CAROTIDE INTERNE
Syn. : carotis interna s. cerebralis
Branche de bifurcation de la carotide primitive (fig. 390), la carotide interne s'étend du bord supérieur du cartilage thyroïde à l'apophyse clinoïde antérieure, au niveau de laquelle elle se divise en quatre branches terminales : cérébrale antérieure, cérébrale moyenne, choroïdienne antérieure et communicante postérieure ({\g. HO). Elle se distribue à la partie antérieure du cerveau, à l'œil et à ses dépendances.
Chez l'adulte, son volume est égal ou légèrement supérieur à celui de la carotide externe ; chez l'enfant et surtout chez le fœtus, le volume de la carotide interne l'emporte toujours sur celui de la carotide externe. On admet généralement que les deux carotides internes sont sensiblement égales. Cependant, d'après Agle(Médico-chirurg. transact., 187 1 , p. 279), la carotide gauche serait un peu plus volumineuse que la droite; le même auteur aurait également remarqué que, chez les gauchers, la carotide droite est aussi volumineuse, ou même plus volumineuse, que la gauche.
La carotide interne, d'abord située en dehors de la carotide externe, se dirige en haut et un peu en dedans, croisant, par conséquent, à angle aigu la carotide externe qui a une direction inverse. Elle arrive ainsi sous la parotide, redevient verticale et monte le long du pharynx jusqu'au niveau de l'orifice inférieur du canal carotidien. Là, d'abord verticale comme le conduit lui-même, elle devient ensuite horizontale et transversale ou plus exactement oblique en avant et en dedans ; elle arrive ainsi sur les parties latérales de la selle turcique et pénètre dans le sinus caverneux, dans lequel elle chemine d'arrière en avant et de bas en haut, en décrivant une double courbe en S italique, dont les courbures sont d'autant plus accentuées que l'âge du sujet est plus avancé ; parvenue au niveau de l'apophyse clinoïde antérieure, elle se relève, devient verticale et perfore la dure-mère. Elle donne alors sa seule collatérale importante, l'artère ophthalmique et se divise presque aussitôt en quatre branches terminales.
La carotide interne décrit de nombreuses (lexuosités : sans parler de celles que lui impose son trajet à travers le canal carotidien, et de sa double courbure en S dans le sinus caverneux, elle présente deux ou trois incurvations avant de pénétrer dans le crâne ; celles-ci sont parfois assez accentuées pour faire saillie du côté du pharynx.
Rapports. — Etudiée au point de vue de ses rapports, la carotide interne présente trois portions principales : une portion cervicale, une portion intrapétreuse et une portion intra-crânienne.
Portion cervicale (fig. 393). — Au cou, la carotide interne chemine d'abord, comme la carotide externe, au-dessous du digastrique, dans la partie supérieure de la région carotidienne ; elle s'engage ensuite sous le digastrique et les autres muscles styliens et chemine alors dans l'espace sous-parotidien postérieur. — Au-dessous du digastrique, ses rapports généraux se rapprochent de ceux de la carotide externe; je ne fais que les indiquer brièvement. Près-
DES AHTEHES
i|iic sii|M'i-liciolle, elle l'ùpoiul, en dclwrs, au hurd autérieui' du slt'i'iiu-clcidoiiiastoïdieu, à l'aponévrose siiperficitdlo, au |)eaucier et à la peau. — En de- (liins, elle est contigiië à la paroi du pharynx. • — En avant, elle est eu contact avec la |)artie initiale de la carolid(> externe. — En arrière, elle répond aux ;ipo|)h\ ses Irausverses des vertèbres cervicales, doublées par le droit antérieur et le long du cou. La jugulaire interne longe sa paroi externe.
Au-dessus du digastrique et du stylo-hyoïdien, l'artère chemine dans l'espace sous-parotidien postéi-ieur. Cet espace est limité : en arrière, par les apophyses transvorses de la colonne cervicale; — en avant, par le prolongement pharyngien de la |)arotide et par une cloison libreuse qui |)rolonge en dedans le plan des muscles styliens et comble l'espace triangulaire entre le stylopharyngien et la paroi latérale du pharynx; — en dedans, pai' la paroi du pharynx; cniiu, oi dehors, l'espace n'a pas d(> limites bien nettes; il se [prolonge entre le plan stviien et les apophvses transverses île la colonne cervicale, jusqu'à la face iprofoude du sterno-cléido-mastoïdien. En Itaut, res|)ace sous-parotidien postérieur est surplombé par la base du crâne, percée de nomhi'eux orifices qui livrent passage aux organes vasculaires et nerveux contenus dans cet espace; en bas, il communiffue largement avec la région carotidienne.
La carotide interne est en rapport plus ou moins direct avec les différentes parois de cet espace. Elle est en contact immédiat avec le prolongement pharyngien de la parotide et avec la paroi du pharynx; nous avons dit que ses llexuosités pouvaient repousser cette paroi. En revanche, les rapports de la carotide interne avec l'amygdale sont loin d'être aussi immédiats que l'enseignent les classiques. L'amygdale est en effet placée en regard, non pas de l'esl)ace sous-parotidien postérieur, mais de l'espace sous-parotidien antérieur, et dans les cas moyens, 2 cm. environ la séparent de la carotide interne (Voyez jiour les détails et la l)ibliographie, rapports de l'amygdale, t. IV, p. 128).
l'^nfin, la carotide interne est encore en rapport avec les autres organes contenus dans l'espace sous-parotidien postérieur.
La jugulaire interne, à. sa sortie du trou déchiré postérieur, est d'abord jilacée en arrière de la carotide, puis elle se porte en bas et un peu en dehois et vient s'accoler à la partie externe de l'artère. — Le spinal se porte en bas et en dehors, croise la face postérieure de la jugulaire interne et ne présente point de rapports immédiats avec la carotide interne. — Le pneitmor/aslrique, au .contraire, vient, dès sa sortie du crâne, s(> placer dans l'angle dièdie ouvert en arrière (jue forment en s'accolant la carotide et la jugulaire et descend ensuite parallèlement à la direction de ces vaisseaux. — Le glosso-pharijngien, d'abord situé en arrière de la carotide, croise |)lus bas sa face externe, lorsqu'il change dcdirection pour se porter sur les j)arties latérales du ])harynx et de la base de la langue. — i^e grand Itijpoglosse, au moment où il sort du trou condylien antérieur, est situé en arrière et en dedans de la carotide interne ; il croise ensuite très obliquement la face postérieure du vaisseau, sans être en contact immédiat avec lui, et se jiorte en bas et en dehors pour aller contourner la rarotide externe, immédiatement au-dessous de l'origine de l'occipitale. — Le ganglion cervical supérieur est situé en arrière et en dedans de la carotide interne, à la hauteur des deuxième et troisième vertèbres cervicales. Son Il 45
ANGÉIOLOGIE
rameau jugulaire (tronc commun des rameaux anastomiques pour TX et X) et ses rauieaux comuiunicants pour les preinières paires cervicales, croisent la face poslérieiire Je l'arlère. Les rainpanx [iharyngiens du ganglion croisent la face inlerne de la carotide, le long de laquelle descend verticalement le nerf cardiacjue su|)éiieur. Enfin le rameau carolidien s'applique à l'artère et pénètre avec elle dans le canal inlra-pélreux, où il se divise en plusieurs branches qui forment le plexus carotidien. — Enfin , la carotide interne est encore en rapport dans l'espace sous-parotidien postérieur avec de nombreux gangUons lympliatiques.
Portion intra-pétreuse. — Dans sa portion intra-pétreuse, la carotide interne chemine dans le canal carotidien. Elle est séparée des parois de ce dernier par le plexus sympathique qui l'accompagne et par un plexus veineux. Dans la portion verticale du canal carotidien, elle répond, par l'intermédiaire des parois de ce conduit : en avant, à la paroi postérieure de la portion osseuse de la trompe d'Eustache et du conduit du muscle du marteau qui la croisent perpendiculairement; en arrière au limaçon; en dehors, à la jonction de la paroi antérieure ou tubaire de la caisse du tympan et de sa paroi interne ou labyrinthique.
Dans la portion horizontale du canal carotidien, la carotide interne est en rapport : en bas, avec la paroi inférieure de ce canal, complétée en dedans par les trousseaux fibreux qui obturent le trou déchiré antérieur; en liaut, avec la paroi supérieure du canal, complétée en dedans par la dure-mère et quelquefois par une lamelle osseuse qui se détache du sphénoïde (lingula). La face antérieure de la carotide est croisée, à ce niveau, par le tronc qui résulte de la fusion du grand nerf pétreux superficiel et du grand nerf pétreux profond. Ce tronc, après avoir reçu un filet sympathique du plexus carotidien, prend le nom de nerf vidien, s'engage sous l'artère et sort du crâne par le trou déchiré antérieur.
Portion crânienne. — La carotide interne est d'abord contenue dans le sinus caverneux. Dans le sinus, la carotide occupe la partie moyenne de ce conduit. Sa face supérieure est fixée à la paroi durale du sinus par de solides adhérences. Sa face inférieure donne attache au ligament carotidien, qui va s'insérer sur l'extrémité postérieure de la gouttière carotidienne du corps du sphénoïde et sur le feuillet profond de la cavité durale du ganglion de Gasser (Voir Trolard, Journal de l'anatomie, 1890, ii" 5). La face interne de la carotide est en rapport avec la portion vasculaire du corps pituitaire, sur la face externe duquel elle creuse parfois une gouttière. Sa face externe est croisée, de haut en bas, par le moteur oculaire commun, le pathétique, le moteur oculaire externe et l'ophthalmique. Le moleur oculaire externe est ordinairement libre dans l'intérieur du sinus ; les autres troncs nerveux (ophthalmique, mot. oc. com., pathé.) sont inclus dans l'épaisseur de la paroi externe du sinus.
A sa sortie du sinus, l'artère croise la face externe du nerf optique et, après avoir traversé l'arachnoïde qui lui forme une gaine complète, elle se divise, au niveau de l'extrémité interne de la scissure de Sylvius, en ses quatre branches terminales.
Branches collatérales. — Dans sa portion cervicale, la carotide interne ne
DES ARTERES
(Idiiiic pas, noniialoriient, do l)iaiu lies collalérales ; très exceptionnclliMnciil, ello (loiiiicr mm pliaryngieime ou une occi|)italf. — Dans sa portion intrap(''l l'cu^o, la carotide interne fournit quelques rameaux [leu importants (|ui se distribuent au périoste du canal, et une artériole un peu plus volumineuse, ruineau carolico-l i/mpa)iir}ue, qui pénètre dans le canal de ce noiu et se ramili(> dans la mufiueuse de la paroi inférieure de la caisse du tympan.
Dans sa portion inlra-crùnienne , la carotide interne lournil : un rameau unastomoiiqHe pour l'artère vidieuiie, rameau ijui sort du crâne avec le nei f vidieu ; un rameau anaslouwlique pour l'arlèrc méningée moyenne, et des ramuscules très grêles pour la dure-mere, le ganglion de Casser, et les nerfs qui cheminent dans le plexus caverneux, [.a seule collatérale importante est l arlèi'e opiitlialmique.
l'ariijlés ih; lu curolù/e iiilrnii'. — 1^ absence ili; la carotidi' iiileriic a l'ié notée par Toilcl (1787). Sans disparaître onlièreinenl, cette artère peut être très petite, plus petite iiiènic (|uc la vertébrale correspomlantc. — Les variations île longueur tiennent, comme [lour la carotide externe, à la bifurcation tardive ou prématurée de la carotide primitive.
— La carotide interne peut l'ournir anormalement certaines brandies de la carotide externe : artères pliaryngienne ascendante, linguale, transverse de la face; on a égale nient signalé d'autres branches surnuméraires, comme une artère méningée accessoire, une brandie anastomotique jiour l'artère basilaire, une autre pour les sinus spliénoïdanx.
— Il existe de nombreuses variétés dans la tlisposition et la distribution de ses brandies terminales (voir tome lit, i). (i'.)o).
A r. TÉ KE 0 1' H 1 1 1 A L .\1 1 n b E
L'artère ophUialmique, (|ui distribue ses nombreuses branches à l'œil et aux annexes de l'ieil, naît de la cai'otide interne dans le crâne, sort avec le nerf iqitique jiar le canal osseux de ce nerf, traverse l'orbite et se termine dans les paupières, le front et le nez.
Elle se détache de la carotide, an moment où celle-ci émerge de la paroi su|)érieure du sinus caverneux.
Direction, trajet. — FJIe se dirige horizontalement en avant et un ])eu en dehors, vers le trou ou canal optique avec le nerf optique, au-dessous duquel elle est alors iilacée, et pénètre dans l'orbite. Là, elle contourne le nerf, passe en dehors de lui, puis au-dessus et, continuant son trajet oblique en avant et en dehors, vient atteindre l'angle interne de l'orbite où elle se termine.
Rapports. — Dans le crâne, elle est en dehors du nerf optique; — dans le canal nplique, l'artère est au-dessous et en dehors du nerf, incluse avec lui dans le prolongement orbitaire de la dure-mère; — dans l'orbite, elle est d'abord en dehors, puis au-dessus, et enfin en dedans du nerf optique. L'art. (K est en rajjport avec le ganglion ophlhalmique. Ce ganglion répond, en général, au point où l'artère va croiser le nerf optique pour passer sur sa face supérieure. Le plexus sympathique qui entoure l'artère envoie constamment de petits rameaux au ganglion (racines sympathiques du ganglion). Le nerf lacrymal et le muscle droit externe sont en dehors de l'artère. — Au-dessus du nerf opti([ue, l'artère passe sous le droit supérieur et le releveur d(! la |)aupière, qui la séparent du nerf frontal. Le nerf nasal, placé au coté interne
ANGÉIOLOGIE
(le l'artère, affecte avec elle des rapports plus iminédiats ; il peut être considéré comme son nerf satellite — En dedans du nerf optique, l'artère longe l'interstice du muscle droit interne et du grand oblique, arrive au-dessous de la poulie du grand oblique, sort alors de l'orbite avec la racine inférieure
anl.
Fig. 401. — Artère ophlhaliuique.
(L'injection à base de glycérine n'a pas rempli les vaisseaux).
de la veine ophthalmique (Festal), et se termine en s'anastomosant avec la faciale.
Dans tout ce trajet, l'artère ophthalmique est accompagnée par une veine volumineuse, la veine ophthalmique, qui placée en dehors sur un pian inférieur, aussi souvent sous-jacente au nerf optique que sus-jacente, sort de l'orbite par la fente sphénoidale.
Branches collatérales. — Dans son trajet orbitaire, le long de la courbure en baijO)ïnette qu'elle décrit au-dessus du nerf optique, l'artère ophthalmique donne un grand nombre de branches collatérales.
Artère centrale de la rétine. — C'est la première branche qui se détache du tronc de l'oplithalmique après son entrée dans l'orbite. Nos classiques la font naître en aval de l'artère lacrymale, mais Meyer, dans un important mémoire sur cette artère (morphologische Jahrbuch, 1887, page 414) a montré que la première branche de l'artère ophthalmi(jue était la centrale de la rétine.
DES AIÎTÈHRS
r.iiiirle el gi'iMe, elle csl d'ahoi'd ii|)|)li(jiiée an nerf o|)lii|ui' |i.ir la gain<' ilnre-
(• plonge dans l'i-paisin centre de ce nerf, a(i oni|iai;nce par nn
Siis-orti.
Nasale Elfiiii. oui.
Vis. 402.
- Sclii'iiia (les brandies de l'o|ilillialuiii|uo.
nn-rienne ; pnis à 1."» nun. envirdii du globe ocnlaire, scnr dn nerf opiiqne et chi'nilne petit raniean nerveux (in'rl' de Ticdeniann) vers le globe oculaire.
An nionienl on le nerf s'épancniit dans la rétine, ("artère centrale se divise en deux branches [)rincipaies, l'une descenilante, l'autre ascendante, qui rayonnent, se ramifient et s'anastomosent, formant, sons la face profonde de la rétine, un réseau à mailles séri ées.
Ij'artère centrale (bmne au nerf optique nn grand nomi)r'e de ramilicalions très ténues.
(liiez le fodns, l'artère centrale donne une branche antéi'O-jiostérienre qui traverse le corps \'ilré (l'arriére en avant et \'a se IcrminiM' dans la menibrani^ pn|)illaire ; ce ïameau s'atrophie et disparaît avec cette dernière.
Artère lacrymale. — NOI u mineuse, elle naît du tronc de rojihlhalmique peu a|)iès son entrée dans l'orbite, au niveau de la face externe du nerf optique. Dès son origine, elle se porte en dehors, accompagnée par le nerf !acr\inal, s'applique à la paroi externe de l'orbite, et suit le bord supérieur du muscle di'oit externe jusqu'à la glande lacrymale, fpi'elle traverse en lui donnant de nombreux rameaux. Au sortir de la glande, elle est très réduite de volume et envoie ses branches terminales dans la paupière supérieure.
La veine lacrymale accoin|)agne l'artère qui est parfois très flexueuse; située en dedans de l'artère, elle en partage la distribution, sans que les deux réseaux soient calqués l'un sur l'autre (Kestal).
Brandies collatérales — I/artère lacrymale donne des rameaux au périoste et aux muscles droit externe et releveur. Un de ses rameaux, très grêle, traverse la fenle s|)hénoïdale et s'anastomose avec la méningée movenne {petite iirlèrc mémngieiine de Cruveilhier). Un autre traverse la paroi externe de l'orlnle dans un canal osseux du malaire (rKmeaii inalaire), donne des rameaux osseux et s'anastomose avec la tenijiorale profonde antérieure et la transversale de la face.
P>r(()iclies terminales. — Très grêles, elh-s vont dans la paupière supérieure, on elles s'anastomosent avec la pal|)ébi'ale sniiéi'ieure, la sus-orbitaire et la temporale superficielle.
Artère sus-orbitaire. frontale externe. — Idie naît du tronc de l'ophthalmiqiie an moment où ce tionc contourne lii face supérieure dn nerf optique. Mlle se dirige en haut, puis horizontalement en avant entre le périoste de la voùle orhitaire et le releveur de la paupière supérieure; dans son trajet, elle est en
ANGÉIOLOGIE
dehors du nerf nasal et est longée en dedans par le nerf sus-orbitair?. Elle sort de l'orbite avec ce nerf, par l'échancrure soiircilière ((juelquefois le trou sourciller), et se divise en trois branches terminales. Dans tout son trajet, elle fournit des rameaux périostiques et un ramuscule au nerf sus-orbilaire, des rameaux musculaires au droit supérieur et au releveur, et un rameau diploïque qui s'en détache au moment où elle passe dans l'échancrure sus-orbitaire.
Branches terminales. — Le plus souvent, elles sont au nombre de trois : une branche palpébrale qui descend dans la paupière supérieure, s'anastomose avec une branche de terminaison de l'ophlhalmique, et deux branches frontales, qui montent en divergeant légèrement, donnent des rameaux superficiels à la peau, et des rameaux profonds au périoste. Ces branches, très longues, atteignent le sommet de la tête et s'anastomosent avec des branches de la temporale superficielle, de l'auriculaire postérieure et de l'occipitale (Voy.
Artères ciliaires. — Les artères ciliaires, naissant de l'ophlhalmique, peuvent être divisées en ciliaires longues et ciliaires courtes.
Les ciliaires longues, au nombre de deux, l'une interne, l'autre externe, naissent de l'ophthalmique au-dessus du nerf optique, et se portent en avant
Fig. 403. — Rapports des branches artérielles de l'ophUialniique avec les nerJs.
de chaque côté de ce nerf; longues et flexueuses, elles vont traverser obliquement la sclérotique de chaque côté et à quelque distance du point de pénétration du nerf optique, dans le plan de l'équaleur de l'œil.
Elles cheminent, sans se ramifier, entre la sclérotique et la choroïde jusqu'au cercle ciliaire, dans lequel elles se divisent et anastomosent leurs branches pour former le grand cercle artériel àe Viy\s (artères iriennes Ohaussier).
Les ciliaires courtes naissent en avant des précédentes, par un, deux ou
fig. 392).
DES ARTKRRS
pkisieiir» troncs, au-dessus et aii-Llessoiis du nerf 0|)ti(iiip: très grêles et très llexueuses, elles se dirigent vers le globe de l'ivil, entourant inuiiédialemen t le nerf ojilique. Au voisinage du globe, elles s'épanouissent en une louiTe de lamusculos llexueux qui traversent la sclérotique tout autour de l'entrée du nerf optique, se rauiilient sur la face externe de la choroïde et se terminent en s'avançant jusqu'aux procès ciliaires. — Leur nombre à l'entrée du nerf optique est de 8 à 10 (Sappey), 11) à 18 (Cru veilhier). IG (llyrtl).
Ce système des artères ciliaires est complélé par les artères ciliaires antérieures, rameaux des artères musculaires ou de la lacrymale, qui rampent entre la scléroti([ue et la conjonctive et viennent traverser la sel érolique à (leu\ ou (rois mm. en dehors de la circonférence de la cornée, pour se rendre au muscle ciiiaire et au grand cercle de l'iris; on les appelle encore petites iriennes.
Suivant Meyer (loc. cit.) celle disposition, adoptée par tous les classiques, serait exceptionnelle. 11 n'y aurait point d'ordinaire deux variétés d'arlères ciliaires, les unes courtes, les autres longues; le plus souvent, on observerait seulement deux troncs, naissant de l'artère ophthalmique, cheminant le long et de chaque côté du nerf optique et se divisant, avant de pénétrer dans le globe de l'œil, en rameaux fins, au nombre de onze en moyenne pour chaque tronc, qui pénètrent irrégulièrement la sclérotir[ue autour du nerf opti([ue. Ces conclusions de Meyer sont basées sur la dissection de trente artères oplithalmiques.
Artères musculaires. — Ou décrit d'ordinaire deux artères musculaires, l'une supérieure l'autre inférieure, naissant isolément; or, le plus souvent, ces artères naissent d'un tronc commun. Ce tronc nait de l'artère ophthalmique au moment où celle-ci contourne la face inférieure du nerf optique, il se dirige immédiatement en bas et en avant et se divise presque aussitôt en deux rameaux!; l'un, constant, se porte en bas vers les muscles droit inférieur, droit externe et [)etit oblique ; l'autre inconstant et plus petit se rend aux muscles droit supérieur, droit interne, grand oblicjue et releveur. — Le rameau inférieur donne souvent des artères ciliaires. — La lacrymale et la sus-orbitaire donnent aussi de fins ramuscules aux muscles de l'œil.
Artères ethmoïdales. — Les artères ethmoïdales sont au nombre de deux, l'une aiitèrieui'e, l'aulre |)ostérieure. Leur volume est en rapport inverse. Elles peuvent naître par un tronc commun; ce tronc est alors celui de l'ethmoïdale antérieure et cette artère donne simplement un petit rameau récurrent qui devient l'ethmoïdale postérieure; c'est la disposition que j'ai le plus souvent rencontrée (fig. 404). — D'autres fois, elles naissent isolément par deux rameaux, qui viennent de l'artère ophthalmique; cependuntil n'est pas rare do voir l'ethmoïdale postérieure naiire de l'artère sus-orbitaire.
Le tronc des artères ethmoïdales alîecle avec le nerf nasal des rapports intimes que j'ai rejjrésenlés dans le schéma 403.
Chacune des artères ethmoïdales est accompagnée par un filet nerveux qui pénètre avec elle dans les trous ethmoïdaux creusés dans l'angle supérieur et interne de l'orbite; d'ortlinaire, le filet nerveux est en arrière de Tarière; |30ur l'elh. ant. c'est le filet elhmoïdal du rameau nasal de la branche ophthalmique
ANGÉIOLOGIE
de Willis, pour l'eth. post. c'est le nerf sphéno-elhiuoïdal de Luschka, filêt du nasal. Les artères ethmoïdales suivent les canaux ethmoïdaux (voir ostéol., t. I, p. 493, fig. 371, 403, 441), entourées par les cellules ethmoïdales. A leur sortie des canaux orbitaires, les artères ethmoïdales, intra-crâniennes, sont appliquées sur la lame criblée de l'ethmoïde et donnent des rameaux au bulbe olfactif, au nerf olfactif et à la dure-mère. Le plus souvent, l'artère ethmoïdale postérieure s'épuise à ce niveau ; exceptionnellement, elle est volumineuse et descend dans les fosses nasales par les trous de la lame criblée.
L'artère ethmoïdale antérieure a un trajet plus long. Elle suit le sulcus ethmoïdalis (v. t. l, fig. 403), s'engage dans un orifice de la lame criblée, situé sur les côtés de l'apophyse crista-galli, et arrive dans les fosses nasales. Avant de s'engager dans cet orifice, elle émet une petite artériole méningée qui se perd dans la dure-mère de la région frontale (fig. 410).
Dans les fosses nasales, l'artère ethmoïdale antérieure descend obliquement en bas et en avant sur la face postérieure des os propres du nez (fig. 399 et 400), et concourt à l'irrigation de la portion correspondante de la pituitaire.
A. palpébrale inférieure. — Volumineuse en général, elle naît de l'ophthalmique, au niveau de la poulie du grand oblique, se porte derrière le tendon du muscle orbiculaire, puis se réfléchit, et se dirige en dehors, dans l'épaisseur de la paupière inférieure qu'elle suit dans toute sa longueur pour s'anastomoser, vers l'angle externe des paupières, avec les rameaux de la transverse de la face. L'artère palpébrale inférieure forme ainsi sous la paupière, à quelques millimètres au-dessous du bord libre, une arcade palpébrale inférieure; cette arcade, située immédiatement au-dessous des bulbes ciliaires, entre le cartilage tarse et le muscle orbiculaire, donne des rameaux ascendants pour la peau, l'orbiculaire, les glandes de Meibomius, les glandes ciliaires, la conjonctive, et des rameaux descendants qui se perdent dans le muscle et la peau de la paupière en s'anastomosant avec les rameaux supérieurs de la sous-orbitaire.
A sa sortie de l'orbite, la palpébrale inférieure donne un rameau qui descend dans le canal nasal et se ramifie dans la muqueuse : c'est le rameau du canal nasal.
Artère palpébrale supérieure. — p]lle naît presque au même niveau que la palpébrale inférieure, souvent par un tronc commun avec elle, et se porte en bas et en dehors, puis en dehors et en haut, formant dans la paupière supérieure une arcade, l'arcade palpébrale supérieure, dont la terminaison s'anastomose avec les rameaux de la temporale superficielle. Elle chemine entre l'orbiculaire et le cartilage tarse, près du bord libre de celui-ci, et donne, comme l'arcade palpébrale inférieure, des rameaux ascendants et descendants.
Artère frontale interne. — C'est la dernière des branches de l'ophthalmique; la plupart des auteurs la décrivent comme l'une des branches de la bifurcation terminale de l'ophthalmique. Elle naît un peu en avant de la poulie du grand oblique, se dirige en haut et en dedans, donne à la partie interne de la paupière quelques rameaux qui s'anastomosent avec les branches de la nasale et de la palpébrale supérieure, et se divise, après un court trajet, en deux branches terminales : l'une superficielle, moins volumineuse, se rend aux tégu-
DES AHTKRES
iiii'iits (le la racine Hii nez ; l'autre, profonde, sons-imiscnlaire, se dislrihne an IVonlal, an |)vranii(lal. ol an périoste crânien.
Branches terminales. — Artère nasale — L'aricrc nasaleesi la vraie liranclie terminale de l'artère oidithaln)ii|n(' ; elle est tonjonrs plus volumineuse ([uc la frontale interne et parfois plus volumineuse que rophlliaImi(|ue elle-même, par le fait (le son anastomose à plein canal avec la terminais(jn de la faciale (Fiy. 'M)'2). Elle continue la direction de l'artère, oblique en bas et eu avant, et passe audevant du tendon de l'orbiculaire. De là, elle descend dans l'angle formé par la racine du nez et la paupière inférieure, et, prenant le nom d' aiièrc an- (jnluire, s'anastomose avec la faciale par inosculation, de telle sorte qu'il est impossible d'établir une limite précise entic l es deux artères.
Dans son trajet, l'artère nasale donne un rameau (|ui se reiul il la paroi du sac lacrymal et une autre branche plus volumineuse, la dorsale du nez, qui descend sur le dos de cet organe et s'anastomose, à sa terminaison, avec l'artériole de l'aile du nez.
Variétés. Tronc. — .J'ai \ u l'ailèn^ lialmii|uo passer an-di'ssous ilu ni?rf o|itiqiie. — l'.llc pont naitro par deux branches de la carotide interne (lig. 404): l'une passant par le trnu optique, l'autre par la fente sphénoïdale. Le rameau venu de la carotide passe par la partie la plus interne de la fente sphénoïdale et va se jeter dans l'artère iiphllialinique, innnédiateniont après son entrée dans l'orbite. D'habitude très grêle, cette branche peut parfois arqui'rir des proportions considérables et suppléer alors le vrai tronc. S'il y a atrophie de la Ijranche interne, l'artère oplithalmique passe par la fente sphénoùlale ; elle est alors située à la partie la plus interne de celle-ci, en dedans do l'anneau de Zinn et de tous les nerfs moteurs. — L'anastomose avec la méningée moyenne peut prendre un développement oonsidé-rable et suppléer en totalité ou partie l'artère oplilhalmiriue. Il n'est pas rare do voir la lacrymale naitre de l'artère méningée moyenne. — L'artère, en contournant la face inférieure du nerf optique, émet un petit rameau qui, passant sur la face inférieure de ce nerf, contourne son bord interne et va se jeter à nouveau dans le tronc de l'ophthalmique, qui a décrit sa courbe sur le nerf optique. Le tronc de l'artère et son anastomose forment donc un véritable cercle autour du nerl. Quelquefois, cette anastomose acquiert des proportions considérables et peut devenir égale au vrai tronc de roplithalmii|ue : dans certains cas mémo, elle est plus volumineuse que lui. Le Ironc de l'artère passe alors au-dessous du nerf optique. Dans ces conditions l'artère sus-orbitaire nait d'un tronc commun avec la lacrynjale (Me.\cr).
Brandies. — L'artère lacrymale peut venir de la temporale profonde antérieure par l'anastomose que j'ai signalée et qui passe à travers la paroi osseuse, l'ius fréquemment, l'artère lacrymale donne la temporale profonde antérieure. — L'artère lacrymale peut n'('>tre représentée que par un petit filet sans importance qui n'arrive pas jusqu'à la glande; l'artère lacrymale vient alors de la transverse de la face. — Les anomalies des
Siis-orliil.
Elhmoïiiaten
Carot. int.
Vxii. lO'i. — L'artère ophthalmique naît par deux brandies de la carotitle interne : la lacrymale et ]iai'lie di> la sus-orbitaire vionm-nt delà méningée mdvi.'iiiie.
ANGÉIOLOGIE
artères sus-orbitaire et nasale sont rares et de peu il'iniportance ; ces artères peuvent être suppléées par des branches de la faciale ou de la transvorse de la face.