LVMPIIATIOLIES DE LA TÈTE ET DU COU
sunient alors en doux Iroiics qui vont s'accoler plus ou moins intimement à la veine faciale et vont se terminer dans les ganglions sous-maxillaires (Most). Ils s'anastomosent avec les lym]ihati(|ues des téguments du nez (vov.
h) Les (ronc!< po^lcr'u-urs, beaucoup plus volumineux que les précédents, constituent la voie lijniplialiquc principale des fosses nasales. Ils naissent à la jonction des fosses nasales et du pharynx, au-dessous et un peu en avant de l'orifice pharyngien île la trompe. Il y a là comme un centre autour duquel paraissent s'ordonner les mailles des ])ortions adjacentes du réseau et qui constitue le rendez-vous lymphatique général de la pituitaire. Les troncs nés à ce niveau peuvent suivre une double direction : Un pfeniier i/roupe de collecteurs (2 ou 3) se porto en bas et en dehors, en cheminant sous la mu- ([ucuse du pilier postérieur. Un peu au-dessus de la grande corne de l'os hyoïde, ces vaisseaux s'unissent aux 13'mphatiques veuus de la région auivgdalienne, ])erforent la tu nique musculaire <lu pharynx et vont se jeter dans 1 ou 2 ganglions placés sur la jugulaire interne au-dessous du ventre j)ostérieur du digastrique. Comme nous l'avonsvudéjà(p. 1277), ces ganglions appartiennent au groupe interne des ganglions sous-storno-mastoïdiens. — Le deuxième ijroupe de ces collecteurs comprend de 2 à 4 vaisseaux plus volumineux que les précédents. Ces lymphatiques se portent d'avant en arrière surj la paroi latérale du pharynx, en cheuiinant sous la muc[ueuse. Lorsqu'ils arrivent à la jonction de la paroi latérale et de la paroi postérieure du pharynx, ils perforent le constricteur supérieur et se terminent dans les ganglions rétro-pharyngiens (voy. p. 127;")).
En résinné. les lyuiphatiques de la muqueuse des fosses nasales aboutissent aux ganglions rétro-pharyngiens, aux ganglions supérieurs de la chaîne jugulaire inlorne et très accessoireuiont aux gqnglions sous-maxillaires. Le groupe rétro-pharyngien a nue importance toute particulière, car, quel que soit le ])()int de la muqueuse oii ait porté la piqûre, ces ganglions sont toujours colorés par la niasse (Most).
Lymphatiques des sinus. — Les lymphatiques de la muqueuse qui tapisse les cellules et sinus annexés aux fosses nasales sont encore mal connus. Le peu de développement que présentent ces cavités chez l'enfant, qui est l'objet de recherches haliituel pour l'injection des lymphatiques, rend assez malaisée l'étude de l'appareil lymphatique de ces cavités. A priori, en se basant sur l'origine de ces cavités et slu' la disposition de leurs vaisseaux sanguins tels que hvs a
l'Oinilill ET lillARTV. — 11. S.")
[PomiEii ET crxEo.]
ÉTUDE SPÉCIALE DES LYMPHATIQUES
décrits Zuckerkandl, on peut admettre que leurs lymphatiques aboutissent aux mêmes ganglions que les lymphatiques des fosses nasales. C'est d'ailleurs ce que semblent démontrer les recherches de Most, d'après lequel toutes les cellules et tous les sinus, y compris les sinus frontaux, enverraient leurs lymphatiques dans les ganglions rétro-pharyngiens. L'existence de lymphatiques, traversant la paroi externe de ces cavités pour se joindre aux lymphatiques de la face, est cependant possible; mais jusqu'à présent on n'a pu réussir à les injecter.
Les lymphatiques des fosses nasales ont été bien décrits pour la première fois par E. Simon (18.j9). Sappey les a injectés chez Thomme, le cheval, le mouton, le bœuf, et a donné une excellente description du réseau d'origine. Tout récemment, Most a repris Tétude des collecteurs de ce réseau et les a très complètement décrits. — Most. Ueber den Lymphgefassapparat von Nase und Rachen. Arch. f. Anal. u. Entwickelungsgesch ., Anat. Alith., 1!)0I, p. 74.
Lymphatiques de l'oreille moyenne. — Les lymphatiques de la caisse du tympan sont encore mal connus. On admet que, nés d'un réseau annexé à la muqueuse, ces vaisseaux vont se terminer dans les ganglions contenus dans la loge parotidienne et dans les ganglions rétro-pharyngiens. — Les lymphatiques de la trompe d'Eustache se portent vers l'orifice pharyngien de cette
dernière et se terminent dans les ganglions rétro-pharyngiens. — En raison de l'importance que présente l'étude de ces vaisseaux au point de vue pratique, il y aurait lieu, nous semble-t-il, de reprendi*e leur étude.
Lymphatiques du larynx. — Réseau ij'oiuGiNE. — Le réseau d'origine des lymphatiques du larynx s'étale sur toute l'étendue de la surface interne de l'organe. Il présente son maximum de densité dans les points où la muqueuse présente sa plus grande épaisseur. On peut le considérer comme formé de deux territoires distincts, répondant respectivement à la zone sus-glottique et à la zone sous-giottique du larynx.
Au niveau du territoire supérieur, le réseau, extrêmement dense et d'une injection très facile, couvre l'épiglotte, les replis aryténoépiglottiques, les cordes vocales supérieures et les ventricules laryngés. — Le réseau du territoire inférieur, quoique également très développé, est cependant moins riche que le réseau sus-glottique.
Ces deux territoires sont séparés par les cordes vocales inférieures, au niveau desquelles les vaisseaux lymphatiques sont très rares et très déliés. La dessiccation de la muqueuse, très mince en ce point, rend l'injection de ce réseau glottique assez difficile (Poirier). Lorsqu'on injecte ce
Fio. 642. — Lymphatiques du larynx (d'après Most).
a, b, nodules ganglionnaires thyro-hyoïiliens placés sur le trajet des collecteurs venant des gouttières pharyngo-laryngées. — c, c, ganglions de la chaîne jugulaire interne. — d, collecteur du pédicule supérieur. — e, f, collecteurs du pédicule moyen. — q, ganglion de la chaîne réeurrentiellc. — h, ganglion prétrachéal.
lAMI'll ATIQUES DE LA TÈTE ET KE COU.
réseau, rinjection passe ((rdiuaireiiient dans les vaisseaux de la zone sus-glottique, plus rarement dans ceux de la zone sous-gloLtique (Most).
Bien que les deux territoires lymplialiques du larynx communiquent largement l'un avec l'autre au niveau de la ])aroi postérieure du larynx, il est rare d'obtenir, en piquant im seul de ces territoires, une injection totale du réseau l'udo-larvngé. — Ajoutons (|ue les injections l'ranchissent très facilement la ligne médiane; mais si la masse injectée dans une des moitiés du larynx passe l'acilcmcnt dans le réseau muqucux de la moitié apposée, il est, en revanche, •exceplioiUH'l qu'elle arrive jusqu'aux ganglions correspondant à celle-ci. — Les lymphati([ues du larynx ])résentent de ndudn'euses anastomoses avec les réseaux des organes adjacents (langue, pharynx, trachée).
T[. Troncs collixieius. — I ) Ees troncs émanés du rr^enu SU><-i) lot tique se dirigent vers les bords latéraux de l'épiglotte et les replis aryténo-épiglottiques ; ils descendent ensuite dans la gouttière pliaryngo-laryngée, puis perforent la membrane hyo-thyroïdienne au niveau du point de pénétration de l'artère larvngée supérieure. En ce point, ils sont ordinairement au nombre de 4 ou de 5. Dès leur émergence, ils divergent. L'un deux, ascendant, croise le nerf grand bvpoglosse et va se jeter dans un ganglion sous-sterno-mastoïdien placé immédiatement au-dessous du ventre postérieur du digaslriciue. l'n ou deux troncs moyens, horizontaux, gagnent les ganglions placés sur la jugulaire interne en regard de la bifurcation de la carotide primitive. Enfin un ou deux troncs descendants vont se jeter dans des ganglions de la même chaîne, mais situés plus bas au niveau de la partie moyenne des lobes latéraux du corps thyroïde (voy. fig. G42).
2) Les troncs émanés du ter/'iloire >ioii!<-f/loltiijue se groupent en deux pédicules distincts, l'un antérieur, l'autre postérieur.
a) Le pédicule an tcrlcur ou >iupm-rricoïtlien est formé par .3 ou ~ Cliaine récurrenlielle
Il -, ... (d'après lîoubaud).
4 troncs qui émergent a travers ,. „ .
. ^ n, a, iï.ingnons prcl.ii'ynp'S. — )), gnngliciii iin'cni'oulicn.
la membrane Cnco-thyroïdienne, — c, ganglion t\e. la clmine rr.cniTPnliellf. — d, ganfîllon de
près de la ligne médiane. Un et r/'' ■''■''■'^
^ v-u rienre. — g, veine jugulaire inli'rric. — h. Imne braiMim-ce-
parfoiS deux de ces troncs s'arrê- ph^ilique. — ï, carotide primilive gain he. — J, sous-i K-n iére
tent dans les ganglions prélarvn-
ges (voy. p. 1280). lîn troisième passe en avant de l'isthme du corps thyroïde et va se jeter dans un ganglion prétracliéal (Most) ; un ou plusieurs autres se
[poii;ii;n i:r cuxiio.]
ÉTUDE SPÉCIALE DES LYMPHATIQUES
portent en bas et en dehors, vers un des ganglions moyens de la chaîne jugulaire interne (voy. fîg. C42).
b) Le pédicule postérieur ou soiis-cricoïdien traverse la membrane crico-trachéale à la jonction des faces latérales et de la face postérieure de la trachée. Il comprend plusieurs troncs qui s'accolent au récurrent et à la partie terminale de l'artère laryngée postérieure et vont se terminer dans les ganglions de la chaîne récurrentielle. De ceux-ci partent des troncs qui vont aux ganglions sous-sterno mastoïdiens et sus-claviculaires (voy. fig. 64.3). — Les troncs du pédicule postérieur s'anastomosent avec les vaisseaux lymphatiques du corps thjTOïde, et, lorsqu'on les injecte, on obtient souvent une injection partielle du réseau périthyroïdien.
En résumé, les lymphatiques du 'larynx aboutissent aux ganglions de la chaîne récurrentielle, aux ganglions sous-sterno-mastoïdiens et accessoirement aux ganglions sus-claviculaires. Les ganglions sous-sterno-mastoïdiens représentent leur aboutissant principal. Il importe de remarquer à ce propos que les lymphatiques laryngés, comme d'ailleurs la plupart des autres lymphatiques viscéraux du cou, se distribuent plus particulièrement aux ganglions les plus internes de ce groupe, c'est-à-dire aux ganglions disposés en chaîne verticale le long de la veine jugulaire interne. Quant aux ganglions prélaryngés nous avons vu plus haut (p. 1280) qu'il fallait les considérer, non comme des ganglions régionnaires, mais comme de simples nodules ganglionnaires interrupteurs, placés sur le trajet des collecteurs du groupe moyen.
Il est intéressant de remarquer en passant que les petits ganglions que l'on trouve au niveau de la membrane tliyro-liyoïdienne, près de l'émergence des troncs du pédicule supérieur, ne reçoivent pas de lymphatiques venus du larynx. Ils sont annexés aux collecteurs nés des gouttières pharyngo-laryngées ; ils appartiennent donc à l'appareil lympiiatique du pharynx (voy. p. 1297).
Bibliographie. — Poirier. Lymphatiques du larynx. Progrès médical, 1887, n° 19. — MosT. Ueber die Lymphgefasse u. Lymphdrusen des Kehlkopfes. Annt. An:-., 1899, p. 387, 393. — MosT. Ueber den Lymphgefassapparat von Kehlkopf u. Trachea, etc. Deulschc Zcitschr. /". Chir., 1900, LVII, p. 199. — Roubaud. Contribution à l'étude des lymplialiques du larynx. Thèse Paris, li]02.
Lymphatiques de la portion cervicale de la trachée. — Ces lymphatiques naissent d'un réseau sous-muqueux, très pauvre et difficile à injecter. Les troncs émanés de ce réseau cheminent dans les espaces intercartilagineux, perforent ceux-ci au voisinage de leur extrémité postérieure et vont se terminer dans les ganglions de la chaîne récurrentielle.
Lymphatiques du corps thyroïde. — Réseau d'origine. — Les vaisseaux lymphatiques du corps thyroïde, dont nous ne rappellerons pas ici le mode d'origine (voy. t. IV, p. 578, 581), viennent aboutir en dernière analyse à un réseau placé dans l'épaisseur même de la capsule de cet organe. A ce réseau peuvent être annexés de petits ganglions sur lesquels Most a récemment attiré l'attention. Legendre avait d'ailleurs depuis longtemps signalé la présence pos- .sible d'un ganglion au niveau du bord postérieur des lobes latéraux de la glande, un peu au-dessus de leur extrémité inférieure, mais il ne faut pas accepter sans réserve ces observations anciennes, à cause d'une confusion possible avec les glandes parathyroïdiennes, alors inconnues.
TRONCS COLLECTEURS TERMLNAUX.
II. Troncs collecteurs. — Du i-i'seau capsulairo pc'rilliyroïdion partent deux ordres de troncs, les uns ascendants, les autres descendants.
1) Les troncs aKCcnilanls sont les uns médians, les autres latéraux. Les troncs médians se détachent du ])ord supérieur de l'isthme et gagnent le ganglion prélaryngé (Legendre, Gérard Marchant). — Les latéraux suivent plus ou moins exacleuient le trajet de l'artère thyroïdienne supérieure et vont al)outir à des ganglions sous-sterno-mastoïdiens, placés au niveau de la Ijilïircalion de la carotide primitive.
2) Les troncs descendaals l'orment également deux groupes. Les uns, médians, gagnent les ganglions prétrachéaux; les autres, latéraux, vont aux ganglions de la chaîne récurrentielle.