ARTÈRES DE LA JAMBE
ARTÈRE TIBIALE ANTÉRIEURE
La tibialeaiitérieure l'ait suite à la poplilée dont elle représente la branche de bifurcation antérieure. I^lle s'élend de l'anneau du soléaire au bord inférieur de la branche supérieure du ligament eu Y où elle |)rend le nom de pédieuse. D'abord située dans la loge |)ostérieure de la jambe, elle passe dans la loge antérieure par la partie su|)érieure, libre, de l'espace interosseux et descend audevaut du ligameiil iiilerosseux. Sa direction est légèrement oblique en bas el en avant, puis en bas et en dedans. D'abord située près du péroné, elle se rapproche de plus en plus du tibia, si bien (jue dans le quart inférieur de là jambe
ANGÉIOLOGIE
elle repose sur la face antérieure de cet os
l'i'ig. loU. — L'artère tibiale antérieure. libialiuui de Hyrll, ilyrti, loc. cit., p.
Elle croise ainsi en diagonale le ligament interosseux.
Sa direction serait bien indiquée, d'après la plupart des auteurs, par une ligne allant du tubercule de Gerdy, ou tubercule du fascia lata, à la partie moyenne de l'espace inter-uialléolaire. Connue l'a bien remarqué Marcellin Duval, cette ligne est située en dedans de l'artère. Pour répondre exactement au trajet de cette dernière, la ligne doit partir de la dépression dans laquelle s'enfonce le doigt, en avant de la tète du péroné, dépression antv-pévoniére, pour aboutir au milieu de l'espace inter-malléolaire.
Rapports. — Nous devons étudier ces rapports dans la région jambière postérieure, dans la région jambière antérieure, et, en bas, sous le ligament frondiforme (voy. t. 11, p. 292, fig. 190 et 191).
La portion de la T. A. qui appartient à la région jambière postérieure est plus ou moins longue, mais elle est constante; dans nombre de cas, elle n'a pas moins de 2 cm. Dans cette première portion, l'artère est située tout contre le ligament interosseux sur un plan un peu antérieur à celui du tronc tibiopéronier, qui descend en arrière et en dedans d'elle. La T. A. passe ensuite dans la loge antérieure de la jambe par la partie supérieure, libre, de l'espace inlerosseux.
Dans la loge antérieure de la jambe, la T. A. répond en arrière, et dans ses trois quarts supérieurs, au ligament interosseux; sa gaine est unie à ce ligament sur une longueur de plusieurs centimètres, par des tractus fibreux plus ou moins serrés, mais il me paraît exagéré de dire avecHyrtl et les Allemands que l'artère chemine dans un véritable canal aponévrotique résultant du dédoublement de la membrane interosseuse {Can. fihrosus vasorum 29j. D'après Rieffel (L'nion inéd., sept.
DES ARTÈRES
181)4), cette disposition existe mais est exceptionnelle. Pins l)as, vers le qnarl inférieur de la jambe, l'artère se place sur la face externe du tibia.
lut iiranl, la T. A. répond d'abord à l'interstice qui sépare le jambier antérieur de Texlenseur commun en haut, du long extenseur propre du gros orteil plus bas. Très profonde dans la moilié supérieure de la jambe, l'artère l'est un peu moins, dans le quart inférieur.
En dedans, (dli^ est contiguë au muscle jambier antéi-ieur. — En deho)'s, elle i'éj)ond d'abord à l'extenseur commun, ensuite à l'extenseur propre.
Ah niveau de la branche supérieure ihi H(jarneid en Y, l'artère repose sur la partie antérieure de la capsule de l'articulaticm libio-tarsienne, enfouie dans le tissu graisseux (|ui ab(mde en ce poiiH. Les teiubms engainés par les frondes ligamenteuses (voir mvologie, p. 29o et tig. 11)1) sont situés en avant d'elle, toujours séparés du vaisseau pai' le pilier |)rofond du ligament fi'ondiforme. A ce niveau, le tendon du long extenseur jtropic croise la face antérieure de l'arlére, aussi, au niveau du pied, nous le trouvemns eu dedans de la jiédieuse.
L'artère tibiale antérieure esl accompagnée de deux veines qui cbeminent l'une en a\anl, l'autre en ai'riére d'elle. Ces veines écliangent de nombi'euses anastomoses Iransvei'sales qui re'ndent difficile la dénudation de l'artèie, au cours d'uiu' ligature. Le )ierf tibial a)Uérieur, situé en deliors de l'artère à la partie supérieure de la jambe, est siliu' en dedans d'elle inférieui'ement : il croise l'artère en ])assanl sur sa face antérieui'e ; dans quelques cas (4 ou 5 fois sur 4o0, d'ai)rès Marcellia-lJuval), l'enlrecroisement ne se fait pas, et le nerf suit la face externe du vaisseau dans toute sa longueui-.
La tibiale antérieure est également accom])agnée par trois ou quatre troncs lymphati(iues profonds; le ganglion tibial supérieur, situé au niveau du tiers supérieur de la jambe, est ;ipiili(|iié contre le ligament inlerosseux, à c(Mé de l'artère.
Distribution. — La tibiale antérieure fournit les l)ran( bes suivantes : L'artère récurrente tibiale postérieure, — l'a. récurrente péronière de Tlieile, — l'a. récurrente tibiale posté. — des a. musculaires, — l'a. malléolaire interne, — l'a. malléolaire externe.
Les (rois premières de ces artères naissenl du segmeiil de la tibiale aiitéi-ieure situé dans larégion postérieure de lajanibo. Ivlles sont ordinairouiont très grêles, ce qui explique pourquoi la ])kipai't des auleurs les passent sous silence, .l'ai toujours rencontré la récurrente péronière et très souvent la récurrente tibiale antérieure. ICn revancbe, le rauuis suprcmus décrit par Lusclika m'a paru très inconstant.
/f«»n/,s- suprciinix (Lusclika). — Sous le nom de l'anius supreums, Lusclika décrit une artériole naissant de la partie initiale de la tibiale antérieure. Celte artériole clicininc d'abord au-dcssousdupopliti(, perfore ensuite ce muscle, ou émerge au niveau desonbord supérieur et se termine dans l'écbancrure inter-cond ylienne du fémur: elle donne des rameaux au tibial postérieur, au long llécliisseur des orteils dans le voisinage de leur origine : elle pourrait fournir anormalemiMit l'artère nourricière du tibia.
Artère récurrente tibiale postérieure. — Klle naît tout ]nès de l'origine de l'artère, fournit de nombreuses brandies au muscle j)oplité et se termine sur la partie postérieure de l'articulation péronéo-tibiale supérieure.
Artère récux-rente péronière (Tbeile). — >S;/)(. .• art. articulaire ilela lèie du péroné (M. J. Weber), — fdiularis sap. (Krause). — M. .1. W'eber regardait cette artère comme brancbe de la |inplilée. En fait, elle jieul provenir de celle-
ANGÉIOLOGIE
Àfl. inf. i:.iH.
née. pér
ci OU du tronc 1 ibio-péronier ; mais elle provient, dans la majorité des cas, de la tibiale anléi ieure.
Elle se dirige en haut et en dehors, contourne le péroné en cheminant audessous du long péronier et de l'extenseur commun, donne de nombreux rameaux à ces muscles et vient se terminer au niveau de la partie antérieure de l'articulation j)éronéo-tibiale. Par ses branches terminales, elle s'anastomose avec l'articulaire inférieure et externe, la récurrent(> tibiale postérieure et la récurrente tibiale antérieure.
. Tih. uni.
Per, ant.
Mal. ext.
Ai'l. inf. inl.
liée. iib. ant.
Artère récurrente tibiale antérieure. — Sijn. : a. tibialh recurrens anlerior, a. arlicularis genu recurrens. — Elle naît de la tibiale antérieure au moment où celte artère passe entre les deux os de la jambe. Toujours assez volumineuse, elle se dirige en haut, en avant et en dedans, appliquée stir la tubérosité antérieure du tibia et recouverte par le corps charnu du tibial antérieur. Elle émerge au niveau de la partie externe de la tubérosité tibiale antérieure, où elle s'épanouit en ses rameaux terminaux.
Elle fournit des rameaux collatéraux au jambier antérieur, à l'extenseur commun des orteils, à l'articulation j)éronéo-tibiale supérieure et se termine en s'anastomosant avec les artères articulaires du genou (v. plus loin le réseau péri-articulaire du genou).
Artères musculaires. — Ces
artères sont au nombre d'une trentaine environ. Elles sont perpendiculairement implantées sur le tronc principal, et s'enfoncent aussitôt dans les muscles voisins.
Ees artères musculaires internes se rendent dans le jambier antérieur ; les
AJal. inl.
Scliéma des artères de la jambe, face antérieure.
DES ARTÈRES
exliTiies se distnljueiit au long exlcnseur coniniun, an long exlensenr propre, au péronier antérieur et jusque dans les pérouiers latéraux.
Artère malléolaire interna. — ( )i dinairemenL moins voluuiinense (|ne l'externe, elle uait un peu au-dessus de l'interligne de l'articulation tibio-tarsienne, se dirige borizontalenient en dedans, passe au-dessous du tendon du janibier antérieur et arrive au iiis ean du bord antérieur de la uiailéole interne où elle se divise en deux brancdies, Tune superficielle, l'autre profonde. La branche superficielle descend sur la face externe de la malléole et se termine en s'anastomosant avec les branches de la tibiale postérieure et de la pédieuse. I^a branche j)rofonde se perd dans l'appareil ligamenteux interne de l'articulali(jn tibio-tarsienne.
Artère malléolaire externe. — Mlle naît de la tibiale antérieure à peu près au même niveau que la [jrécédente. Elle se porte horizontalement en dehors, en passant au-dessous des tendons extenseur commun, extenseur |)ropre et péronier antéi'ieur. Au nivi^au de la malléole, elle change de direction, et descend vei'ticalement sur le coté externe du tarse.
Dans son trajet, elle fournit des rameaux cutanés à la malléole [)éioniére, des rameaux articulaires pjur l'articulatiijn jjéronéo-tibiale inférieure et tibio-tarsienne, des rameaux osseux qui jjassent sous les tendons des pérouiers latéraux et se distribuent à la face externe du calcanéum. — Elle s'anastomose largement avec la péronière antéi'ieuiT, la dorsale du tarse et la plantaire externe.
TRONC TIBIÛ-PÉRONIER
Il commence à la bifurcation de la poplitée dans le canal du soléaire et Unit à 4 ou 5 cm. plus bas, où il se divise en : tibiale postérieure et péronière.
Nombre d'auteurs ;ï l'étranger ratlachonl le tronc libio-péronier àlatiliialo po.-iliM'ioui-e (liinl il rcprésenlerail la partie supérieure: ils considèrent la péronière coninn' unr simple cdllali'r.de de la tibiale postérieure.
La longueur du tronc til)io-|)éronier est des plus variables (V. Anomalies). Sa direction est verticale, son volume est le double de celui de la tibiale anlérieu re.
Rapports. — ■ lîecouverl par le soléaire, il repose sur lejambier jiostérieii i'. Il est accompagné par deux veines volumineuses el par le nei-f liijial posh'Tleur qui est situé en arriéii^ et un jjcu en dehors de lui.
Il donne deux collatérales.
Récurrente tibiale interne (Bra)icJte pcriostique culunéc de Sa[)peij). — Née de la partie su[)érieure du ti'onc tibio-péroniei-, elle conlourne le bord inlernedu tibia, en traversant les insertions du soléaire et se distribue au |)érioste de la partie su |)érieure de la l'ace inleriu' du liliia, ainsi (ju'aux légumentsqui la recouvrent. La récurrente tibiale s'anastomose avec l'artère articulaire inférieure et interne et avec la récuri-ente tibiale antérieure.
Artère nourricière du tibia [Nulrilia tibiie). — L'artère nourricière du II u4
■ANGÉLOLOGIE
tibia, la plus volumineuse des nourrici partie interne du tronc libio-péroaier, i
de la jambe.
l'examine plus bas. — En arrière, la 'I bas au côté interne du tendon d'Achille.
•es osseuses (Theile) se détache de la porte en bas et en dedans, abandonne quelques rameaux au popiité, au tibial postérieur et au long fléchisseur commun, puis pénètre dans le conduit nourricier. Arrivée dans le canal médullaire, elle se divise en deux branches, l'une ascendante, l'autre descendante.
TIBIALE POSTÉRIEURE Syn. ; tibialis postica
Branche de bifurcation interne du tronc tibio-péronier, la tibiale postérieure s'étend de la terminaison de celni-ci jusque dans la gouttière calcanéenne ou elle se bifurque en plantaire interne ei -plantaire externe.
Son volume, deux fois plus considérable que celui de la péronière, est ordinairement en raison inverse de celui de la tibiale antérieure.
La T. P. se dirige d'abord en bas et en dedans, puis elle descend verticalement sur les muscles de la couche profonde qui revêtent la face postérieure du tibia; au bas de la jambe elle s'incurve en avant vers la gouttière calcanéenne. Elle traverse ainsi la région postérieure de la jambe, la gouttière rétro-malléoUaire interne et le commencement du canal calcanécn.
Rapports. — Dans sa portion jambière, l'artère, située un peu en dedans de l'axe de la jambe, est en rapport : en avant, avec le jambier postérieur et le long fléchisseur commun; elle est appliquée sur ce plan musculaire par le feuillet profond de l'aponévrosejambière postérieure, qui devient d'autant plus épais qu'on P. répond an muscle soléaire et plus
DES ARTÈRES
Dans sa portion inalléoldire, la T. P. descend, très sinueuse, derrière la malléole interne. Elle est ici presque superficielle et on la voit battre sous la peau et le double feuillet aponévroticfue qui la recouvrent. Elle suit le fond de la gouttière rétro-malléolaire, à égale distance du bord [)Ostérieur de la malléole et du tendon d'Achille, ayant en avant d'elle le tendon jambier postérieur et celui du fléchisseur commun ; le tendon du fléchisseur propre du gros orteil est en arrière et plus profondément.
Dans sa portion calcanéenne, l'artère, recouverte par le ligament annulaire interne du cou-de-pied, repose sur la gaine tendineuse du long fléchisseur propre du gros orteil qui la croise.
Dans tout ce trajet, la T. P. est flanquée de deux veines ; le nerf tibial postérieur est en dehors d'elle à la jambe, en arrière d'elle dans la gouttière malléolaire.
La T. P. donne des collatérales de volume médiocre, en nombre indéterminé. A la jambe, elle fournit de nombreux rameaux au soléaire, au jambier postérieur et au long lléchisseur commun. Pai ini les rameaux du soléaire, il en est deux, ([ui naissent de la partie supéi ieuro de l'artère et qui ont un volume assez considérable. Dans sa portion inférieure, la tibiale postérieure fournit : le rameau a)iaslomolique, la malléolaire postérieure et interne et les rameaux calcanéens.
Rameau anastomotique {Rarniis aiiastomoticus transversus). — Il naît de la tibiale un |)eu au-dessus de la malléole, [lasse sous le tendon du long fléchisseur projjre et s'anastomose avec un rameau analogue venu de la péronière. Cette branche transversale est constante, parfois peu volumineuse, souvent subdivisée.
Artère malléolaire postérieure et interne (A. maUeolarix postica médialis). — Plus volumineuse que la jirécédente, cette branche naît de la portion rétro-malléolaire de la tibiale postérieure, passe sous le tendon du long lléchisseur commun ei du jambier postérieur et arrive sur la face cutanée de la malléole. Elle s'anastomose avec la malléolaire interne, branche de la tibiale antérieure, et avec les rameaux tarsiens internes de la pédieuse, contribuant à la formation du réseau malléolaire interne.
Rameaux calcanéens (Ar. calcanece mediales). — .\u nombre de deux ou trois, les rameaux calcanéens, ordinairement assez volumineux, se détachent de la tibiale postérieure au moment où celle-ci va pénétrer dans le canal calcanéen. Ils se dirigent en bas et en dedans et se terminent en foui'nissant de nombreux ramuscules au périoste du calcanéum, au coussinet cellulo-adipeux du talon, à l'abducteur du gros orteil et au court fléchisseur plantaire.
PÉRONIÈRE
Mranche de bifurcation externe du tronc tibio-péronier, la pèronière descend dans la loge postérieure de la jambe, au bas de laquelle elle se divise en deux
ANGÉIOLOGIE
branches terminales : la j^éronière postérieure et la péronière antérieure. Le calibre de la péronière est moins considérable que celui des tibiales; il
varie d'ailleurs en raison inverse de celui de ces vaisseaux. Cela est vrai surtout pour la tibiale antérieure, ce qui s'explique facilement par ce fait que c'est la péronière antérieure qui donne la pédieuse dans le cas d'arrêt de développement de la tibiale antérieure.
Art. inf, int
Tr. tib.-pér.
liée. tib. inf.
Art. soléa.
Ar}. inf. ext.
Réc.tib.post.
Réc. pér.
Tib. ant.
Tib. post
Fis. 453.
face
postérieure de la jambe, tue le rameau anastomotique péronier (voir tibiale postérieure).
Rapports. — La péronière chemine profondément dans la loge postérieure de la jambe, le long de la face postérieure du péroné. Elle est en contact en avant et en haut avec le jambier postérieur qui la sépare de l'os ; plus bas elle repose sur le ligament interosscux. En arrière, elle est d'abord recouverte par le soléaireet le long fléchisseur propre ; en haut ce dernier muscle recouvre l'artère, (|ui s'engage en bas entre ses faisceaux musculaires.
La péronière fournit de nombreuses branches collatérales. Les branches postérieures se distribuent au soléaire, et, plus bas, au fléchisseur propre quand l'artère s'est engagée sous ce muscle.
Quelques-unes, plus volumineuses, ne s'épuisent pas entièrement dans son épaisseur, mais contournent le bord postérieur du péroné et vont se distribuer dans les deux muscles péroniers.
C'est une de ces dernières qui fournit le plus souvent Tarière nourricière du péroné.
Les branches internes se distribuent pour la plupart au jambier postérieur. L'une d'entre elles, plus considérable, consti-
DES AIÎTÈRES
SU
Les branches tei-rniiiales sont au nombre de deux ; la péroiticrc poHlér'iciire et \n. péronière anlérirurc.
Artère péroniére postérieure. — La |)éronière postérieure, plus volumineuse en général (|ue l'antérieure, descend dei'rière la malléole péroniére, sur les tendons des péroniers latéraux et se termine sur le coté externe du calcanéum, J)ans son trajet, elle abandonne de nombreux rameaux au long fléchisseur pro|)re du gros orteil, aux tendons des péroniers latéraux et à leur gaine, au tendon d'Achille et aux articulations péronéo-tibiale inférieure et tibiotarsienne ; ses rameaux terminaux se distribuent au périoste du calcanéum et au coussinet sous-calcanéen [rameaux calcanéens externes), à l'abducteur du 5" orteil et à l'origine du pédieux.
Farces rameaux terminaux, la P. P. s'anastomose avec la plantaire externe, la malléolaire externe, la péronièi'e antérieure et la dorsale du tarse.
Artère péroniére antérieure [Peronea antica s. perforans). — Son volume, ordinairement moins coiisiilérable ([ue celui de la précédente, est en raison inverse de celui de la tibiale antérieure, (|u'el!e peut être a|)|ielée à suppléer. Elle traverse obli(juement la partie inférieure du ligament interosseux et pénètre dans la loge antérieure de la jambe, où elle descend sous le tendon du péronier antérieur, l'.lle ilonne de nombreux rameaux, au [)éronier antérieur, aux articulations tibio-tarsienne et astragalo-calcanéenne, au périoste de l'extrémité inférieure du péroné et se termine en s'anastomosant avec la malléolaire externe, branche de la tihiale antérieure.
Variétés des artères de la jambe. — Tibiale antérieure. — Nous avons indii|ué on L'Iudianl l'arLèi'o poplitéo les anomalies d'origiiiu di.' l'arlere libialo antérieure. — Quand la poplitée se bifurque prématurément, l'artère peut cheminer en avant du muscle poplité (Ramsay, Edimb. méd. and surgic. Journal, 1812, VIII, 282, M. J. Weber, Theile, Quain, ilyrtl 1 fois sur 6 cas). La T. A. peut, au lieu de passer à travers le ligament interosseux, contourner le col du péroné avec le nerf sciatique poplité externe (Velpeau, éléments de médecine opératoire, 1839, tome III, page 113). Elle peut descendre dans la logi' péroniére et reprendre sa place habituelle au niveau de l'articulation tibio-tarsienne (Quain, 8 fois sur 183 cas). Elle peut avoir un trajet superficiel anormal et accompagner le nerf musculo-cutané (Pelletan, Cliniq. chirurg., 1810, p. 111, Velpeau, loco citato, p. 42).
L'artère tibiale antérieure peut manquer: son absence complète a été signalée par Burns, Otto, Dubi-ueil, etc. Ordinairement l'absence n'est pas totale : l'artère est représentée par une branche musculaire se distribuant surtout au muscle poplité et donnant naissance à la récurrente tibiale antérieure. — Le plus souvent, la réduction de l'artère est moins considérable ; on la trouve le long de la jambe, mais elle s'arrête au niveau de l'articulation tibio-tarsienne. Le mode de suppléance de l'artère tibiale antérieure est très intéressant il étudier. Lorsque la portion jambière fait défaut, ce qui est rare, elle est suppléée par une branche perforante de l'artère tibiale postérieure. — Quand l'artère finit au niveau ou un pou au-dessous de l'articulation tibio-tarsienne, elle est suppléée par l'artère péroniére ant(''rioure ou encore par des rameaux perforants delà tibiale postérieure. Cette anomalie retentit forcément comme celle où l'artère tibiale antérieure a un développement anormal, sur la disposition des artères du pied.
J'y re\ iendrai en étudiant ces dernières.
llyrtl l'a vue donner l'artère articulaire moyenne du genou.
Récurrente tihiale antérieure. — Elle monte le long du bord interne du ligament rotulien pour se jeter dans le réseau périarticulairc du genou (Cruveilhier) : elle fournit une branche descendante importante au muscle long péronier latéral et à l'extenseur commun des orteils. Cette branche s'anastomose en bas avec l'artère péroniére antérieure. L'anomalie est intéressante, car c'est le développement exagéré de ce rameau qui explique l'anomalie dans la(|uelle l'artère tibiale antérieure ilescend dans la loge externe de la jambe.
Artère malléolaire externe. - Elle manque et est suppléée par l'artère péroniére antérieure.
ANGÉIOLOGIE
Artère mallèolaire interne. — Elle peut également faire défaut et être remplacée par une branche de l'artère tibiale postérieure.
Tibiale postérieure. — Ses anomalies d'origine ont été étudiées en même temps que le tronc tibio-péronier.
La tibiale postérieure manque ou n'existe que dans le tiers supérieur de la jambe 11 fois sur 211, Quain. Lorsque l'artère tibiale postérieure a un volume réduit, elle peut être renforcée par une branche venue de l'artère péroniêre. Elle peut aussi être renforcée d'une façon récurrente en quelque sorte, par l'artère plantaire profonde fournie dans ce cas par l'artère tibiale antérieure. Je reviendrai sur cette anomalie en étudiant les artères du pied. — Elle peut perforer la partie inférieure du ligament interosseux et se jeter dans la tibiale antérieure.
Branches surnuméraires. — L'artère tibiale postérieure donne à la partie moyenne de la jambe une branche qui perfore le ligament interosseux et va se jeter dans la tibiale antérieure ou même dans la pédieuse (Banckart). — Une de ces branches antérieures, anormales, peut donner naissance à une partie des artères du dos du pied.
Quain a vu, 2 fois sur 211, l'artère péroniêre renforcée par une branche importante de l'artère tibiale postérieure (artère grande saphène).
L'artère mallèolaire postérieure et interne peut faire défaut et être suppléée par l'artère mallèolaire antérieure et interne (Hyrll).
Artère péroniêre. — L'artère péroniêre est une artère dont les anomalies sont extrêmement fréquentes, puisque sur 109 préparations Quain a rencontré 31 l'ois des anomalies de cette artère, Le plus souvent il s'agit d'une augmentation de volume de ce vaisseau (25 fois sur les 31 cas) — L'absence totale est rare. La P. est alors suppléée par la tibiale postérieure et la mallèolaire externe, branche de la tibiale antérieure, ou par une branche venue de la tibiale antérieure et suivant le trajet habituel de la péroniêre dans toute son étendue.
Comme je l'ai dit, il est plus fréquent de la voir suppléer la tibiale antérieure ou la tibiale postérieure, ouïes deux à la fois. — Lorsque la tibiale postérieure est réduite, c'est la P. qui donne l'artère nourricière du tibia. — Quand l'artère péroniêre antérieure supplée la tibiale antérieure, elle fournit les artères de la face dorsale du pied en très grande partie ou en totalité. De même, l'artère péroniêre peut fournir les artères plantaires interne et externe dans le cas d'atrophie de la tibiale postérieure. Elle peut fournir encore une artère péroniêre accessoire, qui descend parallèlement à l'artère normale en s'anastomosantavec elle (Hyrtl) ou bien chemine superficiellement.