‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 3)Chapitre 24 sur 190 · ARTÈRES CAROTIDES PRIMITIVES · texte numérisé non relu

ARTÈRES CAROTIDES PRIMITIVES

Syn. : a soporalis (Vésale) ; troncs oéplialiques (Chaussier) ; carotis communis s. primitiva.

Les carotides primitives sont au nombre de deux ; elles s'étendent : la droite, de la bifurcation du tronc brachio-céphalique, la gauche, de la crosse de l'aorte au bord supérieur du cartilage thyroïde, où elles se divisent en deux branches terminales: la carotide externe et la carotide interne. Le niveau de la bifurcation est d'ailleurs variable ; elle peut se faire au niveau de l'os hyoïde et même au-dessus. D'après Merkel, la bifurcation élevée se rencontrerait chez les individus à cou court et la bifurcation basse chez les sujets à cou allongé.

De ces ditlérences d'origine, il résulte que les deux carotides diffèrent par leur longueur, la gauche étaut plus longue que la droite, de toute la longueur du tronc brachio-céphalique. FJles diffèrentégalement par leur situation générale ; on a vu (lig. .37.S) que la portion horizontale de la crosse aortique était orientée dans un plan presque sagittal; le tronc brachio-céphalique unissant eu avant delà carotide gauche, la carotide droite sera, du moins à son origine, sur un ])lan plus antérieur que la carotide gauche.

A leur origine, les deux carotides se dirigent en haut et un peu en dehors, puis elles deviennent verticales et cheminent parallèlement entre elles dans tout le reste de leur trajet. D'après Richet, la direction des deux carotides ne serait cependant pas absolument identique : la carotide droite répondrait à une ligne partant du milieu de l'espace compris entre la branche montante de la mâchoire et l'apophyse mastoïde pour aboutir à l'extrémité interne de la clavicule; la ligne de la carotide gauche aboutirait à l'intervalle qui sépare les deux faisceaux du sterno-mastoïdien.

On admetgénéralement que le calibre des carotides e&l sensiblement uniforme. Cependant Stahel regarde comme constant un rétrécissement siégeant à la partie moyenne de leur trajet (voyez Stahel, Ueber Artérienspindeln, Arch. f. anat. u. Phys. Anat. 1886, S. 310). En outre, il existe souvent, à la partie supérieure des carotides primitives, au niveau même de la bifurcation, une dilatation plus ou moins marquée, bulbe carotidien. Cette dilatation n'existe jamais chez le nouveau-né; on ne la rencontre qu'exceptionnellement chez des sujets ayant moins de trois ans. Elle peut même faire défaut chez des individus âgés; cependant, il est peu de vieillards, surtout de vieillard? alhéromateux, qui ne la présentent à un degré plus ou moins avancé.

D'après Binswangor (Anat. [Jntersucli . uber die Ursprunstelle iincl rien Anfan^thcil tler carotis interna. Arch. f. l'sychiatric, 1879, Bd IX), la dilatation porterait autant, sinon plus sur la carotide interne que sur la carotide primitive. Elle présenterait les trois jnodalités suivantes ; la dilatation commence au niveau de la bifurcation et se prolonge sur les deux branches, plus marquée cependant au niveau de la carotide interne: — la dilatation commence au niveau de la division, mais ne se prolonge que sur la carotide interne: — seule, la partie initiale de la carotide interne est dilatée.

Rapports. — Les rapports des deux carotides primitives soni identiques dans la région cervicale. Mais, la carotide primitive gauche présente une portion intra-thoracique que ne possède pas la carotide droite.

Dans cette portion intra-thoracique longue de 3 cm, environ, la carotide pri-

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luilive gauclu! r'é|)oiHl : oi avanL, ù l'origine du tronc veineux lirachio-céphaiique gauche, qui la croise ()bli(|U(MUPnt el la sépare du sternum doublé à ce niveau par le muscle sterno thvroïdien ; entre l'artère et la veine descendent les nerfs cardiaques supérieurs du pneumogastrique ; — en arrière, à l'artère sous-clavière gauche et à rorigine de la vertébrale correspondante ; — oi dehors, il la plèvre et au poumon gauche; le nerf pneumogastrique, situé dans la région cervicale derrière l'artère, contourne ici sa face externe pour descendre en avant et à gauche de la |)ortion hoi'izoïitale de la crosse aorlique; — en dedans, la carotide répond à l'origine du tronc brachio-céphalique, dont elle s'écarte à angle aigu, à la face latérale gauche de la trachée et au nerf récurrent ; l'œsophage, situé plus en arrière, reste distant de l'artère de 1 cm. et detni environ.

Dans leur portion cervicale, les deux carotides alîectent des rapports identiques.

En arrière, elles reposent sur les apophyses transverses des vertèbres cervicales, un [)eu en dedans des tubercules antérieurs de ces vertèbres. On sait l'importance de l'un de ces tubercules (celui de la sixième cervicale, tubercule de Chassaignac), comme point de repère dans la ligature de la carotide primitive. I^e plan osseux est doublé h ce niveau par les muscles long du cou et di'oit anléiieui', recouverts |)ar l'aponévrose ])réverlébiale. Le grand sxnipathi(|ue descend en arrière des carotides, et certaines de ses branches cardiaques (nerf cardiaque supérieur et moyen) ont un long trajet rélro-carotidien avant de pénétrer dans la cage thoraci(jue. Au niveau du tubercule de la sixième cervicale, la face postérieure de la carotide est croisée perpendiculairement par l'artère thyroïdienne inférieure.

En dedans, les carotides répondent à la trachée, à l'œsophage el aux nerfs récurrents et, plus haut, au larynx et au |»harvnx. I^es rapports de l'œsophage et de la carotide sont beaucoup plus étendus à gauche, à cause de la situation légèrement asymétrique du conduit œsophagien qui déborde la trachée de ce côté. Leur partie supérieure est longée par la thvro dienne supérieure.

En delwrs, elles répondent à la veine jugulaire interne ([ui, lorsqu'elle est disten<lue, proémine en avant de l'artère el la recouvre en ])artie ; la veine tend de plus en plus à se placer en avant de l'artère; elle lui devient franchement antérieure au voisinage de sa terminaison. Dans l'angle ouvert en arrière que forment l'artère el la veine, se trouve le nerf pneumogastrique, qui, dans <iuel(jues cas cependant, j)eut rester assez éloigné de la veine ; il se place alors en arrière de l'artère.

En avant, l'artère est recouverte par les plans suivants: peau, peaucier, couche celluleuse sous-jacente dans buiiudle on Irouve les filets de la branche cervicale transvei'se et souvent une veine jugulaire accessoire, el slerno-cléidomasioïdien engainé dans un dédoublement de l'aponévrose cervicale superficiel le. Il est classiipie de dire que l'artère étant verticale el le muscle obli(|ue en haut et en arrière, les rapports des deux or'ganes varient sui\ant le point considéré: en bas, à son origine, la carotide répondrait à l'interstice qui sé|)are le chef slernal des chefs claviculaires ; à la partie moyenne du cou, l'arlere ue serait plus recouverte que par le borti aniérieur du muscle ; enfin, elle se dégagerait de ce bord près de sa bifurcation el ses deux branches terminales seraient siiuées

ANGÉIOLOGIE

en avant du sterno-mastoïdien. Ricliet s'est élevé vivement contre cette opinion : pour lui, le muscle, lorsque sa gaine aponévrotique est intacte, recouvre non seulement la totalité de la carotide primitive, mais encore ses deux branches de bifurcation. Richet a évidemment exagéré et, comme le fait remarquer Tillaux,si les ra|)ports donnés par Richet sont exacts lorsque la tète est dans sa position normale, ils deviennent inexacts lorsque la tête occupe la position qu'on lui donne dans la ligature. Au-dessous du sterno-mastoïdien, on rencontre de nombreux ganglions lymphatiques en rapport, moins avec la carotide, qu'avec la jugulaire interne. Sur un plan plus profond, le ventre supérieur de l'omoplato-hyoïdien, tendant l'aponévrose moyenne, croise la face antérieure de l'artère vers la partie moyenne du cou. Sur les vaisseaux, reposent la branche descendante de l'hypoglosse et les rameaux cardiaques supérieurs du pneumogastrique. La face antérieure de l'artère est encore en rapport avec le bord postérieur des lobes latéraux du corps thyroïde ; on dit souvent qu'elle se creuse au niveau de ce bord une véritable gouttière ; d'après Gaudier cette gouttière n'existerait que post mortem et serait la conséquence du décubitus dorsal prolongé des sujets examinés.

Carotide, jugulaireinterne et pneumogastrique sont contenus dans une gaine spéciale qui a été longuement décrite avec les aponévroses du cou (Voy. Myologie, p. 407). •

Les carotides primitives ne fournissent normalement aucune branche collatérale, sauf quelques ramuscules insignifiants à la jugulaire interne, et à la glande intercarotidienne (Ilenle).

Corpuscule intercarotidien (Ganglion intei^carotidien). — Découvert en 1762 par Hallcr et non par Arnold, comme on le dit généralement, le corpuscule intercarotidien a été surtout étudié par Mayer, Valentin, Henle, Luschka. lîn 1863, Switzer (de Copenhague lui a consacré une monographie. Plus récemment (1892), Riefîel a fait de ce corpuscule l'objet d'un travail intéressant (Riefîel, le corpuscule rétro-corotidien, Steinheil, 1892).

Le corpuscule intercarotidien est situé, non entre les deux branches de bifurcation de la carotide primitive, mais derrière ces branches, réunies entre elles à leur origine par une gaine de tissu cellulaire très dense : il est donc plutôt rétro-carotidien qu'intra-carotidien (Rieffel). Il est fixé à la carotide primitive par un trousseau fibreux qui se détache de son extrémité inférieure, et qu'on désigne quelquefois sous le nom de ligament de Mayer.

La forme du ganglion intercarotidien est variable; il est le plus souvent ovoïde à grand axe vertical. Il est quelquefois divisé en quatre ou cinq corpuscules secondaires ; dans ce cas, il peut passer inaperçu, mais c'est à tort que quelqu3s anatomistes l'ont regardé comme inconstant. De consistance ferme, de coloration rougeâtre, le ganglion intercarotidien mesure 7 millimètres de longueur, 4 millimètres de largeur et 2 millimètres d'épaisseur (Luschka). D'après Rieffel, ces dimensions seraient peut-être exagérées. Le ganglion intercarotidien reçoit deux ou trois ramuscules naissant de la carotide primitive (Henle). — Un grand nombre de filets nerveux l'abordent, soit directement, soit après s'être jetés dans le plexus carotidien ; ces filets viennent du ganglion cervical supérieur, des nervi molles de Haller, du glosso-pharyngien, du grand hypoglosse, du laryngé supérieur. Seuls, les rameaux venant du sympathique paraissent constants.

On est loin d'être fixé sur la structure et par conséquent sur la signification morphologique du corpuscule intercarotidien. Luschka a décrit dans ce corpuscule des culs-de-sac glandulaires ; le corpuscule intercarotidien deviendrait ainsi une glande à sécrétion interne comparable à la thyroïde. Arnold a insisté surtout sur la richesse du tissu du corpuscule en vaisseaux sanguins et tendrait plutôt à le rapprocher de la rate. D'autres, frappés par le nombre des rameaux nerveux que reçoit le corpuscule, l'ont comparé à un ganglion nerveux. On tend aujourd'hui à le regarder comme le reliquat d'une disposition atavique disparue. Pour Debierre, il représenterait les débris d'un réseau vasculaire qui est annexé, chez les amphibiens, au deuxième arc branchial.

Variétés. — Nous avons indiqué les variétés d'origine de la G, P. (voir crosse de

DES ARTÈRKS

l'aorte). Elle peut inanquor, les doux carotides secondaires naissant directeiuont soit du tronc brachio-céphalique, soit do la crosse de l'aorte. - — Sa longueur peut être diminuée : on l'a vue se bifurquer à la hauteur du cartilage cricoïde [5 fois sur 293 (Quain), de la cinquième cervicale (Dubrueil, Ilyrtl), do la sixième cervicale (Burns, ou même à la partie inférieure du cou (Monro, Ryan, etc...)- — Sa longueur est augmentée dans les cas de bifurcation tardive, qui peut se faire au niveau de l'os hyoïde ou môme de l'apophyse styloiilc ; la carotide passe alors entre le digasti'ique et le stylo-hyoïdien, pour gagner le canal carotidien, et donne les branches qui normalement naissent de la carotide externe. — La carotide primitive peut donner anormalement naissance à une artère coronaire (Mayer), à la vertébrale firoite, à la vertébrale gaucho, à une thyi'oïdionne Inférieure accessoire, à la thyroïdienne inférieure, a une artère thymiquc, à la thyroïdienne supé tieure, à la linguale, à la pharyngienne ascendante. Ces dernières branches ne viennent de la carotide primitive que dans les cas de bifurcalion tardive de cette artère.

CAROTIDE EXTRUXK Syn, : carotis externa; — a. eoiu. facialis.

Rranche de bifurcation de la carotide primitive, l'arlère carotide externe s'étend du bord supérieur du cartilage thyroïde au col du condyle du maxillaire, point où elle se divise en deux branches terminales : l'artère temporale superficielle et la maxillaire interne. — Sa limite inférieure est variable, comme je l'ai dit, la carotide primitive pouvant se bifurquer entre le bord supérieur (lu cartilage thyroïde et l'os hyoïde, et même, quoique plus rarement, au niveau de ce dernier.

ChPA l'adulte, son calibre, égal à celui de la carotide interne, lui est parfois un |)eu inférieur. Chez l'enfant, et surtout chez le fodus, la carolide interne es! notablement plus volumineuse que l'externe, en raison du développement précoce des centres nerveux et de l'appareil de la vision (Sappey).

Direclio)}.. — Placée à son origine un peu en dedans et en avant de la carolide interne, la carotide externe se i)orte d'abord en haut et en dehors, vers l'angle de la mâchoire ; à partir de ce point, elle devient verticalement ascendante jusqu'au col du condyle, où elle se bifurque.

Rapports. — La carotide externe est d'abord lelalivement superficielle, puis elle s'engage sous le digastri(|ue pour pénétrer dans la loge parotidieiiiie. .Vussi peut-on, au point de vue des rapports, lui considérer deux portions : l'une inférieure sous-jaccnle au digastrii[ue, l'autre snpi'rieure située au-dessus de ce muscle.

Au-dessous du dii/ast riqu.e, la cai'otide externe ap|)artient à la région stei'uomasloïdienne ; sa face externe est recouverte par les plans suivants : ])eau, peaucier contenu dans le fascia superficialis dédoublé, et aponévrose cervicale superficielle, contenant dans un dédoublement le sterno-cléido-mastoïdien ; j'ai signalé ailleurs (voyez carotide pi in\ilive) les dilférentes opinions sur les rapports exacts de ce muscle et des deux branches de bifurcation de la carotide. Sous J'aponévrose, on trouve un tissu cellulo-adi|)eux plus ou moins abondant, renfermant des ganglions, et, immédiatement appliqués sur l'artère : 1° le nerf grand hypoglosse, qui croise l'artère h o ou 20 mm. de son origine et émet à ce niveau sa branche descendante (Voy. fig. 394) ; 2" la terminaison des veines linguale, faciale, thyroïdienne supérieure, (pii, tantôt se jettent isolément dans la jugulaire interne, ce qui est rare, tant('it se fusion-

ANGÉIOLOGIE

lient en un gros tronc commun (tronc thyro-lingno-facial, conlluent inférieur (le Launay) ; ce tronc veineux croise l'artère assez bas, tout près de son origine,

Ti: tinj. b.

es.

Mamm.int .

Fig. 390. — Les carotides, la sous -clavière et ses branchies.

au-dessous de la grande corne de l'os hyoïde. La jugulaire interne, lorsqu'elle est distendue, s'avance sur la face externe de l'artère, mais elle lui reste ordinairement un peu postérieure.

DES ARTHIiES

En dedans, lacarolide exlerno roposp sur I.i paroi du pharynx, formée à ce niveau par le constricteur inférieur ; eniro l'arirre et le pharynx, s'insinue le nerf laryngé supérieur.

E]i arrière, la carotide externe^ r(''|)i)M(l à la carcjlide interne. i,es rapporis respectifs des deux carotides méritent d'être précisés : à son oi'igine, la carotide externe est située en avant et un |)eu en dedans de l'interne, qui (>st |)liis superficielle; mais, par suite de l'ohliipiité en haut et en dehors de la carotide externe, colle-ci croise ohli(|ueinent la carotide interne et passe en dehors. Les deux carotides sont réunies p.ir un lissu icHulaire extrêmemeni dense, (pii

ÏV. l'eiii. t/ii/r.-ling.-fac.

V'iii. ?i'M. — firanclios di^ hi cnrolidc (^xtiTiie : l'.irli'ro linsualo nait |iar un Ironr commun

.niT l'ai'lrn^ l'afialo.

rend leur séparation difficile el forme un véritable ligament intercarotidien, bien décrit par Rieiîel.

En ava)U, la carotide externe émet des branches collatérales. Ihyroïdienne inférieure, linguale, faciale: elle répond à l'extrémilé postérieure de la grande corne de l'os hyoïde.

Au-dessus du dir/ast rigur, la carolide externe chemine d'abord entre le stylo-hvoïdien qui est en dehors, el la paroi du pharynx, puis entre cette

ANGÉIOLOGIE

paroi et la parotide, dans laquelle elle pénètre à la jonction du tiers inférieur et des tiers supérieurs de la glande. Dans cette portion sous-parotidienne, la carotide décrit parfois une courbe à convexité dirigée en arrière et en dedans. Lorsque cette courbe est très accentuée, elle peut se rapprocher beaucoup de l'amygdale, dont la carotide externe est normalement éloignée de 2 cm. environ (voir Riefîei, sur les rapports des amygdales avec les vaisseaux carotidiens, Steinheil, 1892). — Dans la parotide, l'artère chemine entre les lobules glandulaires, intimement adhérente à la glande par les branches qu'elle lui fournit. Exceptionnellement, la carotide externe suit la face interne de la glande sans être englobée par elle. Tous les autres organes intra-parotidiens, jugulaire externe, veine carotide externe de Launay, nerf auriculo-temporal, nerf facial, sont situés en dehors de l'artère; il en est de même de la plupart des ganglions lymphatiques intra-parotidiens.

Variétés. — La carotide externe peut passer en dehors du stylo-hyoïdien au lieu de passer en dedans de lui. Elle peut être très courte, lorsqu'il y a bifurcation tardive de la carotide primitive, ou plus longue que normalement, lorsque la carotide primitive se bifurque prémalurémenl. — Elle peut manquer toutes ses branches naissant d'un même point, forment un véritable bouquet artériel. — La carotide externe peut fournir des branches surnuméraires; on a rencontré : une artère thyroïdienne supérieure accessoire, une ou deux pharyngiennes ascendantes accessoires, une laryngée supérieure, une artère crico-thyroïdienne, une artère pharyngo-basilaire, une artère palatine ascendante, une artère hyoïdienne.

Distribution. — L'artère carotide externe donne six branches collatérales, la thyroïdienne supérieure, la linguale, la faciale, la pharyngienne ascendante, ['auriculaire postérieure, et ['occipitale — et deux branches terminales, la temporale superficielle et la maxillaire interne.

Artère thyroïdienne supérieure. — Cette artère, dont les ramifications se rendent au larynx et au corps thyro'ide, naît au niveau ou un peu au-dessus de la bifurcation de la carotide primitive, parfois même de ce vaisseau ; plus rarement, elle se détache d'un tronc commun avec la linguale. Elle se porte d'abord transversalement en avant et légèrement en bas; après un trajet de S à 10 mm., elle se courbe pour se diriger presque verticalement en bas, vers le lobe correspondant du corps thyro'ide, dans lequel elle se termine. A son origine, elle est recouverte seulement par quelques veines, l'aponévrose cervicale superficielle, le peaucier et la peau ; sur la paroi pharyngienne (constricteur moyen), elle croise le nerf laryngé supérieur; dans sa portion descendante elle est recouverte par l'omo-hyo'idien et le sternothyro'L'dien .

Son calibre, toujours considérable, est en raison inverse de celui des autres thyroïdiennes et en rapport direct avec le volume du corps thyro'ide.

Branches collatérales. — Dans sa première portion, horizontale, l'artère thyroi'dienne supérieure donne :

A. Un rameau sus-hyoïdien, qui suit le bord supérieur de l'os hyoïde et se ramifie dans les muscles qui s'insèrent à cet os;

B. La branche sterno-mastoidienne moyenne, très grêle, qui pénètre dans le bord antérieur du muscle où elle se termine ;

G. L'artère laryngée supérieure. — Cette dernière constitue une véritable

DES ARTÈRES

branche de bifurcation ; elle nail de lu courbure formée par la portion horizontale avec la portion descendante de l'artcie thvroïdienne su|)érieure, s'engage sous le muscle thyro-hyoïdien, traverse la membrane tbyro-hyoïdienne, et se divise dans le larynx en rameaux ascendants et rameaux descendants, qui se distribuent aux muscles et à la muqueuse du larynx et de l'épiglotte.

D. L'artère laryngée inférieure ou crico-thyroïdienne ; de volume assez grêle elle naît, quelquefois, de la branche interne de terminaison de l'artère thyroïdienne supérieure; elle se porte transversalement au-devant de la membrane crico-thyroïdienne et s'anastomose sur la ligne médiane avec celle du côté opposé; elle donne des vaisseaux perforants qui se ramifient dans les muscles et la mui[ueuse de la portion sous-glottique du larynx.

Branches terminales. — L'artère thyroïdienne supérieui e aboi de Iecor[)s thyroïde [)ar le sommet de son lobe laléral et se divise en trois branches terminales : — a) une hranclie externe, qui longe le côté du lobe latéral ; — b) une branche interne, qui s'inlléchit en dedans pour suivre le bord supérieur de la glande; — c) une brandie postérieure, qui gagne la face postérieure de la glande, sur les côtés de la trachée. Toutes ces branches sont Ilexueuses et donnent naissance à de nombreux rameaux qui s'anastomosent dans l'épaisseur du corps thyroïde, entre eux, avec les rameaux venus de la thyroïdienne inférieure du même coté, et avec les rameaux des deux thyroïdiennes du côté opposé.

Variétés. — La liiyroniienne supérieure ujanque rareiiiont dans sa totalité, mais son volume est assez souvent très réduit ; elle ne donne alors que la laryngée su^jérieurc : son territoire thyroïdien reçoit ses artères de l'artère opposée ou de la thyroïdienne inférieure. — L'artère peut être double; il s'agit le plus souvent d'une origine anticipée de la laryngée supérieure. — La thyroïdienne supérieure peut naitre directement du tronc de la carotide externe ou de la linguale. — 1! n'est pas rare de lavoir se détacher du tronc de la carotide primitive. — Son trajet est soumis à quelques variations dues aux llexuosités que décrit l'artère. Chez certains vieillards, elle forme une spire à plusieurs tours, pouvant s'avancer sur le bord antérieur du sterno-cléido-niastoïdien.

L'artère laryngée supérieure peut pénétrer dans le larynx en passant entre le cartilage thyroïde et le cartilage cricoïde; c'est une disposition très fréquente; Arnold et Gruber l'ont vue traverser le cartilage thyroïde, puis ressortir au-dessous du bord inférieur de ce cartilage pour se distribuer au corps thyroïde. — L'artère crico-thyroïdienne peut présenter un volume considérable. On l'a vue former, avec l'artère du côté opposé, un tronc transversal inter-crico-thyroïdien, qui donnait naissance au niveau de la ligne médiane à un gros rameau verticalement descendant. C'est bien à tort que Wood (Transact. of the path. soc, 1859, X, 1 ■! 9) a regardé ce trône transversal comme le reliquat d'une anastomose reliant chez l'embryon les deuxièmes arcs aortiqucs.

Artère linguale. — L'artère linguale nait de la carotide externe près de la grande corne de l'os hyoïde, généralement à un centimètre au-dessus de l'artère thyroïdienne supérieure (voy. fig. 391). Elle se porte en haut et en dedans, recouverte par le ventre postérieur du digastrique, le nerf grand hypoglosse et la veine linguale; elle atteint ainsi le bord postérieur du muscle hyoglosse et s'engagesous sa face profonde. Reposant sur les muscles constricteur moven du pharynx et génio-glosse, elle est recouverte par l'hyoglosse, le nerf grand hypoglosse accompagné des veines linguales, la glande sous-maxillaire et la peau. Au niveau de la grande corne de l'os hyoïde. la linguale donne un rameau sus-hyoïdien qui suit la face supérieure de l'os. Sous la face profonde du muscle hyoglosse, la linguale se bifurque en : artère dorsale de la langue qui

ANGÉIOLOGIE

monle dans la base de l'organe, et artère linguale profonde ou ranine qn\ s'avance jusqu'à la pointe de la langue. Ces artères et leurs variétés ont été complètement décrites avec la langue (v. t. IV, |). 102).

Artère faciale OU maxillaire externe. — L'arlère faciale, remarquable |)ar

M cil. moi/.

F rontalc.

Sus-orbit.

T'jtnp. prof. moi/.

Occip. Aaric. pos'.. / ^

Fig. 392. — Ai'tiTos de la l'ace et du crâne, d'après Bourgery.

son volume et ses llexuosités, naît de la face antérieure de la carotide externe, à quelques millimètres au-dessus de l'origine de l'artère linguale, parfois au même point que celle-ci, ou par un tronc commun.

DES ARTÈRES - G7o

Elle se poiie en avaiil el en li:iiit, contounianl la ylamle sous-iiiaxillaiie et le bord du maxillaire, sur lequel elle ap[)araU au-devant du tuasséler, et se dirige, alors oblii|iuMnenl vers le sillon naso-labial, puis dans la vallée nasogéuienne, à la partie su|)érieure de laquelle elle se termine en s'anastomosant avec une branche de i'oplilbalmique.

Rapports. — A son origine, l'artère est profondément située, couime l'artère linguale ; recouverte par le bord antérieur du sterno-cléido- masioïdien, elle est au-dessous du digaslrique et du slylo-hyoïdien, au-dessus de l'artère linguale, qui lui est presque parallèle, et du nerf bypoglosse ; elle est accompagnée de la veine faciale, plus superlicielle. l'Ins haut, l'artère s'engage sous la face profonde des muscles digastrique et stylo-hyoïdien, presque au contact de la paroi pharyngienne, formée à ce niveau par le consiricleur moyen. Au-dessus du digasirique, l'artère décrit une courbe à concavité inférieure qui la conduit sous le bord inférieur du maxillaire, [/arc, l'étendue et la forme de cette courbe sont des plus variables; tantôt elle est à peine marquée, quelquefcjis. c'est une double courbe en S, dont l'arc supérieur peut s'avancer jusqu'au voisinage de l'amygdale. — Kiell'el (loc. cit.) l'a vue arriver à 12 mm. de l'amvgdale, .3 fois sur Ki sujets.

Dans la partie terminale de sa courbure, la faciale contourne le bord supérieur de la glanile sous-maxillaire, creusant une encoclie, parfois très profonde, dans le tissu glandulaire. L'étendue des rapj)orts de l'artère avec la glande varie suivant la forme et le rayon de la courbe.

.Xrrivée sur le bord inférieur du maxillaire, la faciale nionlc sur la face externe de cet os, parallèlement au bord antérieur du massétcr, recouverle à ce niveau parle peaucier et la peau, l'uis, elle se dirige obli(|uemen t en avant v\ en baul, vers l'aile du nez el la vallée naso-génienne. Dans celli' dernii're partie de son trajet, elle repose sur le buccinaleur, le canin et le transverse du nez; elle est recouverle par le peaucier. le triangulaire des lèvres, le grand et le petit zygomatiques qui la croisent obliquement, et enfin par l'élévateur de la lèvre supérieure et ((uelques rameaux du facial : la veiiic faciale la avise ù aiif/le Ires aiijn.

Branches collatérales. — L'artère faciale donne, di' bas en haut : 1° La palatine inféyieare on, ascendante ; petite, cette branche nait |iarfois du tronc même de la carotide ; elle passe sous les muscles styliens, appliquée sur la |i iroi pharvngienne, et se rend au voile du palais, à l'amygdale [artères lonsillaires) et jusqu'à la trompe d'Kustaclie (N'oir voile du palais, t. IV, p. 163).

2" L'artère sous-nietitale ; — plus volumineuse que la précédente, elle nait de la faciale au niveau du bord inférieur du maxillaire, et se dirige horizontalement en avant; appliquée sur la l'ace interne de l'os, elle suit les attaches du mylo-hyoïdien jus(ju'aux insertions du digastrique. La sous-mentale atïecte un rapport im])ortant avec le bord supérieur de la glande sous-maxillaire, logé dans l'angle dièdre formé par la face interne de la mâchoire et la face externe du mylo-hyoïdien. — La sous-mentale donne des rameaux à la glande sous-maxillaire et au mylo-hyoïdien ; des rameaux externes qui contournent le bord inférieur du maxillaire, irriguent la peau, le peaucier et s'anas-

ANGÉIOLOGIE

tomosent avec les branches terminales(mentonnières) de la dentaire inférieure ; ces branches montent jusqu'à la lèvre. — Parfois, elle donne l'artère sublinguale ou constitue un rameau de celle-ci.

3° Les branches 'ptérygoidiennes ; — grêles, elles se détachent de la faciale, au moment où celle-ci contourne les insertions inférieures du muscle ptérygoïdien interne et s'épuisent dans ce muscle.

4° Les branches massétérines ; — généralement petites, elles abordent le muscle par son bord antérieur.

3° Les artères coronaires ou labiales ; — au nombre de deux, une inférieure, une supérieure, les coronaires naissent de la faciale au niveau de la commissure des lèvres ; elles cheminent, flexueuses, dans l'épaisseur des lèvres et vont s'anastomoser sur la ligne médiane, avec les coronaires labiales du côté opposé, formant ainsi un cercle artériel complet autour de l'orifice buccal. — L'étude complète de ces artères a été faite avec les lèvres (Voir tube digestif, page Yil).

G" Les rameaux faciaux; — sur son trajet facial, l'artère émet des rameaux qui vont aux muscles et aux téguments de la région, en s'anastomosant avec les rameaux de la temporale superficielle (artère transverse de la face) et de la maxillaire interne (artères buccales, sous-orbitaire, alvéolaire).

7° L'artère de l'a'de du nez ; — d'un volume variable, elle naît du tronc facial à la hauteur de la narine, et se divise en deux rameaux : l'un, inférieur, suit le bord externe de l'orifice de la narine, l'autre, supérieur, ascendant, longe le bord supérieur de l'aile du nez. Du rameau inférieur naît parfois l'artère de la cloison, quand elle n'est pas fournie par l'arcade des coronaires supérieures. L'artère de l'aile du nez s'anastomose avec l'artère coronaire supérieure et avec l'artère nasale, branche de l'ophthalmique. Elle constitue souvent la branche terminale de la faciale, qui donne alors un rameau insignifiant, montant dans le sillon naso-génien.

Branche terminale. — Devenue très grêle après l'émission des branches précitées, la faciale monte sur les faces latérales du nez, donne quelques ramuscules aux muscles et aux téguments voisins, et se termine en s'anastomosant avec la branche nasale de l'ophthalmique et avec la sous-orbitaire.

Variétés — L'artère faciale manque rarement, mais elle peut être réduite à un petit rameau qui s'arrête à l'angle du maxillaire. Dans ce cas, le tronc de l'artère est suppléé par la transverse de la face, la nasale, la sous-orbitaire et même la lacrymale. — Inversement, elle peut remplacer toutes ces artères. — Il est très fréquent (presque un tiers des cas) de la voir naître avec la linguale. — La faciale peut avoir un trajet anormal et se mettre en rapport intime avec la face externe de l'amygdale. — Chez .certains sujets l'artère est sous-cutanée dans toute son étendue. — Certaines des branches qu'elle émet normalement peuvent provenir des artères voisines.

Lorsque la faciale nait au niveau de l'angle de la mâchoire, elle appartient à la région amygdalienne. Dans cette situation, la faciale est en rapport : en avant, avec la carotide interne, en dedans avec la carotide externe, en dehors avec la palatine ascendante dont les rameaux tonsillaires sont l'origine ordinaire des hémorrhagies dans l'amygdalotomie.

L'artère faciale peut donner naissance à une artère pharyngienne ascendante, à la maxillaire interne (Quain), à l'artère sterno-cléido-mastoïdienne, à l'artère sublinguale. — Hyrtl l'a vue fournir une branche ascendante qui atteignait la fosse ptérygo-maxillaire et donnait la plupart des branches de la maxillaire interne atrophiée.

Artère pharyngienne ascendante. — Cette artère naît de la face interne et

postérieure de la carotide, au voisinage de l'origine de la faciale et de la linguale ; elle monte verticalement, appliquée sur le pharynx. C'est essentiellement une artère du pharynx; elle a été étudiée à propos de cet organe (voir Splanchn., t. IV, p. \iV.\). Près de sa terminaison, la ph. as. émet

/))■. (leacea.

/u/pogl.

L'a g lie

''ig. 393. — Vue posturiourc du jjliarynx avec ses artères, troncs vasculaires et nerveux ont été écartés de façon tion do leurs branches. A gauche on a conservé veines et les rameaux nerveux pharyngiens du vague enlevée tout prés de son origine. Les artères linguale commun de la carotide extcrm^ L'artère pharyngienne carotide. L'artère palatine ascendante naitde l'angle que la carotide externe. .\ droite on n'a conservé que les v le pharynx ou s'y rendent.

ses veines et ses nerfs. Les gros à permettre de voir la disposiles artères, une partie des . L'artère carotide interne a été et faciale naissent par un tronc nait près tle la bifurcation delà forme le tronc linguo-l'acial avec eines et les nerfs qui entourent

une branche méningienne qui, passant au-devant de la veine jugulaire, donne quelques ramuscules au pneumogastrique et au ganglion supérieur du grand sympathique, |)éuètre dans le crâne par le trou déchiré postérieur, H 4i

ANGÉIOLOGIE

et se ramifie dans la dure-mère qui tapisse les fosses occipitales inférieures; cette branche donne aussi un rameau qui entre dans le crâne par la substance fibreuse du trou déchiré antérieur (Sappey).

Variétés. — L'origine de l'artère pharyngienne inférieure est très variable; il n'est pas rare de la voir naître de l'occipitale, de la faciale, de la linguale ou dos carotides. — Elle peut manquer et être remplacée par la palatine ascendante. Ilyrtl l'a vue pénétrer dans le canal carotidien et se terminer comme artère méningée, au voisinage de la selle turcique, en s'anastomosant avec la méningée moyenne. — Elle peut fournir anormalement la palatine ascendante (anomalie très fréquente) et l'artère laryngée supérieure (Hildebrandt).

Artère auriculaire postérieure. — l/auriculaire postérieure, qui se rend au pavillon de l'oreille et à la partie avoisinante du cuir chevelu, naît de la face postérieure delà carotide, à quelques millimètres au-dessus de l'origine de l'artère occipitale, au niveau du point où la carotide externe passe sous le ventre postérieur du digastrique ; elle naît parfois d'un tronc commun avec l'occipitale.

L'auriculaire postérieure se dirige en haut et un peu en arrière, suivant le bord supérieur du muscle digastrique, appliquée sur la face e.xterne du muscle stylo-bj'oidien ; puis, elle s'infléchit et se porte verticalement en haut, vers le bord antérieur de l'apophyse mastoïde, où elle.se divise en ses branches terminales, V auriculaire et la mastoïdienne.

Les rapports de l'auriculaire avec la parotide sont des plus variables : quelquefois, elle est tout entière en dehors de la glande; beaucoup plus souvent, dès sa naissance, elle pénètre dans la glande et eu ressort au niveau de la pointe de l'apophyse mastoi'de ; quand l'origine de l'artère est reportée un peu plus haut, elle naît dans la glande et aborde ensuite le bord antérieur de fapophyse mastoi'de.

Branches collatérales. — JJans son trajet, l'auriculaire postérieure donne:

a) L'artère alylo-^nastoidienne, qui naît dans l'épaisseur de la glande parotide, passe immédiatement en dehors du nerf facial, et pénètre avec lui dans l'aqueduc de P'allope ; elle donne des rameau.x aux muscles de l'étrier, à la caisse du tympan, aux canaux demi-circulaires et s'anastomose avec les rameaux auriculaires de la méningée moyenne. Parfois l'artère stylo-masto'idienne vient de foccipitale.

b) Des rameaux parût idiens dans la glande.

c) Des rameaux auriculaires, qui se perdent dans la peau de la face postérieure du pavillon.

d) Quelques rameaux musculaires.

e) Des rameaux mastoïdiens, qui se portent en arrière vers les téguments de la région masloi'dienne.

Branches terminales. — Au-dessous du conduit auditif externe, l'artère auriculaire postérieure se divise en deux branches terminales :

1» Une branche supérieure ou auricidaire , qm monte dans le sillon auriculo-crânien, donne des rameaux à la face crânienne du pavillon et quelques rameaux perforants à sa face externe, dans la région de l'hélix et de l'anthéiix ;

DES ARTÈRES

2" Une brandie postériritre on )aasto'idie)i)ie, Jonl les rameaux se poiient on arrière aux téguments de la région mastoïdienne, au muscle occipital ; ils s'anastomosent avec les rameaux de l'occipitale en arrière, et avec ceux de la temporale superficielle en avant.

Variétés. — L'artère auriculfiire postérieure peut nailrc avec l'arlèro occipitale. Elle peut être suppléée par celle-ci ou par l'auriculaire antérieure. — In\ erseinciit, elle peut suppléer l'occipitale par un ou deux rameaux.

Artère slijlo-mnslotdienne. Hj'rtI a vu l'artère stylo-mastoïdienne pénétrer dans la caisse du tympan par sa paroi inférieure, cheminer sur le promontoire, passer enti'o les deux branches île l'étrier, puis sortir de la caisse, soit en pénétrant dans le canal tic b^allope, soit en traversant le tegmen tijmpani pour se distrihuer à la dure-mère. Arnold pense que l'artère en question ne doit pas être regardée comme une artère stylo-mastoïdienne à trajet anormal, mais comme une artère satellite du nerf tle Jacobson anormalement développée.

Artère occipitale. — L'artère occipitale naît de la face postérieure de la carotide externe, à peu près au même niveau rjue la linguale et la faciale, le plus souvenlen regard de cette dernière. Son volume est inférieur à celui des trois branches déjà émises par le tronc carotidien, mais il surpasse celui de l'auriculaire postérieure et surtout celui de la pharyngienne ascendante.

Elle se dirige obliquement en baul et en arrière jusqu'au niveau de i'a|i()physe transverse de l'atlas ; là, elle se réfléchit pour se diriger horizontalement en arrière et en haut, sous le splénins où elle se recourbe pour devenir verticalement ascendante dans sa dernière portion. Presque superficielle, à son origine, elle devient bientôt très profonde, pour redevenir superficielle vers sa terminaison.

Rapports. — A son origine, l'arlcre est croisée parle bord antérieur du sternocléido-mastoïdien; puis, elle s'enfonce et vient au contact de la veine jugulaire interne, sur une longueur de plus d'un centimètre. Entre l'artère et la veine s'insinue le nerf hypoglosse qui se réfléchit autour de l'occipitale pour se porter en bas et en avant, tandis que l'artère se dirige en haut et en arrière. De là, elle suit le bord inférieur du digastriqne et ne tarde pas à s'engager sous ce muscle. Le nerf s|)inal, oblique en bas, en dedans et en arrière, s'insinue aussi entre la veine jugulaire interne et l'artère, dont il croise perpendiculairement la face profonde. L'occipitale arrive ainsi jusqu'à la face supérieure de l'apophyse transverse de l'atlas ; elle passe entre l'atlas et l'occipital, laissant parfois sur cet os une empreinte; à ce niveau, elle est très profondément située sous les insertions supérieures du sterno-cléido-mastoïdien et du digastrique :

ANGÉIOLOGIE

puis, elle s'engage sous le splénius, en rapport en dedans avec le petit oblique. Enfin, elle émerge sous le bord interne du splénius, et apparaît dans l'espace laissé libre eutre les insertions supérieures du slerno-cléido-mastoïdien et du trapèze. Devenue superficielle, elle repose sur l'occipital, recouverte par l'aponévrose épicrânienne et la peau, engainée dans un lacis fibreux dense, qui rend sa dissection très difficile ; dans quelques cas, elle perfore l'insertion supérieure du trapèze.

L'occipitale est flexueuse, en raison de la mobilité de la région qu'elle parcourt; ses rameaux terminaux se répandent dans le cuir chevelu de toute la région occipito-pariétale postérieure. — Elle s'anastomose avec l'occipitale du côté opposé, avec l'auriculaire postérieure, avec la temporale superficielle.

Branches collatérales. — Dans son long trajet, l'occipitale donne de nombreuses collaléi'ales ; les priiici[)ales sont :

1° Vartére stemo-mastoïdienne supérieure, qui nait de l'occipitale au moment où l'hypoglosse vient la croiser, se réfléchit autour de ce nerf et se dii ige transversalement en dehors, pour pénétrer la face profonde du sternocléido-mastoïdien dans lequel elle se termine;

2' V artère stylo-mastoïdienne, qui se détache plus souvent de l'auriculaire postérieure avec laquelle nous l'avons étudiée. Lorsqu'elle provient de l'occipitale, elle naît sous les insertions supérieures du digastrique, s'insinue entre le digastrique et le stylo-hyoïdien et gagne ainsi la face externe du nerf facial avec lequel elle pénètre dans le trou stylo-mastoïdien ;

3° des branches musculaives , qui naissent de la portion horizontale de l'artère et se rendent dans le petit oblique, dans le grand complexus,dans le splénius, dans tous les muscles de la nuque où ils s'anastomosent avec les branches terminales de la cervicale ascendante, branche de la sous-clavière ;

4» une artère cervicale 'postérieure (Cruveilhier), parfois considérable, qui descend entre le splénius et le complexus jusqu'à la partie supérieure du cou;

.'l" une artère ynéningienne postérieure, qui pénètre dans le crâne parle trou déchiré postérieur ou par le trou occipital (Cruveilhier).

Branches terminales. — Elles sont au nombre de deux : l'une, externe, se porte en dehors et en avant, et vient s'anastomoser avec l'auriculaire postérieure; un de ses rameaux pénètre par le trou mastoïdien; l'autre interne, très longue et flexueuse, monte sur les côtés de la ligne médiane, jusqu'au sommet du crâne, distribuant ses ramifications terminales au muscle occipital et au cuir chevelu. L'un de ses rameaux pénètre dans le trou pariétal, rameau pariétal, et se répand dans la dure-mère sous-jacente, où il s'anastomose avec les ramifications supérieures de la méningée moyenne.

Variétés. — L'artère occipitale peut être atrophiée; elle est alors suppléée par l'auriculaire postérieure, par la cervicale profonde, ou même par l'artère vertébrale. -- Elle peut nnitre par un tronc commun avec l'auriculaire postérioure ou avec la faciale, ou la linguale. Elle peut rester superficielle et passer sur le sterno-cléido-mastoiVIien. Il n'est pas rare de la voir se mettre en contact avec la vertébrale au niveau de l'apophyse transverse de l'atlas. Ces deux artères s'envoient quelquefois une anastomose. — HyrtI a vu la branche de bifurcation externe de l'occipitale pénétrer dans le diploë à travers la suture occipito-mastoïdienne, puis redevenir superficielle après un trajet osseux de plusieurs millimètres.

L'occipitale peut fournir la phai'yngienno ascendante, une artère pharyngienne asoen-

DES ARTÈRES

danlo accessoire, des rameaux anasloiiioliques pour la sous-clavicro et la l.hyroïilicnnu inférieure. Le rauieau que l'occipitale envoie ilans le trou pari(Mal peut s'anastomoser avec la méningée moyenne (Jancke. SoMiimering, Barkow, Sappey) ou avec le rameau homologue (lu coté opposé (Gruber).

Artère maxillaire interne. — l/arlèro maxillaire interne, branche de bifurcalioii |)rof(jii(le de la carolide externe, pins voluiniiiense que la temporale, s'étend du col du condyle au sommet de la fosse zygomatiqne ou ptérygomaxillaire. Les var iétés de son trajet, de ses rapports, de l'origine de ses branches, ont été étudiées sous mes yeux, dans mon laboratoire, par mon élève

Fig. — La maxillaire intiTue, variété exLeine.

.luvara, à la thèse duc|uel j'emprunte une |)artie de leurs détails (Anatomie de la région ptérygo-maxillaire, Thèse de Paris, l(S9o).

Trajet. — La maxillaire interne naît de la carotide externe, au niveau du col du condyle; elle s'engage aussitôt dans une boutonnière formée par le bortl interne du condyle et le bord postérieur, é|)aissi, de l'aponévrose ptérygo'idienne : c'est la houlonnière rétro-condijlïenne de Juvara. Le nerf auriculolemporal sort par cette boutonnière, au-dessus de l'artère.

La maxillaire interne se dirige en avant et en dedans, dans la loge du ptérygoïdien externe, appliquée sur la face externe, près du bord inférieur de ce muscle, qui peut être dit sou muscle sateJUle. A partir de ce point, l'artère se dirige très llexueuse, en avant et en dedans, vers le trou sphéno-palatin, fond de la fosse ptérygo-maxillaire. Mais, pour y arriver, elle peut prendre deux

ANGÉIOLOGIE

voies. Tantôt, elle suit la face interne du ptérygoïdien externe, passant ainsi dans l'interstice des deux muscles plérygoïdiens et traverse le ptérygoïdien externe pour arriver à sa destination ; c'est la voie profonde ; tantôt, elle suit la face externe du ptérygoïdien externe, passant entre ce muscle et le muscle temporal, c'est la voie externe. En deux mots, elle pas^e tantôt en dedans, tantôt en dehors du ptérygoïdien externe, qui reste toujours son muscle satellite.

Ces deux variétés sont presque d'une égale fré(|uence : on peut même les

Temp. pv, mit.

Coronoïile

An. musset

Tr. temp di'Hl.

Denl. iiifpi-

, ious-orbit.

Vu

EX Cuyt.B^

Ai'ti'rc iiiavillaire iiilerne, variété pi'oronde.

rencontrer toutes les deux fiiez le mémo sujet ; loulefois, il m"a paru que la variété externe était un peu plus frét[uente.

Variété irrofonde. — l.a maxillaire interne, appliquée sur le bord inférieur de la face interne du ptérygoïdien externe, décrit une première courbe à concavité inférieure ; ])uis, elle se relève et se dirige vers l'apophyse ptérygoïde ; un peu au-dessous delà base de celle-ci, elle s'applique à l'aile ptérygoïdienne externe, qu"elle creuse parfois en gouttière, et s'engage obliquement de bas en haut entre les deux faisceaux du ptérygoïdien externe. Arrivée à la face externe de ce muscle, la M. 1., devenant très flexueuse, décrit une nouvelle courbe à concavité supérieure, et vient s'appliquer à la partie supérieure de la tubérosité maxillaire; elle creuse souvent une gouttière ou fossette sur celleci, et, suivant la partie supérieure de cette tubérosité, elle va traverser l'arrièrefoud de la fosse ptérygo-maxillaire pour s'engager dans le Irou sphéno-palalin,

DES ARTÈRES

à pailir (hiqiiol elle appaiiionl aux fossps nasales, et prend le nom d'arlère sphéno-[)alaline.

Quanti l'artère suit ce trajet, elle croise perpendieulairemeni , dans sa portion sous-plérygoïdienne, les nerfs dentaire inférieur et lingual, près de la réunion de la corde du tympan, et perfore le ptérygoïdien à cùlé du nerf buccal.

Variété externe. — Dans cette variété (Voy. lig- 395), la M. 1., pour arriver au trou sphéno-palatin, suit la face externe du ptérygoïdien externe, cheminant dans l'interstice plérygo-temporal, au milieu du tissu fibro-graisseux qui se trouve entre l'extrémité inférieure du muscle temporal et la face externe du ])térygoïdien externe. Après avoir dépassé le plérvgoïdien , l'artère s'applique sur la tubérosilé du maxillaire et se termine de la même façon (|ue dans la variélé profonde.

Quand l'artère suit ce trajet, elle alfecle avec les nerfs dcnlaire inférieur et lingual des rapports moins infimes (jue dans la variété profonde : elle ne touche le dentaire inférieur qu'au niveau du [)oint où elle contourne le bord inférieur du ptérygoïdien externe, l^lle est loin du lingual ; par contre, elle est croisée par le nerf buccal, qui perfore le muscle ptérygoïdien, et passe en avant de l'artère.

La M. 1. émet quatorze branches collatérales ; l'habitude est di* classer ces collatérales en :

Supérieures ou ascendantes ; — inférieures ou descendantes ; — externes ou antérieures ; — internes ou postérieures.

Pli'rijr/ut. Ti'iiiji. pr. posl.

Les cinq ascendantes sont : la tympaniqae, hi petite méningée, la méningée moyenne, la temporale profonde postérieure et la temporale profonde antérieure.

Les cinq descendantes : la dentaire inférieure, la masséléri)ie, la buccale, les ptérijgo'idiennes et la palatine stipérieurc.

ANGÉIÛLOGIE

Les deux antérieures: Valvéolaire et la sous-orhitaire.

Les deux postérieures : la vidienne et la ptérygo-palatine.

Je décrirai ces branches, en suivant, autant que possible, l'ordre suivant lequel elles se détachent du tronc .M. L (Voy. fig. 397) ; ainsi, on rencontre successivement: la tympanique, la méningée moyenne, la petite méningée, la dentaire inférieure avec l'artère du nerf lingual, la massétérine, les artères ptérygoïdiennes, la temporale profonde postérieure, la buccale, la temporale profonde antérieure, l'alvéolaire, la palatine supérieure, la sous-orbitaire, la vidienne, la ptérygo-palatine, onlîn la branche de terminaison ou artère sphéno-palaline.

Artère tympanique (Lauth). — De très petit volume, elle nait de la M. I. près du col du condyle ; assez souvent, elle vient de la méningée moyenne, plus rarement de la temporale ou de la dentaire inférieure. Elle passe en avant du nerf auriculo-temporal, donne quelques rameaux à l'articulation temporomaxillaire, et pénètre à cùlé de la corde du tympan dans un conduit spécial, pour arriver dans l'oreille moyenne, où elle distribue ses rameaux à la muqueuse de la caisse du tympan ; elle s'anastomose avec les rameaux de la stylomastoïdienne, branche de la carotide externe.

Artère méningée moyenne. — Syn. sphéno-épineuse. — Remarquablepar son volume et son long trajet, elle constitue la plus considérable des branches de la M. \. ; elle irrigue la plus grande partie de la dure- mère, et toute la région temporo-pariétale du crâne. La méningée moyenne naît de la M.î. en dedans du ptérvgoïdien externe, et monte obliquement vers le trou |)elit rond ou sphéno-épineux, dans lequel elle s'engage, souvent après avoir passé dans une boutonnière nerveuse formée par l'auriculo-temporal. — Dans le crâne, elle se dirige en dehors et en avant, creusant un profond sillon dans la paroi osseuse de la fosse cérébrale moyenne ; après un trajet de deux à quatre centimètres, elle se divise en deux branches.

Dans son trajet extra-crânien, la méningée moyenne donne : — 1" quelques rameaux très grêles, qui se perdent dans le muscle ptérygoïdien ; — 2° une petite branche qui descend avec le nerf lingual vers le plancher de la bouche (Juvara) ; — et 3° quelquefois, la petite méningée et l'artère tympanique.

Dans le crâne, la méningée moyenne donne : 1° quelques rameaux à la dure-mère de la fosse sphénoïdale et au ganglion de Gasser ; — 2° un rameau qui pénètre avec le nerf pétreux supérieur dans l'aqueduc de Fallope, où il s'anastomose avec l'artère stylo-mastoïdienne, branche de l'auriculaire postérieure ou de l'occipitale ; — 3° des rameaux orbitaires, qui pénètrent dans l'orbite parla fente ethmoïdale, et s'anastomosent avec l'ophthalmique qu'elles peuvent suppléer ; — 4» quelques rameaux qui pénètrent par la suture pétrosquameuse, et se rendent dans l'oreille moyenne, où ils s'anastomosent avec la stylo-mastoïdienne et la tympanique.

Les branches terminales de la méningée moyenne sont au nombre de deux.

h'antérieure gagne l'extrémité externe de la ])etite aile du sphénoïde, et arrive à l'angle du pariétal ; sur cet os, elle suit parfois la suture fronto-pariétale, plus souvent, elle se tient à o ou 10 mm. environ en arrière de celle-ci

DES AhTÈRlîS

(Marcliand). J'ai itiili(ni6, ailleurs (To|)ographie cràiiio-eiicéphalii|ue, ]). 33), le procédé de trépanation (\n"i\ faut employer pour l'alleiiidre sûrement. Cette branche antérieure est flanquée di> deux veines, dont l'une est son vent confondue avec le sinus spliéno-pariétai.

La. brandie postérieure, plus ])etife, s!^ dirige en haut et en arrière, et se ramifie sur la portion éeailleusedu tein|)oral, et sur la portion inférieure et postérieure du pariétal, en suivant d'abord la suture pétro-occifiitale qu'elle croise plus haut.

La portion intra-crânienne du tronc de la méningée moyenne et ses deux branches de terminaison proéminent sur la face externe de la dure-mère et creusent sur la table interne des os du crâne des gouttières arborescentes, |)arfois transformées en canaux osseux sur certains points de leu i- Irajet. — Ces branches terminales échangent des anastomoses avec celles du cùlé opposé, si bien que les deux bouts de l'artère saignent après la section.

Petite méningée (Laulii). — Inconslanle, elle naît tout près de la méningée moyenne, dont elle n'est Irès souvent i|u'un rameau. I^lle se dirige en haut, suivant hi nerf maxillaire inférieur, el |)énètro avec lui dans le trou ovale. Dans le crâne, elle ré()ond â la face profonde du ganglion de flasser, au(|uel elle donne des rameaux, ainsi (|u'à la paroi externe du sinus caverneux.

Artère dentaire inférieure — Mlle nail du Ir.uic de la maxillaire interne, au moment où celle-ci contourne le bord inférieur du muscle plérygoïdien externe; puis, elle se dirige en bas et en avant, appli(|ué(^ sur la face interne du maxillalr'e inférieur par l'aponévrose inter-ptérygoïdicuiie é|)aissie à ce niveau en ligament splièno-maxillaire. Kn dedans de l'épine de Spix, la dentaire inférieure pénètre avec le nerf dentaire inférieur dans le canal dentaire, qu'elle suit dans toute son étendue.

Au niveau des petites molaires, elle se divise en deux l)ranches: l'une, meitlonnïère, émerge par le trou mentonnier et se rend aux téguments du menton; l'autre, hichive, continue la direction de la denlaire justju'à la symphyse, où elle se perd dans le dipioé.

Ses rameaux collatéraux, rameaux denlaires, en nombre égal â celui des racines des dents correspondantes, montent vers les dents, dans lesquelles ils pénètrent par l'orifice placé au sommet de la racine de celles-ci ; d'autres, rameaux diploïques. vont au dipioé du maxillaire inférieur.

Avant d'entrer dans le canal dentaire inférieui', la dentaire inférieure donne souvent une artère intéressante, sur la(|uelle les recherches de .Juvara ont appelé l'attention, Vartère du nerf lini/ual : au-dessous de celle-ci, elle fournit le rameau mylo-hyoïdien .

Le rameau mylo-hyoïdien se délaclic de la dentaire au moment où celle-ci va pénétrer dans l'orifice du canal dentaire ; il creuse sur la face interne du maxillaire un sillon qui descend vers le muscle mylo-hyoïdien dans lequel le rameau se termine.

L'artère du nerf l'nigual nait de la dentaire inférieure, ou du tronc même de la M. L, entre la dentaire inférieure et la petite méningée ; dès son origine, elle se porte en avant et en dedans, et, après un trajet de quelques miili-

ANGÉIOLOGIE

mètres, elle aborde le nerf lingual qu'elle suit jusqu'à la langue dans laquelle elle se tei'mine.

Artère massétérine. — L'artère massétérine, petite, naît quelquefois par un tronc commun avec la buccale, et assez souvent de la temporale profonde postérieure ou delà dentaire inférieure , elle se porte obliquement en bas et en dehors, au-devant du col du condyle, passe dans l'échancrure sigmoïde avec le nerf massétérin, en avant duquel elle est placée, et pénètre dans la partie supérieure du masséter par la face profonde de celui-ci. Ses rameaux terminaux s'anastomosent avec les rameaux de l'artère Iransverse de la face ; son volume est en raison inverse de celui de la massétérine fournie par la transverse de la face.

Artères ptérygoïdiennes. — De très petit volume et en nombre très variable, elles se rendent aux muscles ptérygoïdiens. Tandis que ces rameaux sont les voies principales de nutrition du ptérygoïdien externe, ils ne sont pour le ptérygoïdien interne que des voies accessoires ; en effet, ce muscle reçoit d'importants rameaux du tronc de la dentaire inférieure et de la faciale, au niveau où celle-ci croise ses insertions inférieures.

Artère temporale profonde postérieure. — F^lle naît très souvent d'un tronc commun avec la dentaire, tronc temporo-denlaire de Juvara (V. fig. 396), ou directement de la maxillaire interne près de son origine; dans ce dernier cas, elle fournit d'ordinaire la massétérine. Le (ronc temporo-dentaire, long de quelques millimètres, naît au niveau de la face interne du ])térygoïdien externe, descend obliquement en avant, en dehors des nerfs lingual et dentaire inférieur, contourne le boi'd inférieur du muscle et se divise immédiatement en : 1° une branche inférieure, qui continue le trajet primitif (l'artère dentaire inférieure) et 2° une branche supérieure qui se recourbe brusquement autour du bord inférieur du muscle; c'est la temporale pj'ofonde postérieure.

La temporale profonde postérieure monte verticalement sur la face externe du ptérygoïdien , en avant et en dedans du nerf massétérin et atteint la crête du sphénoïde. Là, elle se divise presque aussitôt en deux branches qui rampent sur le périoste, sous la face profonde du muscle temporal, et s'anastomosent avec la temporale profonde antérieure et la temporale profonde moyenne.

Altère buccale. — Elle naît du ti'ouc de la maxillaire au point où celui-ci atteint la tubérosité maxillaire, se place tantôt en avant, tantôt en arrière du nerf buccal, sur les insertions antérieures du ptérygoïdien externe, passe dans la partie antérieure de l'espace ptérygo-temporal, et aborde les insertions postérieures du buccinateur ; elle se répand alors sur la face externe de ce muscle, formant un plexus en rapport avec la terminaison du canal de Sténon. Ses branches terminales vont aux parois buccales et aux nombreuses glandes que l'on trouve sur la face externe du buccinateur. La buccale, à ce niveau, s'anastomose avec la faciale, avec l'alvéolaire et la sous-orbitaire.

Artère temporale profonde antérieure. — Cette branche, assez volumineuse, naît de la maxillaire interne, au moment où cette artère décrit ses sinuosités sur la tubérosité du maxillaire, le plus souvent entre la buccale et les alvéolaires ; elle monte dans lagraisse qui sépare le bord antérieur du tempo-

DES ARTÈRES

ral de la paroi antérieure de la fosse temporale, et se trouve ainsi plus temporale antérieure que temporale profonde. Flexueuse, elle donne au muscle de nombreux rameaux qui s'anastomosent avec ceux des artères temporale profonde moyenne, temporale profonde postérieure, et temporale superficielle. Elle émet constamment des rameaux qui [tassent par les trous du malaire dans l'orbite, où ils s'anastomosent avec l'artère lacrymale qu'ils peuvent même suppléer.

Artère alvéolaire. — .\ée sur la tubérosité du maxillaire, elle se dirige en bas et en avant, d'abord assez adhérente à l'os sur lequel elle est comme bridée par une lame fibreuse dépendant du périoste. Presque dès son origine, elle émet deux ou trois rameaux qui pénètrent dans les canaux dentaires j)ûstérieurs et se ramifient dans les racines des grosses molaires, dans la muqueuse des gencives et dans celle du sinus maxillaire {rameaux denla\re>< postérieurs et rameaux gingivaux). Son tronc se divise en plusieurs rameaux fjui forment, sur la tubérosité maxillaire et sur le buccinateui', un plexu,>, prolongement du plexus formé par l'artère bncc ile avec lafjiielie l'arlère alvéolaire s'anastomose.

Artère sous orbiiaire. — Hiancbe importante, elle naît au moment où l'artère, après avoii' décril ses llexnosités sur la tubérosité maxillaii'e, va gagner rarrière-fond de la fosse ptérygo-maxiliaire.

Elle se dirige transversalement en avant, el, après un Irajel de (|uel(|nes millimètres, j)énètre dans la gouttière creusée sur la paroi inférieure de l'orbite; elle suit celle goultière et vient émerger par le trou sons-orbitaire avec le nerf maxillaire su|»érieur.

Dans la fente s|)hènnmaxillaire, elle donne une branche orbiiaire (|ui se divise en deux rameaux : l'un se porte en avant vers la ])aupière inférieure où il

s'épuise ; l'autre se rend g,,^ maxillaire intmie ,lans i arrirrc-

dans la glande lacrymale. fond île la fosse pti'i'ygo-inaxlllairr.

— Dans le canal sous-orbi-

taire, l'artère donne une branche (|ui descend dans le conduit dentaire su- ])érieuret antérieur, et se rend à la ]»nlpe des incisives el des canines.

Arrivée à l'orifice antérieui- du canal sous-oi'bilaire, l'artère s'éjtanonit eu un bouquet de branches : les ascendantes, ])alpébrales, s'anasiomosent avec les rameaux de l'ophlbalmique ; les descendantes vont aux muscles et à la peau de la joue ; les internes, nasales, se rendent aux téguments du nez ; d'autres, externes, vont sur la pommette et s'anastomosent avec les branches de la Iransverse faciale.

Artère vidienne. — Très grèli', elle nail de l'artère maxillaire inlernc tout

ANGÉIOLOGIE

près du trou sphéuo-palatin, se dirige imniédialemeiil en arrière, passe eu dehors du ganglion sphéno-palatin, traverse l'arrière-fond de la fosse ptérygo-maxillaire et pénètre dans le canal vidien ; elle suit ce canal d'avant en arrière, accompagnée par le nerf vidien. Arrivée sous la muqueuse du pharynx, elle se termine sur la partie latérale de la voûte, dans le voisinage de la trompe à laquelle elle donne des rameaux. — Elle s'anastomose avec la branche postérieure de la palatine supérieure ou descendante, et avec l'artère ptérygo-palatine.

Artère palatine supérieure. — Elle naît de la M. I. tout au fond de la fosse ptérygo-maxillaire et descend aussitôt dans le canal palatin postérieur ; arrivée à l'oriQce inférieur de ce canal, elle se réfléchit et se dirige horizontalement en avant entre la voûte et la muqueuse palatines; très sinueuse, elle trace do profondes gouttières sur le |)alais osseux. Sa branche principale chemine dans

Fig. 309. — Branches de la sphéno-pilaline, cloison des fosses nasales.

la gouttière osseuse qui longe le bord alvéolaire, j usqu'au conduit palatin antérieur dans lequel elle envoie un rameau (rameau nasal), qui s'anastomose avec

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la terminaison de la spliéiio-palatine (artère de la cloison); elle donne des rameaux gingivaux et alvéolaires. Peu après son origine, avant de s'engager dans le conduit palatin postérieur, la pal. sup. fournit des rameaux staphyllns, qui pénètrent par les conduits ])alatins accessoires et se distribuent aux muscles, à la muqueuse, et à l'épaisse couche glandulaire de la voûte du palais ( Voy. t. IV, fig. .'Î9), jusqu'à l'orifice de la trom|)e.

Artère ptérygo-palatine (pharyngienne supérieure). — Encore plus grêle (pie la vidienne, à côté de laquelle elle prend origine(fig. 398), elle se porte en arrière, traverse le conduit plérygo-jtalatin, eu compagnie du nerl' de même nom, et se ramifie dans la muqueuse de la voûte en «'anastomosant avec la vidienne.

Artère sphéno palatine. — Au trou s[)héno-palatin, la maxillaire interne, très réduite de volume, prend le nom de sphéno-palaline et |)énètre dans la fosse nasale correspondante. Parfois, elle se divise avant ou au moment de passer dans le trou sphéno-palatin ; il y a alors deux et quelquefois trois artères sphéno-palatines. A l'extrémité postérieure du méat sui)érieur, la sphéno-palaline se divise en deux branches:

I" L'une, interne, artère de la cloison, descend obliquement en avant et vient pénétrer dans le conduit palatin antérieur, où elle s'anastomose avec la palatine supérieure; — l'autre, externe, artère des eor)icts et des méats, donne successivement trois rameaux, ([ui suivent horizontalement les cornets, et s'épuisent dans la muqueuse qui les recouvre. — Le réseau \aseulaire de la ])ituitaire, très riche, sera étudié avec cette membrane.

Résumé de la distribution de la maxillaire interne. — Avec Cruveilhier, on peut résumer la dislribution de la maxillaire inlerne de la façon suivante. l'Jle fournil :

1" aux organes de la mastication (maxillaires, dents, muscles, les artères : dentaire inférieure, alvéolaire , soiis-orbitaire, massétérine, temporales et [itérygoidiennes :

2" aux organes de la déglutition (voûte palatine, voile du palais, pharynx), les artères palatine supérieure, petite méningée, vidienne, ptérygo-palatine ;

3° aux fosses nasales (olfaction), la sphéno-palatine et des rameaux de la sous-orhitaire :

4° à l'oreille (caisse du tympan), l'artère t ympanique :

il la face, les artères buccale , sous-orbitaire , mentonnière (de la dentaire inférieure) ;

0" aux os du crâne et à la dure-mère, la méningée moyenne et la petite méningée.

Variétés. — Tt-mic. — I^ artoro maxillaire interne peut ëtro très réduite et ne donner (jui' la niéninf,'i'c iiioyenui', les autre.s branches étant fournies par les artères avec lesquelles s'anastomose la maxillaire interne.

Branches anormales. — La maxillaire interne peut fournir anormalement la branche terminale postérieure de la temporale superficielle (Haller). la transverse do la face, une artère linguale accessoire. Quain l'a vue donner deux troncs volumineux, qui pénétraient dans le crâne par les trous ovale et petit rond et remplaçaient la carotide Interne absente. MyrtI a signalé, comme branche anormale de la maxillaire interne, une artère méningée accessoire, qui pénétrait dans la caisse du tympan, s'engageait ensuite dans l'aqueduide Fallope et débouchait dans le crâne par le conduit auditif interne.

ANGÉIOLOGIE

Variétés des branches. — Los variétés des branches de la maxillaire interne sont fréquentes. Je ne signalerai que les principales. La méningée moyenne peut donner : l'artère temporale profonde postérieure, l'ophthalmique (Krause), ou une des branches de cette artère. — Hyrtl et Barkow l'ont vue fournir des rameaux perforants volumineux. — L'artère temporale profonde antérieure peut donner la lacrymale, qui pénètre dans l'orbite par la fenlc sphénoidale ou le canal zygoniatico-temporal. — On a signalé l'absence de la plupart des branches de la maxillaire interne et leur suppléance par les artères voisines.

Artère temporale superficielle. — (A. temporalissuperficialis). — Branche de bifurcalion externe et superficielle de la carotide e.xterne, l'artère temporale superficielle se distribue à la moitié supérieure de la face et à la partie antérolatérale du cuir chevelu. — Née au niveau du col du condyle, elle monte verticalement au-devant du tragus, croise l'apophyse zygomatique, et à 3 ou 4 cm. au-dessus de cette dernière, se divise en deux branches terminales.

Rapports. — Au-dessous de l'apophyse zygomatique, l'artère temporale superlicielle est située dans l'épaisseur de la parotide. Elle répond à ce niveau : en avant, au col du condyle et à la partie postérieure de l'articulation temporomaxillaire ; en arrière, au conduit auditif externe. Au-dessus de l'apophyse zygomatique, elle devient sous-cutanée et repose sur l'aponévrose temporale, qui la sépare du muscle temporal. Elle est recouverte parle muscle auriculaire antérieur, l'aponévrose épicrânienne et les téguments à travers lesquels on la voit, d'autant plus flexueuse que le sujet est d'un âge plus avancé.

L'artère temporale superficielle est accompagnée par une veine et par le nerf auriculo-temporal. Ordinairement, on trouve échelonnés, d'avant en arrière, l'artère, la veine et le nerf. Ces trois organes sont contenus, en regard du tragus^ dans une gaine celluleuse très dense, qui rend leur séparation difficile.

Branches collatérales. — La temporale superficielle fournit de nombreuses collatérales. On les distingue en antérieures ou faciales, postérieures ou auriculaires et interne ou temporale moyenne.

1) Les branches ajiterieures, pour la plupart assez grêles, se distribuent à l'articulation temporo-maxillaire et au masséter ; les massétérines, ordinairement au nombre de deux, s'anastomosent avec l'artère massétérine, branche de la maxillaire interne.

Deux des branches antérieures de la temporale méritent une mention spéciale : ce sont Y artère transversale de la face et l'artère zygomato-orbitaire.

L'artère transversale de la face (a. facialis transversa posterior) naît un peu au-dessous de l'arcade zygomatique ; elle se dirige directement en avant, chemine sur la face externe du masséter, au-dessous de l'arcade zygomatique, parallèle et sus-jacente au canal de Sténon, et arrive ainsi sur le buccinateur, au niveau duquel elle se termine. Elle fournit de nombreux rameaux à la parotide, au canal de Sténon, au masséter, au grand et au petit zygomatique, à l'élévateur de la lèvre supérieure, au canin, à la partie inférieure de l'orbiculaire, au buccinateur et aux téguments de la joue. Elle s'anastomose avec les branches postérieures de la faciale et avec les artères buccale, alvéolaire et sous-orbitaire, branches de la maxillaire interne.

L'artère zygomato-orbitaire (R. stipra-orbitalis, A. temporalis ant. de

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Tiedeuiann) snil le bord supériour de l'apophyse zygomatique, logée dans un dédoublement de l'aponévrose temporale, et se distribue à la partie interne de l'orbiciilairo des jiaupières, où elle s'anastomose avec les palpébrales de l'ophthalmique.

2°) Les branches ■postérieures, au nombre de quatre ou cinq, se distribuent aux muscles auriculaires antérieur et supérieur et au pavillon de l'oreille.

3°) La branche interne, ou artère temporale moyenne nait du tronc de la temporale immédiatement au-dessus ou au-dessous de l'arcade zygomatique ; elle traverse l'aponévrose, puis pénètre dans l'épaisseur du muscle temporal, auquel elle se distribue en s'anastomosant avec les deux artères temporales profondes, branches de la maxillaire interne.

D'après I?ai-ko\v (die Blutgefœsso, Taf. XV. fig. 1), la temporale moyenne traverserait, le uniscle temporal et se diviserait au-dessous de lui en deux branches divergentes. Ces deux branches suivent, l'une la partie antérieure, l'autre la partie postérieure do la ligne courbe temporale inférieure et s'anastomosent à la partie moyenne de celle-ci, i'orniant ainsi un arc vasculaire qui longe les insertions supérieures du muscle temporal.

Branches terminales. — l^es deux branches terminales de la temporale superliciclle se séparent à 3 ou 4 cm. de l'arcade zygomatique. L'une se porte en avant, c'est la branche antérieure ou frontale; l'autre continue à monter verlicalement, prolongeant en haut le tronc primitif, c'est la branche 'postérieure ou verticale. Les branches terminales de la temporale cheminent dans le tissu cellulaire sous-cutané; elles soulèvent les téguments, à travers lesquels il est facile de suivre leurs flexuosités, sur les sujets artério-scléreux et maigres.

La branche antérieure ou frontale se divise en un grand nombre de rameaux; les uns se portent en haut et eu avant, se distribuent à la peau du front et au muscle frontal et s'anastomosent avec la sus-orbitaire ; les autres se portent en bas, pénètrent dans la paupière supérieure et s'anastomosent avec la palj)ébrale supérieure.

La branche jjos^'/'iefo'e ou pariétale se divise : en rameaux antérieurs, qui s'anastomosent avec les rameaux delà branche précédente; rameaux supérieurs, qui montent jusqu'au niveau de la suture sagittale et s'anastomosent avec ceux du cùlé opposé, et rameaux ])ostérieurs, qui s'anastomosent avec les artères auriculaires postérieure et occipitale. Tous ces rameaux se distribuent aux téguments, à l'aponévrose épicrànienne, au muscle auriculaire supérieur et à l'aponévrose temporale, que quelques-uns traversent pour s'anastomoser avec les artères temporales moyenne et profonde.

Variétés. — t^e calibre de l'artère temporale superficielle peut être très réduit. Cette artère est alors suppléée par les artères temporales profondes ou par la temp. occipitale, la sus-orbitaire et la lacrymale. — La l)irurcation de la carotide externe peut se l'aire très bas. au niveau delà partie moyenne de la branche du maxillaire: la temp. a alors un long trajet parolidien. — La tvamversnle de la face peut acquérir un volume considérable et suppb'er la sous-orbitaire, la buccale, la faciale, les coronaires. — 11 n'est pas rare de la voir naître d'une autre branche de la carotide comme l'auriculaire postérieure, de la faciale, ou mi''me se détacher directement du troncdela carotide externe. Elle peut être suppléée ]iar des rameaux de la buccale, de la sous-orbitnire. branches de la maxillaire interneavei' lesquelles elle s'anastomose.

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