiière place ii la face externe ou prorundo de l'eudocarde, où il constitue une assise lâche, continue avec le tissu conjonclii'du myocarde et parcourue par les nerfs et les 1 ymphatifj iies sous-endocardiques ainsi que par les réseaux de Purkinje (voir pour la morphologie et la signification de ces réseaux : tome II, fasc. 1 ; Généralités sur le muscle, p. 2i).
(.)utre les fibres conjonctives et élastic[ues, la membrane interne du cœur renferme encore, surtout dans sa portion auriculaire, quelques fibres lisses que Luscbka a considérées comme l'écjuivalent mor|)hologique de la tuni(|ue musculaire du système vasculairc sanguin.
L'endocarde proprement dit est totalement dépourvu de vaisseaux sang ii nis ; j'ai démontré qu'il renferme en revanche un réseau nerveux délicat, émané du plexus sous-endocardi([ue (v. nerfs du cœur) et accompagné d'arborisations sensibles très com|)liquées, récemment découvei'tes et ligurées par Smirnow.
Les valvules auriculo-venlriculaires et seiui-lunaires ne sont jnis de simples replis de l'endocarde, mais elles doivent être considérées comme essentiellement formées |)arunelame fibreuse (lame valvulaire), émanée des anneaux fibreuxde la base du ceur et recouverte sur ses deux faces par l'endocarde. Chez l'enfani nouveau-né, on rencontre dans la lame fibreuse propre des valves mitrales et tricuspidiennes, sur une étendue variable à partir de leur insertion, quelques éléments erratiques de la musculature des oreillettes et des ventricules. Ils disparaissent chez l'adulte pour faire place à des éléments élastiques (Seipp).
Les formations élastiques des valvules cardiaques ne présentent pas uneégale iiuportauce sur les deux faces de celles-ci : plus faibles sur les faces ventriculairesde la mitrale et de la tricuspide, et sur les faces artérielles des sigmoïdes, elles présentent sur les faces opposées une épaisseur beaucoup plus considérable, épaisseur en relation soit avec les frottements qu'elles subissent de la part du sang (Cornil, Jtanvier, Renaut), soit avec la tension plus forte qu'elles supportent sur les faces considérées dans l'état d'occlusion (Seipp).
Des considérations mécaniques analogues rendent également compte du développement généralement j)répondérant du tissu élasti(|ue dans les valvules du cœur gauche.
FjCS cordages tendineux olfrent la siruclure des tendons, et leurs faisceaux se fusionnent directement avec ceux de la lame fibreuse valvulaire.
Lex val cilles carfliaqnea rcnfei'ment-elles: flex Cff/.s-.svYn/.r'? Question qui. depuis Luschka, partisan de l'affirmative, l'ut bien des fois débattue eL diversement résolue. L'avis général l'ut longtemps (jue ces organes devaient renfermer des vaisseaux, mais en petit nombre. En d886,Coen, chez l'hounne et quelques mammifères, accordait l'irrigation sanguine aux valvules auriculo-ventrieulaires et la refusait totalement aux sigmo'ides. Darier, en 1888, l'Iablit en principe qu'à Vvlal normnl il n'existe pas de raisseau.T dans les parties purement /ibrn-étasli//ues des rnlrnles; la présence de vaisseaux sanguins dans la majeure portion des valvules auriculo-venlriculaires de l'enfant, et leur persistance dans un territoire très réduit de la base de la grande valve mitrale de l'adulte étant éiroitement liées ù l'existence en ces régions de tissu musculaire cardiaque. D'autre part, il est incontestable que les altérations pathologiques de longue durée de ces voiles membraneux s'accompagnent fréquemment d'un développement vasculaire parfois considérable et susceptible d'expliquer les divergences des opinions antérieures.
Les nerfs, eux aussi, ont été longtemps déniés aux valvules cardiaques ; II 41
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or j'ai pu récemment m'assurer de leur présence dans les deux catégories de valvules, et constater en même temps leur rareté relative. Ils courent au-dessous du revêtement endocardique, émettant à la fois vers la surface et dans la profondeur de fines fibrilles terminales. A noter la disposition qu'ils affectent dans les valvules artérielles : issus d'un petit plexus occupant la partie moyenne de leur bord adhérent, ils s'irradient en éventail dans tout le voile, gagnant ainsi jusqu'à son bord libre et émettant çà et là des branches à direction transversale.
Les valvules veineuses d'Eustachi et de Thehesius possèdent une constitution voisine de celle des valvules artérielles.